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10 mai 2017 3 10 /05 /mai /2017 22:27

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Samedi 6 mai 2017, dans le cadre du Mois de la Résistance organisé par la Mairie de Paris, l’association 24 août 44 présentait au centre Paris Anim’ du 19° (Place des Fêtes) une lecture de témoignages De l’Espagne libertaire à l’exil, de 1936 jusqu’à nos jours suivie de la projection du film, Il nous faut regarder, documentaire de François Boutonnet construit d'après des images d'archives et des témoignages de Jordi et José qui ont connu enfants, la guerre d’Espagne, la Retirada et les camps de l’exil. Et qui ont reconstruit une autre vie dans le sud de la France, tournée ver l’avenir (1).
En rappelant que les premiers Français entrés dans Paris le 24 août 44 étaient des Espagnols… souvent des anarchistes !

 

Dimanche 7 mai, place de Ménilmontant, quelques photos du bal populaire


 

Week-end "anar" à Ménilmontant
Week-end "anar" à Ménilmontant
Week-end "anar" à Ménilmontant
Week-end "anar" à Ménilmontant
Week-end "anar" à Ménilmontant
Week-end "anar" à Ménilmontant
Week-end "anar" à Ménilmontant
Week-end "anar" à Ménilmontant
Week-end "anar" à Ménilmontant
Week-end "anar" à Ménilmontant
Week-end "anar" à Ménilmontant
Week-end "anar" à Ménilmontant
Week-end "anar" à Ménilmontant
Week-end "anar" à Ménilmontant
Week-end "anar" à Ménilmontant
Week-end "anar" à Ménilmontant
Week-end "anar" à Ménilmontant
Week-end "anar" à Ménilmontant
Week-end "anar" à Ménilmontant

1 - Il nous faut regarder (Libres itinéraires d’exil de Jordi et José) Film de François Boutonnet, 52 minutes, sortie Cinéma - 2010, DVD - 2011.

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27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 16:17
Place Jean Ferrat

Place Jean Ferrat

L’hiver arrive.
Les arbres en bois ne font plus d’ombre malgré les rayons du soleil, sans chaleur, de novembre.

Des jeunes filles, vives, colorées, passent, légèrement vêtues malgré le froid. A leur vue, il se redresse devant la jeunesse qui le frôle, traversé par le nuage parfumé qui les accompagne, pénétré par leurs éclats de rires, étouffés ou aiguës. Une discrète amertume teinte sa salive. Ses doigts frémissent légèrement.

Elles ont disparu dans la bouche de métro. Elles ne l’ont pas vu, pas plus que son ombre. Peut-être pas plus que les autres ombres absentes de la place. La petite tornade de jeunesse s’est évanouie.
Il lutte pour que ses épaules ne s’affaissent pas à nouveau.
Il sort du nuage, reprend possession de son regard qui balaie la place, autour de lui, où les passants, chargés, venant du marché, s’égaillent, dans toutes les directions, pressés, suivant leurs possibilités, sobrement et sombrement vêtus, vers un rendez-vous essentiel et dérisoire. Ou la chaleur d’un appartement obscur.

Il traverse la place. Disparaît dans un café.

Il s’assied à la terrasse, chauffée.
A cette heure, il y a peu de monde et seul, un homme qui regarde les courses dans son journal, a une cigarette au bout des doigts de la main gauche, un crayon dans la main droite.
Plus loin, une jeune femme est plongée dans son ordinateur. Et deux jeunes discutent tout en maniant leur téléphone portable.
A coté de lui, deux femmes, énormes, âgées, probablement plus jeunes que lui, à deux tables différentes, discutent dans une langue qu’il ne comprend pas.

La serveuse dépose, sans rien dire, un jus d’orange pressée, un chocolat chaud, une tartine. A l’abri du froid et du bruit de la rue, il prend un journal du matin, sort son crayon, se plonge dans les mots croisés. Hors du monde.

 

Place Jean Ferrat

******

Sur la place, les bancs sont occupés par des hommes, tassés, chaudement habillés, qui, ensemble, essaient d’extraire un peu de chaleur des rayons d’hiver et des conversations en arabe sur la famille, sur le pays, sur les difficultés du moment.

Une fillette, en patins, passe devant eux, incertaine, jambes et bras écartés pour assurer son équilibre. Ils la suivent du regard. Une irrégularité du terrain, une hésitation, oh ! Elle repart. Et quelques commentaires avec.

Le bus arrive. Trois amis se lèvent du banc et se dirigent vers le bus. Le dernier s’en va avec son sac vide, vers le marché.

