Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
22 juin 2020 1 22 /06 /juin /2020 08:16
Déboulé des  Gouadeloupéens « LIMYE POU LE ZANSYEN* »

Le 21 juin 2020, le mouvement culturel CHOUKAJ a organisé un déboulé intitulé « LIMYE POU LE ZANSYEN » à Paris de la place Jean Ferrat jusqu'à La Villette.afin de rendre hommage aux ancêtres ayant brisé leurs chaînes en Guadeloupe (et par extension aux Antilles Françaises) en Mai 1848.

Quelques images.

Déboulé des  Gouadeloupéens « LIMYE POU LE ZANSYEN* »
Déboulé des  Gouadeloupéens « LIMYE POU LE ZANSYEN* »
Déboulé des  Gouadeloupéens « LIMYE POU LE ZANSYEN* »
Déboulé des  Gouadeloupéens « LIMYE POU LE ZANSYEN* »
Déboulé des  Gouadeloupéens « LIMYE POU LE ZANSYEN* »
Déboulé des  Gouadeloupéens « LIMYE POU LE ZANSYEN* »
Déboulé des  Gouadeloupéens « LIMYE POU LE ZANSYEN* »
Déboulé des  Gouadeloupéens « LIMYE POU LE ZANSYEN* »
Déboulé des  Gouadeloupéens « LIMYE POU LE ZANSYEN* »
Déboulé des  Gouadeloupéens « LIMYE POU LE ZANSYEN* »
Déboulé des  Gouadeloupéens « LIMYE POU LE ZANSYEN* »
Déboulé des  Gouadeloupéens « LIMYE POU LE ZANSYEN* »
Déboulé des  Gouadeloupéens « LIMYE POU LE ZANSYEN* »

Rassemblement avant le départ Place Jean Ferrat.

Déboulé des  Gouadeloupéens « LIMYE POU LE ZANSYEN* »
Déboulé des  Gouadeloupéens « LIMYE POU LE ZANSYEN* »Déboulé des  Gouadeloupéens « LIMYE POU LE ZANSYEN* »
Déboulé des  Gouadeloupéens « LIMYE POU LE ZANSYEN* »Déboulé des  Gouadeloupéens « LIMYE POU LE ZANSYEN* »Déboulé des  Gouadeloupéens « LIMYE POU LE ZANSYEN* »

Défilé sur le Boulevard de Belleville

J'avais annoncé l'arrêt de ce blog.

Avec l'apparition d'une publicité non désirée, cet arrêt devient effectif et définitif.

Partager cet article

Repost0
20 mars 2020 5 20 /03 /mars /2020 12:17
Coronavirus et politique

L’épidémie due au coronavirus est l’occasion de vérifier que la communication et la prévision sont des arts difficiles qui ont peu à voir avec l’information et les faits. Quand la communication domine l’information, il n’est pas étonnant que celle-ci soit déformée jusqu’à l’incohérence peu favorable pour obtenir le comportement espéré de la population. Les politiques, fuyant leur responsabilité, mettent alors en cause l’indiscipline des Français.

Mais la politique est aussi un art difficile.

La décision concernant les élections municipales l’a bien montré. Emmanuel Macron savait qu’il serait critiqué, sévèrement, par l’opposition. Il ne lui restait qu’à prendre la décision qui lui paraissait la plus juste et en cohérence avec l’ensemble des décisions prises dans la gestion de la crise due au coronavirus.
S’il avait ajourné les élections municipales, l’opposition aurait crié à la peur de la débâcle électorale du parti présidentiel, à l’atteinte à la démocratie, à la dictature. Il a consulté, notamment, Gérard Larcher, président du Sénat, deuxième personnage de l’État, François Baroin, président de l’Association des maires de France (AMF) qui se sont opposés au report. La décision prise, tout le monde lui tombe dessus et notamment les petits camarades de Larcher et Baroin

Cette position pouvait paraître discutable. D’autant qu’elle ne concernait pas le second tour et rendait donc tous les résultats difficiles à proclamer. Elle devenait totalement incompréhensible, le samedi, après les annonces d’Édouard Philippe de tout arrêter sauf les élections ! A se demander qui gouverne du président de la République ou du chef de gouvernement.

Bien entendu, le président et le premier ministre se cachent derrière l’avis du Conseil scientifique. D’après Checknews, le président de ce conseil, Jean-François Delfraissy a déclaré : Une des décisions prises par le président de la République est de conseiller […] une réduction très forte de la vie sociale des personnes au-dessus de 70 ans. Ces personnes néanmoins auront accès aux courses tous les jours. La question posée était : est-ce que finalement aller voter est comparable avec aller faire ses courses dans un supermarché. Le conseil scientifique a considéré qu’il n’y avait pas d’élément pour penser qu’il y aurait un surrisque pour ces personnes à condition que les élections soient organisées de façon pratique […]. Le risque n’était pas plus grand que la possibilité qu’on leur laisse de continuer de faire leurs courses» (Libération 15/03/20).
Il existe, cependant, une petite différence : les personnes d
e plus de 70 ans, encore moins que les autres, ne peuvent reculer leurs courses de plusieurs mois. C’était possible pour les élections municipales sans mettre en danger la République. Le Conseil aurait pu donner le même avis pour le deuxième, le troisième, le énième tour : quelles que soient les circonstances. Le bureau de vote a peu de probabilités d’être plus dangereux que le marché !
Ce n’est qu’un avis, la décision appartient au président de la République.

Pour juger de l’évolution future de l’épidémie, tout le monde s’appuie sur les chiffres publiés dans les différents pays qui ont été les premiers pays touchés par le coronavirus. Pour ce faire, il faut avoir confiance dans les chiffres, toujours fournis par les États, et, pour les comparer, il faudrait qu’ils soient recueillis suivant les mêmes méthodes.
Concernant, les sujets contaminés, c’est strictement impossible : chaque pays ayant sa politique
sa politique de dénombrement et sa pratique des tests. Qui peut, en plus, varier dans le temps.
Cela n’empêche pas la publication des données quotidienne et leur
comparaison.

Le nombre de morts est certainement plus fiable s’il n’est pas manipulé par les gouvernements. D’après les renseignements fourmis par la Chine, touchée bien avant la France, il y aurait plus de 3000 décès depuis le début de l’épidémie pour 1,5 milliard d’habitants. Il y en a moins de 400 en France pour 67 millions d’habitants. Et certains nous en annoncent, si rien n’est fait, entre 300 000 et 500 000 ! Qui devrait être atteint dans un mois environ au rythme actuel de croissance, doublement tous les 3 ou 4 jours !!!
Incohérence des chiffes ?

Bien entendu, un tsunami n’est pas nécessaire pour épuiser les possibilités humaines et matérielles des services hospitaliers. Depuis 11 mois, des chefs de service hospitalier sont en gréve administrative, non pour demander une augmentation de salaire, cela tout le monde sait faire, mais pour demander un surcroît de moyens en matériel et en personnel pour faire face aux difficultés quotidiennes. Même si le coronavirus n’est pas plus qu’une grippe saisonnière, dont on n’entend pas parler, c’est une grippe supplémentaire, elle augmente fortement le nombre de cas auxquels les services hospitaliers doivent faire face. Avec un matériel et un personnel, insuffisants en temps ordinaire, le personnel étant plus touché que la population par le virus.
 

Tout le monde est d’accord, les moyens sont insuffisants. Quant aux responsabilités, c’est la faute des autres : Conseil scientifique, politiques, population qui ne suit pas les consignes…

Faut-il rappeler les déclarations des uns et des autres pour en sentir leur coté... dérisoire ? Christophe Castaner, prévenant avait fait ses calculs, faux d'ailleurs : Il y a en moyenne 1 000 électeurs par bureau de vote. Avec une participation de 60%, soit 600 personnes  à venir voter en l'espace de 10 à 12 heures, cela revient à 30 à 40 personnes par heure dans un même bureau. Ce qui permet d'éviter les contacts physiques.

Différences dans les déclarations d’Agnès Buzyn en quelques semaines. Il est regrettable, pour elle surtout, qu’elle n’ait pas parlé plus tôt si ce qu’elle dit, maintenant, est vrai. Si elle pensait qu’un tsunami arrivait…

La santé publique souffre de l’accumulation de pénuries organisées depuis des années. Aujourd’hui, le président Macron découvre les bienfaits de ce que, depuis son arrivée à la présidence, il s’efforce de réduire encore. Le service public, la notion de service public. Il rend hommage aux professionnels à ceux qu‘il a refusé d’entendre depuis des mois, pas seulement aux hospitaliers… Un hommage, cest bien et cela ne coûte pas cher. Nous avons en France les meilleurs virologues, les meilleurs épidémiologistes, des spécialistes de grand renom, des cliniciens aussi, des gens qui sont sur le terrain et que nous avons écouté, comme nous le faisons depuis le premier jour. Tous nous ont dit que malgré nos efforts pour le freiner, le virus continue de se propager et est en train de s'accélérer. Nous le savions, nous le redoutions.

