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12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 16:53

 

PSU et Algérie, D. Barret, J. Devos, C. Fiquet, A. Grivel, F. Le Huérou, J. Lhopital, M. Lallaoui, P. Oriol, J. Thenaisy, témoignent. Fragments biographiques filmés par Hubert Rouaud et Jacques Sauvageot.

 

Le groupe de travail "Algérie" de l'Institut Tribune Socialiste (ITS) qui regroupe des anciens membres ou sympathisants du Parti Socialiste Unifié (PSU) a fait un double constat:

- l'opposition à la guerre d'Algérie est un des éléments fondateurs du PSU qui s'est beaucoup investi dans ce combat et dans les années qui ont suivi l'indépendance;

- de nombreuses questions posées par l'indépendance de l'Algérie restent d'actualité : racisme, décolonisation, importance de l'Islam, nationalisme arabe, statut de la femme etc...

 

Il a donc souhaité recueillir des témoignages écrits et filmés de militants dont le parcours a croisé l'Algérie et le PSU (avant, pendant ou après la guerre). En les interrogeant aussi sur leur appréciation actuelle de la politique en France et en Algérie...et sur l'état de leurs engagements d'aujourd'hui.

 

ITS veut articuler l’histoire du PSU (à constituer, ré-interpréter, interroger…) et une action dans le temps présent. Il s’agit de se servir de « l’histoire » pour agir aujourd’hui...

Il ne s’agit pas de recréer le PSU. Mais connaître, rendre compte et enrichir les idées qu’il a cherché à développer et à mettre en œuvre, participe du débat et de la construction de la démocratie aujourd’hui, d’une recherche et de tentatives pour une société plus juste, plus égalitaire.

L’objectif de l’ITS est de développer autour de ces axes un centre de documentation et de recherches.

 

Filmographie sur le PSU, réalisés en 2010, à l’occasion du cinquantenaire de sa fondation :

- 30 ans d’utopies réalistes : un film d’archives de 7 minutes.

- Le PSU… 50 ans plus tard : panorama (57 minutes) des manifestations des 10 et 11 avril 2010, qui se sont tenues à Issy-les-Moulineaux et Paris.

 

Quelques références sur l'après guerre d'Algérie :

- Ma mère, pied rouge en Algérie, documentaire de Claire Zalamansky et Christine Robert, France-Culture, Sur les docks, 2007

- Algérie, les années pieds rouges : des rêves de l'indépendance au désenchantement (1962-1969), Catherine Simon La Découverte 2009

- L'Algérie nouvelle, on y croyait de Chloé Hunzinger, 52 mn, film télévision, 2011

- Le temps de la coopération. Sciences sociales et décolonisation au Maghreb sous la direction de Jean-Robert Henry et Jean-Claude Vatin, ed. Khartala-Irémam, 2012, avec un DVD de 86 mn d'entretiens

 

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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 09:03


I


Des anciens du PSU, 420 participants, se sont réunis samedi 10 et dimanche 11 pour commémorer la naissance du PSU, il y a 50 ans.


On peut ironiser sur ces 2 jours avec leur coté "ancien combattant" ou "nostalgique" ou "ah que nous étions intelligents et beaux dans notre jeunesse", surtout devant l'étonnement à la vue de certaines silhouettes ou visages... On peut aussi rapporter des anecdotes étonnantes, peu connues, historiques ou personnelles. Certains n'ont pas oublié des conflits qui semblent perdurer bien qu'ayant perdu du sens aujourd'hui? Si elles en avaient un alors.


Quoi qu'il en soit, l'essentiel n'est pas là mais dans les retrouvailles de personnes qui avaient forgé un instrument qui donnait un sens à leur vie, à leur volonté de changer le monde. Pour beaucoup de ceux et de celles qui étaient là, ce moment reste encore important et a laissé des traces. Car le PSU a ouvert des brèches, porté des espoirs. A ceux qui étaient là et à bien d'autres.


Mais il faudrait aussi rappeler les questions sur lesquelles le PSU a été insuffisant (cela a été signalé pour les femmes) ou absent (l'Europe par exemple).


