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21 mars 2020 6 21 /03 /mars /2020 22:09
Monsieur Puce, sa femme et le chien

Le confinement pour cause d’épidémie du coronavirus nécessite des changements dans la vie quotidienne. A côté des images de drames, en information continue, ces adaptations à la situation peuvent aussi donner quelques occasions de sourire.

***

Dans ces jours de confinement, comment les époux Puce vont-ils organiser leur promenade quotidienne ? Autorisée ? Interdite ? Tolérée pour des raisons précises.
Première difficulté se munir d’une attestation de déplacement dérogatoire, datée, signée, en ayant coché les bonnes cases dont le modèle est fourni par l’administration.

Tous deux retraités, sans problème de garde d’enfants, sans besoin, pour le moment, de déplacement pour motif de santé, sauf réapprovisionnement dans quelque temps de médicaments indispensables, ils n’ont, heureusement, pas besoin d’utiliser les cases 1, 3 et 4.

Bien évidemment un basset ne peut se promener seul et a besoin d’un accompagnement, administrativement prévu : ce sera donc Madame Puce. Elle pourra sortir dûment pourvue d’une attestation pour besoins des animaux de compagnie, après avoir coché la case 5.
Cependant, Monsieur Puce, pour cette galanterie, va être assigné à résidence car il serait abusif de prévoir deux accompagnants pour la petite bête chérie. Encore que si Madame tient la laisse, Monsieur pourrait être préposé au ramassage des besoins privés de l’incontinent basset…
Mais pour ne pas irriter la force publique, il p
réfèrerait utiliser un motif prévu : déplacements brefs, à proximité du domicile, liés à l’activité physique individuelle, par exemple. A condition de courir car un de ses amis a appris, à ses dépens, que la marche n’est pas acceptée comme activité physique individuelle !
Et à 84 ans, il n’est pas question de se remettre à la course à pied. Il n’a même pas la tenue adéquate, notamment des chaussures de sport. Impossible à acheter. Peut-être, la marche rapide, un peu ralentie, mais avec deux bâtons… La case 5 est donc encore exclue.

Reste la case 2 : déplacement pour effectuer des achats de première nécessité dans des établissements autorisés. A défaut de brioche, Monsieur Puce ira acheter la quotidienne baguette de pain quand Madame promènera le gentil basset.
Il va donc
pouvoir marcher. En compagnie de Madame mais ce ne sera pas une marche matrimoniale. Pour respecter la consigne et donner le bon exemple civique, il devra se tenir, devant ou derrière son épouse, à plus d’un mètre, ou mieux sur le trottoir d’en face.

Cette distanciation réglementaire n’est cependant pas insupportable. Elle n’est heureusement pas obligatoire à l’intérieur du domicile.
 

Monsieur Puce, sa femme et le chien

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18 mars 2020 3 18 /03 /mars /2020 13:58
Promenade de santé

Le confinement pour cause d’épidémie du coronavirus nécessite des changements dans la vie quotidienne. Ils sont quelquefois gênants, ils peuvent aussi donner un nouveau sourire. Donner lieu à des signes montrant que la notion de solidarité n’a pas complètement disparu dans une société décrite, tous les jours, comme seulement individualiste.
 

Promenade de santé

L’Académie le proclame, la promenade quotidienne est une activité physique indispensable pour la santé, notamment pour les personnes âgées. En conséquence, Monsieur et Madame Puce, qui n’ont plus 20 ans, font leur promenade hygiénique dans le quartier et répondent en même temps aux besoins de leur basset. Cette double exigence peut être maintenue en période de confinement, moyennant certaines précautions largement diffusées et une attestation de déplacement dérogatoire.

Cependant, les difficultés commencent avec l’ascenseur aux dimensions, parfois, minimales. Comment respecter la distance recommandée d'un mètre minimum ? L’ascenseur peut être utilisé par deux personnes, au plus, en même temps. Et encore dos à dos, pour éviter les dangereuses gouttelettes. Bien sûr, il est toujours possible de l’éviter. Toujours ? Quel que soit l’âge ? Quel que soit le poids des courses ? Descendre ou monter plusieurs étages ? Pour le couple Plume...

Reste la patience : Mr et Me Puce peuvent attendre que l’ascenseur soit vide. Au risque, surtout au rez de chaussée, d'attendre quelque temps avec des voisins. Cela permet de faire plus ample connaissance. De partager les bonnes, les mauvaises et les fausses nouvelles et des considérations sur le temps en utilisant le pallier et en jouant aux quatre coins pour respecter la distance réglementaire.

Dans la rue, pour les Puce, les rencontres des meilleurs amis sont devenues les plus dangereuses. Il faut désormais éviter les effusions et les accolades. Se parler à distance quand Mr Puce n’a pas oublié ses prothèses auditives ou arriver rapidement à la conclusion : on se rappelle au téléphone ou, plus moderne, grâce aux outils de communications qui permettent de joindre l’image à la parole.  Pour les Puce, ce sera l’occasion d’une extension et d'un perfectionnement des moyens de contacts, encore faut-il que les uns et les autres aient pu, au préalable, faire régler l’appareil par les petits enfants. Qui maintenant ne peuvent jouer les réparateurs à domicile.

Les petits enfants sont plus éloignés mais les Puce ne se sentent pas complètement abandonnés. Dans l'immeuble, sur les 44 appartements, 6 personnes ont apposé des messages dans les ascenseurs pour proposer leurs services aux personnes ayant quelques difficultés.

Une solidarité virale en marche ?

Promenade de santé

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20 décembre 2019 5 20 /12 /décembre /2019 17:13
Ebauche de bilan

Avertissement : Ce texte date du 19 février 2018, il n'a pas été publié lors de sa rédaction parce qu'il n'a pas eu la suite initialement prévue. Le voici donc mis sur ce blog, tout nu, sans diffusion parce que sans suite. Des fragments de suite seront éventuellement mis sur le blog.

 

Ébauche de bilan

Dans L'Espoir d'André Malraux, deux personnages discutent et leur conclusion est : je suis de gauche parce que je suis de gauche !

 

Je suis de gauche mais me trouve de plus en plus mal à l'aise avec des gens qui se disent de gauche. Depuis quelque temps, ce désaccord me pèse. Heureusement, j'ai décidé de ne plus militer. Mais je me sens inutile.

