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5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 15:52
Cinque Terre, 176 marches

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Ils sont tous deux, étendus, nus, au retour d'une belle promenade, dans la montagne, le long d'un des sentiers des Cinque terre, entre les bleus du ciel et de la mer. Fatigués par la balade et par les 176 marches à gravir pour atteindre la chambre. Mais simplement heureux. Rafraîchis par la douche et la caresse de l'air qui circule entre les fenêtres, largement ouvertes.

 

Les fenêtres sont bien disposées. Le soleil n’entre pas. Par celle qui est en face d'eux, la vue s'étend, au dessus des toits et des jardins, jusqu'à la mer d'où remonte l'air frais. Par la fenêtre de gauche, les arbres peignent de verts multiples la colline. Au milieu de ces verts qui descendent en cascade vers le village et la mer, à mi-pente, un énorme buisson de lauriers roses se hausse du col pour se faire remarquer de loin.

 

La main brune passe lentement sur la peau que le soleil a, à peine, teinté. Un frisson naît entre les deux, se propage, lentement, de la main ? De la peau ? La main progresse, effleurant le corps qui semble imperceptiblement se glisser, s'offrir, favoriser le déplacement des doigts. Trois pulpes qui cherchent à capter la douceur du grain, à répondre à l'attente, à effacer et renouveler la tension en progressant.

 

Les corps se tendent. Se rapprochent. S'effleurent. Les yeux se ferment pour garder la luminosité et la fraîcheur de l'air. Pour permettre la concentration sur les ondes qui courent dans tous les sens, qui affolent.

 

La main brune glisse, rencontre de fines broussailles, les éveille, leur donne un souffle, les fait presque murmurer comme le vent fait chanter les feuilles de l'arbre, s'agiter les branches, vibrer le tronc jusqu'aux racines. Aspirant la vie de la terre. Nourrissant sa puissance de son désir.

 

A ce calme silencieux s'ajoute maintenant la voix grave d'un homme, tranquille, incompréhensible mais porteuse de sérénité. Qui parle, sous la fenêtre, seul ou au téléphone ou à un interlocuteur silencieux.


Ils sont tous deux, à travers ces fenêtres ouvertes, seuls, en pleine nature, calme, baignée de soleil, de couleurs, de courbes.... bercés par cette voix qui vient remplir la beauté apaisée de cette fin d'après-midi et l'humaniser.

 

Cinque Terre, 176 marches

Le sifflement du train chante l’accord de la nature et des amants. Suivi d'un terrible braillement de ferraille.


Pourquoi ce bruit dissonant avec l'instant, avec le paysage, réveille-t-il une phrase lue récemment... " le projectile tape dans la tranchée ; on dirait le coup de griffe d'un tigre rugissant ".

 

Le train est déjà loin mais le trouble persiste, s'incruste. Le bleu profond de la mer qui, tout à l'heure, n'était que source de sérénité et d'harmonie, semble afficher le calme hypocrite d'un linceul pour ceux qui fuient la misère et qui sont, partout, rejetés.

 

Comment l’harmonieuse puissance de la nature peut-elle couvrir de son indifférence les tueurs qui se cachent, les malheureux qui fuient la misère, les amants qui s'enferment dans sa bulle de silence et de douceur…
Comment peut-elle être la sérénité absolue d'un après-midi d'été et la sépulture en colère de milliers de marins pêcheurs ?
Comment la même mer, aussi bleue, aussi calme, peut-elle être, ici, l'image du plaisir des femmes, des hommes, des enfants, du bonheur des amants et un peu plus loin le drap mortuaire de milliers de personnes dans la complicité des hommes et des éléments.

Cinque Terre, 176 marches
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5 janvier 2017 4 05 /01 /janvier /2017 21:20

 

Denis Sieffert, dans son éditorial à propos du bilan tiré par François Hollande, écrit : « Tout était positif dans le bilan qu’il a égrené, hormis la déchéance de la nationalité ». En réalité, la phrase exacte de François Hollande est : « Sur tous ces sujets, je n’ai qu’un seul regret, et je veux ici l’exprimer : c’est d’avoir proposé la déchéance de la nationalité parce que je pensais qu’elle pouvait nous unir alors qu’elle nous a divisés. » Ce qu’il regrette, ce n’est donc pas sa position sur la « déchéance de la nationalité » mais le fait qu’il pensait « qu’elle pouvait nous unir alors qu’elle nous a divisés ». Si elle n’avait pas divisé, si le PS avait voté la déchéance comme un seul homme, il en aurait été heureux ! Personnellement, je ne voterai ni au premier, ni au second tour pour un candidat qui a soutenu cette initiative. Constitutionnaliser une infamie pour des raisons politiciennes ! Hollande regrette la division, non l’infamie de la proposition. Paru dans Politis, Courrier des lecteurs 05/01/17

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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 11:23
Dans mes petits souliers…

Dans mes petits souliers…

Ce matin, le temps était d’un gris à faire pleurer Cécile, pourtant mes chaussures frétillaient d’impatience. Une odeur de cirage noir était dans l’air. Elles en étaient sevrées depuis si longtemps. Et elles étaient si lourdes de la terre amollie par les racines car il n’avait pas plus depuis longtemps. Comme une collerette jaune.