Il savait tout ! Comme le dit Agnès Buzyn. Avant cette guerre comme avant une autre, il ne manquait pas un bouton de guêtre. Il ne manque que les masques qui sont inefficaces aujourd’hui mais qui risquent d’être fortement conseillés demain quand ils seront disponibles (Pour les masques FFP2, 70 à 80% des masques achetés en Europe viennent d’Asie). Il manque du gel hydroalcoolique dont l’usage est recommandé. Beaucoup plus grave, il manque des lits d’hôpitaux, des respirateurs qui, d’ailleurs, ne sont pas fabriqués en France…

Lors d’une enquête menée en juin-juillet 2009, le nombre de lits de réanimation recensés était de 4769 contre 5707 places en 2006, le nombre de respirateurs en réanimation 7007 en 2009 et de 9236 en 2006.
Selon l'OCDE, en 2018, sur 35 pays, la France se classe au 19e rang pour le nombre de lits en soins intensifs : Japon (7,8 lits pour 1.000 habitants), Corée du Sud (7,1), Allemagne (6), Lituanie (5,5), République slovaque (4,9), Pologne (4,8), Hongrie (4,3), Slovénie (4,2), République tchèque (4,1), Estonie (3,5) et Lettonie (3,3), France (3,1), Italie (2,6), États-Unis (2,4), Espagne (2,4), Royaume-Uni (2,1).

Pour en voir les conséquences, il suffit de comparer le nombre de morts en Allemagne, en France, en Italie… en tenant compte du décalage dans l’apparition de l’épidémie.


Maintenant, le président de la République est prêt à tirer la leçon : ce que révèle d'ores et déjà cette pandémie, c'est que la santé gratuite sans condition de revenu, de parcours ou de profession, notre État-providence ne sont pas des coûts ou des charges mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe... qu'il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché Déléguer notre alimentation, notre protection, notre capacité à soigner notre cadre de vie au fond à d'autres est une folie... Les prochaines semaines et les prochains mois nécessiteront des décisions de rupture en ce sens. Je les assumerai.

Tout était prévu ! Pourquoi ce retard à l'action ? Pourquoi ce revirement politique ?T
Mais comme les promesses n’engagent que ceux qui y croient, peut-être serait-il bon de mettre Emmanuel Macron à la retraite pour services non rendus à la population. Au minimum.

Coronavirus et politique

Partager cet article

Repost0
5 mars 2020 4 05 /03 /mars /2020 08:48
Madame la maire de Paris...

Le poste de maire de Paris ne semble pas pouvoir échapper à une des trois femmes que les sondages mettent en position favorable dans cette élection. D’où la tentation de faire leur portrait qu’une éditorialiste de référence a pu intituler La mairie de Paris et ses trois grâces, titre que ne saurait se permettre un mâle, blanc, au cinquantième anniversaire depuis longtemps oublié. Surtout que cet éditorial se termine par une avertissement : cette élection dépend fortement d’hommes, relégués au second plan… qui, au bout du compte, plieront le match…

Mais une autre particularité du trio de tête est intéressante à souligner. Toutes trois sont ou immigrée ou d’origine immigrée, de pays différents, dans des circonstances différentes, ce qui permet de penser que la population est moins xénophobe ou raciste (antisémitisme compris) que bien des politiques veulent le faire croire à travers leurs déclarations, leurs décisions… depuis une quarantaine d’années.

Anne Hidalgo, titulaire du poste, est née en Espagne d’un ouvrier électricien syndicaliste et d’une couturière, immigrés en France en 1962.

Rachida Dati est née en France d’un père maçon d'origine marocaine, arrivé en France en 1963, et d’une mère d'origine algérienne. Ancienne conseillère puis porte-parole de Sarkozy, ministre de la Justice du gouvernement Fillon, ancienne députée européenne, elle est actuellement maire, dans les beaux quartiers de Paris, du 7ème arrondissement.

Agnès Buzyn est née à Paris d’une famille juive polonaise. Son père, chirurgien orthopédiste, a été déporté à Auschwitz à l’âge de 12 ans (ses grands parents n’en sont pas revenus), et sa mère, psychanalyste, a été cachée pendant la guerre… Professeur de médecine, elle était ministre de la Santé poste qu'elle a dû abandonner à la demande du président de la République qui l'a envoyée en mission pour remplacer, au pied levé, l'ex-ministre Benjamin Grivaux, ex-candidat de LREM (1).

Si Agnès Buzyn a dit, récemment, Je n’ai peur de rien (2), cette qualité, positive ou négative, peut être reconnue aux deux autres candidates. Elle avait déjà été revendiquée par Rachida Dati, Je n'ai peur de rien, vous savez. Personne n'a idée de la force de mes ressorts (3). Car cette place n’a pas dû leur être offerte sur un plateau par leurs petits camarades de parti. A la République en marche, les candidats étaient nombreux, et deux se sont mis en compétition. Si l’un a été renié par son parti, LREM, l’autre conforté par le président de la République a disparu, incidemment, et le président a dû réparer avec Agnès Buzyn, la défection de son premier choix pour sauver ce qui pouvait l’être.

Anne Hidalgo, inspectrice du travail, conseillère technique dans différents cabinets ministériels, devient conseillère de Paris. Nommée maire adjointe par Bertrand Delanoë, elle lui succède à son départ. Et, maire sortante, elle doit affronter les attaques venant de tous les candidats.

Rachida Dati a du batailler dur, a connu de multiples vicissitudes, de multiples embûches pour obtenir les appuis successifs qui lui ont permis de conquérir sa place de représentante de la droite parisienne. Rares étaient ceux qui, il y a quelques mois encore, pensaient qu’elle pourrait être considérée comme une prétendante sérieuse à la mairie de Paris.

Ces trois candidates pourraient être considérées comme l’image triomphante d’une intégration réussie si la ligne politique, les déclarations des partis affichaient une réelle volonté d’intégration. Ce qui est loin d’être le cas depuis des dizaines d’années ! On pourrait même dire que , femmes, elles sont candidates malgré leur origine ou malgré la politique des partis, malgré l’atmosphère que les politiques font peser sur les questions d’immigration.
La maire de Paris sera élue démocratiquement par la population. Certes, étant donné le système électoral, elle ne sera pas élue directement par les citoyennes et les citoyens mais e
lles sont, toutes les trois, probablement plus connues que leur programme électoral !
Sans vouloir en faire les représentantes de l’immigration qu’elles ne sont pas, elles ne sont pas plus rejetées que l’ensemble du personnel politique.

D’ailleurs, sur les questions d’immigration, la population est peut-être plus ouverte que les politiques qui manquent pour le moins d’humanité.
Ce que montre l’importance des gestes, des actes de solidarité, à travers tout le territoire, comme ailleurs en Europe, de simples citoyens qui n’hésitent pas, de façon informelle ou organisée, à agir pour ceux ou celles qui sont abandonnés ou poursuivis par l’État, courant même le risque d’être poursuivis pour délit de solidarité.

Il faut le répéter, une fois de plus, à l’occasion de ces élections municipales, les politiques sont aussi en retard sur l’attribution du droit de vote aux résidents étrangers non communautaires, qui serait un pas important vers l’égalité.
Ainsi, depuis 1994, La Lettre de la citoyenneté pose la même question par sondage sur l’extension du droit de vote pour les élections municipales et européennes aux étrangers non communautaires. Depuis 14 années, la majorité des sondés s’y déclare favorable et aujourd’hui encore plus qu’hier : 62 % pour, 34 % contre (4) !
Mais il y a pire
 ! Les Britanniques résidant en France avaient, depuis le traité de Maastricht, le droit de vote et d’éligibilité aux élections municipales et européennes. Du fait du Brexit, ils ne voteront pas aux prochaines municipales ! Certains d’entre eux étaient membres de conseils municipaux. Ils ne peuvent pas se représenter !
Ils vivent toujours dans la même commune. Ils n’ont pas démissionné. Pour quelle raison sont-ils punis ? Sont-ils moins intégrés aujourd’hui qu’hier ? Ont-ils démérité ? Sont-ils rejetés par les électeurs ?
Q
u’en pensent leurs concitoyens de la commune ? On ne leur a pas posé la question.

Il est heureux que des personnes issues de l’immigration puissent devenir maire, notamment, image importante, maire de Paris. Il est regrettable que, en même temps, probablement pour la première fois, en France et en régime démocratique, on entérine, en silence, un pas en arrière dans la longue marche vers un suffrage réellement universel.

1 – Il faut noter que le président de la République qui considère les élections municipales comme n’ayant aucune incidence nationale, a envoyé successivement deux ministres à l’assaut de la mairie de Paris.
2 – Le Parisien, 19 /02/20
3 - Elle, 08/07/19
4 - Lettre de la Citoyenneté,n°163, janvier-février 2020

 

 

 Résultts des sondages de la Lettre de la citoyenneté de 1994 à 2020

Résultts des sondages de la Lettre de la citoyenneté de 1994 à 2020

Partager cet article

Repost0
7 janvier 2020 2 07 /01 /janvier /2020 21:12
Une ambition sans limites mais pas sans conséquences

Depuis le virage nié de 1983, la France est entrée dans une longue séquence, champ contre-champ, droite gauche, et aspirée dans une spirale de régression sociale continue à la suite du libéralisme triomphant de Margaret Thatcher cassant les syndicats de mineurs et Ronald Reagan celui des aiguilleurs du ciel. Relayés en Allemagne par le social-démocrate Gerhard Schröder et l'alternance-association SPD et CDU-CSU (social-démocratie et démocratie chrétienne). Les autres pays de l'Union européenne se sont, petit à petit, alignés sur la puissante Allemagne.
Les gros partis de France, quel que soit leur nom, n’ont fait que suivre la même voie.

