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30 septembre 2017 6 30 /09 /septembre /2017 22:16
Après les législatives en Allemagne

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Les résultats des élections législatives allemandes (au Bundestag, Diète fédérale) inquiètent fortement. Pourtant, ce n’était pas totalement inattendu car ces élections viennent après bien d’autres tout aussi inquiétantes mais rapidement oubliées par l’optimisme libéral, européiste, des politiques et des médias. Qui s’agitent un moment pour des résultats considérés comme catastrophiques et les oublient le lendemain ayant trouvé le remède miracle : fermer les yeux et continuer ou accentuer la politique sanctionnée par les électeurs.

 

La nomenclature de l’Union européenne (UE) a déjà été déçue à plusieurs reprises.

 

En France, en 2002, le Front national (FN) a participé au second tour d’une élection présidentielle auquel Jean-Marie Le Pen a obtenu 17,8 % des voix. En 2017, Marine Le Pen fait beaucoup mieux : 33,9 % !
Mais le mode de scrutin aidant, Emmanuel Macron est élu à une très forte majorité, comme tout candidat l’aurait été face à Marine Le Pen. Le nouvel élu, fort de ces résultats et d’un pouvoir constitutionnel exorbitant, peut s’engager résolument dans une politique approuvée par un quart des électeurs.
Le FN est pratiquement exclu de l’Assemblée nationale et toutes les oppositions y sont très réduites.

Entre ces deux élections présidentielles, le non l’a emporté au référendum de 2005 sur la proposition de Constitution européenne. Mais les politiques, droite et gauche confondues, en ont méprisé le résultat. Les parlementaires ont adopté le texte, peu modifié, refusé par le peuple français.
Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes démocratiques…


Au niveau européen, à chaque fois qu’un peuple a dit non à une question posée sur l’UE, les politiques ont effacé ce résultat, quelquefois en faisant revoter le peuple.

En Hongrie, Viktor Orbán, à la tête du Fidesz (1), partisan de la révolution nationale et d’une politique très conservatrice est au pouvoir depuis 2010. Sur des bases proches de celles de l’AfD aujourd’hui.

Les Polonais ont donné la majorité absolue, en octobre 2015, à Droit et Justice, (PiS), parti conservateur et eurosceptique.

En décembre 2016, en Autriche, au premier tour de l’élection présidentielle, les candidats des deux partis de gouvernement, social démocrate et conservateur, sont éliminés. Au second tour, grande satisfaction : le candidat vert est élu président de la République, le candidat d’extrême droite obtient seulement 48,3 % des voix.
Il y a des satisfaction
s plus exigeantes.

 

Aux Pays-Bas, en mars 2017, le Parti populaire pour la liberté et la démocratie (VVD) du Premier ministre arrive en tête aux élections législatives en perdant 8 sièges par rapport à l’élection précédente de 2012 et son partenaire social-démocrate, le Parti du travail (PvdA) ne recueille que 5,7% des voix et n’obtient que 9 élus (29 sièges perdus).
Cette défaite des partis au pouvoir est saluée comme une victoire parce que le Parti de la liberté (PVV) de Geert Wilders a fait moins bien que ce qu'il pouvait espérer et n'a obtenu que que 13,1% des suffrages et 20 députés (5 sièges gagnés).

Depuis, les Pays-Bas sont à la recherche d’un gouvernement.

 

En janvier 2015, les citoyens grecs portent au pouvoir Syriza et Alexis Tsipras qui contestent la politique austéritaire du gouvernement grec et de sa tutelle européenne. Notamment d’Angela Merkel.
La Grèce n’a pas fini de payer ce crime et a été à deux doigts de l’expulsion de l’UE.


 

Après les législatives en Allemagne

Partout, les partis de gouvernement, au pouvoir ensemble ou alternativement au gouvernement et dans l’opposition, perdent du terrain ici sur la droite, là sur la gauche ou sur les deux.


L’Allemagne était exceptionnelle par sa stabilité apparente jusqu’aux dernières élections législatives (2). Pourtant, l’AfD (Alternative für Deutschland, Alternative pour l’Allemagne) progressait aux différents scrutins.

L’AfD a été crée en 2013 par des professeurs d’économie sur un programme anti-euro, libéral, russophile. Elle a évolué en parti anti-immigration et anti-islam.

Quelques mois après sa fondation, elle manque de peu son entrée au Bundestag avec plus 2 millions de voix, soit 4,7 %. Il aurait fallu qu’elle en recueille 5 % !

Aux élections européennes de 2014, elle obtient 7 % de voix et 7 députés sur 96. Depuis 2014, à chaque élection régionale, l’AfD obtient des élus : au total, elle en a actuellement dans 13 régions sur 16 (3 régions en 2014, 2 en 2015, 5 en 2016, 3 en 2017) atteignant jusqu’à 20,8 % dans le Mecklenbourg-Poméranie-Occidentale et 24,3 % en Saxe-Anhalt. Aux législatives 2017, avec près de 6 millions de voix (12,6%), elle devient le troisième parti en Allemagne et fait élire 94 députés (sur 709).

Angela Merkel, désignée à 10 reprises (2006-2009 et 2011-2016) comme la femme la plus puissante du monde, est devenue Mutti, la mère de la nation et, récemment, sous la plume de journalistes comme Jakob Augstein, « la mère du monstre».

Angela Merkel, chancelière de la puissante Allemagne depuis 12 ans, ne peut être tenue comme irresponsable de la désaffection pour l’UE, dans tous les pays même les plus europhiles, et de la montée de la droite extrême dans toute l’UE. Car Angela Merkel et son ministre des finances, Wolfgang Schäuble, ont imposé leur politique d’austérité à tous les pays de l’UE, avec l’accord, plus ou moins contraint, plus ou moins enthousiaste, des gouvernements nationaux.

En France, la politique économique et sociale du gouvernement allemand est présentée comme le modèle, avec souvent quelques oublis : développement des énergies renouvelable, arrêt du nucléaire, immigration...

Jusqu’à ces dernières semaines, les politiques, les médias ne tarissaient pas d’éloges sur ses excellents résultats : grâce aux réformes de Gerhard Schröder, chancelier social démocrate 1998 -2005, et à la politique suivie par Angela Merkel et ses gouvernements de coalition avec le SPD (2005), le FDP (2009) et à nouveau le SPD (2013) : taux de croissance au plus haut, en partie dopée par l’arrivée d’immigrés (3), chômage divisé par trois en douze ans, baisse de l’endettement de l’État, solde positif des finances publiques, balance commerciale fortement positive, notamment avec les autres États de l’UE...

Plus récemment, des données, connues mais discrètement ignorées parce que moins flatteuses et moins séduisantes, ont aussi été publiées : doublement du pourcentage de la population pauvre depuis 2015 et du nombre de travailleurs pauvres, le plein emploi étant obtenu par l’augmentation des mini-jobs. En plus des 2,5 millions de chômeurs officiels, 1 million de personnes en situation de sous-emploi et dont beaucoup sont des travailleurs pauvres qui ne sont pas comptés comme chômeurs. Augmentation de 30 % des retraités pauvres… communes en crise budgétaire, mauvais état des infrastructures faute d’investissements…

Finalement, la politique de rigueur a exacerbé le clivage entre pays de l’Europe du nord et du sud. Mais même dans les pays dits prospères comme les Pays-Bas, la Scandinavie, l’Autriche et maintenant l’Allemagne... le développement des inégalités, une augmentation du nombre des très riches et des pauvres, entraîne l’apparition de votes de contestation. La CDU/CSU de Angela Merkel et Worfgang Schäuble a nettement emporté les élections législatives mais avec le taux le plus faible depuis 1949. Et depuis 1933, pour le SPD, son allié au gouvernement lors de la dernière législature !!!
C’est la sanction de la politique suivie depuis Gerhard Schröder par les deux partis de gouvernement, CDU/CSU et SPD.

Après les législatives en Allemagne

Face au succès de l’AfD, seul le parti libéral (FDP) a amélioré sa position. Appartenant au gouvernement, il n’a pas atteint les 5 % en 2012 et n’était plus présent au Bundestag. Il y revient du fait de son évolution vers l’européo-scepticisme.

L’entrée au Bundestag, pour la première fois depuis la fin de Seconde guerre mondiale, d’un parti d’extrême droite a créé un choc. Des manifestations ont eu lieu dés le dimanche 24 septembre dans la soirée dans plusieurs villes d’Allemagne à Cologne Francfort, Munich et Berlin. Ici aux cris de « tout Berlin hait les nazis », « nazis dehors » ou encore « le racisme n'est pas une alternative », « nous sommes unis, vous êtes de la merde », « écrasons le nationalisme »
Il n’est pas sûr que ce soit la bonne méthode pour arrêter la progression de l’AfD. L’expérience française a montré les limites de ce type de manifestation.

Le SPD a décidé de ne pas participer à la prochaine coalition gouvernementale, non parce que sa politique était mauvaise pour la population, pour l’Allemagne ou pour l’UE, c’est lui qui en est à l’origine avec Gerhard Schröder, qui l’a soutenu durant deux des trois mandatures d’Angela Merkel : 8 postes de ministre sur 16 dans le cabinet Merkel I dont ceux du Travail et des Affaires sociales, des Affaires étrangères, des Finances… ; 6 sur 16 dans le cabinet Merkel III dont ceux de l’Économie et l’Énergie (4), des Affaires étrangères, du Travail et des Affaires sociales… Mais à cause des mauvais électoraux.
Il ne fait pas de doute qu’il va profiter de son passage dans l’opposition pour donner des couleurs à son futur programme… pour gagner des voix… Mais quel degré de confiance les électeurs allemands pourront-ils lui accorder ?