******

Au coin de la rue et du boulevard, un homme, grand, solide, brun de peau et de chevelure frisée, avec une barbe de quelques jours, grisonnante. Il est toujours là. Fidèle au poste avec une cannette à la main. Il discute avec les uns et les autres.

Il a beaucoup parlé avec les artistes qui ont peint une magnifique fresque sur le grand mur du garage. Aujourd’hui, c’est avec des jeunes qui veulent, à leur tour, barbouiller cette fresque qu’il parle. Pour en défendre la beauté, l’intégrité. Pour défendre une portion de rue devenue lieu d’exposition temporaire dans un quartier sale, aux trottoirs encombrés de déjections canines, de multiples objets abandonnés, matelas, évier, planches de bureau. Mais visitée par les touristes pour ses fresques. Alors que les gens du quartier passent, aveugles, indifférents à la transformation d’un mur aveugle en hall d’exposition.

******

Après une nuit très froide, avec le lever du jour, un ciel chargé de nuages, le temps s’est un peu radouci. Toutes les chaînes de radio et de télévision répètent le même bulletin, créant l’événement du jour : la neige est annoncée, conditionnant les citadins à s’habiller en skieur, sans ski et sans neige. Mais obéissants au bulletin.

Dans l’abri du magasin abandonné, habitué du lieu qu’il a transformé en chambre à coucher, il n’a pas encore rangé son duvet, ses couvertures. Il n’a pas sa cannette à la main. Il est occupé autour du platane qu’il a adopté.
Dans le cadre de la végétalisation de la ville, la mairie demande aux citoyens d’adopter un arbre, de cultiver, de fleurir la terre qui l’entoure. Peu le font. Mais lui a choisi le platane qu’il connaît depuis des mois. Il a trouvé, on ne sait où, un peu de farine qu’il a répandue autour de son arbre. Le temps, capricieux, n’obéit pas toujours aux bulletins de la météo. Son platane au moins ne sera pas déçu, il aura la neige annoncée. Et comme Noël approche, il a décoré la barrière qui entoure l’arbre de papier argenté.

Pour lui, pour le platane, quoi qu’il arrive, Noël ne sera pas un jour comme les autres.
Il y a les foules qui s’agglomèrent devant les vitrines illuminées des grands magasins. Les yeux des enfants qui brillent. Les adultes qui photographient, se photographient.
Ici, les voisins passent, traversent le boulevard, pressés entre le café du matin et le métro. Aveugles ? Indifférents ? Étonnés ? Humanisés, un instant ?
Par ce sans abri et son platane, liés par le rêve, par un peu de farine et de papier argenté.

Place Jean Ferrat
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16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 07:30

Les murs ont la parole !

Hier, les murs avaient des oreilles pour espionner, mieux équipés, aujourd’hui ils ont un regard perçant muni de caméras de surveillance. Privées, publiques. Qui ont, en plus, l'avantage de constituer un marché lucratif.

Depuis longtemps, les murs ont aussi la parole ou plus exactement sont transformés en porte-parole de leurs maîtres puissants.
Les affiches commerciales envahissent la ville avec des panneaux de plus en plus importants, de plus en plus sophistiqués, mobiles, colorés, lumineux, accrocheurs par l'humour, la provocation, la qualité graphique... A coté, l'affichage politique apparaît, le plus souvent, comme marginal, artisanal, quelquefois cantonné, dans certaines villes, dans des cadres réservés à l'affichage administratif, associatif et politique. Pour « éviter la pollution visuelle par un affichage sauvage ». Avec quelques campagnes plus intenses au moment de certaines élections...

Mais désormais, si « ma rue est un musée », ma rue est aussi un poème, une révolte, un manifeste, un cri de douleur ou d'amour. Beaucoup plus rarement un cri de haine. Avec ou sans image. Peinture ou collage. Quelquefois, à l'occasion d'un événement.

Les images de rue sont de plus en plus policées, avec des conventions avec des institutions qui mettent des murs à la disposition d'artistes. Musées, sauvages ou institutionnels, qui font l'objet de visites organisées….
Sur de beaux murs ou sur des murs grisâtres et tristes, la libre expression murale est faite aussi de graffitis. Phrases courtes qui demandent moins de place et peuvent s'inscrire partout. Hier surtout réservés aux murs des toilettes publiques où on trouvait de petites annonces plus ou moins coquines, des textes racistes, sexistes ou obscènes. Aujourd'hui, la diversité des techniques (bombages, pochoirs, affichettes) permet à chacun de s'exprimer par des formules brèves sur les murs de la ville. Dans des registres plus variés, naïfs, poétiques, politiques… dont la teneur varie suivant les lieux ou les moments ou les problèmes locaux…
Plus que l'image, le texte est libre, spontané, illégal, sauvage, indiscipliné, libertaire. Le plus souvent anonyme.