Mes chaussures ne tenaient plus en place, prêtes à s'échapper. Comme Daniel parlait à son scooter de gauche pour le calmer devant sa participation à la primaire de droite, j’allais être obligé de leur dire quelques mots doux sous peine de les voir esquisser quelques écarts de danse et me mettre en difficulté pour les suivre. Vous rendez-vous compte, une odeur de cirage. Cela ne leur était pas arrivé depuis des mois !
Si le temps était gris, si le cuir était terne et humide après être passé sous un jet d’eau pour enlever la boue, si le cirage était noir, il ne fait pas de doute que quelques coups de brosse allaient leur redonner du brillant. Non, elles n’auraient pas le vernis tape-à-l’œil, dur, des chaussures ferrées du danseur de claquettes mais l’éclat odorant du cuir bien ciré.
Malgré ce temps maussade, derrière ces gros nuages noirs, le ciel, c’est certain, était bleu. Mes chaussures étaient prêtes à la fête, à une promenade qui serait ensoleillée.

Je me sentais parfaitement à l’aise dans ces souliers qui brillaient inhabituellement comme un euro neuf mais, déjà rodés, parfaitement adaptés à mes pieds pour monter la rue de Ménilmontant, descendre dans le métro, parcourir des kilomètres à travers Paris. Fiers de leur nouvelle apparence, ils saluaient, d’un crissement étonnant étant donné leur âge, l’étrange diversité des chaussures rencontrées dans une ville où tout s’uniformise, rythmé par la mode…

J’entendais presque leurs murmures, leurs commentaires sur les collègues qu’ils croisaient. Peu à peu je me mis à suivre leur regard vers les chaussures de sport, les plus fréquentes en ville, de toute les couleurs, pimpantes, pas seulement chez les dames ou longuement vieillies, avec des bandes auto-agrippantes ou des lacets défaits, signe de jeunesse... les mocassins, souples, légers, les décolletés nus devant ou les découpé nus derrière… les bottines enveloppantes ou les rares bottes.

Dans mes petits souliers…

Soudain un pas décidé frappe le pavé et annonce des talons aiguilles qui, par un réflexe bunuelien, me font imaginer de longues jambes de faon, inattendues, étrangères sur le boulevard de Belleville. Incapable de ralentir pour laisser passer ce qui n’est peut-être qu’un mirage acoustique, je me retourne rapidement pour remonter vers ce qui ne peut être qu’une beauté exotique…

Dans mes petits souliers…

Et je me réveille à l’hôpital. La belle avait un regard profond, probablement un peu moins que le trou du boulevard que je n’ai pas vu. Je ne sais où sont passés mes petits souliers noirs, peut-être ont-ils continué leur aimable conversation avec les stilettos… Quant à mon pied gauche, il est dans le plâtre.

Il est certain que je ne cirerai pas mes chaussures pendant quelques mois, je m’arrangerai pour qu’elles soient moins brillantes et moins joyeuses. Et, désormais, je regarderai soigneusement où je mettrai les pieds même si des anges passent.

Dans mes petits souliers…
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6 mai 2016 5 06 /05 /mai /2016 19:41

Éros et Thanatos

Quand ils entrèrent, venant du soleil éclatant sur la blancheur des murs, ils furent aveuglés par l'obscurité de la chambre. Il posa la valise. Perçut une faible lueur qui venait de la salle de bain. Se déshabilla pendant que la baignoire se remplissait et pénétra dans l'eau pour chasser la sueur et se détendre.
Elle fit de même. Pas un mot n'avait été échangé. Elle se lova entre ses jambes. Il l'entoura avec ses bras, doucement. Effleura ses seins. La caressa. Prit du savon liquide dans ses mains. La fine pellicule de savon exacerbait la douceur de la peau. Les doigts glissaient sur ses épaules, descendaient le long des bras, sautaient sur le dos, longeaient les flancs...

Au bout de quelques instants, toujours en silence, elle se leva. Glissa ses hanches entre les mains qui descendirent le long des cuisses. Elle leva un pied. Les mains de l'homme massèrent le pied, entourèrent la cheville, glissèrent sur la jambe, remontèrent le long de la cuisse tandis qu'elle se balançait pour offrir l'autre jambe dont il s'empara.

Quand elle reposa son pied, une main s'infiltra entre ses cuisses. Il sentit sous la pulpe des doigts le doux relief de la lèvre qu'il longea docilement, s'égara un instant, revint lentement en arrière, fit un nouvel essai plus accentué. Franchit lentement la berge, concentré sur la sensation tactile qui parcourait son doigt et transmettait une fine émotion qui lui fit fermer les yeux. Il entendit une ébauche de cri, peut-être imaginaire, qui l'immobilisa. Suivi d'un mouvement à peine perceptible de la femme qui avait bloqué son souffle… avant de déclencher la douche qui chassa la pellicule savonneuse et arracha l'homme à son rêve.