 

Dans ma vie, j'ai toujours voté pour la gauche, même avant d'avoir de droit de voter : j'ai porté la contradiction en réunion publique au candidat MRP en faveur du Front Républicain, à Carcassonne, en 1956.
Exception, je me suis laissé aller à voter Chirac lors du second tour de l'élection présidentielle Chirac-Le Pen. Je n’ai pas voté Macron en 2017.
Mais quand j'ai voté pour la gauche, une fois au pouvoir, les candidats n'ont pas tenu leurs promesses (le Front Républicain, François Mitterrand, François Hollande). Souvent, ces candidats, élus ou non, avaient du sang sur les mains (Guy Mollet et François Mitterrand en Algérie) ou étaient complices silencieux de crimes (Communistes).

 

Je ne suis pas indemne : j’ai voté pour eux, en sachant, pour éviter le pire ici... Je me souviens, avec mauvaise conscience, à la Cité universitaire, d'un dialogue avec un étudiant : on ne peut pas être contre le Parti qui défend les ouvriers... Il ne fallait pas désespérer Billancourt et, aujourd’hui, les quartiers...
Ce qui reste de Billancourt et les quartiers ne sont même plus désespérés par la gauche. Ils sont ailleurs...

 

 

Ebauche de bilan

J'ai milité aux cotés de gens dont certains, à mes yeux, niaient la réalité. Je n'ai pas eu le courage de les contredire. Je ne me sentais pas assez équipé pour leur faire face de façon intelligente. Je me suis contenté de militer pratiquement sur des points que j'approuvais et j'ai, quelques fois, démissionné.

 

Enfin, bien souvent, nos maîtres à penser se sont mentis ou nous ont menti. Nous les avons crus. Nous les avons suivis. Plus ou moins. Il faut voir avec quelle facilité, nombre de ces penseurs ont couru, suivant la période, derrière Staline, Trotski, Mao, Castro, Chavès. Ils étaient révolutionnaires, sans la vérité.

 

Déceptions et mensonges accumulés font qu'aujourd'hui, c'est la droite et l'extrême droite qui apparaissent plus proches de la réalité et entraînent vers des lendemains qui risquent d'être très douloureux.

 

Comme a dit Simone de Beauvoir, Nous avons été floués ! Certains, qui viennent après nous, risquent de le payer cher.

 

Aujourd'hui, j'ai décidé de faire le point, sans censure, pour ma tranquillité d'esprit.

 

Dans Le Premier homme, Albert Camus : En somme je vais parler de ceux que j’aimais. Et de cela seulement. Joie profonde. Pour ma part, je vais essayer de parler de CE que je pense. Même si cela me sépare de ceux que je voulais aimer. Tristesse profonde.

 

Serai-je capable d'y arriver ? Et à quoi bon un tel exercice ?

 

Je voulais changer le monde. Au moins participer, aider au changement. Le monde a changé. Devenu plus injuste. La voie qui paraissait toute droite, semble tourner en rond. Se peut-il que l’histoire, au lieu d'avoir un sens, comme je le croyais très naïvement, et j'étais dans le bon sens, se peut-il qu'elle ne soit faite que de saisons éternellement renouvelées ? Ou d'une spirale qui, la science aidant, aspire le monde vers les sommets du pire ? Après les massacres du vingtième siècle que réserve le vingt-et-unième ?

 

Personnellement, j'ai l'impression d'appartenir non aux 1% des favorisés de la planète mais au aux 0,000... 1% des privilégiés de l’histoire de l'humanité : je suis passé entre les guerres, trop jeune pendant la Seconde (la deuxième ?) guerre mondiale, sursitaire pendant la guerre d'Algérie, elle est restée théorique pour moi, et j'étais du bon coté de l'Histoire, je n'ai pas connu la misère même si mes parents ont pu en souffrir, j'ai profité de ce que l'on n'appelait peut-être pas encore l'ascenseur social qui me paraissait tout naturel, je n'ai pas eu, à ce jour, de maladie grave. Quant à l'argent, j'en ai toujours eu trop ou pas assez pour qu'il me pose problème...

 

Je vois le monde continuer à s'agiter comme si rien n'avait changé. Devant les deux catastrophes que tout le monde semble annoncer : La maison brûle et nous regardons ailleurs. Dérèglement climatique et épuisement des ressources certes. Mais aussi, inégalités croissantes entre les pays et dans chacun des pays.

 

Pour la première fois, semble-t-il, les hommes savent où leur comportement les conduit. Ils continuent comme s'ils ne croyaient pas à ce qu'ils annoncent. Une fois de plus, ils se mentent, ils nous mentent ?
Vogue la galère et les galériens.

 

Ebauche de bilan

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24 juillet 2019 3 24 /07 /juillet /2019 15:42
Jaune, rêve ou cauchemar ?

Le peuple français et son gouvernement ont le jaune en commun, en rêve pour les uns en cauchemar pour les autres.

Même les arbres commencent à jaunir précocement, et les pelouses…
Et François de Rugy qui, après son carton jaune fait amende honorable, rembourse les excès de boisson de ses invités, et remplace les bulles de Champagne par le jaune du pastis, moins people et plus peuple, beaucoup moins cher. Aussi bien pour François de Rugy que pour les contribuables...

Jaune, rêve ou cauchemar ?
Jaune, rêve ou cauchemar ?

Les supporteurs n’ont d’yeux que pour le jaune victorieux des gilets (1), certes coûteux en souffrances, et du maillot au Rond point ou sur les Champs...
Seul, Emmanuel Macron rit jaune (2) en son Palais avant de traverser la rue pour aller, la peur au ventre (1), serrer la main de personnes pour qui c’est un grand honneur d’être en jaune (3).


Maillot jaune ? Gilets jaunes ?

 

 

 

 

Jaune, rêve ou cauchemar ?
Jaune, rêve ou cauchemar ?Jaune, rêve ou cauchemar ?

1 - Les braises de la crise des gilets jaunes couvent toujours et... quelques milliards d’euros ne suffiront pas à apaiser le pays assure l’un des ministres présents. Le Président nous a dit de partir en vacances la peur au ventre. Le Monde 23/07/19

2 – Un humoriste c’est un philosophe qui rit jaune. (Émile Coderre). Emmanuel Macron est-il un philosophe ? Un humoriste ?

3 – Julian Alaphilippe

Jaune, rêve ou cauchemar ?
Jaune, rêve ou cauchemar ?Jaune, rêve ou cauchemar ?
Jaune, rêve ou cauchemar ?Jaune, rêve ou cauchemar ?

4 – Le jaune, c’est aussi Atelier des Lumières Van Gogh, la nuit étoilée, à voir à Paris.

Jaune, rêve ou cauchemar ?