Le cabinet Merkel IV annoncé pourrait regrouper, la CDU/CSU, le FDP et les Grünen (Les Verts). Difficilement à cause de positions divergentes du FDP et des Grünen sur l’UE. C’est dire que seule Die Linke qui défend une ligne antilibérale et un socialisme démocratique pourrait incarner une opposition de gauche, ce qui n’a pas été le cas jusqu’à maintenant alors que le SPD était au gouvernement. Ce qui risque d’être encore plus difficile avec un SPD officiellement dans l’opposition.

 

Après les législatives en Allemagne

1 – Le Fidesz pour Fiatal Demokraták Szövetsége (Alliance des jeunes démocrates) est l’appellation la plus courante du parti présidé par Viktor Orbán. A partir de 1995, son nom officiel a été Fidesz – Magyar Polgári Párt (Parti civique hongrois), puis à partir de 2003 Fidesz – Magyar Polgári Szövetség (Alliance civique hongroise).

2 – Résultats : CDU/CSU : 32,93% (-8,6), SPD : 20,51 (-5,2), AfD:12,64 (+7,9), FDP : 10,75 (+6), Die Linke : 9,24 (+0,7), Die Grünen 8,94 (+0,5).

3 - La croissance de l’économie allemande, qui s’élève à 1,9 % en 2016, est supérieure d’un demi-point à la moyenne des dix années précédentes (1,4 %). La hausse des dépenses de l’État et l’augmentation globale de la consommation liées à l’arrivée des réfugiés ont eu sur l’économie un fort effet d’entraînement. Le Monde Économie, 13/01/17.

4Peu de temps après son retrait de la vie politique, Gerhard Schröder est nommé à la tête du consortium chargé de la construction du gazoduc Nord Stream dont le premier partenaire est la société russe Gazprom (Wikipedia).

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1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 22:22
Les élections contre la démocratie ?

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La démocratie ne se résume pas à des élections libres appliquant le principe une personne, une voix. Mais, même en se cantonnant à une conception aussi restrictive de la démocratie, on peut voir que, dans deux vieux pays démocratiques occidentaux, les États-Unis et la France, les dernières élections n’ont respecté le principe que de façon très formelle. Or, en quelques mois, ces élections ont changé profondément la situation politique. Au niveau intérieur et pour les États-Unis bien au delà.

 

Aux États-Unis, Hilary Clinton a obtenu lors de l’élection présidentielle près de 66 millions de voix (48,03% des suffrages exprimés) et Donald Trump près de 63 (45,94%). Mais du fait du système électoral, c’est Donald Trump avec 304 Grands électeurs contre 227 pour Hilary Clinton (56,5% contre 42,2%), qui a été élu président des États-Unis ! C’est la cinquième fois que le phénomène se produit. En 1824, 1876, 1888, 2000 et 2016, le président élu n’a pas été le candidat qui a recueilli le plus de suffrages exprimés.

 

Cela tient au fait que quasiment tous les États utilisent la règle du winner takes all, le vainqueur prend tout, qui attribue l'ensemble des Grands électeurs de l’État au candidat ayant reçu la majorité, relative ou absolue, des suffrages. Certains États sont à dominante partisane nette, ou républicaine ou démocrate. Dans ce cas, que le parti dominant recueille 55 ou 65 % des voix ne change rien, tous les Grand électeurs lui sont attribués. Par contre, dans un swing state, État-charnière, État pivot, les deux partis dominants ont sensiblement à égalité. Il suffit que quelques milliers de voix basculent, passent d’un parti à l’autre pour que tous les délégués de cet État changent de camp.
Ce système explique la victoire de Donald Trump.
Le phénomène est donc connu depuis longtemps. Et accepté.

 

Les États-Unis d’aujourd’hui ne sont pas très différents de ceux d’hier mais la politique du dernier président blanc n’est pas exactement la même que celle du premier président noir ! De la politique d’immigration ou de l’obamacare à l’intérieur aux positions en politique extérieure, sur la Cop 21, les relations avec l’Otan et l’Union européenne ou au Proche-Orient…

Cela semble illustrer le vieux mot d’ordre, élection, piège à cons, qui veut dire, classiquement, que les élections ne servent à rien. Dans le cas précis, certains doivent regretter leur non participation au vote...

 

Une autre façon d’échapper démocratiquement à la démocratie est, ce qu’on appelle en France , le charcutage électoral des circonscriptions, aux États-Unis gerrymandering : partisan gerrymandering, charcutage à visée partisane  quand le but est d’accentuer l’avantage d’un parti politique, et racial gerrymandering pour augmenter ou cantonner le poids politique d’une minorité raciale. Ce terme est né en 1811 quand le gouverneur Elbridge Gerry a dessiné une circonscription en forme de salamandre pour favoriser son parti.

Enfin, le nombre de délégués attribué à chaque État est très variable : de 1,41 en Californie à 5,12 dans le Wyoming, par millions d’habitants.

En France, le système électoral majoritaire à deux tours à l’élection présidentielle et aux élections législatives avec des législatives au décours de la présidentielle entraîne une distorsion encore plus grande entre les forces politiques dans la population et dans la représentation nationale.

Ainsi Emmanuel Macron, avec 24 % des voix au premier tour de la présidentielle et 28 % au premier tour aux législatives pour son parti et 43 % au second, remporte le poste de président de la République sans aucun contre-pouvoir à l‘Assemblée nationale mais au contraire une majorité absolue forte (308 députés sur 577). Majorité très liée au président car une bonne partie n’a aucune implantation personnelle dans sa circonscription. Ces candidats ont été désignés par le président lui-même et sa garde rapprochée et ont été élus sur son seul nom. Ce qui lui permet d’exercer une dictature républicaine, en principe pour les 5 prochaines années.
Enfin, le programme d’Emmanuel Macron a été connu partiellement et tardivement, aussi bien par les électeurs que par les personnes qui ont été candidates ou même élues aux législatives.

Cela n’entame en rien la légalité de l’élection d’Emmanuel Macron et de sa majorité. Et la contestation ne peut venir, en aucun cas, de ceux qui ont été au pouvoir jusque là. Ils n’ont pas changé les règles électorales quand ils le pouvaient, aussi bien Nicolas Sarkozy que François Hollande, parce qu’ils en avaient profité et espéraient encore rester au pouvoir bien que minoritaires dans le pays, ce dont témoignaient et les sondages et les résultats de toutes les élections partielles durant leur quinquennat.
Ils est aussi de bon ton de contester la légitimité de ces dernières élection par suite de la forte proportion d’abstentionnistes, de votes blancs ou nuls. Mais ceci invalide plus le système et notamment les majorités précédentes que le président. Les autres candidats ne peuvent se prévaloir de résultats supérieurs.

Les élections contre la démocratie ?

Il n’empêche que l’étendue des pouvoirs dont dispose le président fait penser au dictateur de la République romaine : un magistrat extraordinaire détenait les pleins pouvoirs pour un mandat qui ne pouvait, à l'origine, excéder six mois. Ce qui n’a pas toujours été le cas. Ici, sauf accident, Emmanuel Macron est au pouvoir pour 5 ans. Quels que soient les résultats des sondages ou des élections partielles ou locales à venir.
Aux États-Unis, Donald Trump n’est élu que pour 4 ans et des élections législatives ont lieu tous les 2 ans qui peuvent remettre en question la majorité républicaine au Congrès.

Les premières décisions du président de la République montrent sa volonté d’utiliser au maximum les possibilités que lui offre la Constitution et d’augmenter sa liberté de manœuvre : volonté de prendre rapidement des mesures par l’usage des ordonnances, de l’article 49-3, prorogation de l’état d’urgence, intégration de certaines possibilités offertes par l’état d’urgence dans la législation normale, attribution du poste de questeur à l’opposition de sa majesté et non au parti d’opposition (?) le plus important de l’Assemblée nationale, prise de parole devant le parlement réuni en Congrès à Versailles, qui plus est à la veille du discours du Premier ministre devant l’Assemblée nationale qui semble vouloir rappeler à celui-ci son rôle second dans la conduite de la politique du gouvernement, rattachement au président de la République de la cellule de coordination pour lutter contre le terrorisme, élection-nomination d’un ami comme président de son groupe parlementaire sans concurrence même fictive, contrôle de la parole de ministres et de leurs rapports avec la presse, habile élimination de François Bayrou qui avait créé de menus problèmes au moment des législatives, qui voulait être au gouvernement et garder son droit à une parole indépendante, n’ayant pas suffisamment pris en compte que les voix de son groupe n’étaient pas nécessaire au nouveau président pour avoir une majorité absolue à l’Assemblée nationale…

Emmanuel Macron, comme d’habitude, ne perd pas de temps, assure ses bases, solidifie son pouvoir tant qu’il bénéficie du soutien d’un groupe parlementaire, pour le moment charmé et tenu, de l’opinion publique d’après les sondages avant de mettre en chantier les mesures législatives...

Les élections contre la démocratie ?

De même, il a entrepris quelques manœuvres pour obtenir une place importante sinon prépondérante au niveau européen. Il n’est pas sûr que cela soit aussi facile. Au niveau symbolique, l’invitation de Donald Trump, les déclarations sur la Cop21 vont dans ce sens. La poignée de main avec Donald Trump dont on a magnifié la vigueur pour montrer la place que veut avoir le président, a eu probablement une autre interprétation, outre-Rhin, après l’affront de Donald Trump à Angela Merkel lors de leur rencontre... Déjà, de petites phrases commencent à se faire entendre du côté du président de la Bundesbank ou d’Angela Merkel, elle-même, lors de leur conférence de presse…

Mais le président Macron a besoin de résultats concrets au niveau économique et budgétaire pour que ses positions européennes apparaissent comme autre chose que de la suffisance gauloise.