Elle se détacha de lui, s'enveloppa dans une serviette pour se sécher. Enfila une robe légère dont il entendit le glissement discret sur ce corps où ses mains avaient couru. Elle se regarda dans la glace. Passa sa main dans les cheveux et disparut.

Il ne bougea pas. Entendit la porte se refermer.

Elle était de nouveau dans la lumière éblouissante du soleil reflétée par les murs des maisons peints à la chaux. De la même couleur que sa robe serrée à la taille par une épaisse ceinture noire. Elle se faufilait dans la lumière, indifférente aux fourmis noires qui se déplaçaient en groupes, butinant de boutique en boutique… Un moment arrêtée par un groupe de fourmis blanches, d'origine asiatique, regroupées autour d'une jeune mariée qu'ils mitraillaient avec une boite noire.. Un sourire lui permit de continuer son chemin. A l'aventure.
Le chemin montait maintenant, surplombait la noire falaise qui plongeait dans le bleu profond de la mer. Elle s'arrêta un instant pour jouir du jeu des couleurs élémentaires qui l’enserraient comme dans un écrin. Le village tout blanc, éclatant sous le soleil de mai, le mur blanc bornant le sentier tracé sur la falaise. Au delà du bras de mer, une île noire surmontée au sommet d'un village tout aussi blanc, où plusieurs coupoles bleues brillaient et semblaient vouloir dialoguer avec le bleu de la mer et du ciel. Intercéder peut être. Elle se retourna. Derrière elle, une autre église blanche la dominait de son clocher, avec sa coupole brillante, au soleil, bleue.

Elle avança dans la rue qui jouait de l'ombre et de la lumière, de la blancheur, de petits coins d'ombre et de quelque encadrements bleus. Coté montagne, une belle maison à l'architecture moderne. A la porte, une statuette stylisée, rappelant celles trouvées dans les ruines d'Akrotiri, vieilles de trois mille ans. Sur le mur qui longeait le chemin, des dizaines de boites noircies par la fumée des feux de la Pâque orthodoxe… Résurrection, renouveau printanier, renaissance de ces îles plusieurs fois remaniées par le feu volcanique et les tremblements de terre, le dernier ne datant que de quelques dizaines d'années. Toujours sous la menace d'un nouveau réveil. Que rappellent quelques fumerolles et les eaux rouges et chaudes qui verdissent en se mêlant à la mer. Et quelques pierres noires posées ci et là sur les murs.

S'il reste peu de choses des divinités de l'antiquité, emportées par leur propre colère, les villages au blanc résiliant, bâtis sur la menaçante terre volcanique noire, se sont mis sous la protection des églises, multiples, dans chaque village, blanches et bleues, sous l’autorité de popes vêtus de noir.

Et partout des drapeaux, aux raies bleues, de la mer, du ciel, de la sagesse... Séparées par des bandes blanches de pureté, de vie… Et la croix protectrice.

Après avoir admiré les tableaux abstraits que dessinent les venelles, les cours intérieures, les terrasses, l'enchaînement des couleurs du couchant sur les maisons qui descendent en cascade, à l'heure où les premières lumières s'allument, après un dernier regard sur les hommes noirs haut perchés, vigiles guettant la survenue improbable de bateaux pirates mais quotidienne des bateaux de croisière, et la scène d'amour en pierre noire collée sur un mur de la grande place, elle revient, lentement, mélancolique avec la nuit qui tombe, vers la chambre.

Elle entre dans la chambre vide, silencieuse, obscure, seulement éclairée par quelques rais lumineux venant de la rue. Elle heurte la valise qui est au milieu de la chambre. Elle avance vers la salle de bain. L'homme est toujours dans la baignoire. Dans la semi-obscurité du soir. Le teint grisâtre. L’œil qui était bleu, éteint. Le corps rigide et froid.

Définitivement.

Illustration par quelques images

La passion suivant Santorin
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Avec quelques clichés de plus...

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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 14:57

Pendant les vacances d'été, les bords de mer sableux sont envahis par les baigneurs qui viennent profiter du farniente, de la mer et du soleil. Très souvent, les plagistes leur offrent tout ce qui peut favoriser le farniente et les éloigner du soleil et de la mer, pour en tirer quelque profit : chaises longues et parasols pour abriter du soleil, musique pour éloigner le bruit de la mer, nourriture et boissons fraîches ou chaudes... avec l'aide de marchands ambulants qui proposent, chapeaux, lunettes de soleil, verroteries, étoffes, inutiles et indispensables...

Sur ces plages occupées, des espaces sont autorisés en libre accès, gratuits, quelquefois éloignés, bien encadrés, bordés d'un coté par les parasols orange, de l'autre par les parasols mauves et surplombés, derrière, par les indispensables distributeurs de frites et de glaces... Dans ces espaces libres, peuvent se regrouper, souvent s'entasser ceux qui ne veulent que le contact du sable, du soleil et du sel de la mer...