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23 juillet 2019 2 23 /07 /juillet /2019 18:40
A propos du choc des civilisations

La chute du mur de Berlin et l’effondrement de l’URSS, bonne nouvelle, triomphe du monde de l’Ouest, vu de l’Ouest… paix universelle, éternelle…..
Certains pensaient que l’histoire s'achèverait le jour où un consensus sur la démocratie libérale et le marché mettrait fin aux conflits : fin des idéologies, fin de l’histoire, fin des conflits…

C’était, à la fois, présomptueux, de croire à la victoire définitive de la démocratie libérale et du marché, et illusoire, de croire que la fin du bloc soviétique et de quelques dictatures était la fin des dictatures. D’autres avaient essayé d’organiser, avec des moyens relativement puissants, au-delà d’une prédiction littéraire, une paix générale avec la Société des nations (SDN) après la Première guerre mondiale et l’Organisation des nations unies (ONU) après la Seconde (la deuxième ?)Sans grand succès.

 

Vingt années de paix après la première guerre mondiale ? Soixante et dix après la seconde ? Périodes de paix, en réalité de non guerre directe entre les grandes puissances occidentales et sous la menace permanente d’un affrontement entre celles-ci regroupées autour des États-Unis et l’Union soviétique et ses alliés ! C’était oublier facilement la continuité des multiples conflits armés, peut-être exotiques ou locaux pour ceux qui les dirigeaient ou en profitaient mais non pour ceux qui les subissaient : guerres civiles ou guérillas internes, conquêtes coloniales puis luttes armées anticoloniales, conflits frontaliers, interventions extérieures de grandes puissances. Il suffit de taper guerres ou conflits au 20ème siècle sur un moteur de recherche pour en trouver une longue liste sur wikipedia, inachevée...

L’Union soviétique, empire du mal, selon Ronald Reagan, à peine disparu, voici le grand Satan, l’Islam, et le choc des civilisations promus nouvelles sources des conflits. Cette fois, l’Occident choisit l’islam comme sujet principal d’affrontement. Reléguant au second plan - pour le moment ? - la Chine ou d’autres réalités sociales, économiques ou politiques, tout aussi conflictuelles..

Les deux derniers conflits mondiaux ont été déclenchées par des puissances européennes. Il n’est pas sûr qu’elles puissent avoir un tel rôle néfaste à l’avenir. Désignant l’islam comme ennemi principal, sous différentes formes comme les talibans, El Qaïda, État islamique, Iran,… les États-Unis prennent une option pour un possible relais…

Certains États européens s’engagent et veulent entraîner l’Union européenne dans ce changement de perspective.

Hier, sous la tutelle des États-Unis et face à l’Union soviétique, des États européens, à 6, à 9, à 12… ont essayé de s’unir pour éviter de nouveaux conflits entre eux, homogénéiser leur situation économico-sociale et constituer une puissance relative face à l’URSS.
Cette union a, aux yeux de certains, le grand mérite d’avoir assuré plus d’un demi-siècle de paix. Paix en Europe due probablement plus à l’équilibre de la terreur entre les États-Unis d’Amériques (ÉUA) et l’URSS. Mais non à l’extérieur avec les guerres dans lesquelles la France a pris une large part de l’Indochine (1946-54) à l’Algérie (1954-62) ou le Portugal en Angola (1961-75), en Guinée (1953-74) ou au Mozambique (1964-75)… Tout en constatant que l’expédition franco-israélo-britannique lors de la nationalisation du canal de Suez (1956-57) a été interrompue sous la pression internationale (ÉUA, URSS) et non des pays européens. Et actuellement, l’intervention des États européens, la France surtout, au Sahel… Sans oublier les petits conflits locaux en Europe : Slovénie (1991), Croatie (1991-93) Yougoslavie (1991-2001), Bosnie (1992-95), Kosovo (1998-99) et la malheureuse initiative franco-britannique en Libye (2011)...

Emboîtant le pas des États-Unis, un certain nombre d’Européens veulent aujourd’hui construire une Europe non plus au nom de la paix (face à l’Union soviétique) mais au nom de la civilisation européenne (face au monde musulman). Comme pour construire l’unité nationale, rien de mieux que de trouver un ennemi extérieur commun pour tenter de réaliser une unité européenne et surtout la difficile Union européenne, tout en lui donnant une nouvelle orientation interne.

Dans le cadre de l’affrontement avec l’URSS, il fallait valoriser la démocratie par opposition à la dictature soviétique et la social démocratie pour que les travailleurs ne rejoignent pas en masse les puissants partis communistes. Le danger communiste passé, il est possible d’assumer la nature austéritaire du capitalisme : austérité et autoritarisme. Le président Macron en est l’incarnation évidente actuellement : contre-réforme économico-sociale, le parti communiste a disparu, la gauche n’est pas dangereuse, répression plus qu’énergique, satisfaisante pour la droite...

L’affrontement avec l’islam comme religion, l’Islam comme civilisation, souvent difficiles à différencier dans les discours implique de redéfinir l’Europe. Non plus comme un État ou un ensemble d’États, démocratiques face à un ou des États non-démocratiques, menaçants, comme l’Union soviétique hier mais la civilisation européenne qui n’est plus obligatoirement démocratique, comme la démocratie illibérale de Viktor Orbán, mais identitaire, blanche, chrétienne. Et même judéo-chrétienne, depuis peu. Face au monde arabo-musulman, ce qui peut justifier la recherche d’une alliance avec Israël, de certains partis ou États antisémites. Et promouvoir une politique commune contre l’immigration souvent colorée, d’origine africaine ou asiatique et, parfois aussi, musulmane.

Avec une touche de souverainisme national identitaire, qui permet, aujourd’hui des alliances au sein de l’Union européenne mais qui peuvent devenir des facteurs de désunion et d’affrontement nationalistes.

 

Face à la première conception de l’Europe, capitaliste et pro-atlantique, la gauche a opposé sa volonté d’une autre Europe, sociale ou même socialiste, neutraliste, dénonçant, tout en en bénéficiant, le parapluie nucléaire étasunien.

Face au choc des civilisations, une certaine gauche part d’un vieux principe : si la droite dit le Royaume-Uni est une île, la gauche doit affirmer le Royaume-Uni n’est pas une île. Plutôt que réfléchir à la situation concrète et à construire un pont... Comme la droite parle de choc ou de guerre de civilisations, pour eux, il n’y a pas de choc ou de guerre de civilisations.
Les Indiens des Amériques ne doivent pas être absolument d’accord. Qui ont été quasiment exterminés, physiquement ou culturellement. De même que tous les peuples colonisés...