La prise du pouvoir par Emmanuel Macron a été rapidement menée au niveau électoral et institutionnel. Pour le moment, il est sur le nuage post-électoral, adulé par beaucoup malgré les entorses aux pratiques démocratiques traditionnelles, il peut espérer avoir mis de son côté tous les atouts pour s’attaquer aux mesures qu’il veut imposer à la société française.
Reste à savoir quelles seront ses réponses...

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Published by Paul ORIOL - dans Actualité Démocratie
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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 12:02
Le danger de la manipulation démocratique

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Les adversaires de la démocratie les plus dangereux, ici et actuellement, ne sont pas des candidats à une dictature froide et sanguinaire mais les compétents démocrates à la manœuvre pour donner une apparence démocratique et même scientifique à leur dictature médiatico-politique.

Il a beaucoup été dit que les électeurs ne s’inscrivaient pas sur les listes électorales, s’abstenaient, votaient blanc ou nul, parce qu’ils n’avaient pas suffisamment de sens civique, parce qu’ils n’avaient pas de candidats correspondant à leur choix, parce que les vrais problèmes n’étaient pas abordés…
On dit moins qu’ils se sentent bernés, à chaque élection, car leur choix n’est jamais respecté.

Lors de la dernière élection présidentielle, des questions essentielles ont été abordées, des candidats en ont parlé, des opinions différentes ont été émises. Que sont-elles devenues ?
Avec 11 candidats au premier tour et 2 au second.

Sur les questions socio-économiques, les candidats présentaient des positions fort différentes, de l’extrême gauche à François Fillon.
C’est d’ailleurs sur
sa position très droitière que François Fillon a remporté la primaire de la droite et du centre : notamment sur la sécurité sociale et son alliance avec la manifestation pour tous. Au point que, désigné, il a été contraint de faire rapidement un rétro-pédalage sur la question de la sécurité sociale et de ses liaisons avec les assurances privées. Ce qui lui avait été favorable dans la primaire de droite, devenait dangereux pour toute la droite dans une élection générale, surtout au second tour. D’une certaine façon, François Fillon a été victime de son honnêteté politique.
Certain que le pouvoir ne pouvait lui échapper après un septennat qui finissait mal, il a dit, trop clairement, ce qu’il voulait faire et même le nom de son futur premier ministre, un patron des assurances privées, circulait déjà..
Son échec, sa déchéance n’est due que partiellement à cette position outrancière, même
pour son camp. Se sont alors ajoutés ses démêlés avec la justice sur des emplois fictifs et familiaux et quelques cadeaux ostentatoires.
Ceci a d’ailleurs en partie caché cela.

Le danger de la manipulation démocratique

Il y a fort à parier que, après quelques années, avec des avocats habiles et d’infinies manœuvres procédurières, tout ceci se terminera par un non lieu ou des peines anodines. Et ne l’empêchera pas, s’il en a envie, de reprendre une vie politique active. Ses camarades, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy peuvent en témoigner...
Les prisons de France seraient vides si tous les voleurs de poules étaient défendus avec le même acharnement et par les mêmes avocats...

Mieux vaut une injustice qu’un désordre, aurait dit Goethe. C’est aussi ce qu’a pensé Roland Dumas, président du Conseil constitutionnel, chargé de faire respecter les lois de la République. Roland Dumas est convaincu d'avoir sauvé la République en ayant validé les comptes de campagne présidentielle, manifestement irréguliers, de Jacques Chirac et Édouard Balladur. Personne ne s’en est indigné outre mesure.
De toute façon quelle importance ?
Lorsque la commission nationale des comptes de campagnes invalide ceux d’un candidat, cela ne l’empêche nullement de se présenter à l’élection présidentielle suivante !
Lorsqu'une candidate peut se présenter et arriver au second tour de la présidentielle sans s’être rendue aux convocations de la justice pour des délits d’emploi fictifs, non au bénéfice de membres de sa famille, cette fois, mais de membres de son organisation politique. Battue à l’élection présidentielle, va-t-elle répondre, aux convocations des juges ?
Philippe Poutou,
mal élevé, a bien fait remarquer que l’égalité devant la justice…
Deux professions prospèrent dans cette république les sondeurs et commentateurs de sondages et les avocats.

La question écologique a été clairement abordée lors du premier tour, par les candidats qui se réclamaient de l’écologie, Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon, qui ont recueilli plus de 25 % des voix. Tous les autres se sont sentis obligés de colorer, en un vert discret, leur programme. Mais l’écologie, question centrale s’il en est, il ne s’agit que de la survie de l’humanité, magnifiée par la conférence de Paris, rappelée régulièrement par les relevés sur le réchauffement climatique, et l’écologie ne se résume pas à cela, a été complètement absente du second tour.

A longueur d’année, les gouvernements, de droite ou de gauche, prennent de nombreuses mesures désagréables qu’ils refusent d’assumer devant les citoyens. Ils préfèrent se cacher derrière c’est la faute de l’Europe, c’est une contrainte européenne. Oubliant de dire qu’ils ont accepté ou voté ces mesures, dans les instances de l'Union européenne, le Conseil ou le Parlement européen.
La question de l’Union européenne a été abordée par tous les candidats. Et son fonctionnement et sa politique ont été contestés par presque tous. Par la droite, pas seulement la droite souverainiste et nationaliste. Et par la gauche, qui met en question son fonctionnement peu démocratique et ses orientations sociales.
Entre les deux tours, Jean-Claude Juncker et la Commission n’ont pas hésité à donner un coup de pouce à Emmanuel Macron en annonçant de nouvelles orientations sociales...

Emmanuel Macron n'a pas été élu pour ses propositions économiques et sociales, son programme écologique, ses positions en faveur de l'Union européenne. Il n’a obtenu que 24 % des voix au premier tour, malgré une massive campagne médiatique et sondagière déjà axée sur le vote utile. Et le vote utile, repris au second tour, se résumait en tout-sauf-Marine-Le-Pen, martelé à l’aide de sondages, toujours interprétés de façon alarmiste, par les commentateurs, les journalistes, les intellectuels… Et avec l'aide su système électoral.
Toute l’oligarchie nationale et européenne, et même au-delà, a chanté les louanges de ce jeune candidat et de cette France finalement beaucoup plus favorable à l’Union européenne… Avec les félicitations de Angela Merkel, le dimanche, et le rappel de la nécessité de rester dans les clous, le lundi...

Les mécanismes ont parfaitement fonctionné… Les électeurs, une fois de plus, se sont faits avoir.

Le danger de la manipulation démocratique

Il ne faut pas croire que les citoyens ne s’intéressent pas à la politique. Les audiences des émissions de télévision au moment des élections ont un taux d’audience enviable, comparable à ceux des grands événements sportifs. L’augmentation du nombre des abstentions d’un tour à l’autre, l’importance des votes blancs et nuls montrent bien que les citoyens veulent participer même quand il se sentent pris dans une nasse.

Parmi les rares engagements clairs du candidat Emmanuel Macron, il y a l’intention de développer la loi travail et de la faire adopter par ordonnances, éventuellement par utilisation du 49.3.
Pour cela, il faut cependant une certaine acceptation de l’Assemblée nationale. C’est dire maintenant l’importance des élections législatives. Emmanuel Macron devrait bénéficier de la dynamique renouvelée des soutiens. Peut-être fera-t-il quelque annonce pour obtenir une majorité qui lui permette de faire passer ce qui lui tient à cœur.

Le danger de la manipulation démocratique

Tant que la voie démocratique, électorale, semble ouverte, les partis politiques peuvent canaliser les revendications et entretenir l’espérance dans l’évolution, le changement. Quand ces partis entrent en déliquescence et ne sont plus porteurs, même de façon illusoire, de quelque espérance, quand tout est parfaitement verrouillé, comment s’étonner que certains choisissent l’inertie et d’autres la révolte et la violence ?

Emmanuel Macron devrait s’en souvenir au risque de l’austéritaire, l’austérité et l’autorité. François Hollande a laissé les instruments en place.

Le danger de la manipulation démocratique
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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 20:02
Présidentielle : bombe à fragmentation et à retardement ?

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Emmanuel Macron est élu président de la République, après une campagne électorale dévastatrice : tout est à reconstruire pour tout le monde. Et surtout pour la démocratie.
Emmanuel Macron a été élu avec une majorité confortable. Mais…

Il ne faut pas oublier que, lors du premier tour, il n’a obtenu que 24 % des voix et qu’une bonne partie des 66 % obtenus au second tour sont des voix de refus de Marine Le Pen. Quoi que dise la presse nationale aujourd’hui, qui a fait du vote utile au premier et au second tour l’argument essentiel du vote Macron. La presse internationale, soulagée, fait de cette élection une adhésion inconditionnelle à l’Union européenne, baptisée Europe. Ce qui promet plus d’alignement sur l'Union européenne telle qu'elle est que d’initiatives pour une Europe sociale et démocratique.
Encore plus que son prédécesseur, tout sauf Nicolas Sarkozy, Emmanuel Macron est élu par défaut, tout sauf Marine Le Pen. La magie du système électoral magnifie la ligne politique de moins d'un quart des votants du premier tour...

Avec quelle équipe ? C’est ici que les problèmes commencent. Il n’est pas étonnant qu’Emmanuel Macron ne soit pas pressé de donner le nom de son Premier ministre. L’ambiguïté doit durer le plus longtemps possible pour entretenir l’espoir de chacun en vue des élections législatives.

