Réflexions sur l'actualité politique et souvenirs anecdotiques.
Par Paul ORIOL
Cet article a été rédigé à la demande de "Débat Newsring" et publié ici sous le titre : "Législatives : tous les parachutages ne sont pas dorés"
Le parachutage est une pratique condamnée par tous, électeurs, militants, organisations politiques... avec cependant une certaine modération car tous les partis y ont recours quand ils l'estiment nécessaire.
Il concerne des célébrités quelquefois relatives et il en est question surtout lors des élections législatives. Ce sont surtout des personnes de l'appareil politique qui en bénéficient et, suivant les circonstances, peuvent être bien ou mal accueillies localement.
Des places sont quelquefois réservées par des partis, par exemple, sur les listes européennes à des personnes pour lesquelles les questions européennes ne sont pas une préoccupation fondamentale. Mais comme organisations politiques et électeurs en France s'intéressent peu, à tort, à l'Union européenne et au Parlement européen, on en parle moins...
Les parachutés ne sont pas toujours des personnes qui n'ont jamais affronté le suffrage universel. Aux présentes élections législatives deux des parachutés les plus célèbres, François Fillon et Jack Lang, ont déjà été élus à plusieurs reprises. Quand il s'agit de Jack Lang, on devrait parler plus de nomadisme électoral que de parachutage. Ce qui donne à penser qu'il est plus apprécié avant qu'après, par l'appareil que par les militants...
Pour François Fillon, sa réélection semblait incertaine dans son ancienne circonscription et, élu à Paris, certains pensent l'utiliser dans la conquête de la mairie de Paris alors que des ambitions plus importantes motiveraient son choix.
Tous les parachutages ne sont pas dorés, il y a des parachutages offensifs. Quand François Hollande est allé défier Jacques Chirac dans sa circonscription, c'était un parachutage offensif. Rien n'était acquis. A leur façon, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon sont des parachutés mais d'une nature encore différente...
Reste que les députés sont rarement des inconnus. Ce sont souvent des personnalités qui ont un long passé politique et électoral local. Qui cumulent plusieurs mandats. Sur 577 députés, une centaine seulement n'ont pas d'autres mandats politiques.
Mais qu'est-ce qu'un bon député ? Dans une étude sur le cumul des mandats, reprise par Alternatives économiques du mois de juin, il apparaît que que le travail fourni par les députés est fortement lié au fait de n'avoir pas d'autre mandat. La présence à l'Assemblée nationale, le travail en commission diminuent avec l'importance des autres mandats détenus : sauf en ce qui concerne la présence à l'Assemblée nationale lors des séances télévisées et les questions écrites aux ministres par lesquelles ils font apparemment remonter les doléances des électeurs.
Pour être réélus, ils se comportent comme un élu local. Mais un député n'est pas, contrairement au sénateur, le représentant d'un circonscription mais un représentant du peuple français élu dans une circonscription. Il devrait, en priorité, se préoccuper des questions nationales et y consacrer la plus grande partie de son travail.
Le parachutage électoral est d'autant plus condamnable qu'il répond le plus souvent seulement à une ambition personnelle au détriment de candidats locaux. Tout aussi condamnable que le cumul des mandats. Ou leur renouvellement illimité dans le temps.
Pour être un bon député, il faut d'abord être élu, et la notoriété locale ou nationale peut y aider. Reste ensuite à faire le travail.
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