 

Une autre façon de contester le choc des civilisations est de montrer, surtout en parlant des pays musulmans, qu’il n’existe pas un monde musulman, que les musulmans sont très divisés. Les musulmans ne sont pas, majoritairement, arabes, sont divisés en multiples courants, sunnisme, chiisme, kharidjisme, avec, en plus, une division en nations, pour certains plus opérationnelles que les précédentes. Par ailleurs, dans des études par sondages, on peut montrer que ce qui préoccupe les musulmans en général n’est pas d’affronter, d’envahir, de conquérir, de convertir les non musulmans.
Tout ceci ne semble pas contestable.

On peut soutenir, exactement la même chose pour les Occidentaux. Le monde chrétien est tout aussi divisé : tous les chrétiens ne sont pas blancs, ne sont pas européens, il existe de multiples courants, catholiques, protestants, orthodoxes, anglicans…, sans compter ceux, de plus en plus nombreux qui se disent sans religion, et aussi une division en nations… Et il ne fait pas de doute que les préoccupations fondamentales de la majorité des peuples occidentaux n’est pas, n’a jamais été d’aller convertir, coloniser… le reste du monde.

Malheureusement, les peuples ont été entraînés, hier, et peuvent être entraînés demain, à participer, de gré ou de force, à des entreprises que la majorité désapprouvait ou désapprouve.


 

A propos du choc des civilisations
A propos du choc des civilisations

Pour éviter le renouvellement d’affrontements meurtriers, il est utile de démonter l’hétérogénéité des uns et des autres, de montrer la diversité d’intérêts au sein de ces grandes masses prétendument homogènes et de dénoncer pourquoi certains poussent d’autres à entre-tuer...
Mais cela ne suffit pas. Il faut combattre les va-t-en guerre des deux côtés qui instrumentalisent le choc des civilisations, établir des ponts entre les deux camps, dont l’intérêt bien compris n’est pas l’affrontement mais le dialogue et l’échange.

 

La bataille n’oppose pas religion musulmane/civilisation musulmane et religion chrétienne/civilisation chrétienne ou occidentale. Malgré une longue histoire de conflits. Mais ceux qui, dans chaque camp, défendent les valeurs universelles de justice, de démocratie, d’égalité et ceux qui, dans chaque camp, essaient d’utiliser les différences pour pérenniser leur pouvoir, leur domination. La liste est longue des peuples qui se sont levés dans les deux camps pour plus de liberté, d’égalité, de démocratie. Qui ont trouvé en face d’eux leurs maîtres traditionnels qui avaient le soutien politique, économique, financier, militaire des maîtres du camp adverse.

A propos du choc des civilisations

Le choc de civilisations basées sur des religions n’est que la formulation nouvelle de chocs identitaires qui ont toujours existé à des échelles différentes et souvent à la base de conflits violents : nations, régions (petites nations), obédiences religieuses (hier catholiques et protestants ci, là, sunnites et chiites aujourd’hui) et qu’on peut même retrouver à l’intérieur des sociétés actuelles, lutte des communautés….

Faut-il théoriser, amplifier ces luttes ?

A propos du choc des civilisations
A propos du choc des civilisations

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10 décembre 2018 1 10 /12 /décembre /2018 23:36
Classes, discriminations, unité

Il fut un temps où une certaine gauche voulait tout expliquer par la lutte des classes. Abandonnée aujourd’hui, pour la lutte contre les discriminations.

En ces temps là, la lutte des classes, moteur de l’histoire, avait lieu dans les pays développés. C'était la révolution dans les métropoles qui permettrait l'émancipation des pays colonisés. Mais peu à peu, sous l'influence de la première guerre d'Indochine, de la conférence de Bandoeng (1955), des guerres d’Algérie, du Vietnam, la lutte pour les indépendances nationales a trouvé sa place. Les plus malins affirmaient que cette lutte était une forme de la lutte des classes ou une étape pour permettre ensuite le développement de la lutte des classes. Le tout teinté de contradiction principale et contradiction secondaire…
Il en était de même pour bien d’autres fronts dits secondaires comme les luttes des femmes pour l’égalité, des régionalistes, des homosexuels

Avec l’évolution de l’économie mondiale et nationale, l’importance de la classe ouvrière a perdu, ici, sa centralité : désindustrialisation (Billancourt est désormais dans les pays de l’Est, en Chine, au Vietnam ou ailleurs), essor du tertiaire, externalisation de certains secteurs des entreprises...

Avec l’affaiblissement de la lutte des classes, la lutte contre les discriminations, venue des États-Unis dans le sillage du multiculturalisme britannique, a pris de plus en plus de place dans les conflits sociaux. Et les luttes des groupes sociaux discriminés, communautés, fiertés, mémoires… ont acquis une plus grande visibilité.
Certaines de ces groupes, sous forme constituée, sont apparus récemment, au moins sur la place publique, la plupart existent cependant depuis longtemps avec pour but, la reconnaissance, le maintien, la perpétuation d’identités particulières qui sont ou se sentent minorisées, discriminées et revendiquent l’égalité des droits.

La classe ouvrière ayant perdu sa centralité, la plus grande partie de la gauche a accueilli avec une bienveillance justifiée, la lutte contre les discriminations surtout quand elle était menée par des couches de la population particulièrement défavorisées, discriminées par leur origine, concentrées dans des zones urbaines : les ghettos ouvriers, qu’on appelait banlieue rouge, parce qu’elles s’exprimaient politiquement au niveau électoral, sont devenus des ghettos ethniques euphémisés en quartiers ou quartiers difficiles qui sont, à forte proportion, d’immigrés d’origine maghrébine ou subsaharienne. Souvent regroupés dans immigration post-coloniale.
Cette population qui, souvent, n’a pas le droit de vote ou ne vote pas, est toujours aussi pauvre ou plus pauvre qu’avant, rongée par le chômage qui dure depuis des générations. Et le développement d’une économie parallèle.

Dans un premier temps, ces travailleurs immigrés ou d’origine immigrée, se sont adaptés à la société en créant des associations par nationalité, associations de fait puis de droit, à partir d’octobre 1981, quand la liberté d’association sans restriction a été rétablie. Parallèlement, les gouvernements des pays d’origine ont constitué des amicales dont le but essentiel était le contrôle de leurs ressortissants.
Ces associations de résidents étrangers par communauté nationale sont parfaitement légitimes, comme la création et l’existence de toute association qui s’insère dans la législation commune. Elles tendent à faire vivre des particularités culturelles, à maintenir les relations avec les pays d’origine et l’espoir d’un retour, à obtenir l’égalité des droits en France.