Finalement, la question fondamentale n'a pas été posée. Combien d'heures passées en discussions enfumées pour en arriver là ? C'est à dire ouvrir des portes sans débouché réel. Pourquoi le PSU a échoué à transformer la gauche ? Pourquoi est-il mort ?
Peut-être est-ce au delà des possibilités d'anciens militants qui se retrouvent et sont plus aptes à rappeler ce qu'ils avaient entrevu et qui est advenu sans eux, ou presque, qu'à voir où ils ont fait fausse route.


Le moment est probablement venu d'écrire l'histoire. Mais en se demandant quelles leçons tirer aujourd'hui de cette riche période qui puissent être utiles aujourd'hui ? On ne peut se satisfaire d'une simple commémoration.


II


De ces 2 jours, je ne rapporterai, de façon imparfaite, que quelques points qui m'ont intéressé. Ce n'est pas un compte-rendu : je n'ai pas assisté à tout, je ne suis pas une "mémoire du PSU", ni un idéologue qui peut tout décortiquer, qui connaît les courants du passé, les pensées anciennes ou actuelles des uns et des autres...


L'intervention de Jean-François Kessler, président de la Fondation Depreux, intitulée "origine et fondation du PSU" pourrait paraître superflue devant un public averti mais était indispensable à cette occasion. Elle n'était pas inutile pour rafraîchir les mémoires. Mais, même brillante, en quelques minutes, elle ne pouvait que faire des insatisfaits qui ne retrouvaient pas le groupe ou le moment "essentiel" à leurs yeux.


Tous les intervenants ont été brimés par la nécessaire brièveté de leur intervention. Le moins "persécuté" a probablement été Michel Rocard dont les interventions ont eu lieu en assemblée plénière et étaient lumineuses.


De la première, j'ai retenu la nécessité pour le PSU, après la guerre d'Algérie, de tracer une voie nouvelle dans une société qui ne savait peut-être pas qu'elle vivait les "trente glorieuses" mais où la pensée de gauche avait quelque peine à faire une critique adaptée à la situation qui n'était plus celle du 19ème siècle mais guidée par la pensée de Ford : "je paye bien mes ouvriers pour qu'ils achètent mes voitures".


Sur la période de la lutte contre la guerre d'Algérie, la première manifestation, organisée après le 17 octobre 1961 (assassinat de 200 Algériens) à Paris, malgré l'interdiction du gouvernement a donné lieu à un échange qui a montré que des analyses différentes perdurent. Pour l'un, Jean Verger qui avait proposé, au niveau parisien, une manifestation de masse refusée par le national, par lâcheté, par peur d'un affrontement, la manifestation du 1er novembre n'avait eu lieu que sous la pression du FLN. Pour l'autre, Michel Rocard, il était impossible au PSU d'entraîner de larges masses dans une manifestation interdite et le PSU (précisément Charles Hernu) a donc organisé une manifestation "clandestine", avec rendez-vous primaires et secondaires. Cette manifestation a réuni 1000 à 2000 personnes place de Clichy avec prise de parole d'Edouard Depreux, secrétaire national, et dispersion avant que la police ait pu intervenir.

D'un coté, celui qui pensait que la période était favorable à un affrontement pouvant déboucher sur un processus révolutionnaire, de l'autre, celui qui pensait que ce n'était pas possible et qu'il fallait préserver l'outil-PSU.


Dans sa seconde intervention, Michel Rocard a brossé l'histoire du capitalisme de ses origines à nos jours en 15 minutes, il en aurait voulu 90 !!
De cette intervention, j'ai retenu que le marché avait 2 mille ans et le capitalisme 200 ans. Que le capitalisme apparaît quand le marché cesse d'être une rapport entre individus, de l'artisan au client, avec la production de masse. L'usine rassemble des centaines, des milliers de travailleurs et produit des objets en masse. Que le capitalisme avait eu sa phase d'exploitation exacerbée au XIXème et au début du XXème siècle, atténuée ensuite par la diminution constante de la durée du travail. Que cette diminution de la durée du travail devait continuer, qu'avec les progrès de la productivité, on pouvait satisfaire les besoins de tous avec 3 heures de travail par jour.

Mais le capitalisme a libéré la "cupidité" et, à travers les mécanismes très perfectionnés des bourses, a réussi à détourner le fonctionnement de la machine au profit de quelques uns.


Son incrimination de la "cupidité des hommes" a été contestée. Si la cupidité de l'homme est la cause de tout, le mal est dans l'homme, il n'y a rien à faire qu'à se retirer : affrontement entre protestant et "péché originel" et révolutionnaire et "bon sauvage".


