Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
30 mai 2015 6 30 /05 /mai /2015 14:39
NOTRE FESTIVAL DE CANNES 2015

Quelques considérations générales suivies de notes brèves sur les films vus dans les différentes catégories pendant le Festival de Cannes du 13 au 23 mai.

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

- Le choix des films sélectionnés donne toujours lieu, comme l'attribution des prix, à de grandes discussions. Tout le monde a remarqué une présence relativement importante des films de réalisateurs français et, dans une moindre mesure, italiens dans les sélections et, au contraire, la discrétion du cinéma étasunien...
Est-ce justifié par la « qualité cinématographique » des uns et de autres ? Par la bataille sur le marché du film entre Cannes, les Oscars hollywoodiens et le festival de Toronto ? Quoi qu'il en soit, le jury de Cannes présidé par les frères Coen et avec un seul membre français semble bien confirmer les choix de la sélection par l'attribution des récompenses.

- S'agit-il du combat entre superproductions étasuniennes et films plus ou moins insérés dans la diversité sociale, nationale des autres réalisateurs et pays ?

- La connivence entre industrie du luxe et le cinéma a été très remarquée. Les mannequins remplacent les stars. Les sponsors deviennent des partenaires... dont Lescure remercie la générosité dans son discours inaugural...

- Ce rôle de l'argent confirme la force de la mondialisation dans le monde du cinéma. Au niveau de la production : la nationalité d'un film pouvait être rattachée à celle de son réalisateur, elle est passée à celle du producteur. Mais il faut regarder aujourd'hui l'importance des coproductions internationales et il devient impossible d'en déduire la nationalité du film ! D’ailleurs, dans le « Programme officiel du Festival », la nationalité des films n'est jamais mentionnée. Quelle que soit la nationalité du réalisateur ou des producteurs, le films sont, de plus en plus, créés directement en anglais, avec des acteurs de nationalités différentes parlant anglais.
La mondialisation s'empare du cinéma par les deux bouts : une production multinationale et une diffusion internationale qui imposent le choix d’acteurs internationalement connus et l'utilisation de la langue « internationale », l'anglais.
Cela n'est pas valable que pour les pays pauvres ou les pays avec un petit marché mais aussi pour les films « italiens « (deux films sur trois en compétition, réalisés par un Italien sont en langue anglaise : Youth de Paolo Sorrentino, production Italie/Suisse/France/Royaume-Uni et Il Racconto dei racconti de Matteo Garrone, production France/Italie) ou français.

- Cannes n'est pas seulement un festival où s'affrontent les meilleurs films et les pays qui les produisent, c'est aussi le premier marché mondial du film. S'agit-il de montrer, de juger, de faire connaître les meilleurs films d’auteurs et de pays nouveaux ou non ? Ou de présenter des films, « achetables », « banckables » qu'ils disent, par le plus grand nombre de pays, par les plus grands marchés ?

- Les films récompensés en 2015 semblent indiquer que tout n'est pas encore joué. Car cette mondialisation n'empêche pas, au moins pour le moment, peut-être même favorise-t-elle l'apparition de nouveaux cinémas, de nouveaux cinéastes notamment d'Asie ou d'Amérique latine. Seule, l'Afrique était faiblement représentée.

BRÈVES NOTES SUR LES FILMS VUS

avec l'aide d'Anne

Nous avons pu voir plus de 30 films, toujours de bonne qualité et qui nous ont fait passer, dans un temps très bref, d'un pays à l'autre ou même d'un continent à l'autre, d'une question à l'autre, d'un genre cinématographique à l'autre. Que ce soit dans les sélections officielles ou parallèles : Compétition, Hors Compétition, Un certain regard, Classics, Quinzaine des réalisateurs, Semaine de la critique.
Cette année, nous n'avons pu voir aucun film présenté par Acid, à la suite d'une trop grande affluence.

Tout jugement est subjectif, il est donc difficile de contester le bien fondé ou non des prix attribués, d'autant que nous n'avons pas vu tous les films en compétition dans l'une ou l'autre des sélections.

Parmi les films vus, nos appréciations (Anne et moi) étaient très proches sauf pour « El Abrazo de la serpiente », qui a reçu le « Prix Art Cinéma Award » à la Quinzaine des réalisateurs et qu'Anne a beaucoup plus aimé.