Peu à peu, le retour au pays est devenu mythique, l’installation temporaire se pérennise, du fait d’une intégration relative, du regroupement familial, de la naissance d’enfants dont la France est devenu le pays d’origine… D’autre part, la démocratisation, le développement du pays d’origine est devenu de moins en moins prévisible.

A la suite du vieillissement des travailleurs immigrés, de la présence des familles, et surtout d’enfants et de leur insertion dans l’inégalité sociale, souvent dans les quartiers les plus défavorisés, les associations ne correspondent plus aux besoins de la population qu’elles voulaient représenter, organiser. Elles ont, pour la plupart, périclité (1, 2).
Finalement, cette installation, définitive, peut-être inavouée, avec femmes et enfants, conduit à la reconstitution du mode de vie, du cadre de vie, au retour à la pratique religieuse.
Les associations ont, peu à peu, cédé le pas, aux mosquées comme foyer culturel et identitaire qui peuvent s’organiser sur une base associative (loi de 1901) ou plus rarement cultuelle (loi de 1905). Leur existence est tout aussi légale et légitime.
Certaines de ces mosquées peuvent être organisées par nationalité et plus ou moins contrôlées par les pays d’origine. D’autres sont financées par de riches pays arabes (Arabie saoudite, Qatar…) qui diffusent leur idéologie.

Avec le temps, une partie de cette population prend de plus en plus conscience de la relativité de son intégration. A travers les discriminations, plus souvent de fait que de droit (deux poids, deux mesures... pas de justice, pas de paix), au niveau de l’école, du travail, du logement, de la police (contrôles au faciès, non lieu lors des procès pour bavure policière…). Mais aussi au niveau des regards, des réflexions quotidiennes : pour reprendre Sartre, c’est le regard qui assigne une personne à une identité, ici arabe, musulmane, quelles que soient sa situation, son histoire, sa religion...

Ces discriminations quotidiennes encouragent le repli. Repli sur une appartenance, réelle ou imaginée : la nationalité d’origine qui n’offre guère de perspective, ni ici, ni là-bas, s’efface au profit du quartier, du groupe de jeunes, de l’islam, souvent mal connu, de la solidarité avec le Proche Orient (Palestine, Irak, Syrie), identification plus ethnique que religieuse ou politique. Entraînant un rejet des valeurs de la société qui ne sont pas appliquées.

Faute d’une prise en charge au niveau du travail par les syndicats, chômage qui touche les générations l’une après l’autre, par les politiques avec l’affaiblissement du Parti communiste, par des structures religieuses accueillantes comme avaient pu l’être les églises pour les immigrations précédentes, à cause d’un racisme diffus qui gomme les particularités au profit de catégories globalisantes construites, arabes, musulmans, d’une relégation dans des quartiers plus ou moins ghettoïsés, ce sont les structures politico-religieuses qui prennent la place laissée vide.

Là où la notion de classe et de lutte des classes créait une unité des couches sociales défavorisées autour de la classe ouvrière, il n’y a pas de force, d’organisation capable d’intégrer les luttes contre les discriminations dans les luttes générales contre les inégalités économiques, sociales et politiques. Pour en faire ses sujets de mobilisations fortes au-delà des statuts, des déclarations de principe et même de quelques luttes dans certaines entreprises.

Il n’est qu’à voir, dans les manifestations à Paris, la couleur des participants pour savoir quel est leur objet. Cela entraîne un affaiblissement des revendications des uns et des autres. Seuls les sans papiers s’invitent dans presque toutes les manifestations !

Distribution de repas à des jeunes mineurs isolés

Distribution de repas à des jeunes mineurs isolés

Pourtant, on peut voir l’échec de ceux qui ont voulu attirer les Gilets jaunes dans des déclarations contre les immigrés ou les étrangers, les résultats des sondages favorables au droit de vote des résidents étrangers, les multiples initiatives locales, discrètes, dont les informations parlent peu, pour accueillir des demandeurs d’asile ou aider les jeunes mineurs isolés, malgré toute les déclarations des politiques depuis plus de 40 ans contre les immigrés.

Il est permis de constater que les citoyens français, même dans des circonstances difficiles, n’ont pas abandonné leur passion d’égalité. Et l’unité est toujours possible pour faire diminuer, disparaître les discriminations et faire progresser, ensemble, les couches populaires dans leur diversité..

Classes, discriminations, unité

1. Le Mouvement des travailleurs arabes (MTA), animé essentiellement par des Tunisiens, regroupait des travailleurs originaires du Maghreb ou du Machreb.

2. Parmi les associations par nationalité, la Fédération des Tunisiens citoyens des deux rives (FTCR) continue une activité réelle.

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29 octobre 2018 1 29 /10 /octobre /2018 17:13
Le cinéma est aussi un commerce !

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Aux festivals de Cannes et de Venise, il a été beaucoup question de Netflix. Et ce n’est pas fini.
Alors que les films Netflix étaient exclus
de la sélection à Cannes parce qu’ils ne sortaient pas en salle en France, la porte était largement ouverte à Venise et Netflix s’y est engouffré, avec succès.

 

Six films Netflix étaient sélectionnés, trois en compétition (Venezia75), Roma d’Alfonso Cuaron, Lion d’or, 22 july de Paul Greengrass, The ballad of Buster Scruggs des frères Coen, Prix du scénario. Et trois d'autres sélections : Sulla mia pelle d’Alessio Cremonini (Orizzonti), They’ll love me when I’m dead de Morgan Neville (Fuori concorso), The other side of the wind d’Orson Welles (Evento speciale), prix Campari (vu de loin, une bouteille de Campari !).

Le directeur artistique de la Mostra, Paolo Barbera, s’est expliqué dans plusieurs déclarations : Je ne vois aucune raison d’exclure de la compétition du festival un film de Cuaron ou des frères Coen uniquement parce qu’il a été produit par Netflix…

 

Le problème n’est pas là. Ces films ne sont pas uniquement produits, ils sont aussi distribués, essentiellement ou exclusivement, par Netflix à ses abonnés à la VàD. Netflix n'est pas la seule compagnie à produire des films pour les diffuser ensuite sur leur propre système de VàD.

