Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 18:31

 

Bertrand Delanoé : un maire normal.

 

Les choses normales passent inaperçues même quand elles sont exceptionnelles.
Ainsi, Bertrand Delanoé termine-t-il son second mandat à la mairie de Paris. Il n'a probablement pas tenu toutes les promesses qu'il avait faites lors de ses campagnes électorales pour devenir maire de Paris. Il aurait certainement pu faire plus ou mieux.
Il a cependant tenu parole sur deux questions qui ne dépendaient que de sa volonté : il n'a pas cumulé les mandats, il n'a pas cherché à se faire élire pour une troisième mandature.
Peut-être ce comportement n'est-il pas réellement « exceptionnel » mais la fonction de maire de Paris devrait lui donner un éclat particulier et exemplaire.

 

Bertrand Delanoé, né en 1950, a adhéré au PS en 1971 et est élu Conseiller de Paris pour la première fois en 1977, député de Paris en 1981 puis sénateur.
En 1993, il devient chef du groupe socialiste, le plus important de l'opposition au Conseil de Paris, et, en 1995, mène la bataille contre Jean Tibéri, candidat à la succession de Jacques Chirac qui vient d'être élu à la présidence de la République. La gauche remporte six arrondissements sur les vingt.

En 2001, devant la division de la droite, une victoire de la gauche pour la mairie de Paris semble possible. Une primaire est organisée par le PS pour savoir qui serait maire de Paris dans cette éventualité. Jack Lang, m'as-tu-vu et pigeon voyageur, alors maire de Blois, se sent une irrésistible vocation pour devenir le flamboyant maire de la ville lumière, Et disputer la primaire socialiste au relativement inconnu Delanoé. Il renonce quand, fort opportunément, Lionel Jospin le désigne comme ministre de l’Éducation nationale. Les militants socialistes peuvent désigner Delanoé comme candidat à la mairie de Paris.

 

Bertrand Delanoë est favorable au raccourcissement de tous les mandats électifs à cinq ans, à l'interdiction d'enchaîner trois mandats consécutifs à un même poste exécutif ou parlementaire et à la limitation stricte du cumul de mandats. C'est la règle qu'il s'est appliquée.

Dès son élection, « maire à temps plein », il démissionne de son mandat de sénateur de Paris. Il ne nomme aucun maire d'arrondissement comme adjoint et prend des élus des arrondissements, y compris des arrondissements où la droite est restée majoritaire dont Anne Hidalgo comme Première Adjointe.

Arrivé à la fin de sa seconde mandature, il ne se présente pas pour un troisième mandat. Il propose, pour lui succéder, Anne Hidalgo qui a été sa première adjointe pendant ses deux mandatures. Acceptée par les socialistes, elle refuse à son tour tout cumul pour les candidats qu'elle a choisis pour être tête de liste et donc maire d'arrondissement en cas de victoire à la présente élection.

Ce comportement « normal » n'est hélas pas la règle au PS où les barons sont nombreux qui cumulent et les mandats et les renouvellements de mandats : certains occupent le même poste depuis des dizaines d’années... Ni dans les autres organisations politiques.

Si tous les élus faisaient de même, ce ne serait pas la révolution mais un petit pas en avant vers plus de démocratie. Et peut-être le regard des citoyens sur leurs élus en serait-il un peu amélioré.

Partager cet article
Repost0
21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 08:09

 

Comme en 2008, riait la droite, en 2012 rit la gauche. A la suite, dans les deux cas d'une victoire aussi légère que peu transparente. Par le score, Aubry bat Copé 102 à 98. Reste à savoir si Copé est parti pour 4 années de victoires successives comme Aubry de 2008 à 2012. Toutes élections comprises, des municipales à la présidentielle. Sans oublier, la cooptation très peu démocratique de Harlem Désir à la tête du PS.


 

Tout cela prête à rire jaune devant cette « démocratie formelle », entre membres d'une même organisation. Si les deux « gros » partis respectent aussi peu leurs adhérents, comment peut-on penser qu'ils respectent ou respecteront leurs électeurs ? Si les deux clans peuvent rire, tour à tour, au dépens les uns des autres, sous les regards en direct des citoyens, comment s'étonner que le moment venu les électeurs aillent voir ailleurs ?