A la plage, le baigneur est un spectateur-acteur, face au double écran bleu infini, de la mer et du ciel, intégré à la distribution, directement incorporé à l'étendue de sable. Spectateur-acteur, regardant-regardé.

Tout a commencé sur cette petite plage publique, libre mais encastrée. Ils sont arrivés, tous les deux, à la chaleur naissante de la matinée, alors que le soleil était déjà haut mais la plage presque vide et encore fraîche de la nuit.

Le sable n'était pas brûlant comme il peut l'être. Il se souvenait de la tempête de la veille et sentait le petit vent qui venait de la mer. Le couple s'est installé, non loin d'un radeau de sauvetage qui semblait abandonné et d'un demi parasol délavé, oublié.
Après avoir étalé une grande serviette de bain, rouge, délimitant l'espace réservé, l'homme, d'une âge certain, s'éloigne vers la mer. Tâte l'eau du gros orteil gauche. Et s'enfonce lentement pour prendre un bain. Puis la femme.
Ils échangent des mots banals, sur la température de l'eau qui fait toujours hésiter, au premier contact, et qui devient accueillante au bout de quelques minutes. Qui glisse, veloutée, comme une deuxième peau. Qui devient tiède à la sortie du bain, à l'approche du bord.

La mer est calme, la pente lente du sol sableux permet une adaptation progressive à la température de l'eau. L'homme pense, qu'avec l'âge, il a renoncé à courir pour s'éclabousser et plonger une tête. Pourtant, il sait que la pénétration rapide, sautillante par dessus les vagues, permet une adaptation tout aussi rapide et plus joyeuse.

Maintenant, tous deux, revenus du bain, se sèchent au soleil, rafraîchissant. L'homme à demi allongé, la tête sur les genoux de sa compagne. Les yeux mi-clos. Sans un mot. Sans une pensée. Abandonnés au soleil et au petit air marin.

Quand ils ouvrent à nouveau les yeux, ils prennent conscience de l'existence de baigneurs sur la plage, qui n'étaient pas là, qu'ils n'ont ni vus, ni entendus arriver, s'installer avec leur équipement de survie. Plus ou moins semblable à celui des installations commerciales mais hétéroclite.

Une jeune blonde semble tout absorbée par le livre qu'elle a sous les yeux. Mais ce qui frappe, c'est la beauté de sa silhouette émergeant du sable, qui fixe les regards sur deux magnifiques rondeurs, déjà uniformément brunes, étincelantes d'huile qui semblent dialoguer directement avec le soleil. Son maillot, très discrètement dissimulé, probablement pour ne pas être décoloré par l'effet de l'eau de mer, des rayons du soleil et des regards, permet d'en saisir leur plénitude épanouie.
Bijou inattendu, incongru sur cette plage, image à faire rougir, verdir, pâlir successivement ou tout à la fois, de honte, de jalousie, de colère peut-être même d'envie une star sortant de l'eau dans les Caraïbes ! Ou étendue sur une terrasse de la Côte amalfitaine !

Plus en arrière, une petite famille vient d'arriver. Leur blancheur en témoigne, c'est leur premier jour sur la plage. Ils ne doivent pas y venir souvent. Ils ont cependant l'équipement conforme qu'ils manipulent de façon peu habile. Ils tentent, difficilement, d'installer un parasol. Qui menace de s'envoler ou, au moins, de se renverser au moindre souffle de vent. L'un creuse pour le fixer solidement. L'autre le leste d'un sac. Le troisième le retient. Mais le parasol ploie sous le poids du sac. Et tout est à refaire. Avant le coucher du soleil, chacun jouant son rôle, ils pourront probablement louer l'ombre de leur parasol à un baigneur dépourvu...

De l'autre coté, un groupe d'une vingtaine de personnes, encore plus important par son poids, trois générations d'habitués, tous bien brunis, les plus vieux barbus ou moustachus, hommes et femme plus que corpulents, s'est étalé avec parasols, fauteuils, cantine, musique et voix envahissantes qui permettent à ceux qui le veulent, de participer aux conversations et obligent les autres à les subir avant que la nourriture déballée ne les interrompe, pour un moment. Seuls continuent les cris des enfants qui vont transformer le radeau de sauvetage en char d'assaut, château-fort ou plongeoir sur le sable...

Mais, tout à coup, un groupe apparaît à tous. Qui s'est installé discrètement. Profitant de la distraction des uns et des autres. Le mâle dominant, au visage poupin, mangé par une chevelure et une barbe, hirsutes, blanches, lui donnant un âge de trente à quarante ans. Malgré l'abondante pilosité désordonnée, sa tête paraît ridiculement petite sur un corps énorme : une poitrine pendante recouvre un abdomen qui, lui-même, recouvre ses cuisses, cachant un maillot noir, seulement visible « à l'arrière ». A lui-seul pesant probablement deux fois plus que les deux femmes et les deux enfants qui l'accompagnent.