Quelques exemples collectés à Paris, essentiellement, dans le 20ème arrondissement de Paris, mais aussi dans le 13ème, le 11ème…
Une page spéciale sera réservée aux textes recueillis à la suite des attentats à Paris.

Les murs sont disponibles pour tous, les jeunes et les moins jeunes

Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !

Pour exprimer les revendications ou les problèmes des habitants du quartier...

Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !

Bien entendu, l'amour et ses problèmes a largement sa place

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Et les problèmes du monde...

Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !

... de façon plus ou moins radicale ou libertaire....

Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !

... ou poétique...

Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
Les murs ont la parole !
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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 09:02

Quelques photos d'art urbain  lors d'un bref séjour à Milan (2 jours) et à Londres (4 jours), conduisent à un retour sur les images recueillies dans le quartier du Bas Belleville à Paris.

A Milan, une balade dans la ville à partir du corso Vittorio Emanuele II, par la via della Spiga et la piazza del Duomo, a débouché par hasard, en fin de journée, sur le Corso di Porta Ticinese. Qui aboutit, comme son nom l'indique, à la « Porta Ticinese » et aux « colonne di San Lorenzo ».
Voici comment le guide Michelin décrit le corso : « Cette large artère... compte un grand nombre de petits créateurs et de boutiques de mode plutôt jeune, accessibles aux bourses de tout un chacun. C'est une 'alternative' réjouissante aux boutiques inabordables et standardisées du quadrilatère de la mode. Bars et restaurants suivent, dans le même esprit. »

Colonne di San Lorenzo et Porta Ticinese
Colonne di San Lorenzo et Porta Ticinese

Colonne di San Lorenzo et Porta Ticinese

Et, le guide oublie de signaler de très intéressantes peintures murales.


 


 


 

Mur de poupées dans le cadre de la lutte contre les violences faites aux femmes et peintures murales

Mur de poupées dans le cadre de la lutte contre les violences faites aux femmes et peintures murales

Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Peintures du corso di Porta Ticinese
Peintures du corso di Porta Ticinese
Peintures du corso di Porta Ticinese
Peintures du corso di Porta Ticinese
Peintures du corso di Porta Ticinese
Peintures du corso di Porta Ticinese
Peintures du corso di Porta Ticinese

Peintures du corso di Porta Ticinese

Scandale chez les politiques après l'affirmation de Grillo sur la mafia. (On ne peut comparer/opposer mafia et État....) ( Nous, nous nous trouvons très bien avec les deux ! ) 

Scandale chez les politiques après l'affirmation de Grillo sur la mafia. (On ne peut comparer/opposer mafia et État....) ( Nous, nous nous trouvons très bien avec les deux ! ) 

La culture est féminine, c'est pourquoi tous veulent la baiser*************************************************************************                                                                          **************************************************************************Dieu a créé le plaisir, dommage que ce soit un péché

La culture est féminine, c'est pourquoi tous veulent la baiser************************************************************************* **************************************************************************Dieu a créé le plaisir, dommage que ce soit un péché

Un pape ne fait pas le printemps, au moins, il s'y essaie. (CorvoRosso, corbeau rouge)

Un pape ne fait pas le printemps, au moins, il s'y essaie. (CorvoRosso, corbeau rouge)

Malgré un séjour un peu plus long et des balades plus diversifiées : Camden, Rives de la Tamise, droite (South Bank) et gauche (de Canari Wharf à London Tower), Richmond, Picadilly, Covent Garden, Trafalgar Square..., nous n'avons vu que peu de peintures murales.

Sur la rive droite de la Tamise (South Bank) et, bien sûr, à Camden Market...

 
 

Sur la rive droite de la Tamise (South Bank)

Sur la rive droite de la Tamise (South Bank)

Camden Market
Camden Market
Camden Market

Camden Market

De retour à Paris, une petite promenade dans le Bas Belleville, donne une récolte plus abondante d'images bien différentes, reproduites ici en nombre limité : rue de Tourtille, rue Lesage, rue Julien Lacroix, rue des Maronites et surtout  rue Dénoyez.