 

A Venise, étaient présentés Suspiria de Luca Guadagnin, (Venezia75), Peterloo de Mike Leigh (Venezia75) produits par Amazon, L'amica genialede Saverio Costanzo, (Fuori Concorso) par HBO.
Ces maisons de production ont déjà présenté des films à Cannes dont certains ont connu un certain succès : en 2003, Elephant de Gus Van Sant, Palme d’or, American Splendor (Un certain regard), en 2016, Cafe Society
de Woody Allen, ouverture du Festival (Hors compétition), Paterson de Jim Jarmusch (Compétition)The Handmaiden de Park Chan-wook (Compétition), The Neon Demon de Nicolas Winding Refn (Compétition), Gimme danger (Séance spéciale), en 2017, Wonderstruck de Todd Haynes (Amazon), en 2018, Fahrenheit 451 de Ramin Bahrani (Hors compétition, HBO).

 

Ma mission est de choisir les meilleurs films, pas de résoudre les problèmes du marché du cinéma. Netflix donne les moyens de créer à de grands cinéastes. Plutôt que de faire de la résistance face à un mouvement irrémédiable, il faut se dire que, demain, les films seront vus simultanément en salle et sur petit écran. La France résiste pour protéger son modèle, par ailleurs magnifique, mais qui ne pourra tenir longtemps. Car si Netflix est le seul méchant, demain, il y en aura d’autres.

 

Pour le moment, les autres méchants jouent le jeu. Et se lancent en concurrence sur le marché, en pleine croissance, de la VàD par abonnement, notamment AT&T qui, à la suite d’acquisitions, pourra s’appuyer sur HBO, les séries Warner... (1).

 

 Sous le signe de la fatalité, Paolo Barbera tord un peu la question car ces films seront peut-être vus, demain, simultanément en salle et sur petit écran mais, pour le moment, Netflix refuse cette simultanéité. Et de façon paradoxale, lourd soutien des membres du jury, le Lion d’or 2018 a été attribué à Roma, réalisé pour grand écran qui sera vu surtout sur le petit !

Si, demain, les salles disparaissent, les films sur petit écran seront toujours du cinéma mais un cinéma différent.

 

Paolo Barbera rend hommage à la résistance pour suivre une politique opposée. Si le modèle français est magnifique, c’est parce qu’il permet une sortie dans les salles d’abord, puis sur petit écran. Mais aussi, parce qu’il permet d’avoir une importante production nationale par l’engagement obligatoire des chaînes de télévision et un réseau de salles modernes important.
Il n’est pas certain que le modèle français résiste éternellement. Il aurait plus de chances s’il était suivi et soutenu.

 

 

Le cinéma est aussi un commerce !

Le Festival de Toronto fait le même choix que Venise. Et Toronto occupe une place plus importante que Venise sur le marché du film. Mais tous deux se placent en concurrence avec Cannes dans la perspective du marché et de l’attribution des Oscars.

 

Netflix refuse de jouer le jeu, comme le font Amazon ou HBO… Sa puissance financière (2) lui permet acheter les grands noms du cinéma. Elle est comparable à celle de ces géants étasuniens qui connaissent une croissance rapide et avancent vers une situation de monopole, dans leur domaine respectif. Ce qui va poser des problèmes à la création cinématographique d’abord, peu de cinéastes de qualité résisteront à sa séduction que ce soit pour des films ou des séries, mais surtout lors de la diffusion.
Combien de salles périront de cette modification de la distribution ?(3)

 

En Italie, la sortie des films sur les écrans, à la télévision ou en VàD n’est pas réglementée. Les organisations professionnelles des exploitants de salles, l’ANEC et l’ANEM (pour les Multiplex), ont protesté et auraient bien aimé que Venise les défende ou mieux les associe à des décisions qui risquent de mettre leur existence en danger.La présence ou non au conseil d’administration des festivals des exploitants de salle a pu jouer dans les décisions différentes de Cannes et de Venise.

 

Aux États-Unis,il n’existe pas non plus de réglementation mais un accord tacite entre les producteurs et les chaînes de salles de cinéma américaines. Et Amazon accepte de sortir des films d’abord en salle puis sur son service vidéo (4).



Alberto Barbera n’ignore pas ces faits. Dans la concurrence entre Cannes et Venise, il joue une maison de distribution en pleine croissance contre les autres. Au détriment des réseaux de salles dans les pays où il en existe.


 

Le cinéma est aussi un commerce !

Jusqu’à maintenant, le système français fonctionne relativement bien, pour la fréquentation des salles. En 2016, un Français est allé au cinéma 3,34 fois en moyenne contre 2,6 pour un Allemand et 1,5 pour un Britannique. Et pour le nombre de salles ( 2.045) ou d’écrans (5.843 (5).
Mais la fréquentation n’est pas la même partout : les Parisiens voient 11 films par an contre 0,93 dans les villes de moins de 20 000 habitants hors Île-de-France (6). La VàD risque d’accentuer cette différence de fréquentation. Et de tuer des salles.

 

Le conflit avec Netflix a éclaté à l’occasion du Festival de Cannes en 2017. Alors que deux films de Netflix étaient présentés, le délégué général du Festival Thierry Frémaux avait annoncé que seuls seraient admis dans la sélection officielle les films qui sortiraient en salle en France. Ce que Netflix a refusé. En conséquence, il n’y avait pas de films produit par Netflix à l’édition de 2018.
Mais le dialogue continue.
Thierry Frémaux est persuadé que chaque camp a besoin de l’autre. Et que Netflix, un jour, ira en salle pour légitimer ses films. Au dernier Festival des Lumière de Lyon (13-21 octobre 2018) dont il est aussi directeur, Thierry Frémaux a invité Alfonso Cuaron et Roma ! (7).

 

Signe de faiblesse, d’ouverture, promesse de compromis ?

 

 

Le cinéma est aussi un commerce !

1 - Le Monde 12/10/18

2 - Une puissance financière qui repose sur un nombre important d’abonnés en pleine croissance : fondé en 1997, Netflix compte, en octobre 2018, 137 millions d’abonnés dans 190 pays dont plus de 50 millions aux États-Unis et 3,5 en France.
La société, qui s’était implanté en France en 2014, a transféré son siège aux Pays-Bas
dans l'optique de bénéficier d'une fiscalité plus avantageuse (Wikipedia).

Abonnés et... opérations financières : c’est également par la dette et les obligations pourries que Netflix, dont la valeur boursière vient de dépasser la Walt Disney Company, a réuni 8 milliards de dollars en vue de financer ses films et séries (Die Zeit du 06/09/18, cité par Courrier international, 20-26/09/18).

3 – La même question se pose pour la librairie. Récemment, le roman autoédité Bande de Français du franco-israélien Marco Koskas, présent dans la première sélection du prix Renaudot a été retiré de la deuxième liste à la demande du Syndicat de la librairie française (SLF) pour n’être disponible que sur Internet. Culturebox (avec AFP), 04/10/18.

