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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 09:20
La gauche de la désespérance

La situation n’est pas désespérée, elle est désespérante. Quand on voit la gauche désorientée, dispersée, à quelques mois des élections présidentielle et législatives de 2017. Ce serait risible s’il ne s’agissait que des perspectives électorales. Mais il s’agit de beaucoup plus grave.

 

Depuis plus de trente ans, la gauche gouvernementale n’a rien à offrir aux couches populaires, aucune perspective de changement, elle nie la réalité, a abandonné ses principes et l’utopie. Elle s’est convertie à l’idéologie dominante.

Malheureusement, cela ne touche pas que la gauche française.

 

Depuis des années, loin d’une réflexion concrète sur une situation concrète, une bonne partie de la gauche et de l’extrême gauche française s’est attachée à des mythes mortifères. Elle n’a cessé de proclamer, « il n’est pas de sauveur suprême, ni Dieu, ni César, ni tribun » mais a brandi, simultanément ou successivement, suivant ses multiples chapelles, les portraits de Lénine, Staline, Mao, Castro, Guevara ou de tel éphémère dictateur, de gauche bien sûr.

Ces mythes se sont effondrés l’un après l’autre.

 

Tous les pays dits communistes ont évolué vers des régimes autoritaires avec le soutien des partis frères dans les pays démocratiques dont le PCF.
Les socialistes, de la SFIO au PS, et les gouvernements socialistes ont soutenu et soutiennent, jusqu’à l’acharnement, le colonialisme et le néocolonialisme français et ont évolué, après les autres partis socialistes ou social-démocrates, vers le libéralisme.
Aujourd’hui, se dire communiste ou socialiste est, plutôt, un handicap, un repoussoir, ces mots rappellent un passé négatif, douloureux et ne donne pas une image d’avenir, d’espoir, d’utopie.

 

 

 

 

La gauche de la désespérance

La gauche a longtemps dénigré les libertés bourgeoises, formelles, dont s’est emparée la droite qui, sans l’égalité, sans la solidarité, l’a promue, en France et dans le monde, en liberté de l’entreprise, liberté d’enrichissement, liberté du marché, liberté de circulation des marchandises et des capitaux ce qui a finalement abouti au libéralisme financier.

 

La Révolution de 1789 et la laïcité de 1905 avaient réduit les contraintes au niveau politique et religieux, et permis une démocratie, imparfaite certes. La faiblesse de la gauche nationale et internationale a ouvert la voie aux contraintes du marché dans tous les secteurs de la vie : la politique, sommes consacrées aux élections, groupes de pression, conflits d’intérêt ; la production avec l’alignement sur le moins disant social ; la consommation conditionnée par la publicité ; la santé et le programme de François Fillon sur la sécurité sociale et les assurances privées annonce la prochaine étape… Sans empêcher le retour du religieux.

Ce libéralisme déchaîné se traduit par une augmentation des inégalités de revenus. Ici et ailleurs.

 

La droite extrême, conduite par des nostalgiques de l’Algérie française et de l’Empire, suivie par d’autres, s’est emparée de la lutte pour l’égalité pour tous et en fait une revendication discriminante. Suscitant des divisions et oppositions dans la population, en fonction de la nationalité, de la couleur de la peau, de la religion, au profit de ceux qui détiennent le pouvoir économique et politique. Le patronat, les propriétaires du Cac 40 (1) comme l’argent, n’ont pas de couleur. Dévoyant la lutte des classes en lutte des races. Emportant, par la même occasion, la fraternité et la solidarité réservées, en paroles, aux seuls Français conformes à leur vision, aux seuls Français qui leur ressemblent… tout en les restreignant beaucoup dans la pratique : chasse aux abus sociaux, aux faux chômeurs, aux faux malades...