Présidentielle : bombe à fragmentation et à retardement ?

Il n’y a plus de parti de gouvernement uni, de droite ou de gauche, si cela a jamais existé. Il y avait au moins les apparences. Les caciques sont ou éliminés ou en grand danger de l’être. On comptera les survivants après les élections législatives.
Il n’y a pas, pour le moment, de majorité de gouvernement. Tout dépend des prochaines élections. Que va décider Emmanuel Macron quant aux investitures : candidats En Marche, pur label ? Majorité présidentielle, ouverte à tous les soutiens, avec quelle répartition entre PS, LR et macroniens pur sucre ? Quelle place pour le recyclage ? Pour les députés sortants ?

La bombe à fragmentation de l’élection présidentielle est aussi une bombe à retardement. Ses effets vont se faire sentir lors des législatives et bien après. Une recomposition de tout le paysage politique est probable. Pour que rien ne change. Lors des législatives, tous ceux qui ont voté Emmanuel Macron ne voteront pas pour les candidats estampillés Macron. Risquent d’apparaître des concurrents multiples ralliés de la première ou de la onzième heure

Déjà, se font entendre ceux qui veulent participer au gouvernement et ceux qui veulent seulement soutenir. Ceux qui veulent faire un parti présidentiel et ceux qui veulent conserver, sous une forme ou une autre leur vieille structure, d'opposition ? de participation ? Des scissions sont en cours à droite. Certains pensent qu’il y a une place pour une opposition de droite qui pourrait récupérer une partie des électeurs de Marine Le Pen et même faire un bout de chemin avec la partie raisonnable de ce parti qui veut aussi s’ouvrir pour approcher du pouvoir.

 

Présidentielle : bombe à fragmentation et à retardement ?

Car il ne faut pas oublier Marine Le Pen et le Front national. Elle est arrivée deuxième au premier tour, avec 21,3 % et a réuni 34 % et 10,6 millions de voix au second. Soit deux fois plus que Jean-Marie Le Pen (5,5 millions) en 2002 face à Jacques Chirac.
Ces résultats sont les meilleurs obtenus par le FN et Marine Le Pen et constituent une progression importante par rapport aux résultats antérieurs, témoins de l’échec des politiques suivies à ce jour.
Ce vote risque d’être un peu oublié, surtout si le plafond de verre est efficace localement aux législatives pour empêcher l'élection de députés du FN. Car ces résultats n’inquiètent les politiques que modérément. Ils sauront les utiliser, à nouveau aux législatives, pour favoriser le vote utile pour eux, qui leur permet de continuer. Ce qui les inquiète encore moins que les résultats, c’est la situation des citoyens qui votent Front national par souffrance et désespoir.

L’entreprise de dédiabolisation s’est traduite dans les derniers jours de la campagne par la volonté de Marine Le Pen de ne pas apparaître comme la présidente du FN, par l’ouverture vers Nicolas Dupont-Aignan, les cafouillages sur les retraites ou la sortie de l’euro… Mais trop peu et trop tard. Insuffisant pour approcher du pouvoir et des 40 %.
D’où sa volonté de poursuivre un changement qui fait apparaître des divisions entre ceux qui veulent aller plus loin, changer le nom du parti, élargir encore… Et ceux qui veulent maintenir et revenir aux fondamentaux, notamment sur l’immigration. Avec quelques errements comme le comportement de Marine Le Pen lors du débat entre les deux tours, la nomination malheureuse d'un président intérimaire peu présentable…
Avec aussi la tentation du durcissement, de la violence pour certains qui supportent difficilement une dédiabolisation qu'ils acceptaient dans l'espoir d'accéder prochainement au pouvoir.

Un PS maintenu semble avoir peu de chances. Ceux qui pourraient le faire, parce qu’ils tiennent l’appareil, ne le veulent pas. Valls l’a dit depuis longtemps, le mot socialiste irrite ses gencives. Ceux qui voudraient ne le peuvent pas. Les 6 % de Hamon ne suffisent pas. Et est-ce jouable, étant données les vicissitudes historiques de la famille qui va de Guy Mollet à François Hollande en passant par l’illusionniste François Mitterrand ?

François Hollande, par son sacrifice, a pratiquement réussi. Casser le PS et ouvrir la voie à un parti de gouvernement qui n’aura pas la finance comme ennemie, qui aura éliminé tout surmoi socialiste pour en faire l’équivalent du Parti Démocrate (PD) italien ou du Parti social démocrate (SPD) allemand. L’exception socialiste française, certes illusoire, a vécu.

Pour la minorité du PS, pour EELV, leur avenir séparé est fragile. Leur avenir en commun incertain. Tentation d’un nouveau PSU ? Avec le même avenir ? Une fusion dynamique vers un parti écologiste de gauche sans équivoque ? Ou queue de comète réunissant des écologistes qui ont suivi les tribulations du PS et des socialistes qui les ont dénoncées ?

La gauche de gauche est dans une situation, apparemment, plus positive. Le travail, les méthodes et les résultats de Jean-Luc Mélenchon et de la France Insoumise sont porteurs d’espoir avec beaucoup d’embûches. Jean-Luc Mélenchon et François Hollande ont tué le PS. Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent vont-ils tuer le PC ? Ou le PC et la France Insoumise?

Les restes du PC sont-ils suffisants pour maintenir en survie un appareil faiblissant et un nom dont l’attractivité est discutable ? Sa capacité de nuisance peut-elle faire basculer une alliance rétive en une bataille de chiffonniers ? La dynamique de la France Insoumise est-elle suffisante pour mobiliser les Insoumis, ceux qui, dans le PC, espèrent un véritable changement et des écologistes ? Au PC et chez EELV, certains ont fait le pas dés le 1er tour. D’autres le feront-ils maintenant ?

L’importance, jamais atteinte, de l’abstention et de votes blancs ou nuls peut faire espérer la continuation de la mobilisation autour de la France Insoumise. Ce sont plus de 4,2 millions d'électeurs qui se sont déplacés pour le second tour et ont mis un bulletin blanc ou nul dans l'urne (2,15 millions en 2012), soit un record pour un tel scrutin, déjà marqué par une très forte abstention (25,44%). Mais il ne faut pas l’oublier que ces abstentions et ces votes ne sont pas tous de gauche.
Par ailleurs, si la gauche de la gauche retrouve un certain dynamisme, elle peut attirer à nouveau une partie de ceux qui ont voté Macron sous la pression des commentateurs de sondages (plus que des sondages eux-mêmes), des éditorialistes, de certains penseurs de gauche qui ont joué de la peur, de la mauvaise conscience. Au premier et au second tour.

Au premier tour, 4 candidats ont obtenu des résultats proches de 20 % avec un taux d’abstention du même niveau. Au second tour, Emmanuel Macron l’a emporté loin devant Marine Le Pen. Mais les résultats et l’importance des abstentions et du vote blanc et nul, aux deux tours, ne permettent pas de prévoir la composition de la prochaine Assemblée nationale d’autant qu’elle va dépendre de circonstances très différentes dans les 577 circonscriptions. Elle dépendra de la dynamique qui va être créée dans les jours qui viennent.
Il n'est pas sûr qu'elle bénéficie seulement à Emmanuel Macron.

Cela permet à chacun de partir avec quelque espérance. Et avec beaucoup d’espérances pour les sondages et leurs commentateurs.

Présidentielle : bombe à fragmentation et à retardement ?
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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 21:51
Second tour et après ?

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Au premier tour de l’élection présidentielle, 4 candidats obtiennent autour de 20 % des suffrages exprimés. Les autres derrière Benoît Hamon (6,36%) et Nicolas Dupont-Aignan (4,7%), obtiennent chacun moins de 2 %.
Ces 20 % n’ont pas la même signification pour tous les candidats. Ils donnent aux seuls Emmanuel Macron et Marine Le Pen la possibilité de participer au second tour.

C’est un remarquable succès personnel pour Emmanuel Macron, inconnu, il y a quelques années, n’ayant jamais affronté le suffrage universel, sans aucun appareil. Il a su créer autour de sa personne avec un programme flou, une dynamique impressionnante par les supports médiatiques et politiques qu’il a suscités. Soutiens que le jeune candidat récolte sur tout l’échiquier politique. Auprès des médias. Aidé par la grand’peur que suscite la victoire sondagière possible de Marine Le Pen et les flottements dans la droite extrême, désorientée par les mésaventures de son champion entêté.

Atout et problème pour Emmanuel Macron : le trop plein de ralliements hétéroclites, en vue des élections législatives. Candidats, plus ou moins connus, d’aujourd’hui et d’hier, du centre, de droite ou de gauche, prêts à poursuivre la politique des Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande mais qui attendent quelques gratifications...
Peur-être,
Emmanuel Macron pourrait il engager François Hollande comme conseiller à la synthèse…

Marine Le Pen n’est pas arrivée, comme elle l’espérait et comme beaucoup l’annonçaient, en tête de ce premier tour. Il n’en demeure pas moins qu’elle continue de progresser en nombre de voix et en pourcentage par rapport aux élections présidentielles antérieures.
Considérant son assise populaire assurée, elle mène une politique de second tour en élargissant son assise vers la droite avec Nicolas Dupont-Aignan et en revenant sur ses promesses de retraite à 60 ans, sur la sortie de l’euro qu’elle éloigne...