4 - https://www.franceinfo.fr/cinema/a-la-mostra-de-venise-netflix-prend-sa-revenche-et-decroshe-le-lion-d-or

5 - LesEchos.fr 18/09/17 : https://www.lesechos.fr/18/09/2017/lesechos.fr/030579068039_les-salles-de-cinema-francaises-ont-fait-le-plein-en-2016.htm

6https://www.economie.gouv.fr/entreprises/cinema-chiffres-cles

7 - Le Monde 15/09/18

Le cinéma est aussi un commerce !

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30 octobre 2017 1 30 /10 /octobre /2017 23:50
Parlez-vous Macron ?

Macron parle riche en plusieurs langues.

Pendant sa campagne électorale, Emmanuel Macron va à Berlin, l’usage voudrait que je parle en Français (1) dit-il : il choisit l'anglais pour s'adresser aux Français et aux Allemands qui ne comprennent, évidemment, ni le français, ni l'allemand mais, bien sûr, comprennent tous l'anglais. C'est normal, c'est moderne, il n'y a pas de culture française, ce n'est pas très gaullien : autres gens, autres mœurs.
Mais s'adressait-il seulement aux Français et aux Allemands ? A quels Français, à quels Allemands ?

Soyons clair. Lors de ses voyages à Londres préparatoires à sa campagne, il a surtout parlé libéral, teinté de demande de soutien financier.
Le lieu, les sujets, les interlocuteurs se prêtaient bien à l'utilisation de l'anglais.

Dans nombre de discours officiels ou d’entretiens, le président Macron dont personne, notamment parmi ses amis de classe, ne nie les connaissances, tient cependant à les montrer. Il utilise alors des locutions latines ou des mots désuets. Les auditeurs ou les lecteurs consultent le dictionnaire ou leurs journaux ou les ignorent tout simplement.
Mais ces mots rejoignent une certaine tradition présidentielle où la chien-lit, le quarteron, le machin ou abracadabrantesque et même le cabri les ont précédés. Autant de clins d’œil (2)
Ils posent le personnage.

Emmanuel Macron parle aussi la langue de l'entreprise privée : déjà présente dans les entreprises publiques, elle fait son entrée au gouvernement et dans son organisation politique, truffée des anglicismes de circonstance : benchmark, bottom up, bullish, disrupt, draft, processé (!), staffer (!), start-up politique, start-up nation, top down... Langue mais aussi pensée et valeurs. La politique n'est plus démocratique, même dans ses intentions, le peuple élisant ses représentants, mais technocratique : le chef choisit des experts (3) pour ses équipes, l'Assemblée nationale ou pour son organisation et même des référents départementaux.
Certains parlent de présidence jupitérienne, d’autres de président-PDG (,4).

Parlez-vous Macron ?

La langue qui ne ment pas, celle des actes. Les premières mesures permettent de comprendre rapidement qui est premier de cordée et premier de corvée : adoption par ordonnances des lois sur le travail, suppression de l’ISF, prélèvement forfaitaire unique de 30% (PFU ou flat tax), suppression des aides personnalisées au logement (APL), diminution des emplois aidés, augmentation immédiate de la CSG, compensée plus tard.....


 

Parlez-vous Macron ?

Les intéressés comprennent parfaitement cette langue.

En même temps, Emmanuel Macron et son entourage n’hésitent pas à affirmer que le président parle vrai (cash dans la langue technico-financière), parle peuple. Mais certaines paroles font grincer les dents, y compris celles de l’entourage qui fait ensuite dans l'explication de texte ou du contexte...
Ces paroles ne constituent pas des écarts, des dérapages mais s'adressent à des populations ciblées : est-ce qu'il n'y a pas de nombreux Français qui pensent cela ? (5)
Peu importe la forme. Mais ce qu’il a dit a été entendu par les destinataires. Comme dans ces procès aux États-Unis où un avocat tient un propos inacceptable, objection votre honneur, rejeté par le juge mais les jurés ont bien compris l’insinuation.

 

Parlez-vous Macron ?

Ainsi, il peut parler cash de certains qui, au lieu de foutre le bordel, feraient mieux d'aller regarder s'ils ne peuvent pas avoir des postes là-bas, parce qu'il y en a qui ont les qualifications pour le faire et ce n'est pas loin de chez eux ; il affirme ne rien vouloir céder aux fainéants, aux cyniques et aux extrêmes (6), ni aux pressions, quelles qu’elles soient, en particulier lorsqu’elles n’ont pas la légitimité démocratique (7), le Medef ? les syndicats ?

Parlez-vous Macron ?

Emmanuel Macron ne manque pas de rendre hommage aux premiers de cordée, aux jeunes, futurs premiers de cordée, qui ont envie de devenir milliardaire, parce que l'économie du Net est une économie de superstars, (8), à l’entrepreneur ont la vie est bien souvent plus dure que celle d'un salarié. Il ne faut jamais l'oublier. Il peut tout perdre, lui, et il a moins de garanties (a expliqué le ministre (9).

Maintenant, le président demande aux Guyanais de ne pas le confondre avec le père Noël, il est déjà passé pour certains avec les réductions d’impôts !
Cependant, il affirme clairement : Je n’aime pas le cynisme, parfois, de celles et ceux qui réussissent, et qui se replient dans un égoïsme où le seul but de la vie serait de cumuler de l’argent. Ils doivent donc aussi s’engager dans la société, en créant de l’emploi, de l’activité. Mais les suppressions d’impôts ne sont conditionnées par aucune contrainte, aucune obligation d’investissement dans l’économie réelle. Et il n’aime pas la jalousie qui consiste à dire, ceux qui réussissent, on va les taxer, les massacrer, parce qu’on ne les aime pas (10).
Emmanuel Macron est généreux et protecteur pour les minorités !

Mais que ça plaise ou non, les propos d’Emmanuel Macron et de ses amis suintent le mépris.

Ici, c’est probablement l’inconscient qui parle : Je ne veux pas que le moindre des Français puisse penser que... Le moindre des Français. Non, je ne veux pas qu'un seul Français puisse penser que... Mais non. Le moindre des Français. Il y a des Français majuscules, et des Français moindres, tout au bout de la cordée, comme l’explique Daniel Schneidermann (11)

Du même mauvais goût : Une gare, c'est un lieu où on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien (12), non des Français qui n’ont rien, qui n’ont pas une montre de luxe à 50 ans (13), les sans-dent comme aurait dit son prédécesseur. Ils n’ont rien donc ils ne sont rien !

Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, ne dit pas autre chose : Je crois qu'on peut être cultivé et parler comme les Français (14) qui eux, bien sûr, ne sont pas cultivés..

Il est certain qu’Emmanuel Macron aime et estime l’ensemble de (ses) concitoyens. Pas tous de la même façon. Pas certains chômeurs. Il faut qu’on s’assure qu’il cherche, et que ce n’est pas un multirécidiviste du refus. Multirécidiviste, terme employé, habituellement, pour les délinquants. Non à ceux qui fraudent l’impôt, placent leur argent dans les paradis fiscaux…
Il ne doit pas aimer beaucoup, ces ploucs de Bretons, propos géo-culturel pour Jean-Yves Le Drian qui voit même là un compliment en fait !
Ni celui qui avec le kwassa-kwassa, à ­Mayotte, pêche peu mais amène du (sic) Comorien.
Ni les employées de cet abattoir de Gad dont, maladresse d’un ministre débutant, il a parlé : cet abattoir. Il y a dans cette société une majorité de femmes. Il y en a qui sont, pour beaucoup, illettrées (14)

Le ministre, le candidat, le président Macron parle différentes langues qui disent la même chose mais à des publics différents. Certains sont du bon côté, il y a peu à leur dire. Les mesures suffisent.
Pour les autres. Il faut les convaincre. Leur faire comprendre qu’on n’a pas besoin de leur avis. Que les experts sont au travail. Modernes. Efficaces. Qu’il ne faut pas être solidaires des fainéants de ceux qui sèment le bordel, de ceux qui refusent les réformes, une petite musique qui pourrait être appelée, poujadisme ou populisme du centre !

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5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 15:52
Cinque Terre, 176 marches

English

Ils sont tous deux, étendus, nus, au retour d'une belle promenade, dans la montagne, le long d'un des sentiers des Cinque terre, entre les bleus du ciel et de la mer. Fatigués par la balade et par les 176 marches à gravir pour atteindre la chambre. Mais simplement heureux. Rafraîchis par la douche et la caresse de l'air qui circule entre les fenêtres, largement ouvertes.

 

Les fenêtres sont bien disposées. Le soleil n’entre pas. Par celle qui est en face d'eux, la vue s'étend, au dessus des toits et des jardins, jusqu'à la mer d'où remonte l'air frais. Par la fenêtre de gauche, les arbres peignent de verts multiples la colline. Au milieu de ces verts qui descendent en cascade vers le village et la mer, à mi-pente, un énorme buisson de lauriers roses se hausse du col pour se faire remarquer de loin.

 

La main brune passe lentement sur la peau que le soleil a, à peine, teinté. Un frisson naît entre les deux, se propage, lentement, de la main ? De la peau ? La main progresse, effleurant le corps qui semble imperceptiblement se glisser, s'offrir, favoriser le déplacement des doigts. Trois pulpes qui cherchent à capter la douceur du grain, à répondre à l'attente, à effacer et renouveler la tension en progressant.

 

Les corps se tendent. Se rapprochent. S'effleurent. Les yeux se ferment pour garder la luminosité et la fraîcheur de l'air. Pour permettre la concentration sur les ondes qui courent dans tous les sens, qui affolent.

 

La main brune glisse, rencontre de fines broussailles, les éveille, leur donne un souffle, les fait presque murmurer comme le vent fait chanter les feuilles de l'arbre, s'agiter les branches, vibrer le tronc jusqu'aux racines. Aspirant la vie de la terre. Nourrissant sa puissance de son désir.

 

A ce calme silencieux s'ajoute maintenant la voix grave d'un homme, tranquille, incompréhensible mais porteuse de sérénité. Qui parle, sous la fenêtre, seul ou au téléphone ou à un interlocuteur silencieux.


Ils sont tous deux, à travers ces fenêtres ouvertes, seuls, en pleine nature, calme, baignée de soleil, de couleurs, de courbes.... bercés par cette voix qui vient remplir la beauté apaisée de cette fin d'après-midi et l'humaniser.

 

Cinque Terre, 176 marches

Le sifflement du train chante l’accord de la nature et des amants. Suivi d'un terrible braillement de ferraille.


Pourquoi ce bruit dissonant avec l'instant, avec le paysage, réveille-t-il une phrase lue récemment... " le projectile tape dans la tranchée ; on dirait le coup de griffe d'un tigre rugissant ".

 

Le train est déjà loin mais le trouble persiste, s'incruste. Le bleu profond de la mer qui, tout à l'heure, n'était que source de sérénité et d'harmonie, semble afficher le calme hypocrite d'un linceul pour ceux qui fuient la misère et qui sont, partout, rejetés.

 

Comment l’harmonieuse puissance de la nature peut-elle couvrir de son indifférence les tueurs qui se cachent, les malheureux qui fuient la misère, les amants qui s'enferment dans sa bulle de silence et de douceur…
Comment peut-elle être la sérénité absolue d'un après-midi d'été et la sépulture en colère de milliers de marins pêcheurs ?
Comment la même mer, aussi bleue, aussi calme, peut-elle être, ici, l'image du plaisir des femmes, des hommes, des enfants, du bonheur des amants et un peu plus loin le drap mortuaire de milliers de personnes dans la complicité des hommes et des éléments.

Cinque Terre, 176 marches

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5 janvier 2017 4 05 /01 /janvier /2017 21:20

 

Denis Sieffert, dans son éditorial à propos du bilan tiré par François Hollande, écrit : « Tout était positif dans le bilan qu’il a égrené, hormis la déchéance de la nationalité ». En réalité, la phrase exacte de François Hollande est : « Sur tous ces sujets, je n’ai qu’un seul regret, et je veux ici l’exprimer : c’est d’avoir proposé la déchéance de la nationalité parce que je pensais qu’elle pouvait nous unir alors qu’elle nous a divisés. » Ce qu’il regrette, ce n’est donc pas sa position sur la « déchéance de la nationalité » mais le fait qu’il pensait « qu’elle pouvait nous unir alors qu’elle nous a divisés ». Si elle n’avait pas divisé, si le PS avait voté la déchéance comme un seul homme, il en aurait été heureux ! Personnellement, je ne voterai ni au premier, ni au second tour pour un candidat qui a soutenu cette initiative. Constitutionnaliser une infamie pour des raisons politiciennes ! Hollande regrette la division, non l’infamie de la proposition. Paru dans Politis, Courrier des lecteurs 05/01/17

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