Rem : le lendemain, Le Monde publiait un entretien avec Alain Juppé qui parlait de cupidité, terme retrouvé dans l'éditorial du même jour !!!


Patrick Viveret, à l'Atelier sur l'autogestion, reprenant la pensée de Francesco Alberoni, fait un parallèle entre les relations amoureuses et les relations sociales.

Tout commence par "l'énamouration" : la découverte amoureuse qui est réciproque, sans aucun problème. Vient ensuite la prise de conscience de l'altérité. Qui fait difficulté, qui va faire évoluer cette relation amoureuse vers la rupture, la cohabitation ou l'acceptation de l'autre dans son altérité, la compréhension réciproque et qui permet de construire l'amour.


Au niveau collectif, le cheminement est le même entre groupes. Après la période euphorique, l'incapacité à gérer, à accepter l'altérité a les mêmes conséquences. On peut aboutir à des "énamourations" successives, le "don juanisme social" qui fait sauter de la Chine à Cuba, de telle épopée à telle autre, après des ruptures successives. Au niveau social, après l'énamouration, il faut arriver à l'amour, à la compréhension réciproque de l'altérité des groupes sociaux qui est, peut-être, l'autogestion.


A cette intervention de Viveret, je veux rattacher un point important, entre autres, qu'a soulevé Bernard Ravenel à la table ronde à laquelle je participais : la nécessité permanente du refus de l'inconditionnalité dans le soutien à tout mouvement quel qu'il soit. Je rattache ce refus, à la volonté de ne pas abdiquer tout esprit critique au moment de "l'énamouration", qui risque d'entraîner de grandes déceptions au moment du réveil.
Cette question de l'inconditionnalité s'est posée au moment de la Guerre d'Algérie, notamment lors des massacres de Melouza que le FLN voulait attribuer à l'armée française alors qu'il en était l'auteur. Et qui demandait au PSU de le soutenir dans ce mensonge. D'où un débat au sein du PSU.


Lors d'une plénière, un participant a rappelé que pendant son service militaire en Algérie, il avait adhéré au FLN à une condition qu'il n'y ait pas d'attentats contre les civils dans son secteur. Ce qui posait la même question et en introduit une autre que Bernard Ravenel avait aussi abordée dans son intervention : tous les moyens ne se valent pas. Moralement. Politiquement.


III


J'ai participé à la table ronde sur la "solidarité internationale" à laquelle l'immigration était rattachée. Plutôt que de refaire encore une intervention sur le droit de vote pour lequel j'avais été, je crois, sollicité, j'ai décrit mon parcours militant. Cela me semblait coller parfaitement et à la notion de solidarité internationale et à l'histoire du PSU. En 5 minutes.


Mes études universitaires se sont déroulées pendant la Guerre d'Algérie et se terminent au moment de l'indépendance. C'est donc tout naturellement que j'ai adhéré au PSU, 15 jours avant sa création (à l'UGS). J'ai fait mon service militaire en Algérie (juin 1963- avril 1964) et suis parti en coopération à Constantine (juin 1964-juin 1966) et à Alger (jusqu'en juin 1972).
A Alger, j'ai créé un Comité Vietnam qui apportait son aide financière aux Vietnamiens et qui était en liaison avec les mouvements de libération africains alors très nombreux à Alger.

En 1968, nous avions un carnet d'adresses bien fourni que nous avons utilisé pour susciter une manifestation, un peu tardive en mai, devant l'ambassade de France à Alger que nous avons envahi. Pendant quelques jours, l'ambassade nous a été ouverte pour des AG.

De retour d'Algérie, j'aurais pu continuer à militer sur le secteur "tiers-monde". A l'époque, les maoïstes disaient : "le tiers-monde commence dans la banlieue parisienne". Habitant le 20ème arrondissement de Paris, j'étais bien placé pour savoir qu'ils exagéraient : le tiers-monde commençait dans Paris. J'ai donc décidé de militer dans le secteur "immigration".

D'ailleurs, ayant aménagé le 5 décembre, j'ai trouvé dans ma boite aux lettres une invitation du PSU à aller manifester le lendemain matin devant un foyer de travailleurs immigrés de la rue Bisson que je n'ai pas trouvé. Ce qui m'a évité de passer une journée au poste de police.
En mai 1973, 56 travailleurs tunisiens, grévistes de la faim, s'installaient dans la crypte de l'église de Ménilmontant. C'est à cette occasion que j'ai fait la connaissance de Saïd Bouziri que faisait partie des organisateurs.