 

Il faut remercier François Fillon. D’avoir, par son entêtement et son programme social fracassant, éliminé la droite de la présidence. D’avoir dévoilé avec quelle facilité la vertueuse droite est prête à devenir la droite extrême quand elle trouve un champion, apparemment propre sur lui, avec la juste ostentation qui permet de reconnaître la bonne société. Pourfendeuse de la fraude sociale, elle n’est nullement gênée, par les petits arrangements familiaux, les petits cadeaux entre amis.
Éternelle contradiction entre le moralisme affiché pour le bas peuple et la morale pratiquée entre soi.

La progression la plus importante est celle de Jean-Luc Mélenchon, passé de 11,10 % en 2012 (3 984 822voix) à 19,58 % (7 060 885 ) en 2017 alors qu’il ne pouvait compter ni sur un parti décidé et efficace, ni sur un important réseau d’élus motivés, la difficulté dans la collecte des signatures l’a bien montré. Et avec des médias plus intéressés, dans un premier temps, par son caractère, ensuite par ses qualités d’orateur, enfin par ses tropismes internationaux mais beaucoup plus rarement par le travail dans l’élaboration de son programme, par la nouveauté de l’alliage qu’il a construit entre le social et l’écologique, par sa volonté de reconstruire une nouvelle démocratie avec la participation du maximum de citoyens, par sa volonté de s’attaquer au vote d’extrême droite et à l’abstention (caravanes pour l’inscription sur les listes électorales). Les médias ont fini, face aux mobilisations qu’il a suscitées, par découvrir qu’il les avait en partie contournés par ses propres moyens.

Lors de ce premier tour, il a déjà été question du vote utile en faveur d’Emmanuel Macron. Ce n’est pas étranger au fait que Jean-Luc Mélenchon ne peut participer au second tour, il ne lui a manqué que 600 000 voix. Nationalement, il recueille 19,58 % des voix. Ce pourcentage est entre 27 et 30 %, suivant les sondages, chez les 18-24 ans, soit le double de 2012, 24 % chez les ouvriers, 22 % chez les employés.
Chez les musulmans, le candidat le plus laïque de la présidentielle, obtient 37 % des voix (20 % en 2012) contre 24 % pour Emmanuel Macron, 17 % pour Benoît Hamon, 10 % pour François Fillon et 5 % pour Marine Le Pen (sondage Ifop – Le Pèlerin).
 

Second tour et après ?

Depuis le début de la campagne électorale, nombreux sont ceux qui donnent des conseils avisés à Jean-Luc Mélenchon : participer à la brillante primaire de la Belle alliance populaire, rallier Benoît Hamon avant qu’il ne soit abandonné par le PS et ses électeurs, maintenant rejoindre le camp de la peur.
Hier, la peur
de tout avait mauvaise presse parce qu’elle poussait les citoyens à voter Le Pen, aujourd’hui la peur de Marine Le Pen a bonne presse pour faire voter Macron. Mais la presse est toujours la presse, elle va toujours dans le même sens. Hier et aujourd’hui ! Faire rentrer dans le rang et dans le cas présent, voter Emmanuel Macron !

Connaissant la diversité des points de vue des partisans de la France insoumise sur le vote au second tour, Jean-Luc Mélenchon a dit qu’il voterait mais n’a pas dit comment. Il ne donne pas de consigne de vote pour préserver l’unité des Insoumis avant les législatives. Tout en rappelant que voter Front national n'était pas une option. Ni pour lui, ni pour les Insoumis consultés.
La France insoumise a organisé une consultation ouverte à tous les Insoumis pour qu’ils disent ce qu’ils allaient faire au second tour, sans que cette consultation soit normative.
Il a tendu une perche à Emmanuel Macron, en lui demandant de faire un geste sur la loi travail que Macron a immédiatement rejeté.
C’était prévisible. Peut-être aurait-il pu demander un geste sur l’usage du 49-3 et des ordonnances dont Emmanuel Macron a dit qu’il les utiliserait dés cet été pour aller plus vite. Et court-circuiter, bon début, tout débat démocratique !
 

Second tour et après ?

Le résultat de la consultation des Insoumis est maintenant connu. 243.000 personnes ont donné leur avis, soit environ 55% des 440.000 inscrits pour soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Bien sûr, des personnes peuvent changer entre le moment où elles ont donné leur avis et le jour du scrutin. Mais ce n’est pas un sondage, c’est le résultat d’une consultation : vote blanc ou nul, 36,12 %, vote Emmanuel Macron 34,83%, abstention 29,05% (1). Les deux tiers, 65,17%, ne voteront pas pour Emmanuel Macron. D’après un sondage Elabe BFMTV, 44% des électeurs de Mélenchon au premier tour voteraient pour Emmanuel Macron.
Ces résultats permettent de penser que les Insoumis vont compter dans les semaines qui viennent. Une première indication sera donnée dimanche par le taux d’abstentions, de bulletins blancs ou nuls : en 2012, il y a eu 9 049 998 abstentions (19,65%), et 2 154 956 bulletins blancs ou nuls (5,82%)...

Avec l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée, on va parler du triomphe de la démocratie, de la République, de l’Union européenne (qu’on appellera Europe) alors qu’on aura simplement élu le gendre idéal pour continuer, plus ou moins habilement, la politique suivie pendant des années – avec le succès que l’on sait aussi bien au point de vue socio-économique qu’au point de vue politique avec le vote Marine Le Pen - par les gouvernants successifs dont les artisans se retrouvent dans En Marche ! l’UMPS, comme disait le Front national, officialisée… !

Reste que les résultats du second tour ne vont pas tout régler. Mais servir de base aux discussions, déjà engagées dans tous les camps pour les investitures législatives. La victoire à la présidentielle donnera, certes, une dynamique. Il n’est pas certain qu’elle soit suffisante pour obtenir une majorité à l’Assemblée nationale. Encore moins une majorité cohérente.

De ce point de vue, Jean-Luc Mélenchon fait des calculs risqués quand il annonce que, avec les résultats de la présidentielle, la France insoumise peut espérer être présente dans 451 des 577 circonscriptions où il a dépassé le seuil de 12,5% nécessaires pour se qualifier pour le deuxième tour dont les 67 où il est arrivé en tête. Certes ils est probable qu’il y aura beaucoup de triangulaires ou même de quadrangulaires mais ces multiples candidatures risquent de diviser autant la gauche que la droite.

C’est cependant un motif pour dynamiser les Insoumis surtout si le taux d’abstention, de votes blancs ou nuls est important. Abstentions, votes blancs ou nuls de résistance, d’espoir. Ils ne seront pas comptabilisés pour l’élection mais seront examinés de près et pèseront dans la mobilisation.

L’espoir maintenant est dans une refondation de la gauche autour de la France insoumise et un groupe de députés aussi étoffé que possible. C’est ce que les résultats de Jean-Luc Mélenchon au premier tour de la présidentielle permet d’espérer...

Tout en sachant que cela ne sera pas suffisant. Et qu’il faudra d’autres mobilisations. Mais c’est la première lueur en Europe pour une contestation qui ne soit pas nationaliste mais pour un changement d’orientation économique et sociale.


 


 

1 - Noter que ces Insoumis n’ont pas suivi Jean-Luc Mélenchon qui votera dimanche et qui veut rendre le vote obligatoire.

Second tour et après ?
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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 21:38

De 13 à 14 heures, un petit rassemblement a été organisé par Attac  à Paris, à quelques centaines de mètres du siège de la Société générale et du commissariat où des militants avaient été convoqués pour une audition libre, à la suite du badigeonnage d'une agence de cette banque.

Attac veut attirer l'attention sur le fait que Frédéric Oudéa, le DG de la Société générale, a nié, lors d'une audition devant le Sénat, toute activité de sa société dans des paradis fiscaux : or, la Société générale a 136 filiales dans les paradis fiscaux, 1005 sociétés offshore et réalise 30% de ses bénéfices dans des paradis !.

Des militants sont fichés et entendus parce qu'ils ont badigeonné des agences, à visage découvert, pacifiquement, pour dénoncer une banque dont les pratiques visent à ne pas payer d'impôts en France. La banque et son DG n'ont pas été convoqués !

Aux yeux de la Justice, il est dangereux, pour la société française, que des militants dénoncent les activités lucratives d'une banque dans les paradis fiscaux. Beaucoup moins que son DG organise la fuite devant l'impôt et le nie devant le Sénat !

Ce qui est certain, c'est fructueux pour la Société générale !!

Pour plus d'infos :https://france.attac.org/se-mobiliser/occupons-la-societe-generale/

Les militants avant ou après être passé au Commissariat.
Les militants avant ou après être passé au Commissariat.
Les militants avant ou après être passé au Commissariat.
Les militants avant ou après être passé au Commissariat.

Les militants avant ou après être passé au Commissariat.

Au micro, Aurélie Trouvé, coprésidente d'ATTAC et Dominique Plihon, coprésident d'Attac.Au micro, Aurélie Trouvé, coprésidente d'ATTAC et Dominique Plihon, coprésident d'Attac.

Au micro, Aurélie Trouvé, coprésidente d'ATTAC et Dominique Plihon, coprésident d'Attac.

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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 20:36
Ce n’est qu’un début, le tsunami (1) continue !

Ce n’est qu’un début, le tsunami (1) continue !


 

Emmanuel Macron et Marine Le Pen seront au second tour de cette élection présidentielle (2) : Emmanuel Macron, ancien banquier, champion de l’alignement sur les politiques européennes a le soutien d’Angela Merkel ; Marine Le Pen, opposée à l’Union est soutenue par toutes les forces européennes d’extrême droite.