Cette façon de donner une dignité aux personnes des classes sociales défavorisées en désignant d’autres plus défavorisés, non comme d’égales victimes mais comme des responsables, ne peut que sauvegarder l’impunité des vrais coupables. C'est seulement par la revendication et l'application de l’égalité pour tous que pourra se construire le vivre ensemble et une société nouvelle.

 

 

Incapable de contrer l’inégalitarisme triomphant, la gauche de gouvernement a abandonné les couches les plus défavorisées.
Croyant les populations d’origine immigrée définitivement acquises devant la politique et les déclarations outrancières de la droite extrême, la gauche de gouvernement a oublié que des Français - quelquefois de moins fraîche date que d’anciens président de la République ou Premiers ministres aux mots malheureux… - pouvaient être touchés par des déclarations, proches de celles de la droite, et stigmatisés par certaines mesures : contrôles au faciès, proposition d’inscrire dans la Constitution la déchéance de la nationalité… (2)

Au delà, la gauche n’a pas assuré l’égal accès de tous à l’école, à l’emploi, l’égalité entre femmes et hommes, notamment au niveau des salaires ou de l’emploi...

 

 

La gauche a voulu remplacer la lutte pour l’égalité sociale par la lutte pour l’égalité sociétale, vers une plus grande liberté des individus. Elle ne s’adressait pas à la même population. Certaines de ces mesures - reconnaissance de la diversité d’orientation sexuelle, accès de tous au mariage et à l'adoption… - heurtait profondément de larges pans des classes sociales défavorisées ou non. Elle a cru qu’elle pouvait s’en tirer en parlant simplement, et avec mépris, de « catholiques zombies ». Alors qu’il aurait fallu une importante campagne d’explication et incorporer le mariage pour tous à une vision générale de libération individuelle et collective.


 

De même, il n’est pas possible, quand on se bat pour l’égalité pour tous, de se « contenter » d’avancer, d’appuyer de justes revendications en laissant le champ libre à la droite et à l’extrême droite qui défendent une égalité discriminante. La gauche qui défend des causes justes, égalité Français-immigrés, lutte contre les actes raciste, défense de la laïcité, ne sait pas s’adresser à tous pour faire comprendre qu’il s’agit d’un intérêt commun. Elle n’a que des réponses défensives face à ceux qui essayaient de monter les uns contre les autres, au bénéfice de leur ennemi commun. Elle ne sait pas montrer que la discrimination ne sert qu’à hiérarchiser les défavorisés pour engager une partie de la population dans l’exploitation de plus faibles. Elle ne sait jouer que de la culpabilité des blancs, racistes et colonialistes, là où il faudrait les convaincre par le cœur et faire naître l’enthousiasme pour une lutte collective, unitaire contre ceux qui tirent les bénéfices de ces divisions.


Car le peuple résiste au racisme que certains politiques distillent quotidiennement. Malgré plus de 20 ans de déclarations de « voix autorisées » contre les personnes immigrées, depuis 1999, autour de 50 % des sondés est favorable au droit de vote des résidents étrangers non communautaires aux élections municipales et européennes ; la Commission nationale de défense des droits de l’homme a constaté récemment que, malgré les attentats, les Français sont plus tolérants ; lorsque l’État répartit les réfugiés du Proche-Orient dans différentes communes de l’hexagone, ils sont plutôt bien accueillis s’il n’existe pas de cabale d’extrême droite pour prêcher l’intolérance et le rejet...

 

Il ne faut pas renforcer la division, l’intolérance, la discrimination instillée par la droite et l’extrême droite par le mépris et la culpabilisation de tous ceux qu’elles trompent mais faire appel à la justice, à la générosité, au cœur des gens pour promouvoir une unité populaire qui ne peut qu’être bénéfique à tous.

 

C’est la politique suivie depuis des dizaines d’années qu’il faut combattre, cette politique qui, dans un pays plus riche que jamais, voit augmenter, chaque jour, le nombre de pauvres et même de travailleurs pauvres !