J'ai constitué le groupe action immigrés de la 20ème section du PSU, un groupe Français-immigrés (qui n'avait rien à voir avec les Cufi et regroupait quelques militants non-PSU du 20ème dont des Cfdt) et ensuite animé la Commission immigrés au niveau national.

Notre action la plus réussie a été la lutte pour la "carte unique". Après la victoire de François Mitterrand, j'ai proposé à la Commission d'avancer une revendication positive, gagnable. Et en contradiction absolue avec cette idée, j'ai avancé la lutte contre l'informatisation des cartes d'identité. Gérard Desbois, ancien président de la Fasti, a aussitôt dit : "non, c'est la carte unique" qu'il faut lancer.

Je ne savais pas ce qu'était la carte unique. Dûment formés, nous avons fait le tour des associations et avons créé un "comité carte unique" avec la Cimade, la Fasti, le Gisti, la Pastorale des migrants.

Quand la Marche de l'égalité est arrivée à Paris, une délégation a été reçue par François Mitterrand qui a demandé qu'elle était la revendication avancée. C'est la carte unique, carte de résident, valable 10 ans, renouvelable automatiquement qui a été obtenue. La délégation partie, Mitterrand est allé demander à Christian Delorme ce qu'était la carte unique !

Cette histoire est intéressante car elle illustre bien les rapports parti-associations-mouvement social-institutions dont il est souvent débattu. Avec au bout la satisfaction de la revendication par le gouvernement, certes dans des circonstances très favorables.

L'intérêt de la carte unique, renouvelée automatiquement, assurait la sécurité du séjour et un pas vers l'égalité. Je me souviens d'avoir dit à Me Georgia Dufoix que, si elle nous proposait une carte de 11 ans, nous la refuserions parce que nous voulions pour les immigrés une carte de 10 ans, durée de validité identique à celle de la carte d'identité des des Français.

Cette volonté d'égalité explique le titre du bouquin que j'ai sorti en 1985 : "Immigrés, métèques ou citoyens ?" et annonce les luttes pour le droit de vote. Auxquelles, nous avons participé en tant que PSU et ensuite au nom des organisations dans lesquelles j'ai milité : 89 pour l'égalité, j'y suis j'y vote...

Après l'échec de ces campagnes et sachant que la revendication risquait d'être abandonnée pour un temps, plus ou moins long, nous avons créé, en 1994, la "Lettre de la citoyenneté". Et commandé, chaque année, un sondage sur le droit de vote aux élections municipales et européennes. Le moment important a été en 1999 quand, pour la première fois, les sondés ont répondu majoritairement de façon favorable à cette question. Nous étions triomphants à la réunion du Conseil de l'Europe qui a lancé l'appel de Strasbourg.

Avec les "3 collectifs", nous avons continué la bataille et obtenu, en mai 2000, grâce à Noël Mamère et à la "niche parlementaire" des Verts, le vote par l'Assemblée nationale d'une loi donnant le droit de vote aux élections municipales, loi qui n'est jamais arrivée à l'ordre du jour du Sénat.

Nous avons essayé de porter la question au niveau européen, en participant aux FSE de Florence, Athènes, Paris (lancement de la pétition européenne, "1 million de signatures pour une citoyenneté européenne de résidence") et Londres, en intervenant à Bruxelles au Comité économique social européen, à la Convention pour l'avenir de l'Europe... L'Acer, (association pour une citoyenneté européenne de résidence), petite organisation de quelques militants, a même eu 2 représentantes à Bruxelles et à Séville sur la question grâce à Echanges et Partenariat.

Bien entendu, nous avons participé à toutes les campagnes nationales de Votation citoyenne.


Finalement, il est possible de dire que nous avons gagné la bataille idéologique car maintenant la citoyenneté de résidence est un acquis dans de nombreuses organisations, car, d'après les sondages, la population est majoritairement favorable au droit de vote surtout quand il se limite au droit de vote aux élections municipale mais aussi quand il s'agit des élections locales et même municipales et européennes.

Si la bataille est gagnée à ce niveau, il reste à nos successeurs à la mener au bout et à obtenir la victoire politique et le droit de vote.