Cette longue période TINA (There is no alternative) n’est pas sans conséquences graves : augmentation des inégalités, régression sociale et politique avec délitement des partis de gouvernement et montée du populisme de droite et d’extrême-droite. Le tout accompagné de petits sautillements indignés des démocrates modérés qui, après chaque défaite électorale, s’empressent d’affirmer que, le pire n’étant pas arrivé, tout allait bien, que la politique, la seule possible, était la bonne, qu’il fallait seulement la continuer et même l’accentuer.

Une ambition sans limites mais pas sans conséquences

Au Parlement européen, le populisme de droite et extrême-droite n’a pas encore atteint le niveau de blocage du Conseil, avec la nécessaire unanimité dans certaines décisions, mais le tandem PSE-PPE a perdu la majorité absolue.

Tout ceci et même le long et douloureux Brexit, première sortie d’un pays de l’Union européenne, ne change rien à l’optimisme béat : ces Britanniques insulaires ont voté pour un clown irresponsable comme les Étasuniens incultes pour un personnage grossier et ignare

Heureusement, ce n’est pas le cas en France où est apparu pour éviter le pire, un ange blanc centriste, ni gauche, ni droite, qui, par sa jeunesse, son dynamisme, son entregent, ses appuis financiers, allait faire les réformes indispensables et transformer le vieux pays en une jeune pousse : moderne, informatisée, rentable à condition d’éliminer les Gaulois réfractaires, les illettrés et autres moins que rien...

Mais le monde nouveau ressemble, par certains aspects, au monde ancien : depuis le printemps 2017, 16 ministres ont démissionné dont 1 seul pour des raisons politiques et au moins 8 obligés pour des problèmes qui n’ont rien de glorieux ! On est loin cependant de Nicolas Sarkozy et de son important carnet d’adresses d'avocats.

Se contenter de sarcasmes sur ce vieux-monde renouvelé ou de faire la liste des mots arrogants, méprisants du jeune premier serait une erreur grave. Cela doit seulement faire comprendre qu’Emmanuel Macron n’est guère embarrassé par ses scrupules ou sa compassion. Simplement obligé, toujours et encore, d’expliquer ce qu’il est le seul à comprendre.

Le jeune Macron est dangereux par une ambition sans limites, liée aux nouvelles grandes forces du capitalisme libéral international (les relations entre Emmanuel Macron et les hommes de Blackrock affichées au grand jour en sont l’exemple du moment). Utilisant et servant pour arriver à ses fins les forces financières internationales et des moyens politiques et policiers de l’État quels que soient les obstacles.

Il a été élu face à des politiques qui, de gauche ou de droite, poursuivent la même politique depuis François Mitterrand et font monter l’extrême-droite par leur conversion au libéralisme européen. Il a surtout été élu, non pour son programme mais contre l’extrême-droite par une large majorité d'électeurs au second tour. Majorité qui a permis à Jacques Chirac de ne rien faire et qui permet à Emmanuel Macron de faire ce qu’il veut, malgré les tardifs scrupules de quelques élus peu perspicaces déçus par tel ou tel aspect d’une politique de droite pourtant cohérente.

Une ambition conduite au pas de charge, au moins dans sa première partie : réformer la France, prendre la tête d’une Europe libérale et jouer dans le trio de tête, États-Unis, Chine, Europe, autrement dit, Emmanuel Macron, quel qu’en soit le prix…. pour les Français et les Européens. Et pour l’avenir de la planète car les réformes ne peuvent toucher les intérêts de ceux qui mènent le monde.

Pour cela, il doit changer d’abord la France et les Français : aligner la politique économique et financière sur celle de l’Allemagne. Ce qui suppose de mener rondement la politique commencée par ses prédécesseurs : respect des critères de Maastricht , c-a-d, casser toute résistance populaire, gilets jaunes ou syndicats, notamment, la CGT. Par la même occasion, s’il était possible de casser aussi la CFDT qui, à plusieurs reprises, lui a tendu la main...
Il a montré sa volonté de s’adresser directement au peuple et son mépris des corps intermédiaires, caractéristiques des populistes. Et un ni-gauche-ni-droite de plus en plus claudicant avec l’utilisation de l’immigration ou de la répression policière la plus violente depuis la guerre d’Algérie.

Une ambition sans limites mais pas sans conséquencesUne ambition sans limites mais pas sans conséquences

Pour respecter les critères de Maastricht, sa politique financière en a fait le président des riches : transformation de l’ISF en IFI, pour orienter des masses monétaires vers le financement des entreprises (françaises ?) et surtout la spéculation beaucoup plus lucrative (en 2019, la flambée des bourses contraste avec la croissance diminuée de l’économie mondiale) et le maintien de l’impôt sur l’immobilier (nul besoin d’investissements dans le logement ?) beaucoup moins facile à utiliser, allègement des contributions sociales diminuant les recettes, ouverture de perspectives intéressantes pour les fonds de pension ou d’investissement (Blackrock, visiteur du soir de Macron), privatisation d’Aéroport de Paris après le franc succès de celle de l’aéroport de Toulouse-Blagnac… Bien entendu au détriment des pauvres par la destruction de la solidarité depuis la suppression de l’APL jusqu’à l’austérité organisée avec la réduction des emplois, la disparition de services publics… et la réforme des retraites.

Une ambition sans limites mais pas sans conséquences

Avec l’espoir de devenir le bon élève de l'Union européenne à un moment très favorable : Brexit, affaiblissement, peut-être peu durable, de l’Allemagne : départ prochain d’Angela Merkel, absence de majorité claire, vieillissement de la population, difficultés économiques… Moment favorable aussi pour dire de l’Union européenne une véritable puissance libérale.

Pour avoir les mains encore plus libres sur la scène internationale, Emmanuel Macron essaie de détacher la France d’un passé impérialiste trop voyant ou, au moins d’en détacher son image : depuis la dénonciation du crime contre l’humanité en Algérie, passé presque inaperçue et pourtant inadmissible pour un candidat à la présidence de la République si elle n’est pas suivie, dès son accession au pouvoir, d’une importante initiative pour une grande réconciliation… jusqu’à la disparition du CFA en Afrique, signe de la sujétion des anciennes colonies africaines, remplacé par l’Eco avec quelques arrière-pensées sur une renonciation-substitution…

Ayant fortement affaibli les corps intermédiaires, les syndicats notamment, ayant satisfait ses soutiens financiers nationaux et internationaux, apparemment débarrassé d’un encombrant passé, Jupiter serait alors libre de se représenter dans les mêmes conditions qu’en 2017 avec le même résultat et de se projeter à la tête d’une l’Europe libérale convenant parfaitement aux intérêts des grandes multinationales.

Des multinationales qui façonnent déjà le monde nouveau avec des moyens financiers supérieurs à ceux de bien des États, des moyens techniques d’influence de plus en plus efficaces sur les décisions individuelles et collectives !

Dans cette optique, les moyens anciens, perfectionnés, qu’ont expérimenté, à leurs corps blessés, les gilets jaunes ne sont peut-être qu’une anecdote mais sont surtout un avertissement pour tous ceux qui voudraient s’opposer à ce nouveau monde en marche.

Il n’est pas certain que les peuples, ici comme ailleurs, acceptent cet avenir qu’on leur prépare, cet écrasement planifié. Qui augmente les inégalités, entre les pays et à l’intérieur de chacun, met en danger la démocratie relative, telle que connue jusqu’ici, et se préoccupe peu, eu delà des déclarations, de la viabilité de la planète.

Une ambition sans limites mais pas sans conséquences

Partager cet article

Repost0
2 novembre 2019 6 02 /11 /novembre /2019 18:42
Premier novembre algérien à Paris

Premier novembre algérien à Paris

Depuis février, le dimanche, place de la République à Paris, en écho aux manifestations du vendredi en Algérie, les Algériens de l’Île de France se rassemblent pour soutenir les revendications pacifiques, salmiya, et démocratiques qui s’expriment au pays.

Mais vendredi, ce n’était pas seulement un rassemblement place de la République mais une marche de la République à la Bastille, en Algérie aussi, il y a des bastilles à prendre.

Ce n’était pas dimanche mais vendredi 1er novembre, 65ème anniversaire du déclenchement de la lutte pour l’indépendance nationale, 37ème vendredi du mouvement, hirak (1), depuis le mois de février, qui a déjà obtenu la démission d’Abdelaziz Bouteflika, le 2 avril, l’annulation de l’élection présidentielle prévue au printemps dernier.

Aujourd’hui, les manifestants, pour une nouvelle indépendance, contre l’élection présidentielle prévue pour le 12 décembre, demandent le départ de tous ceux qui, depuis 1962, gouvernent l’Algérie, le système, qui ont perverti les idéaux de la Révolution notamment par la corruption. Sont visés les gouvernants dont une partie sont en prison mais aussi l’armée qui détient le pouvoir réel, au moins depuis 1965. Reprenant la ligne politique du congrès de la Soummam (1956), congrès du FLN durant la lutte pour la libération nationale, primauté du civil sur le militaire.
Les mots d’ordre criés vendredi à Paris étaient essentiellement : les généraux à la poubelle (de l’histoire), le pouvoir assassin et sous forme de panneaux avec ou sans photographies, libérez les prisonniers politiques, libérez les otages.