Rue de TourtilleRue de Tourtille
Rue de Tourtille

Rue de Tourtille

Rue Lesage
Rue Lesage
Rue Lesage

Rue Lesage

Rue Julien Lacroix

Rue Julien Lacroix

Rue des Maronites
Rue des MaronitesRue des Maronites
Rue des MaronitesRue des Maronites
Rue des MaronitesRue des Maronites

Rue des Maronites

Rue Dénoyez
Rue Dénoyez
Rue Dénoyez
Rue Dénoyez
Rue Dénoyez
Rue Dénoyez

Rue Dénoyez

Les peintures murales sont, par essence, éphémères, elles peuvent être vues plus ou moins longtemps, elles n’appartiennent à personne, ni aux auteurs, ni aux propriétaires des murs qui les tolèrent ou les recouvrent pour retrouver le mur  dans son aspect premier, "propre".

Dans le Bas Belleville, elles sont plus ou moins isolées, sur des murs « favorables ». Souvent, elles sont recouvertes par des graffitis ou par les œuvres d'autres peintres dans un temps très variable ou elles disparaissent peu à peu à cause des intempéries ou de la lente dégradation du support, des murs vieillissants.

Les choses sont légèrement différentes rue Dénoyez : ici les deux côtés de la rue, murs ou magasins, sont couverts de peintures. De couleurs, de styles, de motivations variables. Avec un foisonnement de juxtapositions, de superpositions partielles ou totales. L'oeuvre est très rarement dans un cadre plus souvent immergé dans un environnement coloré, plus ou moins chaotique...

 

rue Dénoyez
rue Dénoyez
rue Dénoyez

rue Dénoyez

Le site est connu des gens du quartier, bien sûr, mais aussi des touristes, des groupes organisés viennent voir les peintures, les admirer ou les dénigrer...

Le site est connu aussi des peintres, adeptes de l'art urbain, qui viennent de divers pays d'Europe, réalisent leur œuvre dont ils savent qu'elle ne sera pas visible éternellement : demain ou dans huit jours, un nouvel artiste recouvrira leur œuvre comme ils recouvrent celle de leurs prédécesseurs... En attendant que la rénovation du quartier fasse son œuvre destructrice, de cette galerie à ciel ouvert, gratuite pour les artistes et les passants.
Ils réalisent leur œuvre et posent à côté pour des photographies qui vont nourrir leur dossier de presse... Ils ne sont pas les seuls à photographier... et à poser pour un dossier de presse ? pour la mode ?...

Pour un autre dossier de presse...

Pour un autre dossier de presse...

Les peintures de Milan ne semblent pas avoir le même statut. Elles étaient limitées dans des espaces précis, constituaient un tableau, n'étaient pas couvertes de graffitis... Étaient-elles spontanées, sauvages ? Ou commanditées ? Comme cela arrive aussi à Paris : peinture de la rue Julien Lacroix ou magnifique peinture de la rue des Maronites. Et, en quelque sorte déja "normalisées", "récupérées", "rémunératrices"...

Les styles picturaux sont bien différents avec, à Milan, essentiellement des tableaux réalistes de personnages connus ou non (les Rolling Stones). A Belleville et dans le quartier, les portraits de personnes connues sont rares (Geneneviève de Gaulle-Anthonioz-Degaulle et Germaine Tillon depuis longtemps rue Ramponneau, Rimbaud et Georges Perec, enfant du quartier).

 

 

Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée

On peut trouver dans de nombreuses rues du quartier des images peintes ou collées dont on peut identifier l'auteur par le thème et/ou la facture qui affirment une personnalité, comme Fred Le Chevalier.

La rue Dénoyez est plutôt un champ collectif de création où se mêlent tags, graffitis et dessins aux couleurs éclatantes qui sont bien différents mais semblent appartenir à une mêm école. Cette explosion des couleurs, ce renouvellement permanent des oeuvres, cette tolérance au mouvement perpétuel se traduisent aussi par des textes souvent politico-poétiques, contestaires, qui débordent largement la rue et perpétuent le côté rebelle, anarchisant du quartier.

Malgré les avancées de la rénovation urbaine, malgré la fréquentation de plus en plus importante des jeunes noctambules, des touristes, Belleville garde encore son aspect populaire, sa diversité et son esprit rebelle. La forme et le fond  de ses peintures murales en témoignent à leur façon.

Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
Milan, Londres, Paris 20ème : ma rue est un musée
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17 juin 2015 3 17 /06 /juin /2015 16:25

LE FUMEUR DE CIGARES

A l'arrêt du 96, petite halte au bistrot, en attendant l'heure de la séance de cinéma. Pesant, imposant, assis devant un café, sa tête est ronde, totalement dégarnie et se poursuit par un cou aussi volumineux, à peine plus blanc que le crane. Il lit « Le Monde », indifférent à ce qui peut se passer autour de lui, préoccupé seulement pas sa lecture attentive et son cigare.
Un gros et long cigare, déjà allumé, dont il mâchouille la tête en tirant deux ou trois petites bouffées, rapides, qu'il recrache aussitôt, fait une courte pause, deux ou trois nouvelles bouffées... Son attention est consacrée uniquement au journal divisé en cahiers. Il passe au cahier suivant. Il ne lève pas la tête. Tourne la page, mâchouille son cigare sur deux ou trois centimètres, quelques bouffées à nouveau... La cendre tombe sur la table. Indifférent. Obligé d'arrêter sa lecture pour reconstituer son cigare mâchouillé, touffe d'herbe brune, il lui redonne une forme...