Peut-être est-il le frère ou l'époux invraisemblable de l'une des deux jeunes femmes. Tant elles sont frêles à coté de lui. Et le père des deux enfants, de 5 et 7 ans, qui jouent avec le sable mouillé à faire un château, qui courent à l'eau, reviennent aussitôt...

Mais sont-ils des enfants ? Par l'âge apparent, ils ne sont pas des jumeaux même s'ils se ressemblent beaucoup. Ils semblent avoir été fabriqués et équipés, en série, par les mêmes machines : lunettes de vue, aux verres épais, casquette rivée sur la tête, visière sur la nuque... et vêtus de ce qui peut-être interprété comme un gilet de sauvetage, alors qu'ils ne vont jamais à l'eau, mais qui évoque plus un gilet pare balles, carré, épais devant, épais derrière, des épaules aux genoux, d'où sortent deux petites jambes blanches qui s'agitent mécaniquement comme les pédales d'une bicyclette...

Quand il revient, le monstrueux baigneur, apparemment balourd, s'empare, avec une force et une agilité insoupçonnées des deux enfants et se met à jongler avec eux, malgré leurs cris d’effroi, de douleur, malgré les deux jeunes femmes qui l'implorent d'arrêter, qui essaient de s'interposer... Les enfants passent d'une poigne à l'autre, sont jetés en l'air et repris par le jongleur fou. De plus en plus haut, de plus en plus vite, les lunettes volent et les casquettes...

Les baigneurs, interloqués, se sont dressés, des cris fusent, des sanglots éclatent mais nul n'a le courage d'intervenir face à cette force, agitée, habile.

Soudain, une explosion, venue on ne sait d'où ? De la mer ? De la plage ? Du ciel ? Déchiquette monstre, femmes, enfants dans un geyser de sang qui s'étale sur la plage.

La panique soulève la plage. Chacun part avec les siens. Court avec ses affaires. Crie, pleure. Se disperse.

En quelques minutes, la scène est vide. Sur la plage, quelques restes ensanglantés. Une large tache brune sur le sable. Le vieux morceau de parasol. Le radeau de sauvetage. Un fauteuil de plage renversé. Des bouteilles éparses. Un parasol ouvert qui résiste maintenant avec courage au vent qui se lève.

Et le ciel bleu sur une mer bleu plus sombre, étale. Indifférents.

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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 09:12

A Cannes, pendant le Festival, une bonne partie de la vie de la cité tourne autour du cinéma. Notamment, tout au long de la Croisette qui est occupée par des lieux de fête, cafés et restaurants, qui privatisent le rivage. Le cinéma semble tout envahir avec en plus des installations temporaires pour enregistrer une émission de télévision...

Reste un espace, plage publique, qui est ouvert à tous, de jour et de nuit, pour bain de soleil ou de mer, nuit à la belle étoile, si le temps et le courage le permettent.

La moitié de cet espace est réservé au Cinéma de la plage qui offre, tous les soirs, dés la nuit tombée, une chaise longue pour regarder un film classique, sur grand écran, gratuitement, à toute la population, « dans la limite des places disponibles ». Et même au delà car certains peuvent regarder le film depuis la portion de plage publique adjacente ou la promenade..

Au cinéma, en salle, un écran blanc limite l'espace, attire le regard, accueille le spectateur et, lumières éteintes, s'ouvre à lui, le détache de l'assistance et l'entraîne dans un jeu d'ombres dont il devient le héros, partageant, épousant ou, quelquefois, combattant ses sentiments, ses actions. Seul dans la salle obscure et, virtuellement, dans l'écran.

Au cinéma de la plage, l'écran blanc est plus grand, trop grand, à distance et, en même temps, un peu perdu dans l'espace des étoiles. Le spectateur en est encore éloigné par les lumières des bateaux et de la ville qui viennent le distancier du héros. Par le son aussi qui perd toute intimité. Et quelquefois par la fraîcheur du soir malgré la couverture distribuée à l'entrée.

Paradoxalement, le grand écran de la plage est plus proche du petit écran de télévision dont l'environnement et la publicité maintiennent le spectateur à distance.

Le film vu au cinéma de la plage n'est pas le même que le film vu en salle ou à la télévision. Il doit résister à une luminosité diffuse, à une rumeur sonore qui descend quelquefois de la ville vers la mer, à l'atmosphère de fête nocturne et au sentiment de nature dans une nuit ambiguë.

Pour résister, le film doit être fort. Alors quand les lumières s'allument, il faut revenir sur terre. Sur le sable. Dans la ville.

Le cinéma de la plage
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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 23:27

 

Sourires de la ligne 2

 

Elle est assise, jeune, fragile, occupe quatre places avec ses affaires étalées... Qu'elle range, quand deux voyageurs veulent s’asseoir, avec un petit sourire d’excuse, timide. Et libère le dernier siège quand son ami arrive. Je ne le vois que de dos. Mais le sourire de la jeune fille a changé. Totalement. Son regard se concentre. Ses yeux chantent. Son sourire devient accueil, ouverture, offre, don, confiance... Le monde a disparu.