Dans les quelques images qui suivent, la plus grande différence avec celles d’Alger est la présence de nombreux drapeaux amazigh (2), interdits par les autorités algériennes.

Des milliers d’Algériens, de Franco-algériens, il y avait même des Belgo-algériens, unis dans un enthousiasme joyeux et plein d’espérance. La manifestation doit être exemplaire… répétait la sono au moment du départ quand les participants devaient quitter la place de la République pour prendre le boulevard du Temple...
Sans policiers, sans télévision...
Pour faire la une, il aurait fallu…

Parmi les milliers de manifestants, combien ont pensé Aux balles du 14 juillet 1953 ? Au 17 octobre 1961 ? Une manifestation normale de milliers d’Algériens, de Franco-algériens dans un Paris tranquille.
Ils avaient bien raison. Aujourd’hui, c’est un nouveau combat. Dans un autre contexte.
Dans cette marche, il y avait la joie. Et l’espoir d’une transition pacifique vers la démocratie.

Comme dans bien d’autres pays, contre la corruption, pour la démocratie, pour le progrès social. Là-bas, ici. Pour eux. Pour nous. Pour tous.
 


 



 

Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris
Premier novembre algérien à Paris

1 – Hirak, mouvement en arabe : ce mot a été utilisé en 2009 au Yémen et en 2016 dans le Rif marocain.

2 – Drapeau culturel et identitaire créé par un Kabyle, Youcef Medkouri. Dans les années 1970, l’Académie berbère présente le premier drapeau berbère. En 1998, le Congrès mondial amazigh l’officialise à Tafira dans les îles Canaries, peuplées autrefois par les Guanches, ancien peuple berbère (wikipedia).

Partager cet article

Repost0
28 juillet 2019 7 28 /07 /juillet /2019 20:07
Référendum d'initiative partagée  ou  requiescat in pace

A la demande de parlementaires, députés et sénateurs, et après consultation du Conseil constitutionnel, le gouvernement a dû mettre en place le recueil de signatures en faveur d’un éventuel référendum sur la privatisation d’Aéroports de Paris.

La procédure du référendum d’initiative partagée (RIP), instauré en 2008, est activée pour la première fois, le 10 avril 2019 : 248 députés et sénateurs (la loi exige au moins un cinquième des parlementaires) de l'opposition, communistes, insoumis, républicains, socialistes, déposent une proposition de loi pour que le groupe Aéroports de Paris (ADP) soit considéré comme un service public. Le 9 mai, le Conseil constitutionnel juge que les conditions requises sont respectées et fixe le nombre de soutiens nécessaires à 4 717 396. Le ministère de l’Intérieur ouvre la la plateforme en ligne pour collecter les soutiens à la proposition de loi dont le recueil est ouvert jusqu’au 12 mars 2020 (1) (Referendum.intérieur.gouv.fr).

Avec des modalités telles que les premiers candidats pour soutenir la pétition, probablement les plus motivés, ont souvent dû s’y reprendre à plusieurs fois ! Combien de citoyens ont abandonné ou abandonneront en cours d’inscription ?

La signature peut se faire aussi dans certaines mairies. Dans chaque canton, la commune la plus peuplée a été mandatée pour les enregistrer. Il faut donc signer la pétition par internet, soit se rendre à la mairie de la commune ou à une autre mairie du canton !! Obstacles supplémentaires au soutien.

Cette pétition a pour but de soutenir l’organisation d’un référendum pour ou contre la privatisation d’ADP.
En effet, si le nombre nécessaire de signataires est atteint, l’Assemblée nationale et le Sénat auront six mois pour examiner ou non la proposition. Si aucune des deux chambres n’examine le texte, le président de la République doit organiser un référendum pour ou contre la privatisation.

Mais si l’une des deux Chambres ou les deux se saisissent du texte, quoi qu’elles en fassent, il n’y aura pas de RIP. Étant donnée la majorité écrasante dont dispose le gouvernement à l’Assemblée nationale, il lui sera facile de mettre la proposition à l’ordre du jour et bloquer le référendum et le débat populaire sur la privatisation.

La mauvaise volonté du gouvernement porte surtout sur la nature démocratique et politique du processus. Il faut empêcher toute possibilité de prise de décision directe par le peuple français.

Référendum d'initiative partagée  ou  requiescat in pace

Le RIP est une démonstration parfaite de la nature démocratique de la République : il doit rester dans son coffret constitutionnel. Même après l’intention proclamée par le candidat Macron d’en faciliter l’usage (2). Mais attaqué férocement par son gouvernement et ses soutiens dès l’annonce d’un début de procédure : la République, au moins la démocratie représentative, serait en danger si on appliquait une loi constitutionnelle mise en place par le Parlement et dont la procédure est déclenchée par des parlementaires !!!

Si le RIP ne peut être appliqué sans risque pour la démocratie représentative, inutile de parler du RIC, référendum d’initiative citoyenne ! Les Gilets jaunes ne peuvent se faire d’illusion sur la question : le RIC ne verra pas le jour...

La mauvais volonté du gouvernement s’explique. Certaines de ses décisions, avalisées automatiquement par une Assemblée nationale aux ordres, pourraient être contestées par un RIP à l’initiative de quelques parlementaires.

Ce qui l’est beaucoup plus étonnant, c’est le silence des groupes et des parlementaires qui sont à l’origine de cette pétition.

Combien de réunions publiques ? Combien de collectifs ? Combien des tracts ? Combien d’affiches ont été organisées, publiées, diffusées ? Ce qui a fait l’intérêt du référendum de 2005, ce n’est pas seulement le résultat, qui a été méprisé par les parlementaires. C’est surtout la mobilisation populaire qui a eu valeur de formation politique et qui a permis la compréhension du Projet de constitution européenne, et son rejet par de très nombreux citoyens.
Ceux qui gouvernent ont retenu la leçon. Ce profond mouvement de démocratie concrète ne doit plus se reproduire.
Les politiques, les médias ont bien compris qu’il est plus facile d’amuser les électeurs avec des affaires touchant des politiques comme le dopage touchant des sportifs ou avec une rivalité entre candidats comme ils le font pour une compétition sportive.
Si le candidat, une fois élu, fait exactement le contraire de ce qu’il avait annoncé, il n’y a aucun recours possible pour le citoyen berné.

Il n’en est pas de même pour un texte que chacun peut lire, expliquer, décortiquer, publiquement ou en petits groupes. Et refuser...

Référendum d'initiative partagée  ou  requiescat in pace
Référendum d'initiative partagée  ou  requiescat in pace

La démocratie française, comme bien d’autres, c’est le pouvoir donné aux oligarques, aux compétents. Qui savent ce qui est bon pour tous. A leurs yeux, le peuple est compétent pour élire, librement, un de leurs candidats interchangeables. Il ne l’est plus pour lire, discuter, comprendre un texte et se déterminer essentiellement en fonction de ce texte. Pour voter après un vrai débat.

Emmanuel Macron ne cache pas son jeu. Il a bien montré ce qu’il entend par Un Grand Débat National.

La pétition lancée, le nombre de signatures obtenues peut avoir un impact considérable. Ce serait une faute politique grave de négliger d’y participer. Il peut changer le rapport des forces politiques.

Si les signatures sont peu nombreuses, cela confortera Emmanuel Macron dans l’idée qu’il a carte blanche pour poursuivre sa politique austéritaire. Non seulement la privatisation d’ADP ou de tout autre entreprise du nucléaire aux barrages hydroélectriques mais sa politique libérale de destruction de l’État et des lois sociales. Comme il l’a déjà fait pour le code du travail.

Un succès de la pétition n’arrêtera pas obligatoirement la privatisation d’ADP. La procédure peut être bloquée au niveau de l’Assemblée nationale. Mais un nombre de signatures très important, malgré les entraves gouvernementales, changera le rapport de force. Déjà, la bataille des Gilets jaunes, même s’ils n’ont pas obtenu satisfaction sur tout - il suffit de penser à l’impôt sur la fortune ou à l’APL – oblige Emmanuel Macron à être moins bravache et à retenir sa cravache...

La pétition peut lui montrer qu’il ne peut pas toujours passer outre la volonté populaire, qu’il a simplement le choix de soumettre sa politique au jugement du peuple qui peut se faire par référendum ou par…. de nouveaux Gilets jaunes, rouges, verts ou arc-en-ciel...

Dans cette optique, il est infiniment souhaitable que des collectifs se mettent en place pour multiplier les signatures. Le débat est important. Il ne porte pas sur la seule privatisation d’ADP ou de…

Mais sur la possibilité pour les citoyens de prendre en main une partie du pouvoir et de faciliter la prise de conscience qu’on ne peut laisser en place une personne qui défend seulement les intérêts de quelques uns !Ne pas signer la pétition, ce n’est pas seulement prendre position pour la privatisation d’ADP, c’est voter contre la pratique du RIP, c’est laisser les mains libres à Macron.

Référendum d'initiative partagée  ou  requiescat in pace

Le résultat serait terrible pour Macron si des millions de citoyens revendiquaient un véritable débat. La défaite serait terrible si les 4 millions de signatures n’étaient pas obtenues quelles que soient les manœuvres entreprises pour limiter la mobilisation.

Si le nombre de signatures nécessaires n’est pas obtenu, cela veut dire une large avenue ouverte à Emmanuel Macron sur les privatisations et pas seulement…

Le RIP pourra reposer en paix dans les textes. Les citoyens auront été électoralement nassés. Comment réagiront-ils ? De quelle couleur seront les prochains gilets ?