 

Quoi qu'il en soit, voici aujourd'hui l'UMP profondément divisée.

  • A la satisfaction, peut-être illusoire, du PS. La division peut entraîner la surenchère oppositionnelle.

  • A la satisfaction des centristes de Borloo qui espèrent profiter de l'occasion pour s'étoffer. C'est déjà le cas avec Méhaignerie mais probablement avec d'autres de moindre notoriété.

  • A la satisfaction du Front national et de ses alliés plus ou moins occultes comme Buisson ou Guillaume Peltier (passé un temps au FN) et ses amis de la Droite forte.

 

Ce résultat est une nouvelle étape dans la progression annoncée du Front national. Après avoir réussi une certaine dédiabolisation, avoir poussé Nicolas Sarkozy, puis Jean-François Copé à droitiser leur campagne, après avoir séduit, malgré cela, une partie des des électeurs et des partisans de l'UMP, voici qu'il a réussi à cliver, profondément, le parti dominant de la droite.

Il ne fait pas de doute que les uns et les autres, au sein de l'UMP, par le simple instinct de survie organisationnelle, vont multiplier les appels à l'unité, au compromis. Mais comment vont réagir les adhérents ? Question qui se pose aussi bien pour les modérés que pour les droitiers de l'UMP.


 

Jean-François Copé ne vise pas seulement la présidence de l'UMP. Avec l'UMP, il vise la présidence de la République. L'élection d'Obama a montré qu'un président pouvait être réélu malgré le chômage... et un premier mandat décevant. Grâce à la dérive droitière d'une partie des électeurs républicains qui ont fait perdre Romney.


 

Malgré son énergie, Nicolas Sarkozy a perdu sa réélection face à un candidat de gauche qui ne déclenchait pas une franche adhésion populaire. Mais Sarkozy a perdu des électeurs centristes au second tour. Au point que François Bayrou s'est prononcé pour le candidat de gauche. Que le centre s'est reconstitué autour Borloo. Que maintenant d'autres sont tentés d'abandonner le navire.


 

Après avoir tiré l'UMP vers une droite extrême décomplexée, Jean-François Copé se trouve devant une équation difficile : faire une unité impossible avec l'extrême droite ? Sous la direction de qui ? Ou après avoir assuré son autorité sur la droite dure de son parti, entreprendre de séduire les modérés ?

Son avenir national dépend aussi de l'évolution économique et sociale (chômage en particulier) du pays, et de l'état de la gauche.

 

 

Le pire n'est pas certain mais les responsabilités de François Hollande sont énormes...

Partager cet article
Repost0
6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 20:00

 

 

A l'occasion de l'élection présidentielle, le Parti socialiste a réussi la primaire pour désigner son candidat. Alors qu'en 2007, seuls les adhérents, même à prix réduit, pouvaient participer à a désignation, en 2012, elle était largement ouverte et a connu un succès tel que l'UMP a dû ravaler ses sarcasmes et a promis d'adopter une procédure du même type pour 2017.

 

 

Ce qui a paru bon pour désigner le candidat à la présidence de la République, discutable d'un point de vue théorique, n'a pas été repris pour désigner le secrétaire du parti. Et le parti s'est refermé sérieusement pour cadenasser l'élection et limiter le choix des militants. Et pas seulement l'élection.

 

 

D'après les statuts du parti adoptés en 2010, seul le premier signataire d'une motion peut être candidat. Et comme la secrétaire et le Premier ministre veulent qu'il n'y ait qu'une motion, celle qu'ils ont rédigé, il ne devrait y avoir qu'un seul candidat. Celui qu'ils auront choisi. Qui est donc assuré d'un score vraiment socialiste style Union soviétique ou Corée du Nord.

 

 

Que l'aile gauche persiste à vouloir présenter une motion, forcément très minoritaire, ne changera rien. Le parti doit être aux ordres du gouvernement et le secrétaire choisi pour veiller à l'alignement des troupes. Le PS va-t-il devenir un parti de godillots ? Cela paraît difficile et cette tentative n'est pas ce qui était attendu de François Hollande et de Jean-Marc Ayrault.