Le cigare à moitié fumé, il l'éteint. Le reforme. Sort de sa poche un étui à cigare qui semble adapté à la taille d'un demi-cigare. Cendre détachée, tête reconstituée, il enferme le cigare dans son étui. Pour tout à l'heure ? Pour demain ? Il sort deux bristols, avec lesquels il recueille la cendre qu'il avait répandue sans y penser, la met dans le cendrier.

Cigare rangé, table nettoyée, il s'envole à nouveau dans la lecture du « Monde ».

En prenant le bus...

MENDIANT

Le 96 remonte lentement la rue Oberkampf et bientôt s'arrête, bloqué dans un embouteillage. La chaleur est étouffante. Les vitres du bus, entrouvertes, laissent passer un brin d'air bienvenu. Heureusement, un 96 suivant l'autre, à quelques mètres d'intervalle, il y a peu de monde dans les deux.

Profitant de l'arrêt du bus, un mendiant sur le trottoir, à la face bien ronde, couperosée et radieuse, un écriteau sur la poitrine, difficile à lire à cette distance, essaie de négocier, par gestes, un pièce de monnaie.

Toujours par gestes, un passager tout aussi souriant, lui répond en demandant, à son tour, une pièce. Le mendiant sort une pièce jaune et essaie de la faire passer. Malheureusement, elle se bloque et notre mendiant essaie de la faire retomber avec sa canne et le passager avec sa main qui ne peut passer. Ils n'y arrivent pas.

Le bus redémarre avec a pièce. Le mendiant et les quelques passagers rient de bon cœur. Un passager en profite pour envoyer une pièce d'un euro au mendiant qui remercie d'un large sourire et d'un clin d’œil...
Ce n'est pas cher payé, ce moment de joie, de solidarité. De joie de vivre

PEUR DE LA MORT OU PEUR DE LA CHUTE ?

Il y a peu de monde ce matin dans le 96, deux personnes seulement sont debout, elles ne doivent pas aller bien loin.

Dont une femme noire, corpulente, bien en chair, pas toute jeune. Elle discute avec une amie. Le bus avance normalement. Tout à coup, une freinage brutal. La femme est projeté vers l'avant, parcourt une bonne partie du couloir central à la recherche de son équilibre, se raccroche comme elle peut et s'écrie :

« Ouf, j'ai eu peur de tomber ».

Un passager qui a mal entendu :

« Vous avez eu peur de mourir ? «

« Mourir ? Non, non, tout le monde doit mourir ! Non, non, je n'ai pas peur de mourir, j'ai eu peur de tomber ! »

Éclat de rire général... et fin de trajet dans la bonne humeur !

LE BUS DE POUSSETTES

Nous remontons de la place de la République avec le bus. Nous avons acheté une valise pour remplacer la précédente dont la quatrième roue est morte à Cannes. Il y a peu de monde mais la valise, quoique vide et légère, encombre le couloir.

Pressentant les problèmes que va me poser ma valise, je décide de changer de place pour approcher de la porte. Mais la place est prise par une dame âgée qui vient d'arriver. Et, à l'arrêt, deux mamans, voilées, montent, par le ventre du bus, avec un enfant dans la poussette. Elles bloquent les poussettes, sans problème, à l'emplacement réservé. A trois, nous occupons tout le milieu du bus.

A l'arrêt suivant, une nouvelle maman avec sa poussette et son enfant. Elle n'est pas encore totalement en place que retentit la petite musique suivie de « Nous rappelons qu'il est est interdit de déployer plus de deux poussettes. La troisième doit être pliée ».

Nous voilà avec trois poussettes et une valise, encombrant le passage, manœuvrant, essayant de nous serrer. Mais alors qu'une dame, voilée aussi, commence à dire qu'il y a une poussette de trop et à marmonner :
- Elles se foutent de tout et ne respectent rien..
la dernière arrivée, lui confie son enfant, une fillette de trois-quatre ans, qu'elle installe, de bonne grâce, sur le siège à côté d'elle pendant que la maman plie sa poussette.