FILMS EN COMPÉTITION

NOTRE FESTIVAL DE CANNES 2015
DHEEPAN- l'homme qui n'aimait pas la guerre de Jacques AUDIARD, France, Palme d'or.

Une chose est certaine, « Dheepan », de Jacques Audiard, est un bon film qui rencontrera son public. Son réalisme est cependant plus policier que social et confortera certains dans leur vision apocalyptique des « quartiers de non-droit » dont le guerrier tamoul arrive à s'extraire pour rejoindre la paisible Albion.
Dans un camp de réfugiés tamoul, une femme recherche une enfant sans mère pour constituer avec un ancien « tigre », rebelle tamoul vaincu, une famille qui, munie de faux papiers, espère pouvoir être reconnue comme réfugiée politique. Le stratagème marche et la famille, nouvellement constituée, est admise en France. Le père obtient un poste de gardien d'immeuble, la mère un poste d'aide à la personne dans une banlieue parisienne chaude. Mais le « tigre » sort ses griffes, arrache sa famille aux périls et réussit à la conduire en Angleterre.
Film bien fait, qui conduit le trio de l'enfer sri lankais au paradis britannique en passant par l'enfer banlieusard, territoire hors la loi de la République. Film d'action qui reproduit les clichés sur l'immigration : vrais demandeurs d'asile mais fraudeurs, banlieue territoire hors la loi, paradis britannique.

 

SAUL FIA (Le fils de Saül) de Laszlo NEMES, Hongrie, Grand prix et Prix Fipresci :

Lazlo Nemes a obtenu le Grand prix avec un film de fiction qui affronte, pour la première fois, la représentation de la Shoah à l'écran : l'action se déroule à Auschwitz en 1944. Cette question sera certainement discutée même si elle n'a pas déclenché le scandale annoncé.
Saül, membre d'un Sonderkommando, croit reconnaître son fils parmi les corps des juifs gazés et destinés au four crématoire. Il décide que cet enfant, dont on ne sait pas s'il est vraiment son fils, sera enterré conformément à sa religion et part à la recherche d'un rabbin. Pendant ce temps, les membres du Sonderkommando préparent une insurrection armée. Qui éclate. Tous seront finalement exterminés dans la forêt. Ils ne resteront que dans le souvenir d'un petit enfant qui les voit se cacher.
L'auteur semble poser la question de l’impossible salut d'un peuple par la volonté têtue, individuelle, de maintenir la tradition ou par la révolte armée, dans une situation désespérée
Des spectateurs pourront être gênés par le réalisme de certaines images qui ne sont cependant qu'au second plan

 

LA LOI DU MARCHÉ de Stéphane BRIZE, France, Prix d'interprétation masculine pour Vincent LINDON. Ce prix n'est pas étonnant tant il porte le film de Stéphane Brizé, avec une interprétation puissante et retenue.
Thierry (Vincent LINDON), renonce à continuer, avec le syndicat, un combat sans fin contre le licenciement collectif dont il est une des victimes.
Le film campe sa vie familiale équilibrée, avec femme et enfant, handicapé. Thierry est au chômage depuis trop longtemps : dialogue ubuesque à Pôle emploi, stages sans débouché, incitation à l'endettement par la banque... Il obtient finalement un poste de vigile dans une grande surface.
Nous sommes initiés à l'inexorable et douce violence de la vie sociale - il n'y a pas d'acte violent - seulement l’application de procédures bien huilées qui s'exercent sur les plus désarmés. Notamment par la surveillance vidéo des clients et des employés du supermarché, longuement et parfaitement montrée.
Par sa fonction, Thierry contribue au licenciement d'une employée du supermarché dont on apprend qu'elle s'est suicidée (aucune image) sur le lieu de travail. Une seconde employée est interpellée quelque temps plus tard.
Thierry n'attend pas la fin de la procédure et rend sa blouse sans rien dire. Submergé. Sans avenir..
Film réaliste, sans éclat, à hauteur d'homme. Où la masse intranquille de Vincent Lindon est parfaitement à sa place. Sans révolte collective. A l'image d'une société où la solidarité ne s'exprime que dans les discours de « départ à la retraite bien méritée ».
Ce film a reçu par ailleurs la Mention spéciale du Prix œcuménique.