 

 

La liberté sans l’égalité des droits pour tous, c’est la jungle. C’est la loi du plus fort. C’est ce qui se passe sous nos yeux : des riches de plus en plus riches, des pauvres de plus en plus nombreux. Liberté et égalité pour tous est la seule façon de construire, ensemble, la société de demain.

La gauche de la désespéranceLa gauche de la désespéranceLa gauche de la désespérance

1 - La rémunération moyenne totale des présidents exécutifs du Cac40 a ainsi connu une « inflation historique » de 18 % en 2015, pour atteindre 5 millions d’euros.

2 les lois sur l’attribution, l’acquisition ou la déchéance de la nationalité n’ont jamais été, en France, des lois constitutionnelles !

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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 01:04

Ces temps-ci la démocratie vacille. Les peuples semblent vouloir n’en faire qu’à leur tête. Ils ne suivent pas ce que les compétents veulent, ils ne font pas ce que les compétents ont annoncé. Tout a été mobilisé l’argent, les sondages, les moyens d’informations. Rien n’y fait. Pourtant les sondages étaient bons, la politique était mauvaise.

Manipulateurs automanipulés ?

Bien entendu, il n’est pas question de faire une autocritique ou, pour être plus à la mode, un mea culpa. Les compétents avaient raison hier, ils ont raison aujourd’hui, ils auront raison demain.

Parmi eux, les sondeurs. Ils se sont quelque peu égarés concernant le Brexit, l’élection présidentielle étasunienne, la primaire de la droite et du centre en France… Il faut cependant les écouter car ils peuvent tout, ou presque tout, expliquer et montrer, par quelques contorsions, qu’ils ne se sont pas trompés… Quoi qu’il en soit, par les résultats publiés de leurs enquêtes, ils induisent une bonne partie des discussions politiques et donc influencent les résultats, à partir d’une réalité qu’ils ont mesurée de façon quelquefois très approximative.
Mais laissons les sondeurs à leur science inexacte. Ils ne sont pas les plus responsables. Ils font ce pour quoi ils sont payés. Ils doivent même donner satisfaction puisque les commanditaires en redemandent !!!

A coté, des sondeurs, tout à coté, il y a ceux qui commandent les sondages, ceux qui commentent les sondages, ceux qui accusent les sondeurs de se tromper, qui expliquent pourquoi ils se trompent grâce aux résultats d’autres sondages.
Que feraient les journalistes sans sondages ? Peut-être feraient-ils des enquêtes, au-delà des compétents qu’ils fréquentent tous les jours. Tiendraient-ils compte de ce qu’ils entendraient ou verraient ? Ce n’est pas certain.

 

 

Manipulateurs automanipulés ?

Ils ont accepté pendant des années de prévoir, grâce aux sondages les résultats des élections. Puis, devant les résultats qui n’étaient pas ceux annoncés, ils ont accepté d’écrire, sous la dictée, que les sondages n’étaient pas des prédictions mais seulement une vision de l’opinion publique à un instant t (pour faire scientifique). Sans en tenir vraiment compte. Ils ont, par exemple, claironné que l’élection de Hilary Clinton était acquise – à 75, à 80 % ? - et pourquoi.
Ils ont immédiatement, après les résultats, expliqué, grâce aux sondages sortie des urnes, pourquoi elle avait été battue.

 

Les sondeurs ont accepté, après bien des années de refus, de chiffrer la précision des sondages suivant l’importance de l’échantillon… généralement autour de 2 à 3 % mais les sondeurs et les journalistes ont continué à spéculer sur la progression d’un candidat ou à établir des classements de concurrents quand la différence était bien inférieure à ces 3 %, dans le même journal, dans la même page, quelquefois dans le même article !
C’est aussi passionnant que le prix de l’Arc de Triomphe avant le virage. Est-ce plus politique ?

