En 1830, les Algériens étaient chez eux et Français nous étions chez nous.
Nous sommes allés chez eux et à partir de ce moment là, chez eux ils n'étaient plus chez eux mais chez nous et nous étions chez nous quand nous étions chez eux.
S'ils venaient chez nous, ils étaient (presque) chez eux alors que si nous allions chez eux, nous étions totalement chez nous.
Certains sont même venus de chez eux pour venir chez nous et chasser les occupants qui étaient chez nous et qui se croyaient chez eux. Ils sont ensuite repartis car chez nous, ce n'était pas tout à fait chez eux et que nous préférions qu'ils soient chez eux plutôt que chez nous.
Mais certains pensaient que chez nous, ils avaient le droit de se sentir chez eux comme nous nous sentions chez nous quand nous étions chez eux. Et que si chez nous, nous étions chez nous et que eux n'étaient pas chez eux , ils ne devaient plus être chez nous quand ils étaient chez eux.
Désormais, nous ne sommes plus chez nous quand nous sommes chez eux. Et quand ils sont chez eux, ils ne sont plus chez nous mais chez eux !
(Les relations algéro-françaises racontées, il y a une vingtaine d'années par quelqu'un de la Cimade dont j'ai oublié le nom et non l'histoire)