 

CHRONIC* de Michel FRANCO,États-Unis-Mexique, Prix du scénario.
Un infirmier - un autre « taiseux », Tim Roth, porte le film de Michel Franco - sur une question de société : la prise en charge des soins de patients en fin de vie, longue, pénible. Capable d'une réelle compréhension de ses patients, il aide même une patiente à mourir sur sa demande. Avec peu de paroles, dans de longs plans séquences, des images de situations difficiles prises à distance, réalistes sans complaisance, un homme, sportif, professionnel, humain, donne des soins attentifs – toilette, mobilisation – tout en maintenant des relations humaines alors que souvent les proches ne le peuvent pas.
Son attachement partagé avec les patients est mal perçu par les familles...
Tandis que la fin rappelle la fragilité de la vie de tout un chacun.
 

LOUDER THAN BOMBS (Plus fort que le bombes) de Joachim TRIER**, Norvège/France/Danemark

Isabelle, reporter-photographe, à la retraite, meurt dans un accident de voiture, laissant deux fils dont le plus jeune n'a que neuf ans avec leur père enseignant ayant renoncé à une carrière d'acteur pour s'occuper d'eux. Trois ans après l'accident, à l'occasion d'une exposition de ses photos, un collègue prépare un article. Il annonce à son mari que, par honnêteté mais de façon discrète, il sera amené à parler de la réalité, l'accident est le suicide d'une femme dépressive. Bien que les circonstances de l'accident tel qu'il est présenté dans le film fasse plutôt penser que la journaliste s'est endormie au volant. Tous connaissent et admettent cette thèse, sauf le plus jeune enfant qui l'ignore.
La publication de cet article entraîne une « psychanalyse familiale ».
Par ailleurs, des retours dans le passé font comprendre la tension à laquelle est soumise la journaliste entre ses missions dangereuses, intenses où la famille lui manque et les périodes « familiales » entre les missions où elle ressent son inutilité car l’organisation de la vie familiale est prévue en fonction de ses longues absences.

 

MARGUERITE ET JULIEN*** de Valérie DONZELLI, France

Marguerite et Julien sont, frère et sœur, deux enfants qui grandissent et s'aiment comme frère et sœur dans une famille et un château et un mode de vie intemporels. Cet amour, avec l'âge prend une autre forme. Si Julien est éloigné pour faire des études, si Marguerite semble consentir à un mariage conventionnel, ils finissent par se retrouver et assumer l'amour qui les unit. Crime inexpiable qui les condamne à mort.
Leur mère ne peut que recueillir le fruit de leurs amours.
 

SICARIO de Denis VILLENEUVE, États-Unis

Kate, agent du FBI, est recrutée pour participer à une lutte sans merci organisée par la CIA, contre les criminels mexicains de la drogue. Le but : atteindre le chef du cartel. Dans des conditions dont elle devrait contrôler la légalité mais qu'on lui cache. Avec la participation d'un procureur colombien prêt à tout – le sicaire - motivé par le meurtre de sa femme et de sa fille. Le rôle réel de Kate est d'être la couverture inconscient de l'opération.
Ce film d'un réalisateur canadien a toutes les qualités du film d'action violente étasunien et l'idéologie qui va avec : puissance et suprématie des moyens policiers étasuniens exceptionnels, viol de toutes les règles élémentaires (torture, exécutions sommaires), culte du surhomme, hors la li peut-être, mais pour la bonne cause.
 

MIA MADRE de Nanni MORETTI, Italie/France, Prix œcuménique :
Margherita tourne un film et est mécontente de son travail de réalisatrice. Sa mère qui s'enfonce dans la maladie, sa fille adolescente perturbée par une aventure sentimentale, s'ajoutent à ses problèmes d'autant plus que son acteur principal se révèle insupportable. En opposition, son frère Giovani se montre calme, prenant toutes les décisions par rapport à la maladie de sa mère ; il abandonne temporairement (?) son travail et assume la mort de celle-ci.
Il est regrettable que Nanni Moretti qui a le rôle du frère soit un peu en retrait. Le personnage le plus vivant est Margherita qui pose sans doute les problèmes de Moretti et du cinéma plus que celui de la mort de la mère.
Un film drôle par la le personnage de l'acteur principal du film, John Turturro qui n'est pas capable d'apprendre trois répliques bien que parlant couramment l'italien.