 

La divine surprise pour les politiques de droite, c’est le remplacement de ce parvenu, encombrant mais jusque là nécessaire pour la bonne société de droite, qu’était Nicolas Sarkozy, par son éminent collaborateur de 5 ans, à la suite d’une primaire qui a mobilisé plus de 4 millions de personnes qui se sont déclarées à 80 % contre l’ancien président et à 44 % pour son ancien premier ministre ! Qui étaient coresponsables de la politique suivie pendant 5 ans.
Les journalistes, les politiques, les sondeurs avaient tous expliqué qu’une forte participation donnait l’avantage à Alain Juppé, une participation restreinte à Nicolas Sarkozy. La participation a été importante et a mis largement en tête François Fillon qui était relégué à la troisième ou à la quatrième place…

 

Comme on ne fait que ce que l’on sait faire et par un phénomène d’accoutumance irrépressible, vingt-quatre heures ne s’étaient pas écoulées après la primaire de la droite et du centre qui a montré un gouffre entre les résultats des sondages et la réalité, qu’apparaissent les premiers sondages sur l’élection présidentielle de 2017. Une enquête qui place le candidat de la droite en position très favorable dans la perspective de l'élection de 2017 (1).
B
ien entendu, sondage à l’instant t, pour une élection qui n’aura lieu que dans six mois et pour laquelle on ne connaît ni les candidats, ni les circonstances mais qui permet de faire du papier et du conditionnement d’opinion.

 

La question que pose le Figaro est très simple : « Candidat investi par la primaire de la droite et du centre dimanche, François Fillon profitera-t-il de la dynamique engendrée par sa large victoire et la mobilisation de 4,4 millions d'électeurs ? » La réponse est claire : « Cette spirale vertueuse bénéficie au champion de la droite si l'on en croit l'étude...le lendemain de son élection. »

Cette affirmation s’appuie sur les résultats du sondage. François Fillon obtient, au premier tour, 28 à 31 % des intentions de vote et Marine Le Pen 23 à 25 %. Au second tour, il « sortirait vainqueur avec 66% des voix contre 34 pour Marine Le Pen ». Il ne s’agit plus des intentions de vote mais de voix, petit glissement sémantique… propre à fortifier les intentions. Et la « spirale vertueuse ».

Or en consultant sur Wikipedia, les résultats des sondages concernant la présidentielle de 2017, Odoxa lui donnait le 25 et Harris le 27 novembre, au premier tour, 32 et 26% des intentions de vote et à Marine Le Pen à 22 et 24 %. Et au second tour, 71 contre 29 et 67 contre 33 (2).
Il faut avoir une loupe à fort grossissement pour voir une spirale vertueuse, une différence significative même en ne tenant pas compte de la marge d’erreur de 2 à 3 % !

Si les journaux s’occupaient moins des sondages, ils pourraient faire un travail politique d’enquête et de véritable analyse, ils pourraient envoyer leurs grands reporters dans ce continent exotique et inconnu qu’est la France profonde… des électeurs. Pour le moment, les grands magazines semblent surtout se regarder le nombril et en faire sinon le centre du monde au moins la Une de leur publication.
Ainsi,
Robin Andraca (3) relève que François Fillon, avec66 % des électeurs de droite, « a gagné sans faire une seule fois la couverture d'un grand hebdomadaire français en 2016. Tout le contraire d'Alain Juppé, qui depuis 2014 avait les faveurs des hebdos, à gauche comme à droite »  comme Society, janvier 2016, L’Obs, 20-29 octobre 2016, Les Inrockuptibles, 12-18 novembre 2016, Marianne, 16-22 octobre 2015. Bien entendu, les choses ont changé depuis les résultats de la primaire.

Cela me rappelle deux anecdotes : celle de cet électeur français que j’ai très bien connu, qui prétendait que la télévision avait toujours raison et votait régulièrement communiste ; et celle qui m’a été rapportée, de ce jeune polonais qui lorsque la télévision communiste annonçait qu’il neigeait à Varsovie disait à son père « Papa ! Ce n’est pas vrai ». La télé ne pouvait que mentir.