Ils échangent quelques mots. Elle ouvre son sac, en sort un en-cas, le partage en deux. Chacun croque dans sa part. Comme dans une vie partagée. Et ses yeux ne voient qu'un seul regard, ne sourient plus mais éclatent d'un rire silencieux et généreux. Qui abolit le temps inépuisable. Le métro semble immobile et silencieux. Le temps s'est arrêté.

Le sait-elle ?

Cet instant restera-t-il en elle comme un moment parfait ? Lumineux ? Hors monde ?
Ou n'est-il que l'instant imaginaire d'un voyeur sénile ?

 

***

 

Toutes les places sont occupées. Une femme âgée, aux traits marqués, les cheveux enveloppés par un foulard traditionnel, monte avec deux sacs. Au bout des bras. C'est mardi, jour de marché. Un homme d'un certain âge se lève sans rien dire et lui cède sa place. Elle ne semble pas comprendre. Elle hésite, refuse, finit pas s'asseoir, lasse.

Quand une autre place se libère. Elle se précipite. Pour rendre la place – usurpée, pense-t-elle ? - à la personne qui la lui avait cédée.

Quand, trois arrêts plus loin, le passager descend, elle remercie à plusieurs reprises, se confond en sourires. Elle a fait si souvent ce trajet debout, avec ses sacs...

 

***

 

Elle a la soixantaine, entre deux beautés, confortablement habillée. Le sac sur les genoux. Il est plus âgé, à mi-wagon, feuilletant distraitement un magazine. Leurs regards se croisent. Ils se sourient. Des passagers montent, descendent. De mon journal, je peux les voir tous le deux. A quelques mètres l'un de l'autre. Quand il lève les yeux du magazine dont il tourne une page. Leurs regards se croisent à nouveau, leurs sourires s'échangent. De connivence. A plusieurs reprises. Les pages du magazine sont vite parcourues. Peut-être pour revenir au regard. Au sourire. Ils sont trop loin pour pouvoir se parler. Le désirent-ils ?
Un téléphone sonne. Ils lèvent la tête. Un passager se met à parler, à voix forte, mais dans une langue étrangère. Comme moi, ils ne doivent rien comprendre, à cette voix énervée. Les sourires reprennent, avec une autre force, une autre signification entre personnes du même monde qui savent utiliser, discrètement, leur portable. A chaque nouvel éclat de voix au téléphone, la complicité se renforce.

A la station suivante, le « téléphone » s'en va. Toujours « téléphonant ». La dame aussi descend après un dernier sourire et disparaît dans l'anonymat, sur le quai. Sans un regard. Sans un sourire.

 

***

 

Trois jeunes montent, un peu bruyants, discutent de tout, de rien... Un monsieur, probablement d'origine maghrébine, s’assied à coté d'eux. La conversation des jeunes continue, toujours aussi animée, Indifférente à l'entourage.
Un des jeunes sort un paquet de chewing-gum en offre à ses copains et au « quatrième » passager tout surpris qui refuse, poliment, avec un sourire.

Deux stations plus loin, la conversation semble un peu s'apaiser. Le monsieur se lève, salue chaleureusement les jeunes et les remercie. Un sourire heureux sur le visage.

C'est probablement la première fois que des jeunes lui offrent un chewing-gum dans le métro.

 

***

 

Toutes les places assises sont occupées. Il y a même des personnes debout. Appuyé à la porte, un homme, la quarantaine, brun, aux cheveux noirs, la barbe naissante. Le regard vif. Fixe. Semble fixer, sans broncher, derrière moi un groupe qui parle une langue étrangère que je ne comprends pas.
Je n'ose pas me retourner pour voir ce groupe. Est-il avec eux ? Je ne sais. Je l'observe. Il ne me voit pas. Il est tout entier dans son regard. De temps en temps, un sourire s'ébauche sur son visage et anime son œil qui ne bouge pas, devient plus vif. Tranchant. Sur de lui. Dominateur. Ce regard, se sourire s'adressent-ils à quelqu'un ? Communique-t-il ? S'affirme-t-il sur quelqu'un ? Ou seulement sur lui-même ?
Quelques stations plus loin quand je descends, l'homme n'a pas changé de place. Ni de regard. Ni de sourire. Intérieur ? A quelqu'un ?

 

***

 

Belle femme, blanche, la cinquantaine, élégante, bien droite sur son siège, elle est souriante. Femme épanouie. Discrètement, je suis son regard. Au bout de son regard, un homme, noir, plus jeune, beau, fort, dont je ne peux voir le visage et les yeux.

Je ne sais pas s'il y a échange et depuis quand. Le beau noir se prépare à descendre, une discrète invite de la main. Le regard de la femme s'éclaire d'un sourire ravi. Qu'exprime-t-elle ? Seulement la satisfaction d'avoir été vue ? D'avoir retenu l'attention ? Du fugace désir partagé mais irréalisable ? Remerciement heureux pour l'instant donné. Mais enfin, pas ici, pas comme cela ? Dans d'autres circonstances peut-être ? Mais enfin, vous n'y croyez-pas ?