 

Les deux partis de gouvernement, Parti socialiste (PS) et Les Républicains (LR), qui ont successivement conduit la même politique depuis des années, sont exclus, officiellement et pour la première fois, du second tour d’une présidentielle. Mais tous leurs dirigeants apportent, paradoxalement, leur soutien à Emmanuel Macron, ancien conseiller, ancien ministre et candidat de François Hollande. Qui n’a pu se présenter à cette élection à cause d’une opposition aussi importante dans son parti qu’à droite et surtout à cause d’une impopularité inédite pour un président sortant !
 

Face à Marine Le Pen, Emmanuel Macron reçoit le soutien de la droite et de la gauche qui confirme bien qu’il y a une continuité politique quel que soit le gouvernement et sa couleur affichée. Cette politique aboutit à un progrès des résultats de la firme Le Pen à chaque élection présidentielle. Et il n’y a aucune raison pour que cela change.
Avec presque 7,6 millions de voix et 21,53 % des suffrages exprimés, Marine Le Pen a obtenu le meilleur résultat de l’extrême droite à une présidentielle, en progression par rapport à ses résultats de 2012, 17,9 % et à ceux de Jean-Marie Le Pen, 16,9 % à l’élection présidentielle de 2002.
A terme, l’indifférence au mécontentement de la population, la certitude d’être dans le vrai quoi que disent les urnes, ici ou ailleurs, la persévérance sans infléchissement de la politique menée, conduit à creuser un fossé de plus en plus profond entre les politiques et les peuples. Qui, un jour ou l’autre, risque d’être explosif.

 

Cette élection présidentielle a connu de nombreuses premières, autant d’avertissements : un président de la République qui ne se représente pas en fin de mandat ; une première primaire de la droite qui élimine un ancien président de la République au premier tour et un ancien premier ministre au second ; une primaire de la gauche qui élimine plusieurs anciens ministres au premier tour et un ancien premier ministre au second ; un premier tour de la présidentielle qui élimine un ancien premier ministre de droite et un ancien ministre de gauche ; un premier tour qui voit arriver en tête du scrutin, un jeune candidat, sans aucun mandat électif, sans parti politique, se réclamant de l’extrême centre, entraînant dans son sillage une kyrielle d’anciens ministres et premiers ministres, permettant à François Bayrou de réaliser enfin son rêve centriste par personne interposée et de se faire un trou ministériel à défaut d’un mandat présidentiel, ce qu’il n’avait pas réussi en 2012.
Le dégagisme n'est pas seulement le fait de la France insoumise !

 

L’irruption du vote Mélenchon qui s’est invité dans la cour des Grands, montre que les choses pourraient changer. Ses résultats témoignent d’une progression importante, il passe de 11,1 % en 2012 à 19,6 % en 2017.
Mais cela n’a pas été suffisant. C’est donc un échec relatif par rapport au but recherché : il n’a pas réussi à détourner, à son profit, comme il se le proposait, une nombre significatif d’électeurs de Marine Le Pen et il n’arrive pas au second tour. Au niveau européen, le premier résistant de gauche à la politique austéritaire n’a probablement pas atteint le seuil nécessaire pour faire des émules. Même si la France insoumise constitue avec Podemos en Espagne une des rares forces organisées d’opposition de gauche à la politique des États de l’Union.

 

Quant aux petits candidats, deux se distinguent : à droite, Nicolas Dupont-Aignant qui avec ses 4,75 % aide l’obstiné François Fillon à n’arriver qu’en troisième position ; à gauche, Benoît Hamon avec le soutien douteux, on pourrait dire négatif, de son parti et l’alliance de EELV obtient les plus mauvais résultats du PS depuis sa création et retrouve presque les résultats de Gaston Defferre à la présidentielle de 1969 (5%).


 

Ce n’est qu’un début, le tsunami (1) continue !

Pour le PS comme pour l’UMP, les lendemains du scrutin sont aussi douloureux avec des règlements de compte pour définir la ligne du parti et pour désigner les candidats aux élections législatives qui auront lieu dans quelques semaines.
Les résultats définitifs n’étaient pas encore annoncés que le procès en responsabilité de François Fillon était lancé. Par lui-même d’abord mais avec une autre tonalité que lors de la manifestation du Trocadéro. Ce n’était pas repentance absolution. Peut-être, repentance retraite ?  Aujourd’hui, les dents des jeunes loups qui avaient commencé à grincer au moment du doute, apparaissent sans fard.

Au PS, les choses ont commencé plus discrètement. Mais il est déjà question d’un nouveau congrès d’Épinay. Autour de qui ? Sur quelle ligne ? Il y a peu de chances que ce soit autour du candidat Benoît Hamon et de sa ligne. Alors, deux partis ? Un parti social-libéral et un parti social-écologiste ?

 

Ce n’est qu’un début, le tsunami (1) continue !

Il ressort de ce scrutin une accentuation de clivage entre les villes et les campagnes qui votent plus à droite. Mais la droite a laissé échapper une présidence qui lui était largement promise après un quinquennat que François Hollande a avoué indéfendable devant ses électeurs mais il a, d’une certaine façon, repris la main en contribuant à l’élection de Emmanuel Macron qui va continuer sa politique.
La droite a été exclue de la course à la présidence mais l’ensemble des voix de droite et d’extrême droite est largement supérieure à celui des voix de gauche, sauf à considérer toutes les voix de Macron comme des voies de gauche ! (3)

 

La désignation des candidats pour les législatives est la prochaine tourmente. Ce sont les législatives qui donneront ou non, au président de la République, les moyens de gouverner. Rien n’est acquis. C’est, probablement, au FN qu’il y aura le moins de remous. Même s’il peut y avoir, au-delà des concurrences ou des sentiments personnels, des divergences entre ceux qui veulent faire cavalier seul et ceux qui pensent que, pour arriver au pouvoir, il faut des alliances et donc des compromis.

 

Par contre, il faut s’attendre à d’âpres combats pour les places dans toutes les autres familles politiques.
Juppéistes et sarkozystes sont déjà à la manœuvre mais l’élimination de François Fillon fait naître de grands espoirs chez les quinquagénaires.
Il est fort probable que le PS va se déchirer et que les apparatchiks vont tout faire pour éliminer les frondeurs.
En marche va bénéficier du dynamisme des résultats électoraux mais souffrir des ralliements hétéroclites de notables qui ne veulent pas rester sur la touche.
Il y a fort à parier que le nombre de candidats, avec ou sans investiture d’un parti ou mouvement, sera élevé, dans chaque circonscription.


 

Ce n’est qu’un début, le tsunami (1) continue !

Il y a peu de chances qu’il en soit autrement parmi les soutiens de Jean-Luc Mélenchon.

Pourtant, il peut aussi bénéficier d’une certaine dynamique à la suite de ses résultats. Surtout dans les villes, ces résultats peuvent faire espérer une présence significative à l’Assemblée nationale, à condition qu’il y ait des candidats uniques dans chaque circonscription et que les déchirements ne soient pas les mêmes que dans les autres familles politiques.
Est-ce possible ? C’est nécessaire pour que les résultats de Jean-Luc Mélenchon à ce premier tour de la présidentielle ne soit pas le chant du cygne de la gauche.

On peut déjà regretter que Jean-Luc Mélenchon, au-delà de la déception de ne pas être présent au second tour, n’ait pas trouvé dans les résultats plus qu’honorables obtenus, la force, dés dimanche soir, de lancer un appel mobilisateur pour les législatives en continuation de la campagne présidentielle.

Les résultats de la présidentielle ne l’ont pas qualifié pour le second tour mais qualifient la France insoumise pour les troisième et quatrième tours et pour être la charpente de la gauche nouvelle, française d’abord et peut-être européenne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1 - http://pauloriol.over-blog.fr/2017/04/le-tsunami-de-la-presidentielle.html

 

2 - JDD 7h16, résultats quasi-définitifs, Emmanuel Macron 23,75%, Marine le Pen 21,53%, Fillon 19,91%, Mélenchon 19,64%, Hamon 6,35%. Nicolas Dupont-Aignan 4,75%, Jean Lassalle 1,22%, Philippe Poutou 1,10%, François Asselineau 0,92%, Nathalie Arthaud 0,65%, Jacques Cheminade 0,18%. Le taux d'abstention s'est élevé à 21,31%.

 

3 - Droite : Le Pen, 21,53, + Fillon 19,91 % + Dupont-Aignan 4,75 % +Lassalle 1,22 % + Asselineau 0,92 % + Cheminade 0,18 % : soit 48,51 %
Gauche : Mélenchon 19,64 % +Hamon 6,35 %, Pouto 1,1, Arthaud 0,45 : soit 27,74 %

Ce n’est qu’un début, le tsunami (1) continue !
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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 17:59
Le tsunami de la présidentielle

Le tsunami de la présidentielle


 

L'élection présidentielle n’a pas encore eu lieu. Elle est déjà un tsunami qui bouleverse le paysage politique. Notamment les partis dits de gouvernement. Et ce n'est pas fini...

L’autodestruction du Parti socialiste.

Ne tient pas seulement au manque de résultats de la politique suivie pendant son mandat par François Hollande.
La coïncidence de la durée des mandats, cinq ans, du président de la République et des députés, voulue par Lionel Jospin, a piégé François Hollande. Le septennat présidentiel lui aurait permis de continuer à présider comme François Mitterrand dans une cohabitation éventuelle de deux ans qui lui aurait, peut-être, permis de reconstituer sa popularité et de se présenter pour un nouveau mandat.

Son échec à faire reculer le chômage, notamment chez les jeunes, priorité affichée de son quinquennat, la faiblesse de sa cote de popularité dans les sondages et la pression d’ambitieux amis l’a conduit à ne pas se représenter.