YOUTH de Paolo SORRENTINO, Italie/Suisse/France/Royaume-Uni.
Deux très vieux amis, un musicien-chef d'orchestre et un réalisateur de cinéma, passent leurs vacances dans un hôtel luxueux des Alpes suisses. Le chef d'orchestre ne veut plus revenir vers sa carrière tandis que le réalisateur va terminer son film. Finalement, tous les deux, après des réflexions désabusées sur leur passé reviendront à leur passion, c'est à dire leur métier. Tout ceci en anglais.

IL RACCONTO DEI RACCONTI (Tale of tales) de Matteo GARRONE, Italie/France.
Trois récits de rois et reines confrontés à des événements plus ou moins étonnants. Pourqu'une reine ait un enfant, une bête immonde doit être tuée et la reine doit dévorer son cœur. Un roi est captivé par une animal étrange qu'il aime comme son fils. Une femme séduit par sa voix un autre roi et se révèle ensuite très vieille et très laide...
Les trois histoires se croisent avec des éléments magiques (?) : une servante accouche d'un enfant parfaitement ressemblant à celui de la reine. Tout cela en anglais. C'est parfois amusant, un peu difficile à suivre à cause de l'enchevêtrement des contes.

UN CERTAIN REGARD

UN CERTAIN REGARD

UN CERTAIN REGARD

TAKLUB de Brillante MENDOZA, Philippines
La vie après le passage d'un typhon qui a dévasté la ville où les survivants cherchent leurs morts, essaient de reconstruire leur maison et leur vie malgré la menace du typhon suivant annoncé.
Film quasiment documentaire sur la vie dans des quartiers populaires de la grande ville sous la menace permanente de catastrophes qui s'ajoutent à la misère sociale.

MASAAN de Neeraj GHAYWAN, Inde/France, Prix de l'avenir exaequo avec Nahid de Ida Panahandeh et Prix Fipresci
Deux histoire parallèles. Celle d'une jeune étudiante qui est surprise, sur dénonciation, dans une chambre d'hôtel par la police, lors de sa première histoire amoureuse. De peur des conséquences familiales, son petit ami s'ouvre les veines. Le père de la jeune fille, pour éviter le scandale dont le menace le policier, cède au chantage et paie une forte somme.
Dans la seconde histoire, un jeune de basse caste brûle les morts à Bénarès. En fin d'études d'ingénieur, il tombe amoureux d'une jeune fille d'une caste supérieure. Elle meurt dans un accident de voiture et don corps est brûlé sur les « ghats » de Bénarès. Les deux histoires se rejoignent quand les deux partent sur le Gange dans la même barque...
Film très intéressant, à la fois sentimental et réaliste qui ne tombe pas dans le mélo larmoyant et qui se déroule dans les milieux populaires de Bénarès. Il montre la situation traditionnelle difficile dans laquelle sont enfermés les jeunes, filles et garçons, même en cas de réussite scolaire.

COMOARA (Le trésor) de Corneliu PORUMBOIU, France/Roumanie, a reçu le prix « Un certain talent ». Il en fallait pour décrire la longue patience dans cette recherche d'un trésor improbable, teintée d'un humour discret
Costi est sollicité par un voisin impécunieux qui a besoin de 800 euros pour louer un détecteur de métaux avec lequel il espère découvrir le trésor qu'il pense caché par son grand père dans un jardin à la campagne. Ils vont passer la nuit à chercher le site favorable, à creuser et, finalement, à découvrir et partager le trésor. Une véritable fortune en actions Mercédès. Que Cosi va commencer à dépenser en bijoux pour que ces actions-papier deviennent un rai trésor aux yeux de son fils, nourri de légendes, et pour son épouse.
Film un peu longuet si on n'est pas très sensible à l'humour qui se dégage de cette recherche qu'on croit vaine et qui ne s'anime qu'après la découverte du trésor : interpellation par la police, intervention par le voleur du village sollicité pour ouvrir le coffret, partage, dépenses...

THE OTHER SIDE de Roberto MINERVINI, France/Italie
Plutôt documentaire que fiction, sur la Louisiane, en deux parties. Dans la première, la vie de marginaux, un peu en dehors du monde, entre amour, drogue, alcool... La seconde, les fantasmes d'anciens combattants qui pour défendre leur famille, s’entraînent au maniement des armes à feu dans l'attente de l'arrivée de troupes envoyées par Obama...
L'autre coté ? Les États-Unis ?Leur face cachée ? Le Sud abandonné ?