 

 

Même l'UMP fera mieux. Il y aura deux candidats ayant quelques chances d'être élus. Mais seulement deux candidats car, le secrétaire du parti veille jalousement sur le fichier pour que n'apparaissent pas de troublions.

Partager cet article
Repost0
4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 23:04

 

Un entrepreneur haut-savoyard renonce à installer sa nouvelle usine dans l'Hexagone, où 400 emplois auraient dû être créés, préférant le Maroc. Il fait payer le choix politique des Français.
« Si Hollande passe, je ne construit pas mon usine à Marnaz ».Yves Bontaz, fondateur et président du conseil de surveillance de Bontaz, une entreprise industrielle automobile savoyarde affichant 111 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2011, a mis sa menace à exécution. Ce patron autodidacte de 73 ans et adhérent à l'UMP installera son nouveau site au Maroc. Selon lui, l'arrivée de la gauche au pouvoir en France ne présage rien de bon pour l'économie nationale. Et ce, d'autant plus que le gouvernement Ayrault revient sur les mesures prises par Nicolas Sarkozy à la fin de son mandat. Le Figaro 04/09/12


L'entreprise emploie 1800 personnes dont 270 emplois en France

1995 : création du premier site en République tchèque : 400 personnes

1999 : ouverture d'un site au Brésil : 15 personnes

2000 : ouverture d'un site en Chine : 90 emplois

2001 : ouverture d'un site aux US : 15 personnes

2008 : ouverture d'un site en Tunisie : 950 personnes

2012 : création d'un site au Maroc : 35 personnes


 

Ce monsieur ne manque pas d'air. L'historique de son entreprise qui se trouve sur son site montre bien sa politique. Sur 18 000 personnes embauchées dans son entreprise, seules 270 travaillent en France ! Est-ce la faute à Hollande ?

Il essaie de faire monter la psychose à la fuite des patrons. Mais cette fuite, pour lui au moins, ne date pas d'aujourd'hui.

Il suffit d'aller sur le site de son entreprise pour le savoir.


 

Réf :

file:///C:/Documents%20and%20Settings/User/Bureau/historique_1990-2000.php.htm

file:///C:/Documents%20and%20Settings/User/Bureau/historique_2000.php.htm

http://www.bontaz-centre.com/fr/implantation_monde.php

 

NB : L'historique ci-dessus a été mis en commentaire de l'article du Figaro.

 

NB 2 : au matin, l'article a disparu du figaro.fr....

Partager cet article
Repost0
15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 14:39

 

Rio + 20 tourne à Rio – 20 ! Et l'orage s'abat sur le printemps arabe, à nos portes. La reprise piétine partout...

 

 

Aux États-Unis malgré les centaines de milliards injectés par la FED, la croissance ralentit et dans les pays émergents. Tout le monde, y compris « le très europhile » Cameron qui commence à sentir que le Royaume-Uni ne passera pas à travers les gouttes, tout le monde se tourne vers l'Union européenne qui avance lentement vers le mur... dans une crise qui n'en finit pas de finir, malgré les mesures « garanties » efficaces par les gouvernements :


  • les milliards d'euros : 85 en novembre 2010 pour l'Irlande, 78 en mai 2011 pour le Portugal, 110 puis 130 pour la Grèce, 100 pour recapitaliser les banques en Espagne en juin 2012 et Chypre qui en demande 3-4 milliards pour les siennes ; en attendant l'Italie et encore l'Espagne...

  • les politiques d'austérité qui remplacent les ajustements structurels du FMI... diminutions des budgets sociaux, destructions des codes du travail, augmentation de la TVA, privatisations...

 

Avec toujours les mêmes résultats, chute de l'activité, augmentation du chômage et de la pauvreté... Sans rétablir la confiance des « marchés » qui s'attaquent maintenant après la Grèce, l'Irlande, le Portugal, à l’Espagne et à l'Italie entraînant une augmentation du taux, 6 ou 7%, des emprunts qui étranglent ces États...

 

Les Irlandais, les Portugais, les Espagnols, les Italiens ont changé de gouvernement, pour faire la même politique.

 

Les Grecs et les Français sont appelés à voter dimanche avec des propositions nouvelles.

