Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Réflexions sur l'actualité politique et souvenirs anecdotiques.

Publicité

Les prisons seront-elles assez grandes ?

 

Les « subprimes »des banques étasuniennes sont à l'origine de la crise de 2008. La spéculation des banques est à l'origine de la bulle immobilière et des difficultés de l'Espagne et de l'Irlande, ces bons élèves de l'UE.

Personne ne s'est ému tant que la crise ne touchait que les souscripteurs. C’est devenu grave quand les banques ont été entraînées dans la tourmente. Après Lehman-Brothers, les États ont volé au secours des banques. L'endettement est devenu public.

 


L'image du gros capitaliste au cigare a disparu. Les marchés anonymes mènent la danse. Les entreprises, les banques « pauvres victimes » qu'il faut aider, refinancer. Et protéger leurs dirigeants par des salaires faramineux, des stock options, des parachutes dorés même s'ils sont responsables des catastrophes !


 

La politique ne se fait pas à la corbeille, aurait dit le général de Gaulle. Aujourd'hui, elle veille à la santé des marchés et des banques. Pour les satisfaire, 18 ou 19 sommets européens de la dernière chance, sans grand succès. L'économie mondiale plonge avec des chômeurs par millions, variable d'ajustement comme ils disent...




« Depuis vingt ans, les marchés se sont crus tout permis parce qu’on leur a tout permis en détricotant les régulations existantes. Ce temps est révolu : aucun acteur de marché n’échappera à une régulation publique, ils doivent le savoir. Nous sommes en train, à grande vitesse, de reconstruire ce qui a été défait » (Barnier Michel, Coulisses de l'Europe 04/08/12). Acceptons en l'augure. Mais qui a « détricoté » et « tout permis ». Si ce n'est les politiques ?

« Ils doivent savoir... ». Ils tremblent après toutes les fermes déclarations des uns et des autres. Par exemple, sur les paradis fiscaux, toujours aussi prospères – et pas seulement dans des îles exotiques mais à Londres, dans les îles anglo-normandes, au Luxembourg, au Liechtenstein...

 


De toute façon, les banques françaises sont solides. Après la publication des tests de résistance, aujourd'hui bien oubliés François Baroin, ministre de l'Économie, : « Il n'y a aucune interrogation et aucune inquiétude à avoir sur le dispositif bancaire ». Et pour Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France : « très solides. Elles ont une base de capital importante, comparable à celle des autres banques européennes et elles sont rentables. En tant que superviseur, nous sommes vigilants et nous connaissons leur bilan. Aucune ne cache d’actifs toxiques » (JDD 27/09/11).

 


Mais que sont devenus les 6 milliards d'euros du sauvetage public de Dexia de 2008 ? Et le test de résistance Dexia passé haut la main ? Finalement où est passée Dexia ?

 


La CE a reconnu que des banques européennes, qui n'ont pas échoué lors du test auront vraisemblablement besoin d'être recapitalisées du fait de la crise de la dette (La Lettre 502 Fondation Robert Schuman). Car les tests sont « comiques » ou « pathétiques » (Jacques Attali). Test ou non, Christine Lagarde de parler de la nécessité « urgente »de recapitaliser un certain nombre de banques européennes (Politis 15/09/11). Dexia avait obtenu la troisième meilleur note de solvabilité parmi les grandes instituions bancaires (El Païs cité par CI 17/10-02/11/2011). Alors pour qui toutes ces déclarations ? Pour amuser le tapis ?

 

 

Les banques ne se sont pas contentées de créer des produits sophistiqués et hasardeux dans lesquels elles ont entraîné le système, elles se sont engagées dans des opérations reconnues comme illégales...
La dernière affaire est la manipulation du Libor...
« De vrais salauds ! », s’exclame ce haut fonctionnaire européen... Cinq ans après l’éclatement de la bulle des « subprimes » américaines, 4 ans après l’explosion des bulles immobilières irlandaises et espagnoles, 3 ans après le début des attaques spéculatives contre la zone euro, la CE croyait que les banques ne pourraient plus surprendre... Loupé ! (Jeaan Quatremer 17/07/12). Et on parle d'échec de l'autorégulation. Depuis quand demande-t-on aux délinquants de s'autoréguler ?