Par un optimisme excessif, il a attendu le dernier moment pour prendre sa décision. Ce qu’avait fait François Mitterrand pour se débarrasser de ses concurrents éventuels et notamment de Michel Rocard. Mais, appliquant la même tactique, se prononcer le plus tard possible mais en renonçant, il a contribué à retarder, exagérément, la primaire du parti socialiste et de ses alliés. Il a empêché une préparation sérieuse, au niveau équipe, programme, matériel... des candidats à sa succession.
C’est particulièrement visible dans l’impréparation de Benoît Hamon qui est obligé d’ajuster, en quelques semaines, son programme après des annonces
flamboyantes mais insuffisamment élaborées.
Jean-Luc Mélenchon ayant annoncé, très tôt, sa candidature a eu plus d’un an pour élaborer, collectivement, son programme et les moyens de sa ca
mpagne.

Lors de la tardive primaire du PS et de ses alliés, Manuel Valls, premier ministre qui se croyait le prétendant légitime à la charge présidentielle, a suivi son président dans le désamour populaire. Et subi un cuisant échec.
Dans une primaire
réservée aux adhérents socialistes, François Hollande et Manuel Valls avaient une chance, si on en croit les sondages. La primaire étant ouverte, de nombreux électeurs de gauche de 2012 déçus par François Hollande et son influent premier ministre se sont déplacés pour éliminer Manuel Valls même s’ils pensaient ne pas voter pour le vainqueur de cette primaire, lors du scrutin présidentiel.

Au delà des promesses et des serments d’ivresse préélectorale, il est évident que l’opposition de Benoît Hamon au gouvernement ne pouvait qu’entraîner une opposition de nombreux ministres à sa candidature. Face à l’indiscipline partidaire de Benoît Hamon, dans son soutien au gouvernement Valls et à ses critiques, l’indiscipline dans le soutien et la critique de nombreux ministres à sa candidature n’a rien d’étonnant. Ils pouvaient difficilement se flageller par Benoît Hamon interposé !

Ainsi, Benoît Hamon se trouve abandonné sur sa droite par ceux auxquels il s’est opposé quand ils étaient au gouvernement et, sur sa gauche, par ceux qui l’ont soutenu, seulement pour éliminer Manuel Valls.

Il ne fait pas de doute que cette primaire, éliminatoire pour le président de la République, pour l’ancien premier ministre et autres anciens ministres, fera l’objet de nombreuses réflexions au PS maintenu quel qu’il soit. Après son adoption triomphale en 2012 et sa nouvelle édition moins glorieuse en 2017, il n’est pas sûr qu’une primaire du même type soit organisée en 2022…

Les résultats de cette primaire ont touché, par ricochet, Jean-Luc Mélenchon. Il pensait avoir comme adversaire François Hollande ou Manuel Valls. La désignation de Benoît Hamon, par le tout sauf Manuel Valls, avec la participation de certains de ses partisans, a perturbé sa campagne et lui a fait perdre, probablement, quelques points.
 


 

 

Le tsunami de la présidentielle

La droite dans la tourmente

Après le succès de la primaire socialiste de 2012, la droite a repris la méthode. Là encore avec des résultats inattendus. D’abord l’élimination dès le premier tour de de l’ancien président de la République et de quelques anciens ministres. Avec l‘aide de certains électeurs de gauche qui ont apporté leur bulletin à Alain Juppé et leur obole à François Fillon. Décidément, le billard politique est un art difficile.

Mais l’histoire n’était pas terminée et, au second tour, un ancien premier ministre, déjà condamné par la justice mais favori de de la gauche, du centre et du tout politique était sèchement éliminé par le sévère, sérieux, ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy, soutenu par la droite catholique.
Finalement un honnête notable, mis en examen, aux multiples déclarations contradictoires et inexactes, est proposé pour succéder à un mis en examen qui avait choqué la bonne société par son coté clinquant. Pour conduire, sans états d’âme, une politique vraiment de droite.

Avec quelques troubles parmi ses soutiens. Mais par sa repentance toute chrétienne et sa persévérance toute diabolique, François Fillon a su retourner la situation. S’il n’a pas devant lui l’avenue vers l’Élysée, largement ouverte, qui lui était promise, il reste toujours dans la course. Il a réussi à être le candidat, mal aimé peut-être, d’une droite dure.
Quel que soit le résultat de l’élection, l’aventure Fillon, les aventures Fillon, pèseront sur l’avenir de la droite.

Le tsunami de la présidentielle

D’autres changements s’installent dans le paysage politique.

Les commentateurs ont répété, pendant des années, que le système électoral français, notamment le scrutin uninominal à deux tours pour la présidentielle et les législatives, structurait les échéances électorales et bloquait l’émergence de tout autre offre politique.

Pourtant, dans les autres démocraties occidentales, quel que soit le mode de scrutin, avec ou sans élection présidentielle, la situation est peu différente : travaillistes/conservateurs au Royaume-Uni, CDU-CSU/SPD en Allemagne, Démocrates/Républicains aux États-Unis...

Paradoxalement, il y a quelque temps que la France, échappant à ce schéma, est passé du bipartisme au tripartisme PS, LR et… FN. Sauf à reprendre le discours du FN, UMPS/FN. Ce qui serait plus applicable à l’Allemagne avec une Grande coalition, CDU-SPD qui n’a pas, encore favorisé l’émergence d’une troisième force crédible, ni libérale, ni verte, ni d’extrême droite, ni d’extrême gauche.

Enfin, qui peut dire aujourd’hui quelle configuration va s’installer en France avec l’apparition, en plus des FN, LR et PS, de En-Marche et de la France insoumise ?

Tout ne dépend pas seulement de l’élection présidentielle qui va désigner deux concurrents à l’issue du premier tour et un seul président. Mais aussi des élections législatives qui vont renouveler très fortement la composition de l’Assemblée nationale. Avec une importante dispersion des candidatures, au risque d’une assemblée sans majorité.
Dispersion de la droite et du centre, dispersion
des PS, dispersion de Gauche de Gauche, inconnu d’En-Marche.

Ce renouvellement du personnel politique lors des législatives sera accentué par les effets de la loi sur le non cumul des mandats. De nombreux députés-maires choisiront de conserver leur mandat local en sacrifiant un mandat de député devenu incertain pour beaucoup de sortants.

 

 

Le tsunami de la présidentielle

Pour terminer sur une note optimiste, on peut espérer qu’il en sortira un rajeunissement et une féminisation de l’Assemblée nationale. Avec un degré d’optimisme supplémentaire, des parlementaires qui, connaissant la législation anti-corruption et sentant la diligence des juges seront plus scrupuleux dans l’utilisation des deniers de l’impôt.
Pour cela, les électeurs ont un rôle à jouer : sanctionner les candidats mis en examen.
Ce serait un tsunami dans le tsunami !

Le tsunami de la présidentielle
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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 22:20
Unir le peuple !

Marine Le Pen affirme Avec moi, celui qui déballera ses cartons à l'Élysée, ce sera le peuple. Seule contre tous, elle met en évidence, de façon imagée, sa prétention à parler au nom du peuple. Suggérant que les autres candidats à la présidentielle débattent en comparses, en connivence. Derrière cet apparent isolement, elle conduit à lancer des œillades vers une certaine droite qui ne comprend pas pourquoi cette séparation invisible, cette fragile paroi de verre, entre droite extrême et extrême droite, ne pourrait pas sauter pour établir enfin un gouvernement de rêve. Devant les évolutions convergentes de l'extrême droite dédiabolisante et la droite de plus en plus extrême et divisée.

 

Marine Le Pen, seule contre tous. Contre tous les étrangers, enfin contre tous les étrangers visibles. Le racisme est un délit, elle sait manier l’euphémisme. Et personne contre elle, contre ce qu’elle dit. Parce qu’elle est difficile à contrer. Comme son père que seul Bernard Tapie avait su renvoyer dans les cordes lors d’un tête à tête.
Ou bien on discute, pas à pas, les simplismes avancés et on la met en vedette en se mettant sur son terrain. Ou on ne lui répond que par des généralités éculées, reprises depuis des dizaines d’années face au père et à la fille, avec toujours les mêmes résultats. Ce qui commence à inquiéter beaucoup de monde au point de vue électoral.

Car ce qui inquiète, ce sont les résultats électoraux plus que la situation des électeurs, des citoyens, de ceux qui votent pour le Front national, insatisfaits d’avoir voté pour les uns ou pour les autres…

 

Lors du grand débat, chacun a fait, justement, ce qu’il sait faire. Chacun a mis en avant son programme. Quel programme ? Celui mené, à ce jour, par les gouvernements de droite ou de gauche, - aggravé ou amélioré ? - qui fait que, en France comme dans toute l’Europe, les riches deviennent de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus nombreux ?
Jusque là, pour faire barrage aux candidats du Front national ou à Le Pen, père ou fille, il y avait le Front républicain – l’UMPS - maintenant, il y a l’UMPS en un seul candidat, le jeune Emmanuel Macron !
Non pour résoudre les problèmes, traiter le mal à la source. Entendre la plainte de ceux qui votent pour et leur parler, leur faire des propositions qui soient audibles par tous.

 

Certes, le dérèglement climatique met en question la survie de l’humanité. Et les institutions nationales et européennes sont un obstacle qui rend impossible tout changement de politique sans intervention massive des citoyens.

Mais cela ne répond pas à leur problème immédiat. L’élection présidentielle est l’occasion de mobiliser ceux qui ont le plus intérêt au changement de politique économique, sociale. Ici. Changement, aussi, de politique étrangère et ses aventures militaires qui ne sont pas sans conséquence.