 

Quel est l'événement le plus important de la semaine en France pour nos médias ? Le tweet hélas !

 

Les politiques ne sont pas seuls responsables des abstentions...

 

Faut-il se résigner ? s'indigner ? Ou se révolter ?

 



Partager cet article
Repost0
12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 16:26

 

Depuis que la droite est décomplexée, les choses sont claires et directes, Nadine Morano, ancienne ministre, ne mâche pas ses mots : elle partage les valeurs du Front national, la maîtrise de l'immigration, le droit de vote des étrangers ... et elle n'hésite pas à se répéter pour être bien entendue (1)


 

Ce qui et étonnant, c'est que cela étonne car Nadine Morano n'en est pas à son coup d'essai. En effet, en 2007, elle ne s'était pas contentée de déclarations, elle s'était chargée de la collecte de signatures pour permettre la candidature de Jean-Marie Le Pen, en sollicitant des maires de son département, la Meurthe-et-Moselle. Le Canard enchaîné l'avait signalé à l'époque (2).


 

Mais il est connu que nous avons la mémoire courte... car ce discours a déjà été tenu, il y a plus de 20 ans, par Charles Pasqua :« Sur l'essentiel, le Front national se réclame des mêmes préoccupations, des mêmes valeurs que la majorité » (3).

Charles Pasqua est beaucoup plus pédagogue, pour lui les valeur sont les mêmes, il faut simplement améliorer l'emballage et écarter les scories trop voyantes...


 

Mais, entre la droite et l'extrême droite, il n'y a qu'une chose qui change, le lubrifiant. Qui est souvent fourni par le centre, toujours de droite, onctueux, n'affirmant jamais avoir les mêmes valeurs mais refusant toujours de les combattre.

 

La dernière élection est de ce point de vue éclairante. Au centre-droit, seul François Bayrou a refusé d'entrer dans le moule d'une droite conservatrice de plus en plus alignée sur l'extrême droite, tous les autres se sont intégrés à l'UMP et François Bayrou a été abandonné par ses "amis" et par ses troupes.

 

 

 

 

1 – Nadine Morano: «J’en appelle très clairementaux électeurs du Front national, qui partagent nos valeurs, à se retrouver sur ma candidature. Ce n’est pas une question d’accord, c’est une question de partage de nos valeurs. Eh bien écoutez, moi je rencontre des électeurs du Front national, avec lesquels je partage les mêmes valeurs: la maîtrise de l’immigration, le refus du droit de vote de étrangers, le fait qu’ils ne veulent pas financer l’assistanat et qu’ils veulent qu’on reconnaisse la valeur travail, la protection de nos frontières extérieures de l’Europe.Oui, je partage ces valeurs là en commun avec eux. Et j’en appelle directementaux électeurs du Front national. Nous sommes là face à des valeurs, des valeurs portées par un mouvement de pensée, pour lequel nous avons des rapprochements s’agissant encore une fois de la maîtrise de l’immigration, du refus du droit de vote des étrangers, et je n’ai aucun état d'âme à en appeler aux électeurs du Front national». http://www.liberation.fr/politiques/2012/06/11/nadine-morano-partage-les-meme-valeurs-que-les-electeurs-du-fn_825357

 


2 -"En Meurthe-et-Moselle, par exemple, Nadine Morano, en bon petit soldat, réunit des maires ruraux début mars (2007)…nous étions cinq ou six à être désignés pour signer en faveur de Le Pen. Nadine nous a demandé d’envoyer nos parrainages non pas directement au Conseil constitutionnel, mais au siège du comité de soutien départemental de l’UMP. C’est elle, ensuite, qui les a emmenés à Paris raconte l’un d’eux"… »l’article du Canard Enchaîné daté du 11 Avril 2007cité par http://memorial98.over-blog.com/article-quand-n-morano-collectait-des-signatures-pour-l

 