 


Barclays, 4ème banque du Royaume-Uni, va payer une amende de 360 millions d'euros pour mettre un terme à des enquêtes des régulateurs britannique et américain et éviter des poursuites judiciaires... Barclays n'est pas le « mouton noir ». Auraient participé à la manipulation du Libor la Bank of America, la Royal Bank of Scotland, JP Morgan Chase, Citigroup, UBS, HSBC, Llyods, Crédit suisse, Deutsche Bank, Société générale…

Des enquêtes, des poursuites pénales sont envisagées, jusqu'à quel niveau ? L’ancien PDG de Barclays met en cause le vice-gouverneur de la banque d’Angleterre... Le gouverneur de la banque d'Angleterre montre du doigt la FSA (autorité financière) qui accuse Barclays... « Je te tiens, tu me tiens par la barbichette... »

 


A partir de l'exposition de chaque banque aux actifs indexés sur le Libor. Morgan Stanley chiffre le coût pour les banques : 60 millions de dollars pour Lloyds, 350 millions pour la Société générale... 1,1 milliard pour Deutsche Bank ou RBS. Au total, la facture pour les deux prochaines années, près de 20 milliards de dollars pour l'ensemble des banques soupçonnées. Et l' Europe cherche s'il y a eu aussi une entente sur les cousins européen (Euribor) et japonais (Tibor)...

 


Cela n'empêche pas la banque HSBC de faire des affaires ou peut-être en ont elles été favorisées : bénéfice avant impôt en hausse de 11%. HSBC a plusieurs cordes à son arc !
De 2004 à 2010, la banque aurait blanchi de l'argent aux États-Unis et au Mexique en utilisant les paradis fiscaux. Elle a permis de faire circuler, sans contrôle, dans le monde entier, des sommes importantes, notamment, du cartel de la drogue, du terrorisme (Al Qaida), de l'Iran, de la Corée du nord, de la Birmanie (Time Presseurop 18/07/12). Un accord pour éviter les poursuites judiciaires est en négociation avec les autorités aux États-Unis et la banque a mis de coté 700 millions de dollars pour cela.

Elle est aussi accusée, comme nombre d'autres britanniques de vente agressive de produits que les clients achetaient souvent sans s'en rendre compte, en cochant une case en même temps qu'ils contractaient un prêt. Et aussi de la vente de produits d'assurance aux PME... (ainsi que Barclays, Lloyds, RBS) volontairement flous sur les conditions et les risques. Ces banques ont été condamnées à rembourser leurs clients.


Le Monde a trouvé l'explication « l'absence de valeurs éthiques et culturelles pour guider les cadres dirigeants des banques » (01/08/12). Le Jornal de Negócios de Lisbonne est moins timoré. « Complices, les banques et les politiques sont responsables du désastre bancaire en Espagne. Et ce sont les citoyens qui vont devoir en assumer les conséquences »(12/06/12). Tout le monde ment... aux contribuables/citoyens. Et de parler « des républiques de débiteurs et des monarchies de créanciers. Des financiers qui savent tout et qui embobinent des politiciens qui ne savent rien. Et qui ont la suprême audace de traiter les autres, qui paient pour leurs erreurs, d'analphabètes de la finance. Oui, ceux qui ont fait exploser les budgets futurs..., provoquent faillites et chômage, sont aussi ceux qui accusent le peuple d'ignorance financière ». Et de demander si mentir aux institutions européennes, comme cela a été le cas en Grèce, est plus grave que mentir au peuple ?

 


Disons que dans les 2 cas, ce ne sont pas les banksters et leurs complices politiques qui paient les factures mais les peuples...

 


Pour le moment, seule la petite république d'Islande échappe à la règle générale. Si petite qu'il n'est pas nécessaire de beaucoup en parler. Après la chute de Lehmans Brother, les 3 principales banques d'Islande (923% du PIB) s'écroulent. Après démission du gouvernement, élections, refus de se soumettre au diktat des institutions bancaires internationales, les Islandais se sont donnés les moyens de poursuivre ceux « qui ont poussé l'Islande dans l’abîme économique ».

A ce jour, deux anciens dirigeants de banque purgent une peine de quatre ans et demi de prison. L'ancien directeur de cabinet du ministre des finances a été condamné à deux ans de prison ferme. Un ancien président de banque a été condamné à rembourser à la banque 3,2 millions d'euros et tous ses avoirs ont été gelés. D'autres attendent de passer devant la justice. La plupart sont d'anciens cadres financiers qui ont souvent choisi de s'exiler (Charlotte Chabas Le Monde 12/07/12).

Mais si tous les pays appliquaient la même politique, si tous les financiers véreux étaient emprisonnés où pourrait-on mettre les voleurs de poules ?

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article