Quoi qu’ils fassent, la résilience des peuples est remarquable et leur est difficilement supportable. La situation n’est pas complètement désespérée.

Manipulateurs automanipulés ?

1 – Kantar Sofres Onepoint réalisée pour RTL, Le Figaro et LCI Le Figaro 29/11/16),

2 - https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_sondages_sur_l'%C3%A9lection_pr%C3%A9sidentielle_fran%C3%A7aise_de_2017

3 - Arrêt sur image, 28/11/2016.

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14 novembre 2016 1 14 /11 /novembre /2016 00:19
C’est loin l’Amérique ?

C’est loin l’Amérique ?

Personne ne conteste la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle des États-Unis d’Amérique (ÉUA). Étant donnés leur place et leur rôle dans le monde, il est évident que cette élection est importante pour les Étasuniens d’abord mais aussi pour les Français, les Européens et tous les habitants de la planète.
Il suffit de penser aux réticences de Donad Trump sur le réchauffement climatique et de se souvenir du rôle des ÉUA à Kyoto et à Copenhague…

Au lendemain de l’élection de Barack Obama, le premier président noir des ÉUA, beaucoup se sont faits des illusions, comme ici après la victoire des bleus, blacks-blancs-beurs, toute proportion gardée quant à l’événement. L’élection de Barack Obama n’avait pas la signification que beaucoup avaient voulu lui donner.

Il a intégré la sphère dirigeante des ÉUA.
En huit ans, sa politique n’a pas changé profondément les ÉUA. Et, quel que soit le jugement porté sur cette politique, Barack Obama avec ses équipes est, en partie, responsable de la victoire de Donald Trump. Il n’a pas réussi à réduire la division du peuple étasunien que Hilary Clinton découvre après sa défaite.

Il en est de même en France. Quoi que pense Jean-Christophe Cambadélis des enfantillages de la gauche dont il a parlé récemment, quels que soient les résultats de la prochaine élection présidentielle, François Hollande et le Parti socialiste en sont fortement responsables. Surtout qu’ils disposaient, un moment, de tous les pouvoirs politiques : présidence de la République, majorité à l’Assemblée nationale, majorité de gauche au Sénat, majorité dans tous les conseils régionaux (excepté Alsace et Guyane).

Les électeurs étasuniens qui ont élu Barack Obama hier, sont ils si différents de ceux qui ont élu Donald Trump aujourd’hui ?
Hilary Clinton a recueilli plus de voix (60 839 922 soit 47,8%) que Donald Trump (60 265 858 soit 47,3%) mais n'a obtenu que 228 grands électeurs contre 290 pour Donald Trump quand il en faut 270 pour être élu dans ce scrutin indirect.

Ce phénomène s’est produit 5 fois aux ÉUA, dont la dernière, en 2000, lors de l’élection de George W. Bush grâce aux résultats de la Floride entachés, en plus, de fraude électorale ce qui n’est pas le cas cette fois. Al Gore avait aussi recueilli au niveau national environ 500 000 voix de plus que George W. Bush. C’est dire une certaine constance de l’équilibre démocrates-républicains.

Par ailleurs, Barack Obama a dû composer avec le Congrès n’ayant pas la majorité. En même temps que l’élection présidentielle, des élections avaient lieu, pour le Sénat et la Chambre des représentants. Si les Républicains conservent la majorité qu’ils avaient sous la présidence de Barack Obama, ils perdent cependant quelques sièges dans les deux assemblées, ce qui ne traduit pas un grand changement dans l’électorat.