Y penseront-ils encore dans quelques minutes ? Rêveront-ils des hasards de la vie ? Des folies impossibles ? Des sourires qui se frôlent ? De mondes si proches, si lointains ? De tout ce qui sépare ?

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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 23:35

 

Moussa par ci, Moussa par là, Moussa partout !

 

Depuis quelque temps, je vois Moussa partout.

 

Dans cette vieille femme qui monte dans le bus, par le ventre, avec son sac lourd de légumes achetés au marché. Son visage couvert de rides. Son regard éteint de trop d'années, de trop d'enfants, de trop de souffrances.

 

Dans ce mendiant, émacié, le regard ailleurs, psalmodiant quelques paroles pour susciter un petit tintement dans son assiette. Ou cet autre adressant aux passagers du métro des excuses stéréotypées pour son intrusion dans leur voyage gris vers un ailleurs gris. Ou tous ces autres allongés dans les buissons, dans les cartons, dans la rue...

 

Dans tous ceux à la survie et la subjectivité millimétrées. La prochaine station, les prochains escaliers. La prochaine odeur de cuisine. La prochaine émission de télé. La prochaine froidure des draps.
Le prochain wagon. Le prochain tintement. La prochaine bouchée.
Toujours recommencés.

 

Dans cette jeune et belle fille qui se maquille dans le métro fière de sa jeunesse, de sa beauté, de sa durée impossible et de ses lendemains qui chantent, sans lendemain. Inconsciente de sa fragilité.

 

Dans tous ces jeunes ou moins jeunes qui, dans la rue, annoncent chaque année la lutte finale et crient ce que sera, demain, le genre humain...

 

Tous des Moussa qui vont, résignés ou exaltés, d'un pas lourd ou en courant, regard abattu ou brillant, vers d'illusoires terres promises. Clinquantes ou grises. Éternités éphémères.

 

Rapidement englouties dans un noir infini et sans étoile.

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12 juillet 2014 6 12 /07 /juillet /2014 14:01

 

  Page1.jpg

 

 

 

 

Les pieds de Cannes

 

 

Le Festival cinématographique de Cannes est, chaque année, un événement culturel, financier, touristique de première grandeur qui réunit des dizaines de milliers de personnes de toutes les strates de la société et, bien sûr proportionnellement, beaucoup plus de la haute société et du monde du spectacle.

 

Ces personnes sont suivies, épiées par des nuées de photographes, professionnels ou amateurs, qui guettent aussi tous les élégants et surtout les élégantes, sur les marches ou dans la rue, qui n'appartiennent pas obligatoirement à ce monde là mais qui sont attirés par les lumières.

 

Curieusement, ce sont surtout les cimes qui intéressent, la superstructure, rarement l'infrastructure, la tête plus que les jambes, sauf quand celles-ci contribuent, talons aiguilles et robes généreuses, à la mise en valeur de l'ensemble.
C'est pour cela que l'on voit beaucoup de photographes juchés sur des perchoirs plutôt qu'à quatre pattes !

 

Escabeaux3

Les perchoirs (presque vides) dans l'attente de la "montée des marches"

 

Pourtant les pieds et, surtout, les pieds équipés de chaussures adaptées à la situation ont un rôle important dans le paraître, dans la montée des marches comme dans les déambulations, dans le piétinement des queus, dans l'attente de l’événement, dans les déplacements multi-quotidiens pour être à la bonne place au bon moment. Pour voir, pour être vu.

 

Le commun des mortels, festivalier, est un sportif et doit être équipé en conséquence suivant la nature de l'épreuve du jour.

 

Pour Kaléidoscope


 

A défaut d'un équipement adapté, il n'est pas rare de voir, quand n'a pas été prévu le petit sac avec les douillettes chaussures légères  de rechange, des belles aux pieds nus, chaussures à la main, ou claudicantes, en fin de journée.

 

Souffrance-copie-1.jpg


 

Le mois de mai, ensoleillé ou pluvieux, l'heure du jour, l'activité de la journée, l'inventivité des modes, l'ambiance de la rue permettent une variété infinie de chaussures qui mériterait une exposition sur les « pieds de Cannes » de l'année. 

Avec bien sûr l'attribution d'un grand prix. Et d'un prix de consolation pour les « pattes cassées » ou les lumbagos.


Les quelques clichés présentés ici ne sont qu'un échantillon amateur, non représentatif, subjectif et non accrédité, d'images furtivement dérobées ou consenties.

 

 

Jambes cachées, jambes nues


Jouye-Rouve-001.jpg

 

 

 

Hommage au pied

 

Le pied n'en a pas moins d'innombrables amoureux reconnaissants pour les ballades qu'ils permettent  mais qui amènent quelquefois chez le pharmacien ou le podologue. Ou amoureux ardents qui leur doivent leur incandescence, partialistes ou paraphiles ou podophiles (ne pas confondre, notamment avec les inconditionnels de l'ipod !), anonymes ou célèbres, qui n'hésitent pas à leur déclamer leur flamme en vers, quelquefois en alexandrins...