CANNES CLASSICS
Films anciens resta
urés

CITIZEN KANE d'Orson WELLES, États-Unis, 1941

THE LADY FROM SHANGHAI d'Orson WELLES, États-Unis, 1947

THIS IS ORSON WELLES de Clara et Julia KRUPERBERG, États-Unis, 2015, Documentaire très intéressant sur Orson Welles

MORE de Barbet SCHROEDER, France, 1969. Film culte qui nous a un peu déçu

INSIANG de Lino BROCKA, Philippines, 1976
Insiang se déroule dans un bidonville de Manille. Insiang est le nom d'une belle fille qui vit avec sa mère qui entretient un gigolo plus jeune, voyou et terreur des jeunes du quartier. Il va forcer Insiang à devenir sa maîtresse. A travers ce ménage à trois,
Après avoir essayé d'obtenir l'aide du garçon qu'elle aime mais qui se dérobe, Insiang va construire sa vengeance en utilisant la jalousie de sa mère.
Brocka dresse, en tagalog, un portrait réaliste des quartiers pauvres et violents de Manille.

LA HISTORIA OFFICIALE de Luis PENZO, Argentine, 1983
Suite à la répression, en Argentine, certains enfants de disparus sont adoptés par des personnalités du régime. A l'insu de la mère adoptive, Alicia, enseignante, qui ne connaît pas l'origine de l’enfant adopté. Mais de plein gré par le père adoptif. Les revendications sur les disparus de la dictature vont entraîner le rencontre de la grand-mère légitime et de la mère adoptive.
Et maintenant, que faire ?

Quinzaine des réalisateurs

Quinzaine des réalisateurs

QUINZAINE DES RÉALISATEURS

PLATFORM de Jia ZHANGKE, Chine, 2000
L'évolution d'une troupe culturelle, itinérante, qui s'adapte à l'évolution de la situation en Chine, depuis les louanges au grand timonier en 1979 jusqu'à la musique occidentale dansée sur une plate-forme de camion..
Film un peu trop long mais qui montre « l'adaptation » de la troupe à des situations politiques bien différentes..

EL ABRAZO DE LA SERPIENTE de Ciro GUERRA, Colombie/Venezuela/Argentine Prix Art Cinéma Award
Un ethno-botaniste étasunien, ethnologue et botaniste, part sur les traces, 40 ans plus tard, d'un prédécesseurs allemand dans la jungle colombienne à la recherche d'une herbe, la yakruna, qui permet de retrouver le rêve et la mémoire. Dans cette expédition, il rencontre Karamakate, chaman, privé d'émotions et de souvenir, dernier survivant de son peuple qui a déjà servi de guide à son prédécesseur. Mais aussi de nombreuses difficultés surtout avec ceux qui veulent exploiter l'hévéa et « civiliser » les indiens, massacreurs colombiens, orphelinat-prison tenu par un capucin, illuminé qui se prend pour le Christ...
J'ai eu beaucoup de mal à suivre ces deux expéditions, avec des aller-retour, et la recherche de la spiritualité.
Pour Anne, le film rend très bien la confrontation entre le monde de croyances et de traditions des indiens avec le monde moderne de scientifiques qu'ils perçoivent comme des membres de la société des blancs qui les persécutent pour des raisons économiques ou religieuses qu'ils connaissent déjà.

AS MILA E UMA NOITES de Miguel GOMEZ, Portugal
Volume 3 : Encan
tado
Inspiré très librement des Contes des Mille et une nuits, le troisième volume devait être le meilleur d'après des spectateurs qui avaient vu les précédents. Il a beaucoup déçu et ennuyé en dehors des premières minutes, plus proches du Conte....

ALLENDE MI ABUELO ALLENDE de Marcia TAMBUTTI-ALLENDE, Chili
A travers des photos de famille, la petite fille de Salvador Allende conduit une psychanalyse familiale, essentiellement des femmes, et les pousse à reconnaître l'homme au delà du politique.
Ennuyeux dans les réunions familiales autour de vielles photos, le film prend son intérêt dans le dévoilement de la vie sentimentale d'Allende et des réactions familiales...