Notre arrêt est arrivé. Tout le monde fait un petit effort pour nous laisser passer. La question est résolue. Sauf qu'à Belleville-Ménilmontant plusieurs personnes entrent par le ventre du bus...

En prenant le bus...
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25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 23:00

 

  La rue Dénoyez, Paris XXème

(Ma rue est un musée 4)

 

Libération a publié récemment, un article sur la "rue Dénoyez, paradis des graffeurs de Belleville... dans le vingtième arrondissement de Paris, havre artistique menacé par un projet immobilier". Cet article ne comportait qu'une photo de la rue, en voici une cinquantaine pour illustrer le "déchaînement de couleurs".


La rue Dénoyez apparait sur le plan cadastral de la commune de Belleville en 1812. La Folie Dénoyez était un bal public de Belleville en vogue dans les années 1830. On y venait de Paris parce que le vin y était moins cher. Aujourd'hui, la terrasse du bistrot du coin de la rue de Belleville déborde dans la rue Dénoyez... qui est un musée (1, 2, 3)

 

LafolieDénoyez141005

 

  Les artistes en action ou... en discussion

Denoyez1410059.jpgSauvonsDenoye-Artiste-Casquette141005_1.jpg

 

La rue Dénoyez (ici vue de la rue de Belleville) s'étend de la rue Ramponneau à la rue de Belleville. Devenue le royaume de peintres des rues, elle attire, désormais, des artistes qui viennent d'un peu partout, de France et de l'étranger, des touristes, des photographes amateurs et même au delà...

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Tournage

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Mais c'est aussi une rue, presque comme les autres, riche de sa divertité ethnique, artistique, commerciale... 

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Il y a même un piscine dans la rue Dénoyez

(Centre sportif et piscine Alfred Nakache)

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Matoub Lounès, chanteur algérien assassiné

 


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  Tout le monde n'est pas d'accord avec "Free Gaza !" (taches de peinture jaune)

 

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La rue Dénoyez lors du vide-grenier

 

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9 juillet 2014 3 09 /07 /juillet /2014 23:00

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  Le Mondial dans le Quartier

 

 

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Paris compte 15 % d'étrangers. Il y aurait plus de 100 nationalités dans le vingtième arrondissement. La proportion d'étrangers ou de personnes d'origine étrangère est particulièrement importante dans le "carré magique" du quartier.
Seulement, 36 pays ont participé à la coupe du monde de football.

Si tout le monde n'est pas supporteur de son équipe nationale ou même d'une équipe participant à la coupe, il est très probable que toutes les équipes avaient des supporteurs dans le quartier.
Même si tous n'en vivaient pas, beaucoup étaient atteints. Il suffit de parcourir les rues pour voir qu'en plus de ceux qui regardent les rencontres à domicile, il y a ceux qui se réunissent dans les salles de shoot que deviennent les cafés avec écran, tous beaucoup plus fréquentés à cette occasion.


 

 

TousetDzetFr.JPGAux cris séparés jaillissant des immeubles, se joignent les réactions collectives dans les cafés. Où les commentateurs partagent joie ou tristesse, s'encouragent ou se félicitent les uns les autres, où les commentaires se répondent...


 

En cette période de ramadan, les restaurants maghrébins sont vides ou presque, les femmes s'activent pour préparer et offrir galettes et pâtisseries... Quand l'heure de la partie approche, les salles de café qui ont un écran de télévision se remplissent. La lumière du jour est encore trop importante et, ici ou là, des toiles ont été prévues pour augmenter la visibilité de l'écran. Ces toiles gênent les spectateurs « clandestins » qui essaient de voir de l'extérieur


 

Dans la rue de Belleville, plus fréquentée par les bobos, le trottoir est envahi et les clients débordent sur la rue. Tout le monde se retrouve, c'est l'heure de l'apéro, même si tout le monde ne regarde pas l’écran. Quand la partie a commencé, les conversations continuent autour des tables mais sont entrecoupées de réactions qui ponctuent, chaque action, espoir ou déception.

 

 

Boulevard de Belleville, rue des Couronnes, il y a autant de monde face à l'écran mais moins de consommateurs sur les trottoirs. Je me mêle aux amateurs qui regardent le match de l'extérieur. Avec qui je peux apercevoir l'écran. Les dialogues ont surtout lieu en arabe et je ne comprend que les exclamations et quelques mots techniques en français « hors jeu »…
Le passant pressé, l'heure de la rupture du jeune approche, demande où en est le score…

 

 

 

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Mais la coupe du monde fleurit aussi les façades et surtout les vitrines des magasins et des cafés ou restaurants. Les commerçants sont le plus souvent très éclectiques, ils ont orné le magasin de petits drapeaux de toute nationalité, en guirlandes. Quelquefois, le choix est plus clair et alors ce sont les drapeaux algériens, français, brésiliens, portugais ou même allemands qui apparaissent.

