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Réflexions sur l'actualité politique et souvenirs anecdotiques.

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LE FACTEUR SONNERA-T-IL DEUX FOIS ?

 

Nicolas Sarkozy a retenu 2 choses de l'élection présidentielle de 2002.

  • Pour être président de la République, il faut d'abord gagner le premier tour de l'élection présidentielle.
    Jean-Marie Le Pen a éliminé Lionel Jospin en 2002, il pourrait donc être éliminé en 2007.
    Nicolas Sarkozy a donc adopté le programme de Jean-Marie Le Pen pour lui prendre des voix. Son passage au ministère de l'Intérieur portait témoignage de bonnes dispositions pour appliquer ce programme et il avait plus de chances d'être élu au second tour que Jean-Marie Le Pen.

  • Jacques Chirac en 2002 avait habilement fait campagne sur la « fracture sociale ». Une partie des électeurs « naturels » de Lionel Jospin a pu se laisser abuser par ce juste diagnostic quand Lionel Jospin comptait sur son bilan et n'offrait aucune vision d'avenir.
    En 2007, NicolasSarkozy a utilisé, de la même façon, « travailler plus pour gagner plus », « je serai le président du pouvoir d'achat »... Et séduit les « honnêtes gens » qui n'attendent pas tout des allocations familiales et qui croient à la valeur travail. Soit une bonne partie des électeurs.

 

Nicolas Sarkozy a éliminé Jean-Marie Le Pen, au premier tour, en ralliant une partie importante de ses voix potentielles. Et, finalement, remporté l'élection.

Arrivé au pouvoir, il a suivi sa pente naturelle, décomplexée, et a commencé par se servir en augmentant son salaire de président de la République et continué en remerciant ses amis, ouvertement affichés, « en augmentant leur pouvoir d'achat », avec de multiples cadeaux, niches fiscales, bouclier... Ce coté « bling, bling » a choqué.

Et si les caisses étaient vides quand François Fillon est arrivé au gouvernement (où étaient-ils auparavant ?), l'amicale générosité a creusé le trou. Il ne restait plus qu'à colmater les brèches en s'attaquant aux acquis sociaux. Au diable, le point de croissance que Nicolas Sarkozy devait aller « chercher avec les dents »... el les emplois qui devaient tomber du ciel...

 

Certes, les patrons voyous ont été vertement fustigés mais banques et entreprises ont été aidées sans contrepartie (Total peut augmenter dividendes et, pour la deuxième année consécutive, ne pas payer d'impôts !) ; « les paradis fiscaux, c'est terminé » (Nicolas Sarkozy en 2009) mais « les 50 principales sociétés européennes possèdent toutes des filiales dans les paradis fiscaux (96 chacune en moyenne). Avec une mention spéciale pour BNP Parisbas qui en compte 347 (Alternatives économiques janvier 2011).

 

Devant une telle politique, c'est un véritable boulevard vers la présidence qui est offert à la gauche. Les candidats potentiels du PS en ont parfaitement conscience, c'est pourquoi ils passent leur temps non à s'adresser aux victimes de la politique sarkozyenne, non à proposer des mesures fortes pour redresser la situation économique et sociale mais au combat politicien pour savoir qui sera présent pour finalement se faire battre au second tour si ce n'est au premier !
Quant à la « vraie gauche », elle n'est que la parodie de la « fausse gauche ». Le PS se déchire pour présenter un candidat potentiel à la victoire. La « gauche de gauche » se déchire pour en présenter plusieurs qui tous feront moins de 5% !!!

De quoi mobiliser les masses populaires !!!

 

La tactique victorieuse utilisée en 2007 par Nicolas Sarkozy ne garantit pas le succès en 2012. Parce que la situation a changé. Sur plusieurs points.

  • Ayant repris les thèmes de l'extrême droite, Nicolas Sarkozy les a légitimés. Mais il n'a pas satisfait l'extrême droite qui en demande toujours plus. Désormais, la musique du gouvernement et du parti gouvernemental n'est guère différente de celle du Front national, dérapages compris. Les électeurs de droite qui n'osaient pas faire le pas et voter pour l'extrême droite s'y sentent autorisés, au plus haut niveau. Comment leur expliquer que c'est bien de voter pour l'extrême droite aux régionales et moins bien à la présidentielle ?

  • Sarkozy pouvait cacher, hier, ses intentions derrière des promesses ou des déclarations. C'est plus difficile aujourd'hui. Le FN tient les mêmes propos depuis 40 ans sur l'immigration ? Propos hier iconoclastes, aujourd'hui légitimés. En quoi devrait-il être exclu du pouvoir s'il a raison depuis 40 ans.
    D'autant que sur un certain nombre de points les propos de Marine Le Pen se démarquent de ceux de son père et s'alignent, apparemment, sur les valeurs de la République. Hier Nicolas Sarkozy utilisait Jean Jaurès ou Guy Moquet. Marine Le Pen utilise la laïcité et la République, assume la souffrance populaire induite par la politique de Nicolas Sarkozy et de ses collègues européens.

  • Et ce n'est pas la gauche, vraie ou fausse, qui va être capable de répondre. Elle n'a pas su faire face, efficacement, au père, caricatural, comment fera-t-elle face à la fille qui s'appuie sur les acquis du Front national tout en lui donnant un nouveau visage.
    Le père a cédé un matelas électoral important qui s'appuyait sur la vieille droite nostalgique avec des jeux de mots douteux que la gauche, indignée, popularisait par son explication de texte...

  • Aujourd'hui, assurée de ce bloc de voix inaltérable, Marine Le Pen peut s'avancer vers le pouvoir (paradoxalement en prônant la politique que Megret a tenté trop tôt et sans la légitimité filiale).

    Finalement, le boulevard vers le pouvoir, Sarkozy l'a surtout ouvert à l'extrême droite en la légitimant face à l'incapacité des gauches. Il reste à espérer que le peuple sera plus intelligent que les « élites ». Jusqu'à maintenant, il a su résister à la démagogie.

     

    Résistera-t-il longtemps encore ou fera-t-il tout sauter. Et comment ?

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