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11 avril 2009 6 11 /04 /avril /2009 13:44
Guy publie des notes sur l'histoire du PSU qu'il mythifie un peu. Comme il me demande, avant publication, ce que j'en pense, je lui ai posé la question pour conclure une de ses notes : Pourquoi le PSU est mort ? Il m'a  téléphoné pour me renvoyer la question... D'où cette petite note.

Je n'étais pas dans le secret des dieux et, comme toujours, avec un peu de naïveté probablement. Je vois plusieurs raisons.
Du point de vue matériel. La dernière fête du PSU a été une catastrophe financière. Il a plu et la fête n'était pas assurée. Les finances ont pris un coup sévère. Fatal, paraît-il. Mais ce n'est pas suffisant.

Le nombre d'adhérents n'était pas important et les alliances électorales ont aspiré les plus actifs, les plus motivés vers des postes électifs. Devenu conseiller municipal, maire-adjoint ou maire même d'une petite commune, le militant le plus actif était perdu pour s'occuper du parti.

Au delà, le PSU a toujours eu le cul entre deux chaises. Par ailleurs, c'était un parti pour adolescent, mené par un certain idéalisme. Mais l'âge venant, les éléments qui se sentaient les plus compétents avaient un besoin d'aller plus loin que les manifestes ou manifestations et voulaient des réalisations concrètes. Ce qui les a amenés à entrer dans les institutions pour les changer de l'intérieur... Le PS est une de ces institutions.

En regardant un peu en arrière, il semble qu'il y a deux façons d'échouer pour les personnes de cette mouvance.. La première : entrer au PS pour le changer. La seconde : faire une organisation externe pour peser sur le parti socialiste ou le remplacer. Ces deux tactiques ont toujours échoué. Ceux qui sont entrés au PS ont plus changé qu'ils n'ont changé le PS. Ce qui sont restés à l'extérieur ont petit à petit disparu.

Le sort du PSU est un peu celui de la presse, type Politis. Il semble qu'il y a un espace politique, pour des organisations type PSU ou aujourd'hui les Verts, pour un journal type Politis, mais ni l'organisation, ni le journal n'arrivent à occuper cet espace dans la durée.

France observateur est devenu l'Observateur, l'Express a bien changé tout en conservant son nom (j'ai écrit en son temps à l'Express pour dire qu'il devenait Paris Match pour pointer la dérive), Politis vivote.

Le PSU est mort. Les Verts sont idéologiquement à la dérive. Comme les Grünen. Quant à ceux qui sont entrés au PS pour le changer, ils ont été absorbés, comme Rocard malgré ses qualités intellectuelles...  Proposer à Ségolène Royal de prendre sa place en pleine campagne électorale de la dernière présidentielle !!!
Le seul qui a, un long moment réussi, le PC. Non seulement en France mais en Italie, en Espagne, au Portugal... C'était en une autre époque avec l'Union soviétique comme support et pour beaucoup comme espérance. Depuis...

En fait, tous les pays occidentaux sont sur le modèle démocrates-républicains des Etats-Unis. Un parti de droite, un parti de "gauche" sans aucune ambition réelle et crédible de changement. L'évolution la plus stupéfiante est celle de l'Italie !!!

Finalement, c'est probablement la force et la tare de la démocratie telle qu'elle existe dans les pays occidentaux. Assez démocratique pour permettre aux idées nouvelles de s'exprimer. Assez organisée pour lui interdire de trop se répandre. Le temps que l'idée nouvelle ne soit plus nouvelle. Absorbée si elle ne remet pas en cause l'essentiel. Récupérée pour ne pas toucher à l'essentiel.

Finalement, une idée nouvelle par définition ne peut être majoritaire. Et quand elle est majoritaire, elle n'est plus nouvelle, elle est dépassée. D'où l'impossibilité de changement net par voie démocratique classique. Y a-t-il une autre voie démocratique ?

Les régimes "communistes" issus des "révolutions" sont de parfaits repoussoirs. Les aventures des partis socialistes au pouvoir (de Suez à la Guerre d'Algérie en France), leurs compromissions (du virage de 1983 au ralliement au libéralisme) ne donnent guère d'espoir.

Il faut être fou pour se dire communiste ou socialiste. Même si les notions de liberté, d'égalité, de solidarité gardent leur signification et leur potentiel.
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