 

Unir le peuple !
Unir le peuple !

Faut-il enfin rappeler que, pour la première fois dans une élection présidentielle, deux candidats ont des problèmes avec la justice. Ce sont les deux candidats qui prônent la tolérance zéro pour les délinquants ! L’un a annoncé qu’il ne se présenterait pas à l'élection présidentielle en cas de mise en examen. Il fait le contraire une semaine plus tard ! L’autre refuse de répondre à une convocation du juge !
Espèrent-ils, tous les deux, que leur élection éventuelle les mettra à l’abri de toute poursuite ?
 

Unir le peuple !

Des choses ont été dites, discrètement, lors du grand débat à la télévision. Mais qui s’est adressé, directement au cœur des 10 millions de téléspectateurs et, à travers eux, à tous ceux qui vivent dans un pays de plus en plus inégalitaire.

Qui leur a dit clairement que leurs problèmes ont les mêmes causes. Qu’aller les uns contre les autres les affaiblit ! Que c’est leur union qui fait leur force ! Sans distinction d’origine, de race ou de religion comme il est écrit dans l’article 2 de la Constitution de la V° République.

Si cet appel n'est pas lancé, fortement, s'il n'est pas entendu, le peuple marinera, longtemps.

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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 10:54
Ménages de printemps... et d'automne

La route est désormais dégagée pour les onze candidats à l'élection présidentielle (1). Les candidats ont été nombreux mais beaucoup éliminés soit, pour la grande majorité, parce qu'ils n'ont pas obtenu le nombre de parrainages nécessaires, soit parce qu'ils ont été écartés lors de la primaire à laquelle ils ont participé.

 

Bien que concourant tous, officiellement, pour l’élection présidentielle, leur place dans l'élection n'est pas exactement la même, ni leur but.

 

Certains, Jean Lassalle, Nicolas Dupont-Aignan, Nathalie Arthaud, Philippe Poutou, François Asselineau, Jacques Cheminade utilisent cette élection qui leur donne l’occasion, rare pour ces candidats disposant de faibles moyens, de s’adresser à toute la population dans l’élection la plus suivie par les médias et les citoyens en espérant élargir l’audience de leurs idées, de leur organisation.


 

Les autres, François Fillon, Benoît Hamon, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, espèrent réunir suffisamment de suffrages (ou font comme si...) pour pouvoir participer au second tour et affirment viser, réellement, la présidence de la République.
Ils poursuivent, dans le même temps, d'autres buts : comme les précédents, renforcer leur audience et celle de leur organisation, souvent aussi renforcer leur place dans leur propre organisation, préparer les élections législatives qui suivront la présidentielle, restructurer l'espace politique, préparer la rentrée d’automne. Avec des possibilités qui dépendent des résultats de la présidentielle.

 

 

Marine Le Pen est, parmi ces candidats, celle qui risque le moins, personnellement. Même si elle n’est pas élue pour participer au second tour, sa place à la tête du Front national ne sera pas remise en question. Il n’est pas certain qu’il en soit de même pour des personnalités, déjà contestées, dans son entourage.
Il est aussi difficile de prévoir ce que feront des militants, discrets pour ne pas gêner la dédiabolisation recherchée de l’organisation mais qui pourraient se sentir libérés par son échec.

 

Ménages de printemps... et d'automne

Pour François Fillon, une victoire, devenue plus difficile à cause de multiples affaires, le mettrait à l’abri de la justice, pour de nombreuses années sauf nouvel événement particulièrement grave. Ce serait bien différent s’il n’est pas élu…
Par ailleurs, u
ne défaite sévère déclencherait une bataille sanglante au sein de la droite. On a bien vu, lors de la semaine du doute, que nombreux étaient ceux qui pensaient avoir un destin national.

 

Entre les clans, elle est, déjà, en cours pour s’assurer un groupe plus ou moins important, plus ou moins homogène à l’Assemblée nationale et pour le contrôle du parti. Les compromis passés avant le scrutin risquent d’être remis en question... Son élection aiderait François Fillon à renforcer son autorité. En cas d’échec et surtout s’il n’est pas retenu pour participer au second tour, la bataille s’ouvrirait dans un parti éclaté.

 

Emmanuel Macron doit, dès maintenant, faire le tri parmi les nombreuses personnalités de droite, de gauche ou d’ailleurs qui se précipitent, pas toujours désintéressées, sous son aile. Beaucoup seront déçus de n’avoir pas la place espérée.
La question est d’autant plus complexe qu’il n’a probablement pas une équipe prête à former un gouvernement relativement homogène, qu’il doit, dans les jours qui viennent, essayer de nommer 577 candidats pour les élections législatives en espérant emporter ce troisième tour de la présidentielle et obtenir une majorité à l’Assemblée nationale. Tout en mettant en place une ébauche de structure plus ou moins proche de la forme parti-attrape-tout-droite-gauche - avec quels équilibres ? - dont il s’est passé jusqu’ici.
Si de bons résultats et surtout une élection peuvent créer une dynamique, il n’est pas certain qu’elle soit suffisante pour faire céder les barons locaux et lui donner une majorité stable à l’Assemblée nationale.

 

Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon ont un électorat qui se chevauche partiellement et qui rend improbable la présence de l’un de deux au second tour. D’où des pressions, notamment par pétition, pour que les deux candidats s’entendent. Il est fort probable que cette entente n’aura pas lieu pour de raisons qui ne tiennent pas seulement à des raisons psychologiques
Leur entente entraînerait une dynamique dont il est difficile de dire si elle serait positive ou négative... La politique a inventé les mathématiques post-modernes où 1000 + 1000 font rarement 2000, peuvent faire 2500 mais plus souvent 1500.
L
e demi-ralliement du PC à la candidature insoumise en est un exemple. Plus difficilement appréciable, le nombre des socialistes qui désapprouvent le programme trop écologique de l’accord Benoît Hamon avec EELV. Et ceux qui ont pris acte du programme écologiste de Jean-Luc Mélenchon, le rejoignent, comme Sergio Coronado dont la candidature était pourtant préservée dans le cadre de l’accord Benoît Hamon-EELV...

 

A tout ceci, il faut ajouter le peu denthousiasme de certains participants à la primaire citoyenne de la Belle Alliance populaire, partisans des deux gauches inconciliables, qui refusent de soutenir Benoît Hamon ou soutiennent Emmanuel Macron… Ils seraient encore plus nombreux et véloces en cas d’entente avec Jean-Luc Mélenchon… sans parler du cas où L’insoumis serait le titulaire. Ce dernier a quitté le PS en 2008 et Benoît Hamon, le gouvernement seulement en 2014 et sans jamais le censurer !!!
Sans oublier, de l’autre côté, les réticences qu’auraient les insoumis à se mobiliser derrière Benoît Hamon !

 

Toutes ces tractations tournent autour de questions que le rattachement des élections législatives, un mois seulement après la présidentielle, vient compliquer.

Les programmes des candidats aux primaires, aussi bien celles de la droite et du centre que celles de la Belle Alliance populaire, ont montré qu’il pouvait y avoir des différences significatives entre les concurrents. Entre François Fillon et d’Alain Juppé d’un coté. Entre Manuels Valls et de Benoît Hamon de l’autre. Et encore plus entre Manuel Valls et Jean-Luc Mélenchon.
Ajouté aux querelles personnelles, cela rend difficile ensuite de parler d’unité.

 

La question des législatives et la répartition des 577 circonscriptions est un autre point central des discussions. On le voit aussi bien au niveau de la droite et du centre qu’à gauche. Circonscriptions réservées à EELV ou aux radicaux de gauche... Querelles entre la la France insoumise et le PCF…
Car la victoire à la présidentielle n’est rien sans une majorité à l’Assemblée nationale. La désignation des candidats à la députation est d’autant plus difficile qu’il n’y a, ni à droite, ni à gauche, de personnalité qui fasse consensus. Et qu’une telle personnalité à peu de chance de se dégager avant la présidentielle. D’où une distribution des sièges qui risque d’être remise en cause après la présidentielle.

Tout ceci risque d’aboutir à une multiplication des candidats pour chaque siège et à une chambre ingouvernable ?

Sans oublier les questions d’argent : depuis 1988, le financement public des partis politiques dépend des résultats aux élections législatives et du nombre de parlementaires, ce qui peut mettre en question la survie de certains.

 

Ménages de printemps... et d'automne

La restructuration de la gauche, peu discutée pour le moment, dépend en partie du résultat de la présidentielle, derrière la bataille fraternelle entre Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon. Autour du PS ? Celui de Benoît Hamon ou celui de Manuel Valls ? Ou celui d’Emmanuel Macron ? Autour de la France insoumise ? Avec quelle participation du PCF ?
Cette question ne se pose pas qu’en France
mais de façon différente, en Allemagne, en Espagne, en Italie, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni… L’élection présidentielle, le poids de l’extrême droite la rendent peut-être plus aiguë, plus évidente, plus nécessaire.

Après les dégagements du printemps, bien des feuilles risquent de tomber à l’automne.

 

1 - Environ 70 personnes ont annoncé, à un moment ou à l'autre, leur candidature. Le Conseil constitutionnel a validé François Fillon (2953 signatures), Benoît Hamon (1717), Emmanuel Macron (1548),Jean Lassalle (708), Nicolas Dupont-Aignan (672), Jean-Luc Mélenchon (666), Nathalie Arthaud (623), Marine Le Pen (618), Philippe Poutou (573), François Asselineau (569), Jacques Cheminade (528).

Ménages de printemps... et d'automne
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