3 – Charles Pasqua : « Il y a sûrement au Front national quelques extrémistes, mais sur l'essentiel, le Front national se réclame des mêmes préoccupations, des mêmes valeurs que la majorité. Seulement, il les exprime d’une manière un peu plus brutale, un peu plus bruyante. […] Que les électeurs du FN soient préoccupés par les risques qu’une immigration incontrôlée fait courir à l’ordre public et à l’identité nationale me semble légitime, et nous partageons ces inquiétudes. Il faut cependant qu’ils comprennent que nous avons commencé depuis deux ans à redresser la situation. Notre grande carence aura été une explication insuffisante de notre action. […] M. Mitterrand se pose en rassembleur, mais il porte en lui les germes de la guerre civile. On l’a vu en 1984 avec la guerre scolaire. On le voit aujourd’hui avec la Nouvelle-Calédonie. ». Valeurs actuelles, 2 mai 1988 . http://www.monsieur-biographie.com/celebrite/biographie/charles_pasqua-5584.php

Partager cet article
Repost0
13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 12:30

 

"On peut discuter de tout mais pas avec n'importe qui". Il n'est pas sûr que Nicolas Sarkozy ait bien compris Desproges. Un jeune entrepreneur de 29 ans de Villers le Bel a interpellé Nicolas Srakozy sur sa vision "négative" des banlieues. Question agressive s'il en est !

 

 

Nicolas Sarkozy, en pleine repentance électorale sur ses comportements personnels, qui a tellement appris et tellement compris pendant ce quinquennat, a eu l'extrême élégance de ne pas lui répondre "casse-toi, pauv' con". Il s'est contenté de lui demander "Vous être français, Thibaud ?"

 

 

Question que pose systématiquement Nicolas Sarkozy à tous ses interlocuteurs ? Ou seulement quand ils posent des questions impertinentes ? Ou seulement quand ils sont noirs ? Ou seulement quand ils posent des questions impertinentes et qu'ils sont noirs !!!!

 

 

Le candidat, encore président de la République, était-il tellement déstabilisé par la question ou est-il à ce point fatigué que malgré les leçons de maintien qu'il a reçues, il soit encore capable de laisser percer ses intimes convictions au détour d'une question banale ?

 

 

Plus grave : si le ticket de métro de Nathalie Kosciusko-Morizet a fait le tour de la médiasphère, la question de Nicolas Sarkozy ne semble pas avoir beaucoup, disons, étonné le microcosme médiatique et politique.

 

 

Peut-être faut-il se rappeler que déjà, lors d'une émission à grande écoute, Harlem Désir avait dû présenter ses papiers aux journalistes pour justifier de son identité. Parce que son teint ne leur plaisait pas ? Parce que ses questions dérangeaient ?

 

 

Aujourd'hui, c'est le candidat encore président de la République qui pose cette question. C'est donc un peu la France, même en campagne électorale, qui parle. Cette France là, nous ne l'aimons pas. Et celle de tous ceux qui acceptent cette phrase sans s'insurger.

 

 

La France que nous aimons c'est celle où un Nicolas Paul Stéphane Sarközy de Nagy-Bocsa, fils d'immigré, peut devenir président de la République. Où un président de la République peut épouser une Carla Bruni sans que cela pose de problèmes aux Français. Pas celle d'un président de la République qui demande s'il est français à une personne, noire, qui l'interpelle.

 

 

Le peuple étasunien a élu un président noir. Et certains nativistes contestent encore cette élection. En France, à la télévision sur une chaîne de grande écoute, le président de la République se livre au contrôle de nationalité au faciès !

 

 

 

Partager cet article
Repost0
11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 20:22

Le Monde daté du 08 février 2012 s'est laissé aller à quelques titres douteux.



Ainsi, ce titre, jeune, moderne, dans le coup : « Mélenchon-Le Pen, le match des populismes ». Voici donc que « Le Monde », journal dont le fonds de commerce est bien plus la politique que le sport, ramène un débat important à un match ? Un journaliste, pour avoir proposé des gants de boxe lors d'un débat, a perdu sa place à télévision. Qui fera le ménage au Monde ?
Il fut une époque où un journal de qualité, même s'il n'était pas parfait, défrichait et nous aidait à voir, à comprendre ce qu'il y avait d'important dans des faits, situation ou événement.

 



Ce titre ramène le débat politique à un affrontement de personnes sur un terrain méprisé le populisme. Ne reste plus qu'à organiser les paris ! Le désenchantement de la politique, l'abstentionnisme, la montée de la droite extrême et de l'extrême droite sont suffisamment inquiétants pour mériter une réflexion sur les moyens d'y faire face, en les discutant. Il ne faut pas oublier que le premier parti de France est celui des abstentionnistes !