FATIMA de Philippe FAUCON, France
Fatima fait des ménages pour permettre à ses filles de poursuivre des études et de s'intégrer. Elle a quelques difficultés avec la seconde qui se révolte contre la situation d'exploitée de sa mère mais l’aînée lui donne pleine satisfaction quand elle peut aller lire discrètement son nom, sur la liste des reçus en médecine.
Faucon fait une description sans drame de la situation de celles qui permettent à la société de fonctionner, à leurs enfants de grandir et en ont parfaitement conscience.

GOKUDO DAISENSO (Yakuza apocalypse) de TaKashi MIIKE, Japon

Kamiura, chef yakuza vampire doit faire face au syndicat du crime venu de l'étranger. Il doit réintégrer le syndicat ou mourir. Avant de mourir il transmet son pouvoir à son fidèle second qui le venge.

Film yakusa qui mélange yakuza, vampires et symboles, le bien le mal, l’occident (chrétien) la tradition, la puissance tellurique...

SEMAINE DE LA CRITIQUE

Deux films sud-américains se sont partagés les prix de la Semaine de ela Critique : La terra y la Sombra et Paulina.

LA TIERRA Y LA SOMBRA (La terre et l'ombre) de Cesar Auguste ACEVEDO, Colombie/France/Pays-Bas/Chili/Brésil, Prix Révélation France 4, Prix SACD, il a reçu par ailleurs la Camera d'or du meilleur premier film.
Un homme revient à la maison qu'il a quittée, il y a bien longtemps. Il ne reste plus qu'une mauvaise route pour les camions, des champs de canne et cette maison isolée avec son arbre qui offre son ombre.
Il y retrouve sa femme et son fils qui est en train de mourir d'une maladie probablement liée à son dur travail dans la canne à sucre. Tandis que femme et belle-fille continuent à travailler à la coupe de la canne mais sont licenciées pour rendement insuffisant.
Après la mort du fils, il repart pour la ville avec sa bru et sa petite fille tandis que sa femme reste seule, sur sa terre qu'elle ne veut pas abandonner.

PAULINA (La patota) de Santiago MITRE, Argentine/Brésil/France, Grand Prix Nespresso et Prix Fipresci de la Semaine de la Critique.
Paulina, fille d'un magistrat de gauche en Argentine, arrive en fin d'études et est promise à une brillante carrière d'avocate où elle pourra, comme son père, allier belle carrière et bonne conscience en défendant la veuve et l'orphelin.
Au désespoir de son père, elle y renonce pour participer à une expérience comme institutrice dans un milieu populaire défavorisé. Ses débuts ne sont pas brillants face à ses élèves en classe. Elle est, en plus, victime d'un viol auquel quelques uns de ses élèves participent. Et elle en attend un enfant.
Contre la volonté de son père, de son ami, elle décide de conserver cet enfant et connaissant son agresseur, elle refuse la justice institutionnelle,. Pour une autre justice, la vraie qu'elle veut promouvoir.

LES ANARCHISTES de Elie Wajeman, France
Un jeune policier est recruté pour infiltrer les milieux anarchistes à la fin du 19ème siècle. Son travail porte trop bien ses fruits et le groupe qu'il a infiltré est décapité lors d'une tentative d'assassinat qu'il a organisé.
Le jeune policer y perd des jeunes qui sont devenus insensiblement des amis et la jeune anarchiste qu'il aime.
La description du travail ouvrier est remarquablement traité notamment par la couleur.

SLEEPING GIANT (Le géant endormi) de Andrew CIVIDINO, Canada
Adam, jeune adolescent, passe ses vacances en famille sur les bords du Lac Supérieur. Soufre-douleur, ses cousins l’entraînent aux jeux de leur âge quelquefois dangereux (drogue, alcool, exploits physiques, vol dans un super marché...) alors qu'il découvre la vie pas toujours modèle des parents.

COIN LOCKER GIRL de Hang JUN-HEE, Corée du Sud
II-Young est abandonnée dans un casier de consigne... Vers l'âge de 8-10 ans, elle est vendue et adoptée par une femme, « maman », qui dirige un gang très violent qui gère des dettes. En cas de non-remboursement, les débiteurs payent avec leur vie et leur corps utilisé dans le trafic d'organes. Les membres du gang ne survivent que tant qu'ils sont utiles, à défaut ils font de bons donneurs d'organes.
Dans le gang, II-Young est particulièrement efficace. Elle remplacera sa « mère » après l'avoir tuée comme celle-ci l'avait fait pour la sienne et a organisé les événements pour sa propre fin.

