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Réflexions sur l'actualité politique et souvenirs anecdotiques.

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ELYSEE 2012

 



La sélection pour les jeux élyséens de 2012 a déjà commencé. Sont déjà connus une dizaine de candidats ou non candidats qui se préparent ou font jouer leurs chevau-légers. En fait, certains sont en préparation depuis longtemps pour ne pas dire depuis toujours.


C'est ainsi que Nicolas Sarkozy, candidat naturel de l'UMP, non déclaré, à un second mandat dés son élection, a cru bon de soutenir l'initiative d'un lancer du DSK, aussi loin que possible. En s'attribuant ce lancement, en réalité, le fait du Premier ministre luxembourgeois, il montrait son "ouverture" et se débarrassait de l'un des rivaux qu'il redoute le plus.


Reste à voir, si ce n'était pas un boomerang. Car la fonction, entraînant un certain devoir de réserve et mettant en valeur une qualification mondialement reconnue, permet au silencieux DSK d'engranger une cote enviable face à un hyperprésident, touche à tout, bling-bling, qui s'enfonce dans les sondages.


C'est probablement un des facteurs qui l'ont poussé à "présidentialiser" son comportement, aidé cependant par quelques membres des familles centristes et UMP. Tout d'abord, il a commencé à se faire discret même s'il ne peut s'empêcher de rêver à "la dolce vita" qu'il se promet au terme de son double quinquennat. Carla Bruni-Sarkozy semble avoir pris au sérieux son rôle de première dame.


Pensant que sa gestion de la crise au niveau européen lui avait apporté une certaine popularité, il espère renouveler cette expérience avec la présidence du G8 et du G20 et, ainsi, faire face au directeur du FMI.


Car au niveau intérieur, les choses vont plutôt mal. Hier, Sarkozy, après avoir séduit un certain nombre d'électeurs d'extrême droite, avait donné quelques postes au centre et réussi quelques prises symboliques d'ouverture.
Aujourd'hui, il a dû admettre Copé à l'UMP, Fillon comme Premier ministre, l'ouverture se limite aux chiraquiens et un certain nombre de centristes se sont retirés et pensent, malgré sa forte opposition, se présenter à l'élection présidentielle.


La politique très à droite menée par ses ministres n'a pas rencontré le succès espéré. Elle a plutôt redonné des forces à l'extrême droite. Ses ministres ont du abandonner campagnes (identité nationale) ou, sous la pression de l'Europe, décisions ou réformes annoncées (circulaire sur les Roms, juge d'instruction, garde à vue). Il se retrouve avec un ministre de confiance, chargé de l'ordre, condamné en justice à deux reprises ! Et de nombreuses affaires pendantes.


Peut-être pense-t-il que, une fois de plus, il aurait du s'occuper de tout lui-même.


Reste donc la présidence du G8 et du G20 et la politique économique et monétaire, en alliant les discours antilibéraux sur les patrons voyous à destination des électeurs qui souffrent de la crise, des mesures de politique libérale telles que les exigent les marchés, le grand patronat (non voyou ?), les banques et ses amis, en utilisant la puissance germanique et Me Merkel à la fois comme modèle et comme bouclier.


Et cela sous l'oeil attentif du directeur du FMI.


DSK, le retour ? La plus grande force de Nicolas Sarkozy est l'absence d'un adversaire de poids. Si DSK devient réellement candidat à la présidentielle, il devra assumer le rôle du FMI et son rôle au FMI dans la crise européenne. Il sera difficile de convaincre que, par son action, il a gauchi le FMI, que, grâce à lui, l'action du FMI a changé dans les pays en crise. Qu'il a, à plusieurs reprises, tiré la sonnette d'alarme sur la politique déflationniste de l'UE.


Mais acteurs tous les deux d'une équipe de gestion de la crise européenne à 28, ils auront quelques difficultés à faire entendre une musique bien différente.


Alors, bonnet-blanc, blanc-bonnet ? Sur quel clivage porterait l'élection entre ces deux candidats, la couleur du pompon ? La politique intérieure ?


A moins qu'une explosion ne vienne perturber ces calculs subtils. Une crise économique européenne majeure, plus ou moins annoncée par la chute successive de dominos ? Une crise européenne ou nationale, politique avec la montée de l'extrême droite ? Ou sociale face au clivage chaque jour plus profond entre ceux qui souffrent et ceux qui s'enrichissent avec arrogance ?


La roche tarpéienne est proche du Capitole.Reste à espérer que, cette fois, les peuples ne soient pas les principales victimes.

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