Réflexions sur l'actualité politique et souvenirs anecdotiques.
Par Paul ORIOL
Article à paraître dans le prochain numéro de Barricade, dans les kiosques, le 1er mars avec, toujours, plein de dessins...
"J'accorderai le droit de vote aux élections locales aux étrangers résidant légalement en France depuis 5 ans". C'est l'engagement 50 de F. Hollande. Il reprend, trente et un ans plus tard, la proposition 80 de François Mitterrand sur le droit de vote aux élections municipales.
F.Hollande a cru bon de remplacer "municipales" par "locales". Mais la réforme ne toucherait que les municipales (et non locales : municipales, cantonales, régionales) si l'on en croit certaines déclarations et la proposition de loi adoptée au Sénat en décembre.
Cette fois, l'annonce a quelques chances d'être suivie d'effet si F. Hollande est élu. Il est alors probable que les élections législatives seront favorables à la gauche. Le président disposerait ainsi d'une majorité et à l'Assemblée nationale et au Sénat qui lui permettrait de réformer la Constitution.
Les droites diverses ne manqueront pas de s'y opposer bruyamment. Une fois de plus, elles seront en retard sur l'opinion publique, si l'on en croit les sondages, et montreront leur opposition aux progrès démocratiques.
Malgré cette réforme, les personnes vivant sur le territoire national n'auront pas le même statut citoyen. Le système de castes perdurera :
nationaux avec droit de vote et d'éligibilité à toutes les élections,
citoyens de l'Union européenne (UE) avec droit de vote et d'éligibilité aux élections européennes et municipales (non éligibles aux fonctions de maire, d'adjoint ou de délégué du maire) dans les mêmes conditions que les nationaux,
citoyens des États tiers avec droit de vote et d'éligibilité aux seules municipales après 5 ans de présence, (quelques mois pour les citoyens de l'UE).
Il n'est pas prévu de donner le droit de vote et d'éligibilité aux élections européennes, ce qui a été fait sans modification de la Constitution pour les citoyens de l'UE.
NATURALISATIONS
Bien entendu, la droite, pour s'opposer ne manquera pas d'affirmer que si les étrangers veulent participer à la vie politique, ils peuvent "facilement" prendre la nationalité française qui les fera sortir de ce rôle de citoyen de seconde zone et leur permettra de participer à toutes les élections.
Cet argument est surprenant dans la bouche de ceux qui mettent, chaque jour, des obstacles nouveaux aux naturalisations et qui, comme M.Guéant, se félicitent de leur efficacité pour diminuer le nombre des naturalisations. En clair, si vous voulez participer, demandez la nationalité française que nous nous ingénierons à vous refuser.
Regardant ces naturalisations, si faciles à obtenir, il est possible de constater que le taux de rejet ou d'ajournement des demandes suit une échelle colorimétrique : ce taux est d'autant plus important que la peu est plus sombre !!! (1) (2)
La naturalisation est une démarche à handicap, variable suivant la couleur de la peau que la gauche au pouvoir devrait éclaircir (sic).
DISCRIMINATION ENTRE FRANCAIS
Une fois la nationalité obtenue, pour participer aux élections, il faut que ce nouveau Français s'isncrive sur les listes électorales.
Naguère, les nationaux arrivant à la majorité devaient faire cette démarche. Désormais, cette inscription est automatique. A terme, presque tous les Français seront inscrits sur les listes électorales... Sauf les Français par naturalisation.
Si l'inscription des jeunes à leur majorité peut poser quelques problèmes, ils n'habitent pas, obligatoirement, à 18 ans dans leur commune de naissance, ce ne serait pas le cas pour les Français par naturalisation : leur adresse est parfaitement connue lors de la naturalisation, il est donc facile de les inscrire, à ce moment là, sur les listes électorales.
Il est paradoxal que les seules personnes qui ont demandé à être françaises, soient les seules à devoir faire une nouvelle démarche pour obtenir leurs droits de citoyens.
Leur inscription montrerait aux nouveaux nationaux qu'ils sont, par leur choix, devenus des citoyens à part entière. Qui peut s'opposer à une telle réforme ? Surtout pas ceux qui claironnent tous les jours que la citoyenneté est attachée à la nationalité !!!
Malheureusement, il ne s'est trouvé, à ce jour, aucun parlementaire, de droite ou de gauche, pour déposer une proposition ou un projet de loi en ce sens.
C'est une réforme qui ne devrait pas poser de problème pratique, qui ne coûte pas cher mais qui, symboliquement, aurait une signification importante dans l'accueil de ces nouveaux nationaux.
Reste que les droits reconnus, il faut encore qu'ils entrent dans la pratique. Que tous les citoyens puissent, également, être candidats et élus. La diversité française est loin d'être représentée équitablement sur les bancs des différentes instances élues.
Cette discrimination ne touche pas seulement les Français du fait de leur origine. Elle touche aussi les femmes qui ont le droit de vote depuis 1944 et ce, malgré une loi sur la parité, elle est tout aussi prononcée en fonction de l'origine sociale. Elle touche encore plus les ouvriers et les employés malgré un suffrage dit universel (masculin) qui leur a donné le droit de vote en 1848 !!!
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