Ainsi, il existe des « tirades du pied » pastiches de la fameuse tirade du nez d'Edmond Rostand, les deux organes ayant par ailleurs quelquefois un lien peu recherché (1, 2, 3, 4).

 

Ces textes permettent, cependant, de mettre en évidence la place éminente du pied dans la langue, expressions plus ou moins imagées, populaires ou techniques.

 

 

 

CIMG7995-001.JPG

 

 

 

  

 

Les mots du pied

 

L'imagination créatrice d'expressions à partir du "pied" est presqu'aussi grande que celle des stylistes de la chaussure élégante, de confort ou de sport, de telle façon que, dans ce choix infini, chacun peut finalement trouver chaussure à son pied.

 

 

 

pied, à pied, à pied d’œuvre,CIMG7608.JPG pied de

 

fer, arrache pied, pied -à-terre,  au petit

 

pied, piefort,  pied de grue,plain-pied,

 

au pied de la lettre, au pied levé,pied

 

de salade, aux pieds de,

 

pied-d'alouette, avoir pied, pied de

 

lion,,avoir un pied dans la tombe,

 

pied-de-cheval,bête comme ses

 

pieds, pied sec, bon pied, bon œil, casser les pieds, pied du lit,

 

comme un pied, pied d’œuvre, coup de pied, couvre-pieds,

 

d'un bon pied, pied de lit,,de pied en cap, pied-d'oiseau, de pied

  CIMG7616.JPG

ferme,pied du mur, en pied pied-de-biche,

  

 

faire des pieds et des mains, pied plat,,faire du pied,

 

pied marin, gens de pied, sur lemêmepied, haut le

 

pied, pied de nez, six pieds sous terre, lâcher pied, le pied dans

 

la tombe, les pieds devant, lever le pied, pieds de distillation,

 

marcher sur les pieds, pied de bas, mettre à pied, mettre le

 

pied, prendre pied, mettre sur pied, perdre pied,  pieds nus, 

 

petit pied, pied à coulisse, récolte sur pied, pied à l'étrier

 

sécher sur pied, pied à perfusion, pieds nickelés, vivre sur un

 

grand pied, pied à pied, à cloche-pied, pied à terre,   pied d'un

 

verre,  retomber sur ses pieds, pied de fonte, pied bot,CIMG7710

 

  pied de vigne, pied de roi, pied-de -chèvre, pied-de-coq,

 

   sur quel pied danser,  pied-de-cuve, se lever du pied

 

gauche,  pied-de-loup, sur un pied d'égalité,  pied-de-mouton,

 

pieds joints, pied-de-poule, sur un grand pied, piedroit,

CIMG7565.JPG pied-droit, pied-de-veau, prendre son pied, pied-fort,

 

pied-plat,  pieds et poings liés.

 

 

 

Variations

 

 

 

Pieds-varies.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 19:10

 

Sarkozy, bateleur en liberté

 

Les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy, lors du second tour de l'élection présidentielle de 2012 ont été refusés pour quelques dizaines de milliers d'euros. Quelle sanction ? Sarkozy, le justicier contre la “racaille”, pour les peines “plancher”, pour les peines exemplaires, s'en est tiré avec un sarkoton que ses soutiens ont suffisamment abondé...

 

Aujourd’hui, il s'avère que le dépassement serait en millions d'euros, 10 ou 20, on ne sait... Quelle sanction... ? Des doubles factures... Quelle sanction ? On attend le résultat de l'enquête et ce qu'en dira la justice.

 

Mais Sarkozy serait en droit de se plaindre de ce traitement injuste. « Porte-parole et pas que cela » de Balladur lors de la campagne électorale de 1995, il était bien placé pour connaître les dépassements de son patron. "Les comptes du candidat Balladur accusaient 10 millions de francs de recettes d'origine inconnue. Ils étaient donc irréguliers. " L'origine inconnue de ces millions de francs fait encore l'objet de recherches... De fausses factures sont peu de choses à coté des morts de Karachi... Et les comptes de Balladur n'ont pas été invalidés...Pourtant, on vient, aujourd’hui, chercher des poux à Sarkozy...

 

Pour le moment, continuant sur sa sa lancée quinquennale, une annonce par jour, avec le soutien de son clan, des agences de sondage, de la presse, Sarkozy parle ou ne parle pas, inutile, tout le monde parle de lui et pour lui...

 

Sarkozy ne sera pas candidat à la présidence de l'UMP, sera candidat mais ne passera pas par la primaire, ne sera pas candidat en 2017, sera candidat mais ne passera pas par la primaire, sera candidat et passera par la primaire, ne prépare pas un programme mais réfléchit à préparer un programme, se penche sur l'avenir de la France...

 

Bien entendu, chacune de ces annonces est appuyée par un sondage qui montre que Sarkozy est soutenu par le peuple ou les militants ou... et surtout par une série de commentaires dans la presse audiovisuelle, parlée...

 

Quelle différence entre Berlusconi et Sarkozy ? En Italie, ils ont Mattéo Renzi, en France, nous avons Marine Le Pen !

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