Le même jour un autre titre pouvait attirer l'attention :« L'école française doit délier les langues. Un rapport présenté le 7 février au ministre Luc Chatel préconise une sensibilisation aux langues étrangères avec des natifs dès la maternelle. »

 



Un titre rédigé par un journaliste qui a la langue plutôt liée. En effet, natif : « est spécialement employé pour une personne originaire d'un pays peu civilisé, un indigène : c'est alors un emprunt (1829) à l'anglais native de même origine qui correspond à « celui qui est dans la servitude » (1450) et à « celui qui appartient à une race peu civilisée »(Le Robert  Dictionnaire historique de la langue française).

 

 

 

Que veut dire le titre du Monde ? Que l'enseignement des langues étrangères sera réservé à des « natifs », de jeunes Français nés en France et un peu primitifs (les natifs que d'autres, avec le même bonheur d'écriture, appellent les « souchiens » ?), probablement parce qu'ils ne parlent pas une autre langue que le français à la maternelle ? Que les autres, nés à l'étranger et donc non natifs, non indigènes, en seront dispensés parce qu'ils sont supposés parler une autre langue ou qu'ils en seront exclus ? Par le rapport ? Par le ministre ou par le Monde ?

 

 

La qualité de la langue n'est pas seulement une forme d'élgance. Elle est une nécessité.

Partager cet article
Repost0
8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 16:22

(Commentaires reçus  en fin d'article)

 

Les poules sont-elles bien logées ?

Eh bien non ! C'est le constat que fait la Commission européenne qui s'en inquiète d'ailleurs. Elle vient de rappeler à 13 pays de l'Union européenne dont la France qu'une poule pondeuse, dans les élevages en batterie, doit disposer au minimum de 600 cm2 (Le Monde 01/02/12). Nous ne pouvons que soutenir la CE dans ce juste combat et féliciter le commissaire européen qui, au milieu de la tempête économique et financière, est encore assez optimiste pour visiter les poulaillers de l'Union.
Mais il est difficile de ne pas mettre en relation cette information et celle paru quelques jours plus tard qui annonce que 470 personnes mortes de froid en Europe dans les pays avec ou sans poules exploitées en batterie. La CE ne semble pas dire grand chose sur cette question.

Malheureusement, le logement n'est pas de compétence communautaire, Iil n'y a pas de commissaire pour se pencher sur la question. Et la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ne parle pas de droit au logement : "Afin de lutter contre l'exclusion sociale et la pauvreté, l'Union reconnaît et respecte le droit à une aide sociale et à une aide au logement destinées à assurer une existence digne à tous ceux qui ne disposent pas de ressources suffisantes, selon les modalités établies par le droit communautaire et les législations et pratiques nationales" (article 34-3).

Mais qui connaît le commissaire qui a en charge le logement des poules ? D'ailleurs quelle que soit leur fonction, les commissaires européens sont peu connus, y compris de leurs compatriotes. Mais c'est Michel Barnier, commissaire français en charge du Marché intérieur, qui est le plus mal connu de ses compatriotes. Seules 8% des personnes interrogées en France affirment avoir entendu parler de lui !

A défaut de compétence européenne, il y a la compétence nationale, régionale, communale... Dans certains pays de l'Union il existe un droit au logement dans la Constitution (Belgique, Espagne, Pays-Bas, Portugal, Finlande, Grèce ) ou sous forme législative faisant le plus souvent obligation aux communes de prendre cette question en charge (Danemark, Iralnde, Luxembourg, Royume-Uni).. (1)

En France, nous avons depuis mars 2007, la DALO (droit au logement opposable). Il n'y a donc plus de problème. Mais, il ne semble pas que quelques pages de journal officiel soient assez efficaces pour protéger des grands froids (2).
C'est pourquoi Nora Berra, secrétaire d'Etat à la Santé, donne quelques conseils dans cette période difficile sur son blog que les "sans abri" consultent régulièrement : "Je rappelle, dans le cadre de la vague de froid qui s'abat actuellement les principales mesures à adopter en cas de grand froid, notamment pour les populations vulnérables (sans-abri, nourrissons...)... En cas de grand froid, je recommande aux personnes les plus vulnérables d'éviter de sortir" (3).