DÉGRADÉ de Arab et Tarzan NASSER, Palestine/France/Qatar
La vie dans un salon de coiffure pour dames dans Gaza pendant que la guerre se poursuit tout autour et se fait bruyamment entendre.. Dans ce huis clos, sans homme, treize femmes parlent de leur vie, à partir de situations bien différents : une divorcée, une droguée, une jeune fille qui prépare son mariage, une traditionaliste musulmane...

Les réalisateurs et les actrices de DEGRADE

Les réalisateurs et les actrices de DEGRADE

NI LE CIEL, NI LA TERRE (The Wakhan Front) de Clément COGITORE, France/Belgique
Un contingent français, isolé, en Afghanistan à la frontière du Pakistan, dans le cadre de l'ONU, est chargé de surveiller et contrôler une vallée du Wakhan en attendant un prochain désengagement. Les relations avec le village sont dures mais sans réel problème. Malgré un équipement de pointe, des hommes disparaissent sans explication.
Le capitaine décide d'organiser une sortie pour retrouver, vivants ou morts, les disparus. Il s'avère que les talibans recherchent aussi leurs disparus et proposent un échange.
En fait, ni les uns ni les autres ne comprennent rien aux forces spirituelles locales...

MEDITERRANEA de Jonas CARPGNANO, Italie/France/Etats-Unis/Allemagne
La longue marche de Burkinabés vers l'Europe promise, à travers le Sahara, à pied et en camion, à travers la Méditerranée... En Italie, ici en Calabre, l'accueil est mitigé, entre « mamma » et jeunes racistes. Ils trouvent des relais du pays en Italie, sont embauchés au noir dans la cueillette des orange, sans espoir de régularisation, même s'ils donnent satisfaction et ont de bonnes relations avec les employeurs.
A la suite de la mort de 2 d'entre eux une émeute éclate...

LA VIE EN GRAND de Mathieu VADEPIED, France
En banlieue, Adama, un jeune noir, de 14 ans, aidé par Mamadou, complice plus jeune, fait des affaires en revendant de la drogue aux aînés. A l'école, malgré ses capacités, les choses ne vont pas fort, l'exclusion menace. Finalement, grâce à la compréhension et à la stimulation des enseignants, un contrat est passé avec Adama qui lui permet d’entrer dans une bonne école...
Mais que vont-ils faire du butin accumulé ?
Un des rares films optimistes vu à Cannes cette année qui fait sourire en montrant la banlieue sous un éclairage probablement peu réaliste.

Le cinéma de la plage

Le cinéma de la plage

CINÉMA DE LA PLAGE

IVAN LE TERRIBLE (première partie) de S.M. EISENSTEIN, 1944

HIBERNATUS D'EDOUARD MOLINARO, 1969

LE FESTIVAL, C'EST AUSSI...

Le folklore de la rue
Le folklore de la rue
Le folklore de la rue

Le folklore de la rue

Les petits matins
Les petits matins
Les petits matins

Les petits matins

Les matins courageux à la plageLes matins courageux à la plage

Les matins courageux à la plage

La Croisette vide aux enseignes qui contienuent à tourner
La Croisette vide aux enseignes qui contienuent à tourner
La Croisette vide aux enseignes qui contienuent à tourner

La Croisette vide aux enseignes qui contienuent à tourner

La journée qui commence, la Croisette qui se prépare....La journée qui commence, la Croisette qui se prépare....La journée qui commence, la Croisette qui se prépare....
La journée qui commence, la Croisette qui se prépare....La journée qui commence, la Croisette qui se prépare....La journée qui commence, la Croisette qui se prépare....

La journée qui commence, la Croisette qui se prépare....

Les va-nu-pieds qui embarquent pour les paradis fiscaux...

Les va-nu-pieds qui embarquent pour les paradis fiscaux...

Partager cet article

Repost 0
Published by Paul ORIOL - dans Cinéma
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Paul ORIOL
  • : Réflexions sur l'actualité politique et souvenirs anecdotiques.
  • Contact

Texte Libre

Recherche