 

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Des drapeaux isolés ornent quelques fenêtresà l'intérieur du quartier. Un drapeau camerounais, à une fenêtre, a rapidement disparu tandis que restent en place, même après l'élimination, l'algérien et le portugais. Un autre, en l'honneur du PSG, semble se tromper de période…

 

Les drapeaux algérien et français sont souvent côte à côte et quand il n'en reste qu'un, il est algérien. Même après l'élimination de l'une et l'autre équipe.


 

Pour maintenir l'ordre et la tranquillité publique, le maire de Nice, Christian Estrosi, a, par arrêté, interdit l'utilisation « ostentatoire », suivez son regard, des drapeaux étrangers dans le centre de la ville de Nice de 18 heures à 4 heures du matin, jusqu'à la fin de la Coupe du monde le dimanche 13 juillet. On peut remarquer qu'aux yeux de Christian Estrosi, seuls les drapeaux étrangers sont susceptibles de produire des troubles et seulement au centre de Nice...

 

Les drapeaux du XXème ne semblent pas ostentatoires. Mais que penserait Christian Estrosi de ce jeune habillé aux couleurs de l’Algérie « un, deux, trois, viva l'Algérie » qui fait la manche dans le métro… ou de cette honorable famille dont la mère, argentine, se promène vêtue du drapeau-maillot national et le père, français, et les deux enfants, avec des vêtements plus discrets mais aux couleurs argentines…
Ostentatoire ? En tout cas, ni la tenue algérienne, ni la tenue argentine ne semblent troubler le public...

 

Cette obsession d'un certain drapeau étranger n'est que la répétition en farce de la tragédie du 14 juillet 1953, place de la Nation qu'illustre un film récent, non encore sorti en salle, « Les balles du 14 juillet 1953 ».

Sept personnes (6 Algériens enterrés en Algérieet 1 Français, Maurice Luroy au Père Lachaise) ont été tués ce jour là par la police française. CIMG8007.JPG

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Si pour certains, le Mondial est un moment de fidélité ou de nostalgie du pays, pour d'autres, c'est aussi le moment de faire des affaires.

 

 

 

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9 juillet 2014 3 09 /07 /juillet /2014 13:18

Le paquet révélateur

 

Le 96, le bus qui relie la gare de Montparnasse à la Porte des lilas, à Paris, est souvent surchargé, c'était le cas au départ de Saint-Germain, nous étions debout mais peu à peu des places se libèrent. Marie en trouve une. Je peux ensuite m’asseoir sur la banquette du fond. Qui peu après se libère encore d'avantage.

 

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La personne à coté de moi, un homme* d'une cinquantaine d'années, me demande,du geste de me pousser d'un siège, ce que je fais croyant qu'il voulait descendre, c'était simplement pour mettre, sur le siège entre nous, le paquet qu'il avait sur les genoux.


Quelques stations plus loin, de nouveaux passagers montent. Plusieurs sièges se sont libérés sur la banquette du fond et, un des quatre sièges devant la banquette est, depuis un moment, occupé par un paquet. Dissuasif par sa présence.

 

Une dame* veut s'asseoir à cette place et demande à qui est ce paquet. Il appartient à un passager, un bel homme, blond, jeune et robuste, qui rechigne à l'enlever parce que d'autres places sont libres, notamment sur la banquette arrière. Il s'exécute finalement de très mauvaise grâce en faisant des réflexions et prenant à témoin une autre dame qui semble acquiescer.

Échange de mots avec la dame qui a pris la place du paquet. Et finalement, j’entends le monsieur :

- Vous allez me traiter de raciste...

- Je n'ai rien dit de tel…

- Je n'ai jamais voté Le Pen mais il y a des jours... »

C'est le moment pour nous de descendre. Je lui souffle « Quand on se pose ce type de questions, c'est qu'on y a déjà répondu ».

Je ne suis pas sûr que ma réflexion ait été très judicieuse.

 

La question n'est pas de savoir qui avait raison. Le paquet n'était pas énorme et n'a pas « droit » à un siège. Il pouvait facilement être tenu sur les genoux. La dame pouvait s'asseoir ailleurs. Cela pouvait entraîner une discussion comme il y en a souvent, pour des futilités dans le bus. Mais pourquoi ce voyageur a-t-il éprouvé le besoin d'évoquer son vote et, par là, la couleur de la voyageuse ?