Référendum d'initiative partagée  ou  requiescat in pace
Référendum d'initiative partagée  ou  requiescat in pace

1 - Le citoyen qui veut soutenir la pétition doit, muni de ses cartes d’identité et d’électeur, remplir un questionnaire sur son état civil. Il faut mentionner les informations telles qu’elles sont inscrites sur ses cartes notamment tous les prénoms.
La collecte se termine officiellement le 12 mars 2020 à minuit. Pour le moment, le rythme de collecte des signatures est largement insuffisant pour obtenir le nombre nécessaire pour la réussite. Voir le site adprip.fr

2 - Le 25 avril, le président Macron déclare vouloir "aller plus loin" sur le RIP " en simplifiant les règles, en permettant que l'initiative puisse venir de citoyens, un million de citoyens qui signeraient une pétition et qu'elle puisse prospérer en projet de loi et si elle n'était pas examinée par les assemblées, aller au référendum(L’Express 16/05/19).

Référendum d'initiative partagée  ou  requiescat in pace

Partager cet article

Repost0
13 mai 2019 1 13 /05 /mai /2019 17:19
Démocratie représentative en danger

Si la démocratie est le gouvernement du peuple par le peuple, il existe de multiples façons d'en faire un détournement en fonction de l’intérêt des dominants. Qui n'hésitent pas à changer démocratiquement les règles pour empêcher le peuple de gouverner. Pour s’assurer la permanence du pouvoir. Dernier exemple : la privatisation de Aéroport de Paris (ADP).

Hélas, ce détournement de la démocratie n’est pas une spécialité française. Elle se retrouve, sous des formes adaptées à chaque pays, dans tout les pays dits démocratiques. Rien d’étonnant que, partout, le premier parti soit celui des non-participants aux élections. Elles sont manifestement trop biaisées.

En France, les règles sont un mélange de régime présidentiel et de régime parlementaire qui permet à une minorité d’accaparer le pouvoir : le président a obtenu les suffrages de moins d'un cinquième des adultes du pays, il dispose d'une majorité écrasante et inconditionnelle à l’Assemblée nationale. Cela en fait le maître absolu de l’ordre du jour et de l’initiative législative.

Jacques Chirac a été élu, au second tour de la présidentielle, avec une majorité confortable de suffrages, non pour son programme mais pour faire barrage à Le Pen père. Élu, il a oublié qui l'avait fait président. Emmanuel Macron, champion d'un nouveau monde, a bien compris l’ancien. Élu, dans les mêmes conditions, face à Le Pen fille, il en profite pour satisfaire ses mandants réels au détriment de la majorité de ceux qui ont voté pour lui.

Finalement, une explosion jaune conduit tout le monde à reconnaître qu'il existe une petite anomalie : il faudrait remettre, un peu, en jeu les corps intermédiaires négligés, discuter, un peu, pour expliquer au peuple les mesures intelligentes qu'on va lui infliger pour son bien...

Après 6 mois de jaunisse, 3 mois de Grand débat national (1) – consciencieusement utilisé comme campagne électorale de mi-mandat et pour préparer les élections européennes - le président Macron a sorti du chapeau la double avancée démocratique qu’il y avait mise : face à la revendication du référendum d’initiative citoyenne (RIC), il propose une facilitation du RIP, référendum d’initiative partagée (2) - avec une réduction du nombre de signatures nécessaires - et un brin de proportionnelle lors des élections législatives .

L’avenir de ces propositions a, cependant, un avenir incertain.

Tout d’abord, il convient de souligner que l’initiative n’est pas partagée : ce sont les parlementaires seuls (députés et sénateurs) qui peuvent déclencher le processus. Ils doivent être 185 à faire la demande. Ils ont été 248 (PS, PC, LR, FI) sur le projet de privatisation d’Aéroport de Paris.
Cette initiative doit ensuite être reconnue conforme par le Conseil constitutionnel, assemblée bien connue d’antiparlementaires extrémistes, peut-être noyautée discrètement par les Gilets jaunes. Quoi qu’il en soit, ce deuxième stade est franchi.

Mais l’autorisation du Conseil constitutionnel ne veut pas dire que le référendum aura lieu. Il faut d’abord recueillir l’accord de plus de 10 % du corps électoral, soit plus de 4,7 millions de signatures dans les 9 mois. En cas de succès, pour bloquer l’éventuel référendum, il suffira alors que l’Assemblée nationale ou le Sénat s’emparent de la proposition. Ce que permettra la large majorité présidentielle à l’Assemblée nationale.

Au total, il ne s’agit pas d’un référendum mais de la possibilité de faire inscrire un sujet à l’ordre du jour du parlement. Il ne s’agit pas d’une initiative partagée mais d’une initiative parlementaire appuyée par une partie importante des citoyens. Qui ne semble pas mettre en question la démocratie parlementaire. Au contraire, cela donne une possibilité d’initiative aux parlementaires qui doivent recevoir l’appui de citoyens dans un cadre constitutionnel clairement défini..

Démocratie représentative en danger

Le lendemain de la décision du Conseil constitutionnel, le titre ADP chute en bourse de 9,73%. Les éditorialistes s’affolent. La Démocratie est en danger !

Pourtant la décision de privatiser à tout va est largement contestée. L’exemplarité de la privatisation passée des autoroutes est fortement mise en cause : certains parlent même du précédent calamiteux de la privatisation des sociétés d’autoroutes. L’intérêt économique et financier d’une telle privatisation est fortement discutée. Comme celle annoncée des barrages hydroélectriques.
Ces privatisations ne sont pas exigées
par l’Union européenne. Elles visent simplement à soulager des contraintes budgétaires d’aujourd’hui au détriment de rentrées financières permanentes.

Pour le Gouvernement, si à chaque fois que la majorité vote une loi, 185 parlementaires peuvent retarder son application de plus de 9 mois, cela créerait une situation dangereuse pour la conduite de l’action publique
Mais tout le mode sait que le Conseil constitutionnel est là pour limiter, suivant la loi, la possibilité de RIP, à certains cas prévus par la Constitution : « organisation des pouvoirs publics ... réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale… « la ratification d’un traité ».

Ce risque même s’il est limité ne va pas conduire le président de la République à se précipiter pour instiller, comme annoncé, un peu de proportionnelle dans les élections législatives. Cela ne pourrait que renforcer le nombre d’opposants à l’Assemblée nationale susceptibles de mettre à nouveau en jeu un éventuel RIP.
Cela confortera
plutôt le président dans sa volonté de diminuer le nombre et les moyens de députés et de sénateurs.

Après 6 mois de manifestations des GJ, soutenues, d’après les sondages, par la population malgré la forte répression et les imprécations radio-télévisées, malgré 3 mois de Grand débat, les réponses que proposait Emmanuel Macron pour répondre à la revendication du RIC semblent mal parties.

Il y a de fortes chances pour que le président de la République retrouve la sagesse et sacrifie ses velléités de faciliter le RIP et d’instaurer une dose significative de proportionnelle.

On le sait depuis longtemps. C’est le peuple qui gouverne à condition de vouloir ce que veulent les compétents. Sinon, il y a toujours une façon de contourner sa volonté. En force ou en douceur.

Le contournement des résultats du référendum de 2005, qui n’avait pas été demandé par un RIP, il n’existait pas à l’époque, l’a bien montré. Et le passage en force de la loi sur le travail. Et la brutale répression des gilets jaunes… Et demain ???

A défaut de rétablir l’ISF, à défaut de faciliter le RIP, à défaut de proportionnelle, le président supprimera peut-être l’ENA que personne n’a demandée. Il n’est pas sûr que cela satisfasse et les Gilets jaunes, et la population.

Qui fait courir un risque à la démocratie, représentative ou non, déjà malade ? Ceux qui veulent limiter ou supprimer une possibilité d’initiative parlementaire qui n’a encore jamais été utilisée depuis 2008 ? Ceux qui veulent diminuer le nombre de parlementaires et leurs moyens ? Ceux qui veulent passer en force pour imposer des mesures qui compromettent l’avenir et qui sont rejetées même par des soutiens des pouvoirs en place ?

Non, ce sont bien évidemment ceux qui manifestent, qu’ils soient syndicalistes ou Gilets jaunes pour défendre l’intérêt général contre la privatisation d’investissements nationaux amortis depuis longtemps et maintenant rentables ?

Est-ce la réponse aux Gilets jaunes ? Ou faudra-t-il l’irruption de Gilets rouges pour convaincre les oligarques ?


 

 

Démocratie représentative en danger

1 - Grand Débat, pour redonner la parole aux Français sur l'élaboration des politique publiques qui les concernent  et porter, entre autres, sur démocratie et citoyenneté.…

2 - Loi constitutionnelle du 23 juillet 2008 de modernisation des institutions de la Ve République adoptée à la quasi unanimité des parlementaires de droite et du centre. Contestée lors de sa première tentative d’application : elle devient un grave problème de démocratie d’après l’entourage du Premier ministre.

Partager cet article

Repost0
10 décembre 2018 1 10 /12 /décembre /2018 23:36
Classes, discriminations, unité

Il fut un temps où une certaine gauche voulait tout expliquer par la lutte des classes. Abandonnée aujourd’hui, pour la lutte contre les discriminations.