La situation est sous contrôle. Tout est donc parfait !

1 - http://www2.logement.gouv.fr/actu/logeurope/default.htm
2 - Loi n° 2007-290 du 5 mars 2007 instituant le droit au logement opposable et portant diverses mesures en faveur de la cohésion sociale, publiée au Journal officiel du 6 mars 2007.
3 - La note de son blog a été modifiée, et la mention "sans-abri" a été rayée de la liste des personnes "les plus vulnérables" à la suite après avoir été diffusée largement sur le réseau social. Nouvel Obs 08/02/12.

 

 

Je dois dire qu'aucun de mes textes précédents n'a suscité autant de commentaires : 3 en 2 jours. Une brève réponse à la suite de ces commentaires.

 

 

salut Paulo,
tu aurais pu faire remarquer que dans sa grande bonté, l'Europe permet à chaque poule de se loger sur une feuille de papier A4
et conclure: "acheter des oeufs de poule élevées au grand air, voire en plein champ"
Pour le reste, cela montre que les Etats s'occupent des SDF, la commission des poules et qu'ainsi les vaches seront bien gardées...
tu en as d'autres des comme ça?
à+

  P. Gi.

 

¨Les poules sont-elles bien logées ? (Commentaires de A.G.)

Eh bien non ! C'est le constat que fait la Commission européenne qui s'en inquiète d'ailleurs. Elle vient de rappeler à 13 pays de l'Union européenne dont la France qu'une poule pondeuse, dans les élevages en batterie, doit disposer au minimum de 600 cm2 (Le Monde 01/02/12). Nous ne pouvons que soutenir la CE dans ce juste combat et féliciter le commissaire européen qui, au milieu de la tempête économique et financière, est encore assez optimiste pour visiter les poulaillers de l'Union.
Mais il est difficile de ne pas mettre en relation cette information et celle paru quelques jours plus tard qui annonce que 470 personnes mortes de froid en Europe dans les pays avec ou sans poules exploitées en batterie. La CE ne semble pas dire grand chose sur cette question.¨

 
Commentaire: Paul Oriol (ici en copie), semble faire partir de la branche humaniste qui pense que des humains meurent, ou sont mal traités, alors la maltraitance animale n´est pas une priorité aussi élevée.

Je vois les choses différement: quand on admet l´idée de faire souffrir un être vivant pour le profit, pourquoi alors ne pas continuer avec les humains? (Esclavage, prostitution forcée,  etc...)
Est-ce que gaver les oies, ou canards pour provoquer une cirhose du foie chez ces volatiles améliore la condition humaine, au point de justifier cette torture? 
J´aime le fois gras, mais une vie de torture d´un volatile pour quelques minutes de plaisir humain?
Ici faire souffrir des volailles permet-il de d´atténuer des souffrances humaines?
Est-ce que torturer un poussin de sa naissance à sa mort est une chose nécéssaire, utile?
In fine, est-ce que je pose ces questions correctement?
Sur une note rationelle, le trés faible espace vital de poules les amèment à se blesser trés souvent (griffures), alors ces blessures s´infectent et poules et poulet meurent: ca diminue le profit.
Pour éviter cela on les gave à présent d´anti-biotiques... que les humains ingèrent quand ils mangent ces animaux.
Et cela n´est pas sans de sérieux et multiples inconvenients, à présent bien documentés.
.

Un commentaire d'un lecteur sur Agoravox.

Résumons : parce que des humains meurent de froid il est acceptable de traiter des millions d’animaux comme de simples choses, d’industrialiser la torture ?

Voyez, derrière de bonne intentions humanistes se cachent inconsciemment les réflexes les plus fascisant qui soient. 
On vous aurez pu vous parler des pubs pour parfums ou des croisières aux caraïbes vous n’auriez pas tiquer, mais qu’on vous suggère un instant un peu de compassion pour vos victimes et là c’est l’indignation
Vous ne valez donc pas mieux que les puissants que vous critiquez. 
Car elle est là l’angoisse du faible, plus que la peur du fort, c’est de perdre son droit à martyriser plus faible que lui. 
C’est pourquoi il n’y a pas d’espoir. 
Triste texte.