 

Composition du Sénat

Parti

Avant l’élection de novembre 2016

Après l’élection de novembre 2016

    

Parti démocrate

44

46

    

Parti républicain

54

52

    

Indépendant

2

2

Total

100

100

https://ballotpedia.org/United_States_Congress_elections,_2016

 

Composition de la Chambre des représentants

Parti

Avant l’élection de novembre 2016

Après l’élection de novembre 2016

    

Parti démocrate

186

194

    

Parti républicainn

246

241

    

Vacant

3

0

Total

435

435

https://ballotpedia.org/United_States_House_of_Representatives_elections,_2016


 

Comparant les résultats des sondages sortie des urnes de 2012 lors de l’élection qui opposait Barack Obamam à Mitt Romney et ceux de 2016, la proportion des Africains-Américains (7-8%), des Latino-américains (27-29%) et des jeunes (38-37%) qui ont voté pour Mitt Romney ou Donald Trump est identique. Par contre dans ces mêmes populations, les résultats de Hilary Clinton sont inférieurs à ceux de Barack Obama de 5 à 6 points.
En 2016, plus de 7 millions de voix (5,44%) se sont portées sur les petits candidats alors qu’ils n’étaient que 2,2 millions (1,74 %). Des millions d’électeurs qui n’ont probablement pas voulu prendre position pour l’un ou l’autre des deux gros candidats.

Sondage Sortie des urnes : CNN

 

Hilary Clinton

Donald Trump

Barack Obama

Mitt Romney

Africain-américains

88

8

93

7

Latino-américains

65

29

71

27

Age 18-29 ans

54

37

60

37

En regardant les chiffres, on peut dire que les équilibres n’ont pas changé profondément, que les résultats témoignent plus d’une désaffection pour la personnalité de Hilary Clinton qu’une poussée des Républicains ni à la présidentielle, ni lors des élections pour le Sénat ou la Chambre des Représentants.
Ce sont le système électoral, les thèmes et les termes de la campagne de Donald Trump, la position hégémonique de la classe politique, des démocrates aux républicains, au nez pincé, de l’aveuglement des sondages, de l’hégémonie de la presse qui font de cette élection un échec de tous les compétents.

Alors que l’électorat national se divise à parties égales entre démocrates et républicains, plus de 200 journaux ont pris position pour Hillary Clinton, contre six seulement pour Donald Trump d’après Jean-Bernard Cadier, correspondant BFMTV à Washington. C'est là une tâche importante sur la démocratie malgré l'existence du suffrage universel.
Non seulement, et ceci explique peut-être cela, cette presse soutenait Hilary Clinton, vantait sa compétence et en plus annonçait, les sondages aidant, sa victoire. Et même la possibilité pour le parti démocrate de reconquérir le Congrès !

Ni les thèmes abordés par Donald Trump, ni son vocabulaire, ni son comportement personnel n’ont éloigné les électeurs malgré la pression constante des media. Ce qui est le plus spectaculaire, ce sont les prises de position de la presse et les commentaires des grands compétents internationaux. Leur assurance pour se tromper, pour expliquer pourquoi ils se sont trompés, pour nous assurer qu’ils ont compris…
A rendre crédible n’importe quelle information sur la toile !

Le 8 novembre, plus de 150 questions, variables suivant les États, ont été posées aux électeurs par référendum.
Alors que le salaire minimal est de 7,5 dollars de l’heure pour l’ensemble des États-Unis, il a été porté de 8,05 à 12 dollars d’ici 2020, par 59 % des votants dans l’Arizona où Donald Trump l’a remporté avec 49,5% des voix, de 8,31 à 12 par 55 % dans le Colorado où Hilary Clinton l’emportait avec 47,2%, de 7,5 à 12 par 55 % dans le Maine (Clinton 47,9 %), de 9,47 à 13,5 dollars par 60 % dans l’État de Washington (Clinton 54,9%).
Le port d’arme a été limité p
ar 71 % des votants dans l’État de Washington, (Clinton 54,9%), par 67 % en Californie (Clinton 61,5%) et le Nevada par 50 % (Clinton 47,9).
Autrement dit, dans ces États, ces mesures ont été adoptées par une partie importante des citoyens qui n’ont pas voté pour le même candidat à la présidentielle.