En ces temps là, la lutte des classes, moteur de l’histoire, avait lieu dans les pays développés. C'était la révolution dans les métropoles qui permettrait l'émancipation des pays colonisés. Mais peu à peu, sous l'influence de la première guerre d'Indochine, de la conférence de Bandoeng (1955), des guerres d’Algérie, du Vietnam, la lutte pour les indépendances nationales a trouvé sa place. Les plus malins affirmaient que cette lutte était une forme de la lutte des classes ou une étape pour permettre ensuite le développement de la lutte des classes. Le tout teinté de contradiction principale et contradiction secondaire…
Il en était de même pour bien d’autres fronts dits secondaires comme les luttes des femmes pour l’égalité, des régionalistes, des homosexuels

Avec l’évolution de l’économie mondiale et nationale, l’importance de la classe ouvrière a perdu, ici, sa centralité : désindustrialisation (Billancourt est désormais dans les pays de l’Est, en Chine, au Vietnam ou ailleurs), essor du tertiaire, externalisation de certains secteurs des entreprises...

Avec l’affaiblissement de la lutte des classes, la lutte contre les discriminations, venue des États-Unis dans le sillage du multiculturalisme britannique, a pris de plus en plus de place dans les conflits sociaux. Et les luttes des groupes sociaux discriminés, communautés, fiertés, mémoires… ont acquis une plus grande visibilité.
Certaines de ces groupes, sous forme constituée, sont apparus récemment, au moins sur la place publique, la plupart existent cependant depuis longtemps avec pour but, la reconnaissance, le maintien, la perpétuation d’identités particulières qui sont ou se sentent minorisées, discriminées et revendiquent l’égalité des droits.

La classe ouvrière ayant perdu sa centralité, la plus grande partie de la gauche a accueilli avec une bienveillance justifiée, la lutte contre les discriminations surtout quand elle était menée par des couches de la population particulièrement défavorisées, discriminées par leur origine, concentrées dans des zones urbaines : les ghettos ouvriers, qu’on appelait banlieue rouge, parce qu’elles s’exprimaient politiquement au niveau électoral, sont devenus des ghettos ethniques euphémisés en quartiers ou quartiers difficiles qui sont, à forte proportion, d’immigrés d’origine maghrébine ou subsaharienne. Souvent regroupés dans immigration post-coloniale.
Cette population qui, souvent, n’a pas le droit de vote ou ne vote pas, est toujours aussi pauvre ou plus pauvre qu’avant, rongée par le chômage qui dure depuis des générations. Et le développement d’une économie parallèle.

Dans un premier temps, ces travailleurs immigrés ou d’origine immigrée, se sont adaptés à la société en créant des associations par nationalité, associations de fait puis de droit, à partir d’octobre 1981, quand la liberté d’association sans restriction a été rétablie. Parallèlement, les gouvernements des pays d’origine ont constitué des amicales dont le but essentiel était le contrôle de leurs ressortissants.
Ces associations de résidents étrangers par communauté nationale sont parfaitement légitimes, comme la création et l’existence de toute association qui s’insère dans la législation commune. Elles tendent à faire vivre des particularités culturelles, à maintenir les relations avec les pays d’origine et l’espoir d’un retour, à obtenir l’égalité des droits en France.

Peu à peu, le retour au pays est devenu mythique, l’installation temporaire se pérennise, du fait d’une intégration relative, du regroupement familial, de la naissance d’enfants dont la France est devenu le pays d’origine… D’autre part, la démocratisation, le développement du pays d’origine est devenu de moins en moins prévisible.

A la suite du vieillissement des travailleurs immigrés, de la présence des familles, et surtout d’enfants et de leur insertion dans l’inégalité sociale, souvent dans les quartiers les plus défavorisés, les associations ne correspondent plus aux besoins de la population qu’elles voulaient représenter, organiser. Elles ont, pour la plupart, périclité (1, 2).
Finalement, cette installation, définitive, peut-être inavouée, avec femmes et enfants, conduit à la reconstitution du mode de vie, du cadre de vie, au retour à la pratique religieuse.
Les associations ont, peu à peu, cédé le pas, aux mosquées comme foyer culturel et identitaire qui peuvent s’organiser sur une base associative (loi de 1901) ou plus rarement cultuelle (loi de 1905). Leur existence est tout aussi légale et légitime.
Certaines de ces mosquées peuvent être organisées par nationalité et plus ou moins contrôlées par les pays d’origine. D’autres sont financées par de riches pays arabes (Arabie saoudite, Qatar…) qui diffusent leur idéologie.

Avec le temps, une partie de cette population prend de plus en plus conscience de la relativité de son intégration. A travers les discriminations, plus souvent de fait que de droit (deux poids, deux mesures... pas de justice, pas de paix), au niveau de l’école, du travail, du logement, de la police (contrôles au faciès, non lieu lors des procès pour bavure policière…). Mais aussi au niveau des regards, des réflexions quotidiennes : pour reprendre Sartre, c’est le regard qui assigne une personne à une identité, ici arabe, musulmane, quelles que soient sa situation, son histoire, sa religion...

Ces discriminations quotidiennes encouragent le repli. Repli sur une appartenance, réelle ou imaginée : la nationalité d’origine qui n’offre guère de perspective, ni ici, ni là-bas, s’efface au profit du quartier, du groupe de jeunes, de l’islam, souvent mal connu, de la solidarité avec le Proche Orient (Palestine, Irak, Syrie), identification plus ethnique que religieuse ou politique. Entraînant un rejet des valeurs de la société qui ne sont pas appliquées.

Faute d’une prise en charge au niveau du travail par les syndicats, chômage qui touche les générations l’une après l’autre, par les politiques avec l’affaiblissement du Parti communiste, par des structures religieuses accueillantes comme avaient pu l’être les églises pour les immigrations précédentes, à cause d’un racisme diffus qui gomme les particularités au profit de catégories globalisantes construites, arabes, musulmans, d’une relégation dans des quartiers plus ou moins ghettoïsés, ce sont les structures politico-religieuses qui prennent la place laissée vide.

Là où la notion de classe et de lutte des classes créait une unité des couches sociales défavorisées autour de la classe ouvrière, il n’y a pas de force, d’organisation capable d’intégrer les luttes contre les discriminations dans les luttes générales contre les inégalités économiques, sociales et politiques. Pour en faire ses sujets de mobilisations fortes au-delà des statuts, des déclarations de principe et même de quelques luttes dans certaines entreprises.

Il n’est qu’à voir, dans les manifestations à Paris, la couleur des participants pour savoir quel est leur objet. Cela entraîne un affaiblissement des revendications des uns et des autres. Seuls les sans papiers s’invitent dans presque toutes les manifestations !

Distribution de repas à des jeunes mineurs isolés

Distribution de repas à des jeunes mineurs isolés

Pourtant, on peut voir l’échec de ceux qui ont voulu attirer les Gilets jaunes dans des déclarations contre les immigrés ou les étrangers, les résultats des sondages favorables au droit de vote des résidents étrangers, les multiples initiatives locales, discrètes, dont les informations parlent peu, pour accueillir des demandeurs d’asile ou aider les jeunes mineurs isolés, malgré toute les déclarations des politiques depuis plus de 40 ans contre les immigrés.

Il est permis de constater que les citoyens français, même dans des circonstances difficiles, n’ont pas abandonné leur passion d’égalité. Et l’unité est toujours possible pour faire diminuer, disparaître les discriminations et faire progresser, ensemble, les couches populaires dans leur diversité..

Classes, discriminations, unité

1. Le Mouvement des travailleurs arabes (MTA), animé essentiellement par des Tunisiens, regroupait des travailleurs originaires du Maghreb ou du Machreb.

2. Parmi les associations par nationalité, la Fédération des Tunisiens citoyens des deux rives (FTCR) continue une activité réelle.

Partager cet article

Repost0
30 septembre 2017 6 30 /09 /septembre /2017 22:16
Après les législatives en Allemagne

English

Les résultats des élections législatives allemandes (au Bundestag, Diète fédérale) inquiètent fortement. Pourtant, ce n’était pas totalement inattendu car ces élections viennent après bien d’autres tout aussi inquiétantes mais rapidement oubliées par l’optimisme libéral, européiste, des politiques et des médias. Qui s’agitent un moment pour des résultats considérés comme catastrophiques et les oublient le lendemain ayant trouvé le remède miracle : fermer les yeux et continuer ou accentuer la politique sanctionnée par les électeurs.

 

La nomenclature de l’Union européenne (UE) a déjà été déçue à plusieurs reprises.

 

En France, en 2002, le Front national (FN) a participé au second tour d’une élection présidentielle auquel Jean-Marie Le Pen a obtenu 17,8 % des voix. En 2017, Marine Le Pen fait beaucoup mieux : 33,9 % !
Mais le mode de scrutin aidant, Emmanuel Macron est élu à une très forte majorité, comme tout candidat l’aurait été face à Marine Le Pen. Le nouvel élu, fort de ces résultats et d’un pouvoir constitutionnel exorbitant, peut s’engager résolument dans une politique approuvée par un quart des électeurs.
Le FN est pratiquement exclu de l’Assemblée nationale et toutes les oppositions y sont très réduites.