Il est évident que je préfère l'homme aux poulet sur tout quand ils est saignant bien rouge. Mais comme on en trouve difficilement dans le commerce et au restaurant, je me suis résolu , depuis quelques temps, à ne plus manger de viande (sauf exceptionnellement quand des amis m'invitent chez eux). Mais je mange encore des oeufs et du poisson, notamment au restaurant.
Reste qu'il y a des fascistes végétariens et même végétaliens.
Je ne sais pas comment m'en sortir. PO.


 

Partager cet article
Repost0
18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 09:18

La France a donc perdu son A3. La France ou Sarkozy ? Ou la France à cause de la politique de Sarkozy ?

Il fut un temps où la politique ne se faisait pas à la Corbeille (de Gaulle). Elle est faite désormais par les agences de notation. Non seulement ces agences jugent la situation des pays mais indiquent la politique à suivre. Nous sommes entrés dans l’aire post démocratique. C’est ce que démontre la mise en place de gouvernements technocratiques en Grèce d’abord, en Italie ensuite, en Hongrie bientôt.

 

 

 

Et ceci avec la complicité des politiques : rôle de Merckaussi en Grèce et en Italie. Quelle soit de gauche ou de droite, la politique proposée vise à satisfaire les agences de notation. C’est Sarkozy qui a dit clairement que la réforme des retraites visait à conserver le A3. C’est Sarkozy qui disait, il y a peu, que si la France perdait le A3, c’était une catastrophe. C’est, je crois,  Pécresse qui disait que si Hollande passait, c’était l’assurance que la France perdrait le A3.



Si demain la France perdait le A3, ce serait la faute de Hollande. La France l’a perdu aujourd’hui. Ce ne peut être que la faute de Sarkozy.

 

C’est ce que dit S&P dans son communiqué (14/01/12):

« Il nous semble donc qu'un processus de réformes basé sur le seul pilier de l'austérité budgétaire risque d'aller à l'encontre du but recherché, à mesure que la demande intérieure diminue en écho aux inquiétudes croissantes des consommateurs en matière de sécurité de l'emploi et de pouvoir d’achat, entraînant l'érosion des recettes fiscales…


Les notes de la France continuent de refléter notre opinion sur le fait que le pays bénéficie d’une économie riche, diversifiée et résiliente, ainsi que d’une main d’oeuvre hautement qualifiée et productive. Ces points forts sont partiellement contrebalancés, selon nous, par un endettement public relativement élevé ainsi que par les rigidités du marché du travail. Nous notons toutefois que le gouvernement a engagé une stratégie de consolidation budgétaire ainsi que des réformes structurelles à cet égard ».



L’économie française est riche, diversifiée, résiliente… le processus de réforme basé sur le seul pilier de l’austérité budgétaire…


 

"L'an dernier, nous étions au bord d u gouffre. Depuis, nous avons fait un grand pas en avant"*.   Cette phrase sublime peut être appliquée à la politique du Gouvernement.

 

 

 

Quand Fillon est arrivé au gouvernement, il a annoncé que les caisses étaient vides. Moyennant quoi, il a fait des cadeaux aux couches sociales les plus favorisées en diminuant les impôts, creusant ainsi le trou qu'il dénonçait. Et qui justifie, à ses yeux, l’austérité aujourd’hui condamnée… par beaucoup de monde.

 

 

 

Pour les agences, toute l’Union européenne est sous surveillance parce qu’elle suit, toute, la même politique. Mais l’Allemagne bénéficie de quelques années d’avance et de son industrie. D’où le maintien, pour le moment, de sa note. Ce qui n’est pas le cas de la France dont les comptes sont fortement déséquilibrés (voir l’augmentation de la dette et le déficit commercial). Toutes choses qu’il est difficile d’attribuer à d’autres que la droite au pouvoir depuis 10 ans.

 

*Phrase attribuée, il y a trente ans à un politiaue algérien.

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de Paul ORIOL
  • : Réflexions sur l'actualité politique et souvenirs anecdotiques.
  • Contact

Texte Libre

Recherche