Comme souvent, ce qui se passe aux ÉUA arrive quelque temps plus tard en Europe. Beaucoup se demandent s’il faut s’attendre à des résultats similaires ici, d’autant que des élections importantes doivent avoir lieu dans les mois qui viennent : référendum en décembre en Italie, élections au printemps en France et aux Pays-Bas, à l’automne prochain en Allemagne.

Bien entendu, la presse française n’a pas fait mieux que la presse étasunienne. Ils se sont contentés de commenter les sondages et les commentateurs des sondages. Ils sont prêts à recommencer. A vrai dire, ils n’ont pas arrêté. Le spectacle est continu.

Papa, c’est loin l’Amérique ? Ne te laisse pas faire ! Ne te laisse pas mener par le bout du nez ! Pense par toi-même, agis, parle, vote !

 

PS : Complément :

1 une étude plus complète sur la presse étasunienne : https://www.les-crises.fr/usa-le-soutien-des-journaux-pour-la-presidentielle/

2 un article intéressant de Michael Moore qui annonçait la victoire de Donald Trump : http://www.huffingtonpost.fr/michael-moore/cinq-raisons-pour-lesquelles-trump-va-gagner/

 

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19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 22:25
La droite impose le tempo

La droite impose le tempo

 

La révolution conservatrice, libéralisation économique et financière, avec toutes ses conséquences au niveau social, a conquis le monde, non seulement les conservateurs mais aussi les partis de la gauche de gouvernement. Désormais, il est difficile de faire la différence entre une politique économique et sociale de droite ou de gauche. La question du chômage perdure depuis 30 ans et les inégalités ne font que croître à l’échelle nationale et mondiale.

Étant donnée l’incapacité des précédents présidents de la République et gouvernements, de droite ou de gauche, à faire baisser le taux de chômage en France dans le passé, il est peu probable que de nouvelles propositions soient avancées par les partis de gouvernement. Cela supposerait qu’ils remettent en question les contraintes budgétaires des traités européens qu’ils considèrent comme intouchables. Tout autant que l’intérêt des catégories sociales dominantes dont ils sont les représentants.

Comme lors du premier débat pour la primaire de droite et du centre, ils proposeront de diminuer les impôts, de diminuer le budget de l’État, et donc le budget social, le nombre de fonctionnaires en supprimant des services ou en les privatisant. Le concours sera à celui qui respectera le plus rapidement possible les règles du traité de Maastricht sur le déficit, la dette, la balance commerciale…

Cette politique et ses conséquence sociales – augmentation du nombre de pauvres, des riches chaque jour plus riches – entraîne, dans la plupart des pays, la montée d’un sentiment d’abandon, le rejet de la politique et surtout des politiques… Ce dont témoignent l’augmentation du nombre de citoyens qui ne s’inscrivent pas sur les listes électorales, qui s’abstiennent parce que cela ne sert à rien de voter ou qui votent pour des formations non gouvernementales.

Toute autre politique suppose un affrontement avec la tutelle de Wolfgang Schäuble et un changement des règles budgétaires ou une sortie des normes de l’Union européenne. Il n’est possible que de se soumettre ou d’affronter. Pour beaucoup, le choix est déjà fait.

D‘autant que les candidats à la candidature peuvent difficilement incarner le renouveau. A la primaire de droite et du centre, sur les sept candidats, six ont participé à la politique de la droite au pouvoir : l’un comme président de la République, avec un avenir judiciaire, deux comme premiers ministres dont un avec un passé judiciaire, trois comme ministres (Jean-François Coppé 2002, NKM 2007, Bruno Le Maire 2008).
Les choses sont légèrement différentes dans l’autre parti gouvernemental, le PS qui n’a pas empêché la poursuite de la politique de François Hollande depuis le début du quinquennat. Pour le moment, en attendant une éventuelle candidature de François Hollande, six personnes se sont déclarées dont 2 ont démissionné du poste de ministre pendant le quinquennat.