Entre ces deux élections présidentielles, le non l’a emporté au référendum de 2005 sur la proposition de Constitution européenne. Mais les politiques, droite et gauche confondues, en ont méprisé le résultat. Les parlementaires ont adopté le texte, peu modifié, refusé par le peuple français.
Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes démocratiques…


Au niveau européen, à chaque fois qu’un peuple a dit non à une question posée sur l’UE, les politiques ont effacé ce résultat, quelquefois en faisant revoter le peuple.

En Hongrie, Viktor Orbán, à la tête du Fidesz (1), partisan de la révolution nationale et d’une politique très conservatrice est au pouvoir depuis 2010. Sur des bases proches de celles de l’AfD aujourd’hui.

Les Polonais ont donné la majorité absolue, en octobre 2015, à Droit et Justice, (PiS), parti conservateur et eurosceptique.

En décembre 2016, en Autriche, au premier tour de l’élection présidentielle, les candidats des deux partis de gouvernement, social démocrate et conservateur, sont éliminés. Au second tour, grande satisfaction : le candidat vert est élu président de la République, le candidat d’extrême droite obtient seulement 48,3 % des voix.
Il y a des satisfaction
s plus exigeantes.

 

Aux Pays-Bas, en mars 2017, le Parti populaire pour la liberté et la démocratie (VVD) du Premier ministre arrive en tête aux élections législatives en perdant 8 sièges par rapport à l’élection précédente de 2012 et son partenaire social-démocrate, le Parti du travail (PvdA) ne recueille que 5,7% des voix et n’obtient que 9 élus (29 sièges perdus).
Cette défaite des partis au pouvoir est saluée comme une victoire parce que le Parti de la liberté (PVV) de Geert Wilders a fait moins bien que ce qu'il pouvait espérer et n'a obtenu que que 13,1% des suffrages et 20 députés (5 sièges gagnés).

Depuis, les Pays-Bas sont à la recherche d’un gouvernement.

 

En janvier 2015, les citoyens grecs portent au pouvoir Syriza et Alexis Tsipras qui contestent la politique austéritaire du gouvernement grec et de sa tutelle européenne. Notamment d’Angela Merkel.
La Grèce n’a pas fini de payer ce crime et a été à deux doigts de l’expulsion de l’UE.


 

Après les législatives en Allemagne

Partout, les partis de gouvernement, au pouvoir ensemble ou alternativement au gouvernement et dans l’opposition, perdent du terrain ici sur la droite, là sur la gauche ou sur les deux.


L’Allemagne était exceptionnelle par sa stabilité apparente jusqu’aux dernières élections législatives (2). Pourtant, l’AfD (Alternative für Deutschland, Alternative pour l’Allemagne) progressait aux différents scrutins.

L’AfD a été crée en 2013 par des professeurs d’économie sur un programme anti-euro, libéral, russophile. Elle a évolué en parti anti-immigration et anti-islam.

Quelques mois après sa fondation, elle manque de peu son entrée au Bundestag avec plus 2 millions de voix, soit 4,7 %. Il aurait fallu qu’elle en recueille 5 % !

Aux élections européennes de 2014, elle obtient 7 % de voix et 7 députés sur 96. Depuis 2014, à chaque élection régionale, l’AfD obtient des élus : au total, elle en a actuellement dans 13 régions sur 16 (3 régions en 2014, 2 en 2015, 5 en 2016, 3 en 2017) atteignant jusqu’à 20,8 % dans le Mecklenbourg-Poméranie-Occidentale et 24,3 % en Saxe-Anhalt. Aux législatives 2017, avec près de 6 millions de voix (12,6%), elle devient le troisième parti en Allemagne et fait élire 94 députés (sur 709).

Angela Merkel, désignée à 10 reprises (2006-2009 et 2011-2016) comme la femme la plus puissante du monde, est devenue Mutti, la mère de la nation et, récemment, sous la plume de journalistes comme Jakob Augstein, « la mère du monstre».

Angela Merkel, chancelière de la puissante Allemagne depuis 12 ans, ne peut être tenue comme irresponsable de la désaffection pour l’UE, dans tous les pays même les plus europhiles, et de la montée de la droite extrême dans toute l’UE. Car Angela Merkel et son ministre des finances, Wolfgang Schäuble, ont imposé leur politique d’austérité à tous les pays de l’UE, avec l’accord, plus ou moins contraint, plus ou moins enthousiaste, des gouvernements nationaux.

En France, la politique économique et sociale du gouvernement allemand est présentée comme le modèle, avec souvent quelques oublis : développement des énergies renouvelable, arrêt du nucléaire, immigration...

Jusqu’à ces dernières semaines, les politiques, les médias ne tarissaient pas d’éloges sur ses excellents résultats : grâce aux réformes de Gerhard Schröder, chancelier social démocrate 1998 -2005, et à la politique suivie par Angela Merkel et ses gouvernements de coalition avec le SPD (2005), le FDP (2009) et à nouveau le SPD (2013) : taux de croissance au plus haut, en partie dopée par l’arrivée d’immigrés (3), chômage divisé par trois en douze ans, baisse de l’endettement de l’État, solde positif des finances publiques, balance commerciale fortement positive, notamment avec les autres États de l’UE...

Plus récemment, des données, connues mais discrètement ignorées parce que moins flatteuses et moins séduisantes, ont aussi été publiées : doublement du pourcentage de la population pauvre depuis 2015 et du nombre de travailleurs pauvres, le plein emploi étant obtenu par l’augmentation des mini-jobs. En plus des 2,5 millions de chômeurs officiels, 1 million de personnes en situation de sous-emploi et dont beaucoup sont des travailleurs pauvres qui ne sont pas comptés comme chômeurs. Augmentation de 30 % des retraités pauvres… communes en crise budgétaire, mauvais état des infrastructures faute d’investissements…

Finalement, la politique de rigueur a exacerbé le clivage entre pays de l’Europe du nord et du sud. Mais même dans les pays dits prospères comme les Pays-Bas, la Scandinavie, l’Autriche et maintenant l’Allemagne... le développement des inégalités, une augmentation du nombre des très riches et des pauvres, entraîne l’apparition de votes de contestation. La CDU/CSU de Angela Merkel et Worfgang Schäuble a nettement emporté les élections législatives mais avec le taux le plus faible depuis 1949. Et depuis 1933, pour le SPD, son allié au gouvernement lors de la dernière législature !!!
C’est la sanction de la politique suivie depuis Gerhard Schröder par les deux partis de gouvernement, CDU/CSU et SPD.

Après les législatives en Allemagne

Face au succès de l’AfD, seul le parti libéral (FDP) a amélioré sa position. Appartenant au gouvernement, il n’a pas atteint les 5 % en 2012 et n’était plus présent au Bundestag. Il y revient du fait de son évolution vers l’européo-scepticisme.

L’entrée au Bundestag, pour la première fois depuis la fin de Seconde guerre mondiale, d’un parti d’extrême droite a créé un choc. Des manifestations ont eu lieu dés le dimanche 24 septembre dans la soirée dans plusieurs villes d’Allemagne à Cologne Francfort, Munich et Berlin. Ici aux cris de « tout Berlin hait les nazis », « nazis dehors » ou encore « le racisme n'est pas une alternative », « nous sommes unis, vous êtes de la merde », « écrasons le nationalisme »
Il n’est pas sûr que ce soit la bonne méthode pour arrêter la progression de l’AfD. L’expérience française a montré les limites de ce type de manifestation.

Le SPD a décidé de ne pas participer à la prochaine coalition gouvernementale, non parce que sa politique était mauvaise pour la population, pour l’Allemagne ou pour l’UE, c’est lui qui en est à l’origine avec Gerhard Schröder, qui l’a soutenu durant deux des trois mandatures d’Angela Merkel : 8 postes de ministre sur 16 dans le cabinet Merkel I dont ceux du Travail et des Affaires sociales, des Affaires étrangères, des Finances… ; 6 sur 16 dans le cabinet Merkel III dont ceux de l’Économie et l’Énergie (4), des Affaires étrangères, du Travail et des Affaires sociales… Mais à cause des mauvais électoraux.
Il ne fait pas de doute qu’il va profiter de son passage dans l’opposition pour donner des couleurs à son futur programme… pour gagner des voix… Mais quel degré de confiance les électeurs allemands pourront-ils lui accorder ?

Le cabinet Merkel IV annoncé pourrait regrouper, la CDU/CSU, le FDP et les Grünen (Les Verts). Difficilement à cause de positions divergentes du FDP et des Grünen sur l’UE. C’est dire que seule Die Linke qui défend une ligne antilibérale et un socialisme démocratique pourrait incarner une opposition de gauche, ce qui n’a pas été le cas jusqu’à maintenant alors que le SPD était au gouvernement. Ce qui risque d’être encore plus difficile avec un SPD officiellement dans l’opposition.

 

Après les législatives en Allemagne

1 – Le Fidesz pour Fiatal Demokraták Szövetsége (Alliance des jeunes démocrates) est l’appellation la plus courante du parti présidé par Viktor Orbán. A partir de 1995, son nom officiel a été Fidesz – Magyar Polgári Párt (Parti civique hongrois), puis à partir de 2003 Fidesz – Magyar Polgári Szövetség (Alliance civique hongroise).

2 – Résultats : CDU/CSU : 32,93% (-8,6), SPD : 20,51 (-5,2), AfD:12,64 (+7,9), FDP : 10,75 (+6), Die Linke : 9,24 (+0,7), Die Grünen 8,94 (+0,5).