 

Cela me rappelle une histoire du même type, vécue il a une trentaine d'années. Je rentrais du métro à Ménilmontant, quand un grand noir me bouscule un peu, je lui demande de faire attention et, immédiatement, il me rétorque :

- Parce que je ne suis pas chez moi, ici ?

- Non, parce que vous me bousculez.

Nous en sommes restés là.

 

La tension a changé de camp ? Règne des deux côtés ? S'exprime plus ?

 

*Tous deux étaient noirs.

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21 juin 2014 6 21 /06 /juin /2014 07:46

Ma rue est un musée aux oeuvres éphémères qu'il faut saisir au vol, au jour le jour. Des artistes anonymes peuplent les murs de couleurs, de personnages, de rêves, de fantasmes. "Les passants qui passent" les ignorent ou les remarquent, se plaignent des murs dégradés ou se réjouissent des fleurs qui naissent sur les murs humides, gris pollué de fumées d'échappement.

 

Sur ces murs, les dessins, en noir et blanc, papiers collés de Fred  Le Chevalier, deviennent des couleurs éclatantes quelquefois rehaussées par le rouge d'une rose, d'une lèvre ou d'un coeur. Silhouettes qui se cherchent, qui s'attirent, quelquefois  à l'apparence indécise mais au regard qui accroche le passant.

 

Regrouper dans un kaléidoscope par la photographie ces personnages, épars sur les murs de la ville, est une trahison. Comme isoler ces visages  lumineux et fascinants. Comme privatiser, enfermer dans un écran ce que l'artiste offre généreusement au regard du public.

 

Mais c'est aussi prolonger la vie de ces personnages, donner à voir le monde de Fred Le Chevalier aux quelques visiteurs qui s'égareront sur ce blog. Si, à défaut de pouvoir découvrir ces images sur leur site naturel, les murs de Paris, ils veulent prolonger leur relation avec le monde de Fred Le Chevalier et voir les dessins dans leur pureté, ils peuvent en admirer quelques unes sur cette page et aller plus loin ici.

 

 

 

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Bouquet 1 : Toutes les photos ont été prises dans la rue, essentiellement dans le "quadrilatère', sauf trois dans la salle d'exposition de Fred Le Chevalier, rue de la Mare en juin 2013.

 

 

 

 

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  Bouquet 2 : Toutes les photos ont été prises dans la rue, essentiellement dans le "quadrllatère'.

 

 

Visages

  (à partir des photos de rues)

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  Bibliothèque "Couronnes"

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19-FredOberkampf-GlaiveFleur6552.JPG

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18-Fred-Grenade5115.JPG

 

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23-FredSqBel9401.JPG

14-FredM.ChevPeluche4877.JPG

 

 

15-FredMortVase5352.JPG

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14 juin 2014 6 14 /06 /juin /2014 19:52

Ma rue est un musée (2)

 

 

 

CIMG7247

 

 

 

 

Ma rue est un musée

ou plutôt mon quartier,

ma ville est un musée.

 


 

Musée ouvert à tous les vents,

d'est et d'ouest,

à tous les temps, à tous les camps,

à tous les clans,

à tous les courants...

 

 

LycéeEupat5125

 

Art éphémère et souvent anonyme,

soumis au regard quotidien,

des pairs et des passants

qui ignorent ou s'imprègnent dicrètement.

Expositions permanentes et temporaires,

expositions recomposées chaque jour,

surchargées, déchirées, complétées,

dénaturées...

 

 

 

 

 

 

Belvedere7188-copie-1.JPG

 

 

Fleurs sauvages,

écloses dans un printemps perpétuel,

chaque jour renouvelées,

 produites pour la rue,

quelquefois dans la rue...

au pochoir, papiers découpés, collés,

fresques picturales.

 

 

 

 

 

 

Ailé5364

 

 

 

 

 

Musée populaire sans conservateur,

 

 

sans conservation possible, ni restauratioon 

où le photographe s'improvise galériste

qui peut déconsturire, reconstruire, recadrer, séparer, regrouper,

 

 

jouer des associations, des oppositions, suivre les fantasmes des autres,

les recombiner,

conserver ces images toujours vivantes

parfois disponibles pour tous, sur écran,

longtemps, longtemps après que les images ont disparu de la rue...,

bouquets rétrospectifs de fleurs éparses.

 

 

 


 

EcoJourda7197

Chaise Accroupis 5974

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Photographe sacrilège ? Voleur d'images ? Compositeur floral ? Créateur ?  Conservateur ? Diffuseur ?

 


 

Rue Desnoyez,75020 Paris

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 Belvédère du Parc de Belleville, 75020 Paris

 

 

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