 


 

La droite impose le tempo

Les sondages ont persuadé tous les prétendants à la candidature que l’extrême droite est déjà qualifiée pour le second tour de la présidentielle. La question est donc qui l’affrontera avec toutes le chances d’accéder à la présidence de la République par suite du tout sauf Marine Le Pen que tout le monde pense qu’il est, encore ?, largement majoritaire dans l’électorat, sondages à l’appui.

Lors de la campagne de 2012, Nicolas Sarkozy, malgré le tout sauf Sarkozy, important à l’époque, avait pu dépasser Marine Le Pen en reprenant une partie de ses arguments. Et il échouait de peu lors du second tour (48,36% contre 51,64 %). Apparemment la même tactique emploe aujourd’hui, avant d’annoncer et après avoir annoncé sa candidature, en multipliant déclarations sur l’immigration, l’identité nationale… Il n’est pas sûr qu’il ait le même succès. Il y a, cette fois, une primaire de droite, difficile à gagner, et un candidat à cette primaire qui a surpris et qui a pu apparaître plus sérieux, plus posé et tout aussi droitier que lui.

Les dernières élections présidentielles devraient conduire à disqualifier d’un point de vue démocratique, l’élection présidentielle et encore plus l’élection présidentielle dans le cadre de la Vième République qui n’institue aucun contre-pouvoir et fait du président élu un monarque républicain. Phénomène encore accentué par la place dans le calendrier des élections législatives.

En dehors de cette malformation congénitale, il faut ajouter l’usage qui en été fait : quel voyant extralucide pouvait prévoir, en 2012, la politique que suivrait François Hollande pendant son quinquennat. Quant à Nicolas Sarkozy, comme il a tout dit et son contraire…

La droite impose le tempo

Mais la dangerosité de Nicolas Sarkozy est ailleurs. Elle est dans son extraordinaire énergie pour occuper l’espace médiatique par des déclarations tonitruantes qui font parler de lui, tous les jours, sa capacité à lancer des propositions, toujours plus à droite. Suivant les conseils de son ancien ami Patrick Buisson. Propositions auxquelles il ne croit pas obligatoirement, dont ils sait lui-même qu’elles sont quelquefois inapplicables mais qui laissent des traces dans les têtes.
D’autant que, aujourd’hui, ces thèmes sont repris, souvent avec les mêmes mots par la droite qui court après l’extrême droite et la gauche qui court après la droite !!! Et donc légitiment des paroles et des comportements très discutables.

Cette tactique a failli lui réussir en 2012 malgré le tout sauf Sarkozy. Il essaie de la reprendre en vue de 2017. Allant glaner le plus possible dans le jardin de Marine Le Pen, il a l’espoir de paraître plus crédible car plus susceptible qu’elle de vaincre au second tour. Et de faire passer certaines de ces propositions dans les faits.

Avec le risque de recentrer l’extrême droite.C’est un peu ce qui est apparu dans le premier débat pour la primaire de droite et du centre avec un Jean-Frédéric Poisson, plus à droite sur les questions sociétales, avortement, mariage pour tous, en accord sur de nombreux points avec Marion Maréchal-Le Pen, et beaucoup moins virulent, à la surprise générale, que la droite classique sur les fonctionnaires, les syndicats, les 35 heuresEn fait plus proche de l’extrême droite et plus convenable qu’elle et que Nicolas Sarkozy…

Pour le moment, malgré l’opposition de la population, d’après les sondages, l’importance des manifestations, répétées, l’obligation d’utiliser le 49/3 à l’Assemblée nationale, la loi Travail a été adoptée. Dans cette période préélectorale, le débat public ne porte pas sur les questions sociales mais sur des thèmes choisis par la droite : immigration, roman national, identité, questions sur lesquelles l’extrême droite et la droite sont souvent fort proches. Et sur lesquelles la gauche n’est pas toujours claire et capable de faire entendre un autre discours, cohérent et audible par de larges couches de la population.

La droite impose le tempo
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