3 - La croissance de l’économie allemande, qui s’élève à 1,9 % en 2016, est supérieure d’un demi-point à la moyenne des dix années précédentes (1,4 %). La hausse des dépenses de l’État et l’augmentation globale de la consommation liées à l’arrivée des réfugiés ont eu sur l’économie un fort effet d’entraînement. Le Monde Économie, 13/01/17.

4Peu de temps après son retrait de la vie politique, Gerhard Schröder est nommé à la tête du consortium chargé de la construction du gazoduc Nord Stream dont le premier partenaire est la société russe Gazprom (Wikipedia).

Partager cet article

Repost0
1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 22:22
Les élections contre la démocratie ?

english

La démocratie ne se résume pas à des élections libres appliquant le principe une personne, une voix. Mais, même en se cantonnant à une conception aussi restrictive de la démocratie, on peut voir que, dans deux vieux pays démocratiques occidentaux, les États-Unis et la France, les dernières élections n’ont respecté le principe que de façon très formelle. Or, en quelques mois, ces élections ont changé profondément la situation politique. Au niveau intérieur et pour les États-Unis bien au delà.

 

Aux États-Unis, Hilary Clinton a obtenu lors de l’élection présidentielle près de 66 millions de voix (48,03% des suffrages exprimés) et Donald Trump près de 63 (45,94%). Mais du fait du système électoral, c’est Donald Trump avec 304 Grands électeurs contre 227 pour Hilary Clinton (56,5% contre 42,2%), qui a été élu président des États-Unis ! C’est la cinquième fois que le phénomène se produit. En 1824, 1876, 1888, 2000 et 2016, le président élu n’a pas été le candidat qui a recueilli le plus de suffrages exprimés.

 

Cela tient au fait que quasiment tous les États utilisent la règle du winner takes all, le vainqueur prend tout, qui attribue l'ensemble des Grands électeurs de l’État au candidat ayant reçu la majorité, relative ou absolue, des suffrages. Certains États sont à dominante partisane nette, ou républicaine ou démocrate. Dans ce cas, que le parti dominant recueille 55 ou 65 % des voix ne change rien, tous les Grand électeurs lui sont attribués. Par contre, dans un swing state, État-charnière, État pivot, les deux partis dominants ont sensiblement à égalité. Il suffit que quelques milliers de voix basculent, passent d’un parti à l’autre pour que tous les délégués de cet État changent de camp.
Ce système explique la victoire de Donald Trump.
Le phénomène est donc connu depuis longtemps. Et accepté.

 

Les États-Unis d’aujourd’hui ne sont pas très différents de ceux d’hier mais la politique du dernier président blanc n’est pas exactement la même que celle du premier président noir ! De la politique d’immigration ou de l’obamacare à l’intérieur aux positions en politique extérieure, sur la Cop 21, les relations avec l’Otan et l’Union européenne ou au Proche-Orient…

Cela semble illustrer le vieux mot d’ordre, élection, piège à cons, qui veut dire, classiquement, que les élections ne servent à rien. Dans le cas précis, certains doivent regretter leur non participation au vote...

 

Une autre façon d’échapper démocratiquement à la démocratie est, ce qu’on appelle en France , le charcutage électoral des circonscriptions, aux États-Unis gerrymandering : partisan gerrymandering, charcutage à visée partisane  quand le but est d’accentuer l’avantage d’un parti politique, et racial gerrymandering pour augmenter ou cantonner le poids politique d’une minorité raciale. Ce terme est né en 1811 quand le gouverneur Elbridge Gerry a dessiné une circonscription en forme de salamandre pour favoriser son parti.

Enfin, le nombre de délégués attribué à chaque État est très variable : de 1,41 en Californie à 5,12 dans le Wyoming, par millions d’habitants.

En France, le système électoral majoritaire à deux tours à l’élection présidentielle et aux élections législatives avec des législatives au décours de la présidentielle entraîne une distorsion encore plus grande entre les forces politiques dans la population et dans la représentation nationale.

Ainsi Emmanuel Macron, avec 24 % des voix au premier tour de la présidentielle et 28 % au premier tour aux législatives pour son parti et 43 % au second, remporte le poste de président de la République sans aucun contre-pouvoir à l‘Assemblée nationale mais au contraire une majorité absolue forte (308 députés sur 577). Majorité très liée au président car une bonne partie n’a aucune implantation personnelle dans sa circonscription. Ces candidats ont été désignés par le président lui-même et sa garde rapprochée et ont été élus sur son seul nom. Ce qui lui permet d’exercer une dictature républicaine, en principe pour les 5 prochaines années.
Enfin, le programme d’Emmanuel Macron a été connu partiellement et tardivement, aussi bien par les électeurs que par les personnes qui ont été candidates ou même élues aux législatives.

Cela n’entame en rien la légalité de l’élection d’Emmanuel Macron et de sa majorité. Et la contestation ne peut venir, en aucun cas, de ceux qui ont été au pouvoir jusque là. Ils n’ont pas changé les règles électorales quand ils le pouvaient, aussi bien Nicolas Sarkozy que François Hollande, parce qu’ils en avaient profité et espéraient encore rester au pouvoir bien que minoritaires dans le pays, ce dont témoignaient et les sondages et les résultats de toutes les élections partielles durant leur quinquennat.
Ils est aussi de bon ton de contester la légitimité de ces dernières élection par suite de la forte proportion d’abstentionnistes, de votes blancs ou nuls. Mais ceci invalide plus le système et notamment les majorités précédentes que le président. Les autres candidats ne peuvent se prévaloir de résultats supérieurs.

Les élections contre la démocratie ?

Il n’empêche que l’étendue des pouvoirs dont dispose le président fait penser au dictateur de la République romaine : un magistrat extraordinaire détenait les pleins pouvoirs pour un mandat qui ne pouvait, à l'origine, excéder six mois. Ce qui n’a pas toujours été le cas. Ici, sauf accident, Emmanuel Macron est au pouvoir pour 5 ans. Quels que soient les résultats des sondages ou des élections partielles ou locales à venir.
Aux États-Unis, Donald Trump n’est élu que pour 4 ans et des élections législatives ont lieu tous les 2 ans qui peuvent remettre en question la majorité républicaine au Congrès.

Les premières décisions du président de la République montrent sa volonté d’utiliser au maximum les possibilités que lui offre la Constitution et d’augmenter sa liberté de manœuvre : volonté de prendre rapidement des mesures par l’usage des ordonnances, de l’article 49-3, prorogation de l’état d’urgence, intégration de certaines possibilités offertes par l’état d’urgence dans la législation normale, attribution du poste de questeur à l’opposition de sa majesté et non au parti d’opposition (?) le plus important de l’Assemblée nationale, prise de parole devant le parlement réuni en Congrès à Versailles, qui plus est à la veille du discours du Premier ministre devant l’Assemblée nationale qui semble vouloir rappeler à celui-ci son rôle second dans la conduite de la politique du gouvernement, rattachement au président de la République de la cellule de coordination pour lutter contre le terrorisme, élection-nomination d’un ami comme président de son groupe parlementaire sans concurrence même fictive, contrôle de la parole de ministres et de leurs rapports avec la presse, habile élimination de François Bayrou qui avait créé de menus problèmes au moment des législatives, qui voulait être au gouvernement et garder son droit à une parole indépendante, n’ayant pas suffisamment pris en compte que les voix de son groupe n’étaient pas nécessaire au nouveau président pour avoir une majorité absolue à l’Assemblée nationale…

Emmanuel Macron, comme d’habitude, ne perd pas de temps, assure ses bases, solidifie son pouvoir tant qu’il bénéficie du soutien d’un groupe parlementaire, pour le moment charmé et tenu, de l’opinion publique d’après les sondages avant de mettre en chantier les mesures législatives...

Les élections contre la démocratie ?

De même, il a entrepris quelques manœuvres pour obtenir une place importante sinon prépondérante au niveau européen. Il n’est pas sûr que cela soit aussi facile. Au niveau symbolique, l’invitation de Donald Trump, les déclarations sur la Cop21 vont dans ce sens. La poignée de main avec Donald Trump dont on a magnifié la vigueur pour montrer la place que veut avoir le président, a eu probablement une autre interprétation, outre-Rhin, après l’affront de Donald Trump à Angela Merkel lors de leur rencontre... Déjà, de petites phrases commencent à se faire entendre du côté du président de la Bundesbank ou d’Angela Merkel, elle-même, lors de leur conférence de presse…

Mais le président Macron a besoin de résultats concrets au niveau économique et budgétaire pour que ses positions européennes apparaissent comme autre chose que de la suffisance gauloise.

La prise du pouvoir par Emmanuel Macron a été rapidement menée au niveau électoral et institutionnel. Pour le moment, il est sur le nuage post-électoral, adulé par beaucoup malgré les entorses aux pratiques démocratiques traditionnelles, il peut espérer avoir mis de son côté tous les atouts pour s’attaquer aux mesures qu’il veut imposer à la société française.
Reste à savoir quelles seront ses réponses...

Les élections contre la démocratie ?
Les élections contre la démocratie ?

Partager cet article

Repost0

Présentation

  • : Le blog de Paul ORIOL
  • : Réflexions sur l'actualité politique et souvenirs anecdotiques.
  • Contact

Texte Libre

Recherche